ADIEU AU BRÉSIL
et colorées, parmi les impressions que je conserve de mon séjour en cette ville riche en visions pittoresques, de sa merveilleuse baie, de ses gracieux alentours. Je ne dis rien de l'accueil si courtois et si cordial que j'y ai rencontré; c'est encore là le principal agrément d'un séjour à l'étranger.
A la veille de quitter le Brésil, sans esprit de retour, j'ai fait comme le vieillard de La Fontaine ; j'ai planté dans la roça d'une maison amie, à Bahia, le noyau de la dernière mangue qu'on m'y avait servie. Je sais qu'il en est sorti un petit arbre qui promet de devenir grand. Et comme l'octogénaire, il m'est agréable de penser que les arrière-neveux de ceux que j'ai connus là-bas <( me devront cet ombrage, » aussi bien que les fruits savoureux que ma mangueira portera sûrement en abondance :
Eh bien ! défendez-vous au sage De se donner des soins pour le plaisir d'autrui?