CHAPITRE III. 7i
fatalité. Il s'est interrogé avec tremblement, il s'est répondu avec hardiesse ; et tout cela s'est fait à voix basse. Les génies du mal étaient là.
Il s'est relevé brusquement. Il s'est saisi des temps futurs comme s'ils lui étaient une proie. Et, s'adressant à son seul juge, à son seul témoin : l'Eternel : il pousse un cri
sourd et sauvage rien qu'un l'écho
répète :
« Vengeance ! »
Des jours , des semaines et des mois s'étaient écoules depuis l'enlèvement de Néolie j un mystère impénétrable enveloppait ses destinées. Où était - elle ? où l'avait- on
conduite? qu'était-elle devenue? on l'ignorait à Ridervode.
Quant au neveu de Gérard Denys, il avait offert ses services à Jacque Artevelle, quelques jours après la révolte de Gand; puis il avait disparu de la contrée. Ses parens le croyaient en France; qu'y faisait -il ? autre mystère.
Mais quel heureux changement s'était opéré dans la position financière d'Hamstède. Le sordide vieillard , richement établi à Gand, y jouissait d'un crédit immense. Il était à la tête de vastes entreprises industrielles ; il avait réussi, disait- on, dans ses spéculations commerciales. La fortune lui souriait.
Songeait -il parfois à Néolie? Hamstède n'en parlait jamais. L'indiscret qui l'eût questionné à ce sujet, se fût exposé à son courroux. Le vieillard, astucieux et vindi-