‹ Le Brésil, Buenos-Ayres, Montevideo et le Paraguay devant la civilisationChapitre 9 sur 11 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

RésomoDS-DOUs.

Nous avons prétendu que la guerre entreprise en commun par le Brésil, Buenos*Ayres, Fiorès, contre le Paraguay, portait atteinte aux droits .consacrés par les traités, à la liberté commerciale, et était ainsi dirigée contre la civilisation, au profit d'un monopole exorbitant, d'une ambition inexoraNe^ malsaine. Nous avons ajouté qu'elle avait pour but une double annexion territoriale et une domination inique.

Les projets de conquête du Brésil^ les menées de Buenos-Ayres, ont été nettement accusés, ainsi que la complicité du général Florès ; nous trompons^nons en croyant que notre démonstration est désormais solidement assise sur des arguments indiscutables, et, partant» que la lumière a pénétré dans l'esprit du lecteur?

Oui, ta question qui s'agite, à cette heure, sur l'estuaire de la Plata, est tout à la fois une question commerciale, politique, sociale, humanitaire ; et le bon droit est évidemment du côté du Paraguay qui représente le respect des traités, l'équilibre des États, la liberté, la civilisation.

Voilà pourquoi nous avons poussé le cri d'alarme de la sentinelle vigilante qui perçoit un bruit suspect dans les ténèbres ;

Voilà pourquoi encore, nous demandons que la France (1), l'Angleterre et les Ëtats-Unis, qui se préoccupent justement du conflit Hispano-Chilien, interviennent au plus tôt entre les belligérants platéens, afin de déjouer les coupables projets de la triple alliance et de prévenir ainsi une nouvelle Convention de Oastein, au profit de ia Prusse et de l'Autriche d'Amérique.

Et ce n'est plus seulement au nom du commerce entravé et des traités violés que nous formulons ce vœu. En présence des horribles attentats accomplis devant Uruguayana (2), c'est au nom de la Civilisation et de

(1) La miition que vient de remplir BL de VernoaiUet, chargé d'affaires de France, à BoenOBpAyres, anprte du président Lopex, aaqnel il a remis une lettre aatographe de Napoléon lU, nous autorise à croire que l'action de la France s'est déjà fait sentir sur le théâtre de la guerre.

(3) Le ministre de la guerre de Rio-de-Janeiro a publié dans les Débats du 33 jan- Tier dernier une lettre qui prétend démentir le double fait d'incorporatloB et de fééuc- Uon en serfitude des prisonniert paraguayens ; mais Fauteur de cette lettre se garde bien, lui aussi, de parler des Rapports du colonel oriental Palleja et du secrétaire par- Ueutier ée Florès, M. Herrera.

n ]r a plus : ce ministre, M. Angelo Munis da SUra Fenreira, dépasse érldemment le but qu'il Teat atteindre, lorsque, par sa circulaire de décembre dernier, il prohibe Tlneofpormtkm des ptiseimien paraguayens dans l'afinée impériale«

Cette défense a été pnbUée dans le Diario do Rh-de-Janeiro^ le 35 décembre 1SS5; mais la note du président Lopex au président Mitre, par laquelle le chef paraguayen menaçait les alliés de terribles représailles, porte la date du 30 noTembre 1865.

Cette note énergique arait produit son effets puisque El Siglo de Monterideo, reproduisant un autre Rapport du colonel Palleja, nous apprend que : « A cause des fréquentes désertions, tous les Paraguayens, incorporés dans la difiiloo orientale, seront déaarméSy traités comme prisonniert de guerre et envoyés à MonteTldeo. » {SI Siglo du 30 décembre 1855.)

Le rapprochement de ees dates :

30 noTcmbie 1S05> note du président Lopes;

l'hciahité que nous appelons la prompte interrention des trois grandes puissances maritimes.

Notre pensée, insuffisamment rendue dans une première broehuroi est maintenant complète. Notre devoir Ht done rempli.

Plus modeste que notre contradicteuri nous n*avons pss youIu rentrer dans le débat avant d'avoir étudié encore la question. Tous les ouvrages publiés par des hommes compétents ont été de nouveau interrogés« consultés par nous. Aujourd'hui» les événements qui viennent de s'accomplir n'ont fait que confirmer J'apprédation des auteurs» et nous pouvons soutenir plus énergiquement que Jamais, avec plus d'autorité aussi, que nous possédons la vérité sur le conflit Brasilo-Paraguayen.

Nos garants sont : HM. Ferdinand Denis, comte de la Hure, Demersay, Sturs, Avé*Lallemant, Martin de Motissy, sir Woodblne Parish, Alfred du Graty; et cette illustre cohorte de penseurs américains qui s'appellent : Florencio Yarela, général Pacheco y Obes, don Valentin Alsina, général Paz, et à la tète desquels se place naturellement H. Juan B. Alberdi.

Voilà nos parrains dans la discussion où nous nous sommes engagé. Quels sont ceux de notre contradicteur?

Le rédacteur du Mstsaf sr a cité Asara i mais nous avons prouvé qu'il

S5 décembre 1SS5, drcolaire da mioiitre txrésilieni -

se décesftbra iSes« réselotlon rendue pobttqee, de trUter les PMrsgasfens pritonnien de guerre ;

Ce rapprochement, croyone-noos, contient une complète révélitioa, car 11 établit netiHMit, ànoiyenx, tontee les pbases qu'a traversées la qncition qd nous oecope.

Répétont-le une dernière fois i

Tontee les protesUUons, offldelîes et offldenses, des présidents, des ministres, des jonmaax de la triple aUiaaee, ne léossirent point à tremper ropiniom

Tant que M. JnUo Herrera ne sera pas hantement nÉSAvoui par le général-président Florès, et restera son sBcairAuai rAaxicuuBa; Unt qne le colonel Palleja n*anra pas été eoDdamné Goxmi OALomiunea, et chassé, oommi til, de l'armée orientale ; lenrs Rapports, qui impriment une flétrissure indélébile aux chefs des années alliées, seront tenus, par tons les esprits impartiaux, pour être l'expression vraie d'une indignation généreuse etjustiflée.

ne l'avait pas lu; du reste, Azara, on le sait, n'aurait rien pu lui apprendre.

M. Benjamin Poucet?

Mais l'auteur des •toffes de Darasit» a défendu ayant nous la cause que nous avons embrassée. BleA qu'il n'ait qu'imparfaitement compris la portée de notre travail, M. Poucel reste forcément notre allié et, par conséquent, il est l'adversaire de notre contradicteur.

M. Arnaud a pour lui... M. Arnaud I

Et il s'écrie, sans doute, avec la Médée du .vieux Corneille :

Moi!

Moi I dis-je^ et c'est assez !

L'histoire n*est pas de cet avis ; nous pensons comme l'histoire.

Avant de prendre déQnltivemeat congé du publiciste aixois, nous lui exprimerons deux fois nos regrets :

D'abord, de ce que, à l'exemple de son ancêtre authentique, Pic de la Mirandole, il a voulu soutenir, lui aussi, sa thèse de re scibili et quibusdam aliis,

Quibusdam aliia signifie ici la question Brasilo-Paraguayenne.

Ensuite, en préêence des énormités (nous voulons rester convenable, dans la forme jusqu'au bout) que contient sa plaidoirie, de ne pouvoir promettre, dans le journalisme, à sa brillante intelligence, les éclatants succès qui lui ont complètement manqué au barreau.

Maintenant, un conseil, et nous avons fini :

A l'époque des fêles foraines, le pitre qui veut attirer la foule dans sa baraque déserte, se livre à une débauche de grotesques postures et de cascades fantastiques.

Les oisifs s'arrêtent et quelques badauds s'aventurent derrière les tlancties. Les gens sensés haussent les épnules et passent outre.

Il en est de même dans les lettres.

Les exercices périlleux sur la corde raidc de la phrase, sans le secours de ce puissant balancier qui s'appelle lb savoir et la raison, n'obtiennent un certain succès qu'auprès des ignorants cl des sots.

Allez ! c'est toujours un triste spectacle pour le travailleur sérieux, que celui d'un homme jeune, bien découplé, qui, pouvant remplir une fonction utile : servir les maçons, casser des pierres sur la route, par exemple, préfère avaler des étoupes, ou jongler avec des contre-vérités; et cela, dans l'espoir de recueillir quelques applaudissements malsains et quelques gros sous verdegrisés.

Mais le conseil? Le voici :

Si le publicîste aixois veut nous croire, il ne se jettera plus étourdiment dans les jambes de ceux qui ne demandent qu'à poursuivre tranquillement leur chemin. Renonçant tout h fait aux luttes politiques^ économiques, historiques — historiques, surtout! — il se renfermera absolument dans cette innocente et , à coup sûr, honnête industrie qui consiste à servir deux fois par semaine, aux abonnés de Fréjus et de Cucuron , les faits divers qui se traînent depuis ^x mois dans les feuilles parisiennes.

En agissant ainsi, il ne risquera pas de mourir d'un transport au cerveau et il vivra cent ans, en paix avec tout le monde, y compris les sapeurs du régiment étranger.

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