‹ Le Brésil d'aujourd'huiChapitre 80 sur 105 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Les Trappistes français au Brésil. — Le monastère de Marislella. Le désert refleurit. — Les rizières de BérisaL — Orchidées et serpents. — Autrefois et aujourd'hui.

9 avril 1908. — De retour à Saint-Paul, je me serais fait scrupule de quitter le pays sans aller visiter les Trappistes français établis depuis peu au Brésil. Cinq heures de chemin de fer, deux heures de voiture, c'est ce qu'on appelle ici une promenade, tout au plus une excursion.

On suit d'abord la grande ligne de Saint- Paul à Rio de Janeiro jusqu'à Taubaté. Dans ce parcours de 120 kilomètres, comme dans tous ceux que j'ai faits sur les chemins de fer brésiliens, la même impression vous obsède, impression plutôt mélancolique. Le paysage n'est point monotone, les perspectives sont souvent pittoresques, parfois grandioses; mais une teinte de vague tristesse les enveloppe. Il y manque l'habitation humaine et la trace du travail humain. Ces signes de vie absents, la végétation a beau se montrer exubérante, vous ne voyez défiler devant vous, si Ton peut dire, que des tableaux de natures mortes.

Longtemps avant Taubaté, la ligne serpente sur le flanc des collines qui bordent la rive droite de la vallée du Parahyba. Sur la rive opposée, court tout

Page 1