CHAPITRE V. i
blêmes, ils ne brillaient que sur ses lèvres. Jacque était, parmi ses compatriotes, la déception sous forme humaine; c'était la bassesse empourprée (1).
<( — Que voulez-vous de moi, Bertrade?
dit le potentat lourd et vulgaire. Vos pensions vous sont-elles payées ? »
Bertrade a laissé tomber sur lui un regard froidement dédaigneux.
« — Jacque , il n'est pour toi , répondelle, autres questions que celles d'argent , je le sais; j'ai pu te connaître. Honneur, droit, morale et justice , l'argent résout tout à tes yeux.
(i)Mézerai, Hist. de France, t. i, in-fol., p. 76g. — Daniel, Hist. de France, t. 5, in-4, p. 3 1 3. — Levesque, la France sous les Valois , t. 1. — Froissard, et les auteurs déjà cités.
io8 LE BRASSEUR ROI.
» — Modérez vos expressions. Dieu m'a donné la toute puissance.
» — Pour peu d'instans , peut-être ; Artevelle.
» — Est - ce qu'il vous aurait communiqué ses inteutions futures? Portez-vous message de prêtre?
» — Je n'ai mission que de moi -même. Si j'en avais de l'Église sainte, je t'annoncerais les foudres de l'anathème , car la Flandre est sur le point d'être excommuniée. La terre et le ciel se retirent ensemble et à la fois de devant ton trône éphémère. Tu n?as pour toi ni peuple ni Dieu (4).
(i) Voyez tous les historiens de Flandre. « La sen- » tence d'interdiction fut prononcée; tous les prêtres » flamands furent saisis de frayeur; mais Edouard g promit qu'il en enverrait qui ne feraient pas difficulté