CHAPITRE V
» — Je dompte l'un , et ris de l'autre.
» — Artevelle ! tu peux m'en croire , il est une loi de la Providence qui interdit au pouvoir de grandir long -temps par la perversité. Tu comptes sur ton étoile , tu préfères les flatteries de l'Angleterre aux moralités de Rome : aveugle jouet des enfans du désordre ! tu as été une idole , tu seras nécessairement une victime ; c'est une destinée écrite d'avance dans le grand livre des nations. Il a été facile à la trahison de conduire au crime les élèves du mensonge et de l'infamie : mais discipliner ensuite de pareilles légions, les façonner à l'obéissance et à l'ordre , voilà ce qui n'est plus en sa puissance. Le fleuve révolutionnaire, où
» de dire la messe. » Van Praet, Hist. de France , t. 2, p. 41.
no LE BRASSEUR ROL
l'on disait vouloir retremper la nation , est une mer sanglante que l'usurpation se flatte en vain de traverser à pied sec : tout s'y engloutira à la fois, gouvernement, lois, et royaume.
» — N'avez-vous, interrompt le Reward, que prophéties à m'adresser ? La patience a aussi un terme.
» — Tu m'écouteras jusqu'au bout. Ce n'est pas que j'aie la prétention de te ramener au droit chemin, j'en connais l'impossibilité; mais ma présence et mes paroles sont imposées à ta vie comme menace et châtiment. Il faut, bon gré mal gré, que tu les subisses. Il y a là justice suprême ; il v a preuve qu'il est un Dieu.
» — Puisque je vous fais tant d'horreur, pourquoi puisez-vous dans mes coffres? Mon or doit être impur à vos yeux.
» — Ton or soulage l'infortune. Je te