‹ Le Brésil au XXe siècle (volume 2)Chapitre 1 sur 33 · QUATRIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME ÉDITION

Rue db méziéres, 5, PARIS

Droit! ie riprodaction ot de tradncliDn r^rv^> poor tant pijl.

Andennelé de la colonisation an Brésil. — Le vieux Brésil sucrier — Prédominance de la vie rurale. — L'aristocratie brésilienne. — Les classes rurales inférieures. — Immigration européenne dans le Brésil méridional. — Le Nord du Brésil et les races noiret et indigènes. — La population des villes et les étrangers.

Les Brésiliens aiment à dire que leur pays est un pays jeune ; ils ont en effet pour lui de hautes espérances, et ils savent son présent chargé de promesses. Mais le Brésil n*est pas un pays jeune en ce sens qu'il n'ait ni passé ni traditions. Si le passé y est moins effacé qu'ailleurs, si les traditions et l'histoire y sont plus vivantes, l'Eiu'opéen qui y débarque en arrivant de la vieille Europe le remarque à peine ; mais il en sera vivement frappé s'il apprend à connaître le Brésil après avoir déjà parcouru d'autres pays américains, l'Argentine ou les États-Unis. On est moins dépaysé au Brésil, on n'y éprouve pas cette sensaion de surprise ou d'effroi que donnent l'Argentine

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et les Ëtats-UniSy avec leur société mal assise» sans hiérarchie et saiis racines, et conduite exclusif* vement par le goût de l'indépendance individuelle et par le souci de la fortune. Le patriotisme hvésilien est autre chose que la reconnaissance d'une population nouveau-venue pour la terre qui lui a donné l'aisance, et que l'ignorance vaniteuse de tout ce qui fait le charme et la grandeur de la vie en Europe ; il comporte plus de souvenirs, plu) d'oubli de soi-même.

Le Brésil est donc en un sens un pays vieux par là, il mérite la curiosité plus qu'aucune autre partie de l'Amérique. Cette terre a été peuplée par des hommes de race blanche, depuis plus de trois siècles. Les différences de sol et de climat surtout ont eu tout ce temps pour marquer leur empreinte sur les colons. Suivant la vie qu'elles leur ont imposée, suivant les cultures qu'ils ont dû pratiquer et les occupations qui leur sont échues, ils ont pris des coutumes et des âmes diverses. On y rencontre, non pas un type uniforme de civilisation, mais des modes différents d'existence où se traduit l'actioB lente d'influences physiques et morales. Cette diversité est accusée par la diversité des races. Ici, la race portugaise est restée à peu près pure; ailleurs, elle s'est profondément mélangée et fondée avec la race indigène; ailleurs, elle a importé des travailleurs noirs qui ont fait souche : autant de

populations différentes, avec leur caractère, leur activité ou leur paresse, leurs amusements, leur folklore.

Si le Brésil est un pays de vieille culturo, cela tient avant tout à ce qu'il est un pays tropical, propre à la production de la canne à sucre. Le sucre est en effet le premier produit agricole que PEurop» ait demandé à FAmérique coloniale. Comparez le Brésil aux Ëtats-Unis. Dans son caractère de pays tropical tient toute son originalité physique et économique. Le territoire qui s'étend depuis Rio jusqu'aux Amazones et» pour ne pas parler de l'intérieur, la côte au nord de la baie de Rio, n'a pas d'équivalent aux Ëtats-Unis, et se rapproche davantage des Antilles par la splendeur de sa nature équatoriale. L'histoire primitive du Brésil ressemble aussi à celle des Antilles. Ses plus vieilles villes, Bahia et Pernambouc, ont vécu du commerce du sucre comme les vieilles villes des Antilles. La culture du sucre a créé au Brésil comme ailleurs, et dès le xvii® siècle, non seulement une vieille industrie, mais une vieille richesse.

Tandis qu'une société agricole se fondait au voisinage de la côte, les mines s'ouvraient dans l'intérieur. Tout ce passé a laissé des traces. Les champs de canne à sucre n'ont pas disparu, les mines travaillent encore. Avant d'être la capitale politique d'un état fédéral moderne, Rio de Janeiro a été le

débouché de la plaine sucrière de Campos et des mines de Tintérieur. Quelles que soient les transformations récentes, on ne lui a pas enlevé encore son caractèpe pittoresque et séduisant de vieille métropole coloniale. Ce n'est pas seulement Rio, c'est le Brésil tout entier qui possède ainsi ses titres de noblesse.

Par son histoire économique, le Brésil diffère donc profondément des États-Unis; le parallèle entre les deux pays, lieu commun de la conve^ sation au Brésil, manque toujours d'exactitude. Si Saint-Paul joue dans la direction du Brésil moderne le même rôle prépondérant que la Virginie aux États-Unis à la fin du xviii® siècle, s'il lui fournit, comme fit la Virginie, des hommes d'État et des financiers, si la société pauliste avec son aristocratie foncière rappelle ce que fut jadis la société virginienne, l'analogie s'arrête là. La Virginie, province sudiste, s'imposa par son ancienne puissance économique aux provinces froides du Nord des États-Unis, dont la croissance avait été p|as lente. La grandeur de Saint-Paul, au contraiite, est récente ; auprès des états tropicaux vers lesqu\éls il étend aujourd'hui son influence, il n'est qu'^ cadet parvenu.

De même, rien au Brésil ne ressemble à Ti] sistible mouvement vers l'ouest, à la colonisa ti successive de la forêt, puis de la prairie, épopée

a créé au xix® siècle la nation américaine moderne. Les colons brésiliens du Rio Grande et du Parana défrichent la forêt, comme firent les pionniers du Kentucky ou de l'Ohio ; mais la frontière argentine sépare leur domaine des plaines de la Pampa; elle n'a laissé passer aucun coxirant de population colonisatrice. L'Argentine a reçu d'Europe ses immigrants; les Brésiliens sont restés confinés à la forêt. Il ne s'est pas produit, dans l'histoire du Brésil, de ces révolutions, de ces rénovations nationales si profondes, que tout ce qui leur est antérieur ne garde plus • ensuite qu'un intérêt archéologique.

Il existe au Brésil ce qui manque aux Ëtats-Unis V et à l'Argentine, une véritable aristocratie : c'est le privilège des sociétés déjà vieilles. L'organisation politique est, il est vrai, parfaitement démocratique, et j'ai trouvé partout des convictions démocratiques profondes, mais ni constitution ni théories ne peuvent rien contre l'histoire. Sauf dans les États du sud, où l'immigration européenne a été intense au XIX® siècle, partout se retrouve, au-dessus de la cla,sse ouvrière, qui est souvent de race noire ou de sang mêlé, une classe dirigeante d'origine portugaise à ipen près pure.

'esque toujours^la propriété foncière lui appartielnt. Le Brésil est essentiellement un pays agricole, (6t| cette classe est en majorité rurale. Les distances

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de propriété à propriété sont grandes, et condamnent beaucoup de familles à l'isolement. Dans les villes, à Rio surtout, où la vie sociale est développée, où le caractère national s'est tempéré par le contact d'étrangers de toutes provenances, on raille volontiers le campagnard, ignorant du passage éphémère des modes. Ce campagnard a été baptisé ; il s'appelle le caîpire. On ne prononce pas son nom sans qu'aussitôt chacun s'égaie. Il est curieux de rema^ quer que le type du caîpire n'est pas pauliste. Le grand propriétaire pauliste, au milieu de ses plantations, a une existence active. Il voyage, va à la ville, suit les cours du café ; ajoutez que la grande culture à Saint-Paul est relativement récente. Le caîpire descend à Rio de l'État de Minas. C'est à ^/ Minas qu'il a existé jadis, et qu'on trouverait peut-être encore ces fazendas où une famille vit plantureusement, et cependant sans ressources, exportant peu, demandant peu de chose au reste du monde, et faiblement atteinte dans sa 4âe isolée par le contre-coup des révolutions économiques qui bouleversent des marchés lointaiims. Là, dit la satire populaire, le temps et la natvfije ont élaboré le caîpire. Ce caîpire n'est, biaen entendu, qu'un type littéraire, et par conséquelnt qu'une caricature ; mais il était nécessaire de 11 le citer ; en analysant son caractère, on découvre Mm reflet de la vie rurale au Brésil comme vous pourpîBei

INTRODUCTION ï

reconstruire la campagne prussienne tout entière en étudiant le pauvre a Michel ».

J'ai toujours été frappé par le goût très répandu au Brésil pour la vie rurale ; les jeunes gens quittent la ville volontiers pour aller vivre à la fazenda, ^ et les hommes faits reviennent volontiers au vieux domaine agricole et le préfèrent à des villégiatures plus modernes. J'ai rarement entendu un Brésilien se plaindre de vivre à la fazenda. J'attribue ces tendances moins au charme de la nature brésilienne qu'à la séduction exercée sur ceux qui en sont les chefs par l'organisation sociale qui règne dans les campagnes brésiliennes; la fazenda est quelque chose d'intermédiaire entre une famille et un royaume. Le fazendaire y est v maître» comment ne jouirait-il pas de sa puissance? Cette autorité, je ne sais si elle n'a pas disparu de la plus grande partie du monde ; elle subsiste encore au Brésil, et elle y forme un lien puissant entre les hommes et la terre.

Dans la solitude où il vit, recevant lentement les nouvelles du monde, surtout jadis, le fazendaire aime la culture intellectuelle ; il est volontiers 1 philosophe, et a une certaine éloquence naturelle. * Plus d'une fois j'ai discuté positivisme à la fazenda. ' On sait quelle influence Auguste Comte a eue au ï Brésil ; si elle s'efface peu à peu dans les grandes I villes, elle persiste encore dans les campagnes.

Une des qualités du fazendaire, à laquelle je dois bien une mention particulière, est son extrême hospitalité. L'hospitalité brésilienne dépasse en cordialité et en délicatesse tout ce que l'Européen le plus hospitalier peut imaginer. Le fazendaite fera tous ses efTorts pour vous rendre sa maison agréable ; si vous voulez sortir, vous aurez le meilleur cheval, ou le plus sûr, selon vos qualités d'écuyer ; le fils aîné vous accompagnera. Après dîner, on cherchera parmi les disques du phonographe les chansons françaises. Et le matin, au départ, votre hôte, coupant court à vos remerciements, vous assurera qu'il vous est reconnaissant de votre visite. J'ai vu cette scène vingt fois, et chaque fois — ai-je dû cette fortune à ma qualité de Français ? — il m'a semblé avoir été reçu comme un ancien ami.

On pénètre ainsi au foyer de familles nombreuses. Avoir dix enfants n'est pas considéré comme un fait extraordinaire. L'autorité paternelle est respectée, et le fils baise en entrant la main de son père. La femme est occupée des soins de la maison ; le mari a la charge d'en faire les honneurs. Un étranger ne voit guère de femmes brésiliennes que lorsqu'il a l'occasion d'être l'hôte d'une famille. Les femmes ne sont pas habituées à recevoir la visite des hommes, et il m'a semblé que la vie mondaine cessait pour elles avec le mariage. Elles» se marient, je crois, très jeunes, et subissent pro-

fondement Tinfluence de leurs maris. Aussi ontelles, en dehors de leur famille, une vie indépendante restreinte. Elles sont des mères admirables, mais on les connaît mieux par les générations qu'elles forment que par ce qu'elles laissent voir d'ellesmêmes ; elles chérissent l'obscurité domestique. On n'arrive pas aux États-Unis sans être aussitôt entouré, questionné, conseillé, chaperonné par des femmes américaines ; rien de pareil au Brésil.

Cette aristocratie rurale, outre son autorité sociale, jouit aussi de la puissance politique. Le Brésil a, il est vrai, établi le suffrage universel, mais le peuple souverain, avant de déléguer sa souveraineté à ses représentants, commence par confier à la classe dominante le soin de le guider dans ses fonctions électorales. Les grands propriétaires fonciers choisissent les candidats, et leurs instructions sont généralement obéies. Ils forment les cadres de tout ce qui existe en tant que parti politique, et en sont toute la force et toute la vie ; ils gouvernent le Brésil et ils l'administrent. L'administration est au Brésil une grande force, y Elle fait beaucoup, chacun compte beaucoup sur elle, est-ce atavisme latin, est-ce l'effet des conditions matérielles de la vie sur ce territoire sans bornes, où l'individu est si peu de chose et l'association si difficile? On exagérerait un peu seule-

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ment en disant que Tadministration joue au Brésil le même rôle que dans une colonie européenne comme l'Algérie ou comme Tlnde.

Entre les membres de l'administration toute puissante qui m'ont accordé pendant mon voyage leur protection, et leurs frères, dont j'ai reçu l'hospitalité dans les fazendas, j'étais peut-être en danger de connaître exclusivement cette classe supérieure dont une moitié dirige l'exploitation agricole du pays, tandis que l'autre le gouverne. Ce serait cependant une grave erreur de croire qu^elle constitue à elle seule tout le Brésil. J'ai cherché de mon mieux à voir au delà d'elle la classe populaire, plus nombreuse, plus diverse, masse confuse de qui dépend avant tout l'avenir du Brésil. Elle vit sous un climat heureux, ou du moins sous un climat qui ne permet pas ce que nous appelons en Europe la misère. Elle est aussi une clause rurale. C'est de ses mains qu'est accompli le travail de la terre.

Dans tout le Brésil méridional, l'immigration européenne a, pendant la seconde moitié du xix« j siècle, renouvelé la population rurale. A Saint-Paul, les Italiens ont fourni à l'ancienne population pauliste la main-d'œuvre nécessaire à l'extension des cultures de café. Ils habitent sur les plantations, des villages qui sont de véritables cités ouvrières. Rien ne h^s fixe au sol ; ils semblent ne pas avoir

le goût de la terre, et un très petit nombre achètent | des propriétés. Ils ne se lient que par des contrats d'un an, et changent volontiers de patron après chaque récolte. On ne peut imaginer de peuple plu nomade ; ils se déplacent sans cesse de fazenda en fazenda. Rien non plus ne les retient dans l'Ëtat de Saint-Paul, et ce n'est pas le moindre danger de la ' crise caféière que Texode qu'elle provoque parmi les colons italiens.

Plus au Sud, du Parana au Rio Grande, l'immigration a créé des populations très diiïérentes, une petite démocratie de paysans : Polonais, Allemands et Venètes. Étant propriétaires, ils sont solidement enracinés au sol. De même que l'afflux des Italiens à Saint-Paul ne fut pas un mouvement spontané, mais l'œuvre de l'administration pauliste, de même, la colonisation allemande et polonaise dans le sud fut provoquée et subventionnée par le gouvernement du Brésil et des provinces intéressées. Les colons étrangers furent envoyés dans des régions jusque-là désertes, où des courants commerciaux ne purent s'établir, où la vie économique resta nulle. Ils y vécurent livrés à euxmêmes, sans voisins, sans clients. L'origine politique — artificielle — des colonies les condamna à l'isolement ; l'isolement les rendit fidèles à leurs coutumes nationales et à leurs langues, qu'ils auraient volontiers oubliées dans d'autres circonstances.

Ces populations de sang étranger se laisseront-elles assimiler? Problème plus simple peut-être que celui qui se pose à Saint-Paul, où l'on cherche, non à assimiler les immigrés, mais à les fixer.

Le Nord du Brésil n'a pas reçu d'immigrants d'Europe. Les nègres y sont nombreux partout où régna la culture de la canne avant l'aboUtion de l'esclavage, à Campos, à Pernambouc et à Bahia où l'industrie sucrière a disparu depuis. Personne ne leur dispute le dur travail des plantations de canne, et comme il n'existait pas dans ces régions d'autre personnel disponible, ils se sont remis comme travailleurs libres aux occupations qu'ils avaient pratiquées comme esclaves. Ouvriers insuffisants, intempérants, sans ambition, dédai* gneux du travail régulier, ils forment l'élément le plus médiocre des populations rurales brésihennes.

Un dernier type de population agricole se rencontre tout au nord du Brésil, dans la province de Céara. Des métis de Portugais et d'Indiens s'y livrent à l'élevage des bœufs. Le Céara est d'une extrême pauvreté, des sécheresses périodiques le dévastent, et y détruisent les troupeaux. La misère chasse loin de chez eux les Céarenses. Ils ont peuplé tout le bassin des Amazones ; ce sont des émigrants céarenses qui font, sur les affluents de l'Amazone, la récolte du caoutchouc. Tandis que le

Brésil méridional a dû faire appel à l'Europe pour peupler ses plateaux, le Brésil équatorial dispose d'une race de colons indigènes, prolifique, et déjà formée au climat.

La seule partie de la population qui soit véritablement urbaine, ce sont les étrangers, commerçants de toutes sortes, qu'on rencontre à Rio, à Saint-Paul, et dans quelques autres grandes villes. La plupart des affaires sont entre leurs mains. C'est même parce que le Brésil, en pays colo-v niai, manquait d'une population urbaine indigène, que depuis le développement du pays, le nombre des commerçants étrangers s'est élevé rapidement. Mais les éléments allemands, anglais ou français, n'agissent pas d'une façon pénétrante sur la vie nationale. Ils se mêlent peu aux Brésiliens de race ; gardent leurs attaches en Europe, cherchent à faire fortune au plus vite et à s'en aller. Ils sont les témoins les moins impartiaux qu'on puisse imaginer sur toutes les questions brésiliennes.

Il n'en est pas de même d'un autre élément urbain, étranger aussi, l'élément portugais.

L'immigration portugaise a de tout temps été nombreuse, elle ne s'est pas dispersée dans les campagnes, comme l'immigration italienne par exemple. Tout Portugais arrivant à Rio a en effet sur ses concurrents, les immigrants d'autres nationalités, une supériorité notable, c'est la langue

qu'il parle, et qui est celle du pays. Tous les métiers de la ville lui conviennent et nul autre ne peut les lui disputer. S'il a, comme il arrive souvent, des aptitudes commerciales, il se fera boutiquier ou revendeur. Les Portugais ne sont pas comme les autres étrangers, réduits au commerce de gros; à Rio, le commerce de détail est entièrement entre leurs mains. Ainsi ils se fondent avec la population brésilienne dont il est difficile de les distinguer. Dans la formation du Brésil actuel, les Portugais ont donc joué un grand rôle, puisqu'ils ont largement contribué à la formation de la classe urbaine ; et la pénétration portugaise serait une question capitale si le vrai Brésil était dans les villes.

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