‹ Le brasseur roi;Chapitre 2 sur 141 · ROI · texte numérisé non relu

ROI

Un vent glacial soufflait avec violence contre les croisées d'une habitation solitaire, située à quelques lieues de Gand. Il était nuit. Le ciel était couvert de nuages ,

et de lourdes vapeurs couvraient les marais d'Everghem (4).

Aucun bruit ne se faisait entendre sous les murs de la maison isolée : elle n'était cependant point déserte. On y voyait briller une lampe; elle éclairait une salle basse, où deux personnes, à moitié dans l'ombre , ne s'adressaient plus aucun mot.

Leur entretien avait du être extrêmement animé, car leurs physionomies conservaient l'empreinte d'émotions pénibles et récentes. Leur discussion avait dû être vive, car leur respiration oppressée était pour ainsi dire palpitante des discours et des sons passés. L'un de ces individus était une femme de

(i) C'est au village d'Everghem que l'empereur Frédéric vint camper , à la fin du quinzième siècle, avec une armée de 40,000 Allemands. Il ravagea toutes les campagnes d'alentour. (Voyez Guide des voyageurs à G and, par Auguste Voisin , p. 5o.)

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