‹ Le brasseur roi;Chapitre 34 sur 141 · CHAPITRE 111. 6g · texte numérisé non relu

CHAPITRE 111. 6g

murmure-t-il d'un ton sépulcral. Ils triomphent, ils la possèdent. La vierge, si belle, si pure!.... elle est déjà, peut-être, flétrie.» La salle était sombre et sinistre. Il est debout; son œil funéraire est sans regards. Un vent glacial qui, à travers les croisées ouvertes, sifflait tristement le long des murailles , semblait un esprit infernal agitant ses ailes noires autour de lui comme pour lui souffler la vengeance. L'immobilité d'Urbin avait un caractère de force hors de nature. Il est des crises dans la destinée où l'homme, domptant la souffrance, est investi , à son propre insu , d'une puissance inexplicable. Les sons de sa voix avaient quelque chose de mécanique et de heurté } qui prophétisait je ne sais quoi d'inexorable et de destructeur. Sa pensée était à la fois brûlante et morte. La lave était en feu sous des glaces.

7o LE BRASSEUR ROI.

Quel moment pour lui ! quelle épreuve ! Son premier amour jeté à la tombe comme un cadavre à la mer, sa première amie livrée à la flétrissure , ses sermens brisés par le crime , son avenir voué aux furies , et rien, rien que des idées de haine et de sang pour le faire reprendre à la vie.

Urbin s'est jeté à genoux. Des gouttes de sueur froide sillonnaient son large front, où une frénésie concentrée se déployait par intervalles. Il lève au ciel son bras désarmé. L'infortuné pleure et sourit.

Tout à coup il lui a eemblé qu'une mission suprême, irrésistible et terrifiante, venait de lui être signifiée. Par qui ? N'importe ! il l'a acceptée. Une nécessité de fer, imposée par le destin, l'a pris sous sa main inflexible. Son âme, arrachée à la profondeur de ses misères, s'est retrempée dans le désespoir, comme pour lutter contre la

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