Le bravo
Il est à regretter que le monde ne sache pas faire une plus juste application des termes politiques. On donne, en général, à tous les gouvernemens le nom de monarchie ou de république. La première classe comprend également ces états où le souverain est adoré comme un dieu et ceux où il remplit les humbles fonctions d'un
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mannequin. Dans la seconde nous trouvons confondues sous la même dénomination générale les aristocraties et les dé mocraties. Une généralisation si étendue jette une confusion complète sur la politique des états.
L'auteur a cherché à donner à ses concitoyens ', dans cet ouvrage, un tableau du système social d'une des soi-disant républiques de l'autre hémisphère. Il n'a pas prétendu dessiner des caractères historiques, qui sentent toujours la fiction sous leur costume le plus grave; il a simplement voulu mettre sous les yeux les ressorts familiers de la politique vénitienne. Pour justifier la ressemblance, sans se dissimuler les défauts de l'exécution, il en appelle à l'ouvrage bien connu de M. Daru.
Une histoire des progrès de la liberté
1 Les habitans des États-Unis d'Amérique.
(Note du Traducteur.)
PRÉFACE. iX
politique, écrite purement dans l'intérêt de l'humanité, manque encore à la littérature. Dans les états qui ont mal commencé à cet égard, on trouverait que les citoyens, ou plutôt les sujets, ont extorqué privilège sur privilège, à mesure que l'accroissement de leur intelligence et de leur importance leur a appris à réclamer et à défendre ces droits particuliers qui étaient nécessaires à leur bonheur; une certaine quantité de ces immunités , sauf une exception récente et solitaire en faveur de la Suisse, constitue, même dans le moment actuel , la liberté en Europe. Il est à peine nécessaire de dire au lecteur que cette liberté, plus ou moins étendue, dépend d'un principe entièrement différent de celui de la nôtre. Ici ', les immunités ne procèdent pas du gouvernement, mais elles
1 Dans les États-Unis de l'Amérique.
{Note du Traducteur.)