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L’ANTHROPOLOGIE

(fig. 3)T ayant la forme de Falabastros, et un tambeaéf tamatiâtang ou tamatiâ-^açoyaba (fig, 4), curieux

ornement qu’on a rencontré dans toutes les urnes renfermant des ossements de femmes. Un trou placé à cliacune des trois exlrémités servait à lemaintenir*Lafig.5 reproduit un poisson en stéatite provenant de ia vallée du Troïii' betas* Ces fétielies en pierre » représentant presque toujours des poissons ou des oiseaux, se retrouvent encore dans les Tambaqoîs de la côte méridionale du Brésil, ainsi que de nombreux petits vases en pierre, des

Kig. 3. — Petit vase gravé, trouvé pointes de flècbes, ù Maraj>:>. haches et des

ornements, quelques- uns tahriqués avec des pierres très dures*

Au moment de la découverte, les sauvages du Brésil se servaient, comme aujourd’hui encore, d’instruments en pierre polie. Les trouvailles de cc genre sont nom-

Fig* 4. — Taniî?eaô ou Tamatiâtang (Folium oilis],

breuses, et la collection d’armes et d’objets en pierre du Muséum de Rio est très riche. La plus grande parlie de ces instruments sont en diorito, mais ce Muséum possède plusieurs exemplaires de haches en quarlzite, serpentine, gneiss, fibrolithe, néphrite, etc* Quelques-uns des objets en pierre sont d’une ancienneté prouvée, comme ceux que M* Ylasto a recueillis dans les excavations faites près de Caratapera, province de Maranhâo, et qui ont été présentés h la Société d’anthropologie de Paris. L’ûge du terrain d’oii ils ont été extraits et leur ressemblance avec des objets trouvés en Guyane, qui sont d’une ancienneté démontrée, permet de les raitacher à une période alluviale antérieure à la notre et correspondant sans doute à l’âge néolithique en Europe. Les

instruments en pierre taillée, découverts jusqu’à présent an Brésil, sont en petit nombre et proviennent de la vallée de rAmazone (Taperinha, Itaituha, Latum a, etc.),

Fig* 3 .— Fétiche de stéatite, trouvé dans la vallée ^ duTrombetas.

du Parahybuna (prov, de Minas-Geraes) et d’un tainhaquî de la prov* de Paranâ.

Beancoup de tambaquis du Brésil ne datent pas d’une époque bien antérieure à la conquête européenne. D’autres sont même postérieurs à la découverte. On a remarqué à travers les couches des ossements humains fracturés, qui déeelcraient des habiindes d’anthropophagie chez plusieurs des tribus qui ont formé ces amas. D’un autre côté on sait par les anciens chroniquenrs que, pendant la saison de la péebe et des fêtes sur le littoral, les Indiens avaient rhabilude d’enterrer leurs morts dans ces monts de coquillages.

Le Père Christoval de Aeuna, dans son voyage de l'Amazone avec Pedro Teixeira (1639), a trouvé encore des Indiens qui adoraient des idoles et qui les attachaient à la proua de leurs canots quand ils allaient à la pêche ou à la rencontre des ennemis (§ 40 du Nuew dêscubrimmio dd gran no de las Ama%onas). C’est probablement uoe de ces idoles que M* Barbosa Rodriguesa découverte et décrite en 18T3. Elle a été reproduite dans la l VI des archives du Muséum de Rio et représente un carnivore domptant un animal qui parait être un cbélonien, le tout en stéatite, mesurant Û“18 de hauteur* Le comte de Castelnau avait rapporté de TAmazone (Sanlarem), en dS46, une stalne de plus grande dimension (i“33 de hauteur), qui se trouve aujourd'hui au musée du Trocadéro et dont l’ancienneté avait été contestée au Paraet à Rio à une époque où le professeur Hartt et M. Ladislâo Netlo n’avaient pas encore ouvert la voie aux études archéologiques dans le Brésil.

tes inscriptions sur des rochers se trouvent presque routes dans la vallée du Sûo Francisco et de l’Amazone. Elles sont taillées sur les rocs, quelques-unes présentant des traces de peintures diverses, d’autres simplement coloriées en rouge. Ce sont des arabesques, des signes variés, des figures humaines, des animaux, des soleils, des flèches. Elles paraissent indéchiffrables, et ne représentent peutêtre que le caprice des artistes indiens. La seule qui pourrait peut-être avoir une interprétation est celle que les naturalistes Spix et Martius ont publiée dans leur atlas de voyage, plus connue par une reproduction peu fidèle de Debret. Elle se trouve dans la serra do Anastacio, sur la rive droite du Bendegû, entre Monte-Santo et le Sâo Francisco. On croit y voir l’iiistorique d’une bataille commencée la nuit. Non loin de eet endroit on trouve d’autres inscriptions à Tiuha (Pedra das Lettras,

entré Monte Santo et Villa No’/a da Rainba), à Grota Fnnda, près de Jacobin a, à Talhada, Pé da Serra, Salgadû, Rrejo (en face de Pîranbas), h Olho d'Apa do Casado ( Alagoas, près dePiranhas), dans le Panema, affinent du Sâo Francisco, etc. En dehors des zones que nous avons indiquées (Sâo Francisco et bassin de PA ma zone) on connaît des inscriptions dans le versant oriental do la Serra do Bacamarte et dans la Serra do Teîseira (Parahyba), à Pearfi, à Piauhy {Cnrumatà), au MarantifLO, et, plusanJS.j dans la Serra da On^a (rio Doee), et à Rio Grande du Sud. Dans le bassin de P Amazone ces inscriptions sont nombreuses : à Itacoaliara, pierre peinte, dans le Rio Negro, le Madeira, le haut Tapajdz (Morro de Cantagallo), le Xingii, le Yapurû, etc* Une inscription dans PArapaya 'avait ù[é découverte dès 1774 par Cabrai d'Almeida* On en connaît ane autre sur le canal du lacGaliyba (Matto-Grosso).

La nouvelle répandue en Europe de la découverte des ruines d’une ville monumentale dans Pintéricur du Brésil (province de Bahia) ne repose que sur un manuscrit de 1754, très détérioré, qu'on conserve à la Bibliothèque nationale de Rio. Jusqnhci la ville en question n’existe que dans les pages de ce vieux manuscrit, publié dans le tome (1839) de ïa Uevue de VînsUiut hüiortque du BrésiL D’autre part, van Baerle (Barlceus, Bes Brasîiiœ, p* 217 de Pédit. princeps) raconte qu’Elias llerckman, Pami de Maurice de Nassau, avait rencontré, dans une exploration de Pintérieur (ld41), deux pierres parfaitement rondes, dont la pins grande, placée sur Pautre, mesurait seize pieds de diamètre* Elles s© trouvaient à Poccidcnt des montagnes de Yuruparîbacal, non loin de la rive gauche dePAracagy, affluent du Maraanguape (Paraliyba do Norfe), entre les villages indiens de Guiràobira (aujourd’hui ville d’Indcpendencia) et de Guirarembuca, Le lendemain il rencontra encore d'autres pierres très grandes dressées en forme d’autels, qui lui ont rappelé certains monuments de Drentfî* Ces parages n’ont pas été visités depuis ce temps par d’autres savants, et il est possible que les pierres qu’il a vues n’aient pas été rassemblées par la main des hommes* On sait que la perforation de la lèvre inférieure et quelquefois du nez et des joues chez les hommes (plus rarement chez les femmes) était un usage très répandu parmi les sauvages de l’Amérique, surtout parmi ceux du Brésil* Les premiers voyageurs ont signalé avec étonnement la déformation bizarre de ces hommes qui se perçaient la , lèvre inférieure et les joues pour y introduire divers ornements* Cet usage existe encore chez plusieurs tribus* Les Botûcudos du rio Doce et quelques Indiens du Xingu portent des rondelles de bois* D’autres tribus emploient des coquillages, des os, des arêtes de poisson, des cylindres en résine et différentes pierres polies de forme ronde et aplatie ou longues et cylindriques, metaraj iêmbetd (têmbé^ lèvre inférieure, Ud, pierre)* Les plus beaux tembetas étaient fabriqués en quartz hyalin, en albétre, en néphrite, en béril et en orthose verte* Ces pierres vertes (metaru hûbÿ), désignées par les voyageurs sous des noms très différents (émeraude, albâtre vert, jadej etc* ; M. Fischer a présenté cent cinquante noms donnés à ces pierres), étaient très estimées des Indiens, et comme on n’en connaissait pas de gisements au Brésil, on a voulu y voir des preuves d’immigration ou de communication des Indiens du Brésil avec le Mexique, voire même avec l’Asie* Ces hypothèses ont été combattues, en 1883, par le professeur A* W* Meyer, de Dresde, et nous ajouterons que, dès 1809, Mawe avait trouvé des nodules de grimstein dans du granit décomposé, à Minas Geraes*

Au commencement du xvi^ siècle, lorsque les Portugais et les Français entrèrent en relations avec les Indiens du Brésil, les Tupys ou GuuranyBj race conquérante, occupaient presque tout le littoral. Lorsque les expéditions vers l’intérieur commencèrent, on put vérifier que les lupys formaient le peuple indigène le plus répandu, quoique divisé en un très grand nombre de nations ou tribus souvent ennemies, et séparées par d’autres tribus dont la langue différait sensiblement de la leur. Un grand nombre de ces peuplades étaient anthropophages. La dénomination générale de la race prédominante était Abas (hommes) ou Tupys (T’fpï, ceux do la génération primitive), Us se donnaient aussi le nom de Tïpï^abd, ou T'îpïnabd, c.-è-d. les autochtones, ou les maîtres du pays, d’oü les dénominations TupinambdSt des Portugais* et ToupimmbouUs des voyageurs français du xvi® siècle* Aux tribus voisines ils donnaieut les noms de Tiipinikê (ceux du pays voisin, Tupiniqidns des Portugais, Toupinenkim des Français) et Tobdiguar (ceux qui habitent en face), d’oü îe nom Tobajaras^ donné par les Portugais k certains Indiens* TapïU c’était le sauvage* l’ennemi, ce qui donna naissance au mot lapupUy pour désigner certains Indiens plus sauvages, mot qui pouvait venir aussi de Tapoyï, enraciné, ferme, pour désigner les Indiens primitifs qui ont réussi à maintenir leur indépendance au milieu des Tupys, môme après ïa conquête portugaise* — Les l’upys qui occupaient le littoral de Rio de Janeiro jusqu’à la partie orientale de Sâo Paulo, étaient désignés parle nom de Tamoyos (TamiJÏ^les a’ieux)* C’étaient les alliés des Français contre les Portugais; leurs flottilles ont souvent attaqué sur la cOte des navires portugais* Le € grand et puissant roi Quonîambek ^ (Cunhambebe) dont le portrait a été publié par Thevet, dans sa Vie des Hommes iUustres, et dont parle Hans Stade, était un chef Tamoyo, ennemi implacable des Portugais, Ces Indiens, après de longues guerres, ont été forcés d’émigrer, et sont allés se fixer, dit-ou, sur les bords de l’AmazoïiG* Les Tupys de Sâo Paulo prenaient le nom de Temiminâs (lerny 7nlnây petits-fils)* Les Tamoyos de Rio désignaient les alliés des Portugais sous le nom de Mbaracayds (chats). On comprend quelle confusion ces dénominations différentes ont produite dans les relations des chroniqueurs et dans l’interprétation de ces chroniques. Ainsi* un Tamoyo de Rio s’intitulait Tupinambii et donnait à ses voisins le nom de Tupînikê; ceux-ci, à leur tour, prenaient pour eux le nom de Tupinambâ, et donnaient aux Tamoyos celui de Tupiniké. Les chroniqueurs multipliaient ainsi ces désignations: les Patos (mot portugais qui signifie canard). Indiens qui habitaient le littoral sud de Sainte- Catherine et les rives du lac qui porte leur nom, étaient les mômes que les Guanands (Guananây canard), quoique des auteurs les désignent comme des nations différentes* Par contre, on désigne quelquefois sous le même nom des Indiens dont les mœars et la langue dilfèrent beaucoup, comme les Caingangs et CamdSy de la province de Paranà et les Crods du Matto-Grosso, désignés sens le nom de Corôados dans les deux provinces* liCs Tupys parlatenL tous, avec de petites différences, une langue qui, pour être très répandue, a été désignée sous le nom de langm générale des Brésiliens (Lingua gérai dos Brazis). C’était Vabaneenga (langue des hommes), plus connue aujourd’hui sous le nom, que les jésuites du Paraguay lui ont donné, de guarany {guarinyltara, guerrier). Le tupy du Brésil était cette même langue avec de légères modifications. Aujourd’hui encore.

UANTHEOPOLOGIE

malgré los transformations subies pendant quatre siètiles de relations avec d'au ires peuples barbares et avec les Espagnols et les Portugais, un Indien brésilien do la race lupy peut s'entendre aisément avec un Guarany du Para-* guay et du Corricnles*

Outre les Tupys, il y avairau xvi^ siècle, et il y a encore, au Brésil, des régions occupées par des Indiens dont la langue diffère entièrement de rabafieenga. Martius, après avoir étudié un grand nombre de vocabulaires, a groupé ainsi les Indiens du Brésil d'après la langue : les Tupys ou Guaranïs, dont nous venons do parler ; les Gés ou ÜRAns, du bassin du Tocautins et d'une grande partie du Maranhâo et du Piauhy (CayapôSf Chamades, Chermtes, Geicé^Sy etc,); les Creks ou Guerengs, du A^ersant oriental de la chaîne des Aymorés, de la partie occidentale du Sâo Paulo, des provinces du Paranâ et do Matto Grosso (BotocudoSt PuriSf CoroadosJIaîaiis,eU.); les Goyatacazes (de Aataâquûy léger à la course), qui jadis s'étendaient depuis le Parahyba do Sul jusqu'è la partie méridionale de Bahia, et [dont on trouve des représentants dans cette dernière province et dans celle de Bio, la plupart incorporés à la civilisation, et dans le Sao Paulo à l'état sauvage (Coropd^, MachacalU, Patachos^ etc,); les Gucks ou Cocos, dans rintérieur de Babia, Pernambuco, Parabyba, Eio Grande du Nord et Gearà et au nord du rio Negro [Cairiris ou KiririSf SabujaSi Nandos^ llîaxurünaSj etc,) ; les Parecis, dans le Matto Grosso (Parecis, Guachi§, etc,) ; enfin les Aruacs, qui habitent les régions voisines de la fron-* tière N, du Brésil, et les Guaycürus du Matto Grosso, plus répandus sur la rive droite du Paraguay, hors des limites de Pempire, Les Indiens sauvages des provinces do Sâo Paulo, Paranâ, Sainte-Catherine et de la partie septentrionale du Rio Grande do Sul sont généralement désignés sous le nom de Bugj^es*

On pourra peut-être réduire ces différents groupes à trois ou quatre, car la classification de Martius a été faite d'après des vocabulaires très irtcomplets; cependant nous devons l’accepter provisoirement, les renseignements sur la plus grande partie de ces tribus étant insuffisants. Ce qu’on peut affirmer, c'est qu'au premier abord tous les indiens du Brésil se ressemblent plus ou moins par leurs earac- Èères physiques et par leurs mœurs, La seule langue indienne véritablement connue au Brésil, grâce aux ouvrages que nous ont laissés les pères Anchieta, Montoya et L, Figueira, et récemment, grâce aux travaux de Almeida Nogueira (Baptista-Caetano de), Couto de Magalhues et Platzman, est le tupy. Elle est encore parlée par la majorité des Indiens du Brésil, au Paraguay et dans la province argentine de Corrientes ; mais au Brésil elle teod à disparaître. Dans tout l'empire il n'y a qu'une chaire de langue tupy, au séminaire du Parâ. Les pères Mamiani et Bernard de Nantes, missionnaires îlBahia’au xvïl® siècle, ont laissé des travaux sur la langue des Kiriris ou üairim du groupe Guck ou Coco,

Plusieurs publications faites sur la langue tupy et un grand nombre d'explications étymologiques données par des auteurs qui connaissent très sommairement cette langue ont le défaut de présenter souvent des indications fausses, et Ids mots mal orthographiés selon la prononciation des Indiens actuels, qui parlent déjà une langue très corrompue* Les travaux d’Almcida Nogueira ne sont pas de ce nombre, car il a étudié le guarany parlé du temps des jésuites du Paraguay, dont plusieurs documents sont depuis longtemps publiés, et d'au¬

tres, manuscrits, sont conservés à la BibhotUèque nationale de Rio*

De toutes les peuplades du Brésil, en dehors des Indiens de la race tupy, la plus curieuse est celle des Botocudûsod Âymorés* Us ont occupé jadis uno grande partie dos forêls des provinces de Minas-Geraes, d’Espirilo Santa et de la partie méridionale de Bahia, Aujourd'hui leurs campemeuts sont établis dans les forêts vierges des allluents du Jequiünhonba, du Mucury, du Sâo Mathens et du rio Doce. Leurs tribus sont peu nombreuses; mais il est déjà assez extraordinaire qu'en plein cœur du Brésil, elles aient résisté aux causes de destruction, massacres, fièvres éruptives, métissage, qui ont anéanti la plupart de leurs congénères* Ils se donnent des noms qui different selon les tribus: Engereckmoung ou Cracmurij Nak-nanuk^ PejauTUm, Djwporocüj etc. Les anciens Portugais les appelaient Giiaymurés (Guamùiré), d'oh te mot Aymoré* Le nom de^^Botocudo, qui a prévalu, et qui blesse profondément ces sauvages, vient des rondelles d'un bois très léger, presque; toujours du fromager ventru veniricosa, Arruda Gamara), qu'ils s'introduiaent dans la lèvre inlérieuro et dans le lobule des oreilles* Ces rondelles ou disques ressemblent aux bondes de tonneaux, batoque en portugais, et arrivent graduellement à des proportions telles (de 6 à 4 cent, de diamètre), qu'elles donnent à la figure l'aspect le plus hideux et finissent par déchirer la lèvre inférieure retournée. Elles étaient jadis en usage chez un grand nombre d'indigènes brésiliens, notamment chez les Gés, Les Koloehes, Indigènes de la Colombie anglaise, au voisinage des Esquimaux, en fabriquaient de semblables avec des os compacts, La lèvre distendue se maintient presque horizontale et un peu relevée; les oreilles élargies arrivent jusqu'aux épaules* La roudelle de la lèvre est nommée gnimato (gnima, bouche ; tOy qu'on doit prononcer en fran<;ais icu, droit : redresse bouche), celles des oreilles noumê.

L'aspect extérieur des Botocudos n'a pas peu contribué à leur faire leur réputation de sauvagerie. Le premier des anthropologistes qui s'en soient occupés, Blumenbacli lui-même, les représentait comme les derniers des hommes* Le pur type Botocudo est à crâne élevé et étroit, franchement dolichocéphale, à nez moyennement large, à capacité ra ni en ne faible* Le cubage des crânes étudiés à Paris par M* Rey a donné, par le procédé du plomb, selon les instructions de Broca, nue capacité moyenne de 1,470 centîm. c* chez les hommes et de chez les femmes; M* Peixoto a trouvé comme moyenne, dans un grand nombre de crânes, à Rio, 1,480 ceutim, c, pour les hommes et IjSli pour les femmes* La ressemblance du type Botocudo, rappelée plus haut, avec le type du crû no fossile de Lagoa-Santa et ses rapports avec celui des crânes Patagons anciens des Paraderos, qui rappelle les Esquimaux, sont bien significatifs, La présence chez les Botocudos d'individus brachycéphales, prouve toutefois que ce peuple n'est pas resté indemne de tout mélange, 11 a été infiuencé comme presque tous les autres peuples brésiliens, surtout par Félémont Tupy ou Guarauy, Araucau ouPampéen* Tel est encore leur état de sauva gorie indomptable que les Brésiliens civilisés ne connaissent et ne fréquentent qu'une faible portion d'entre eux, appelés Botocudos traitables* Pour les autres, ils font encore de temps en temps des incursions par petites troupes pour saccager les maisons isolées, et tuer des blancs ou des nègres* Jamais les babiUnls civilisés de ces parages ne s'aventurent dans leurs Ibréts et ïa plui^art d'entre eux ne connaissent sans doute encore ni le vètemeRt

europ(5en, ni les armes k tcu* Ils vivent par petites troupes ou aldeins^ d'une cinquantaine d'individus, « Ils ont pour abri des huttes de branchage (kijeme) quelquefois entièrement cachées dans les broussailles et toujours dressées au plus épais des forêts, lis n'ont pas d'ustensiles, si ce n'est des tronçons de bambous destinés à porter de T eau. Leur nourriture se compose d'animaux tués à la chasse, de poissons et Je végétaux sauvages ; ils soumettent les aliments à l'action du feu, mais leur cuisson est rarement complète. Quelques Botocudos traitables travaillent, très irrcgnlièremcnt, chez les missioûnaîres et chez les colons, qui les emploient, soit à sarcler les plantations de café et do maïs, soit à abattre les arbres; sans motif apparent, ils laissent la les instruments de travail et disparaissent pour un temps plus ou moins long* Che2 eux, ils ne font aucune espèce de culture* (P* Rey,) Leurs relations avec quelques petits centres civilisés n'ont donc pas modifié leur état social ; elles n'ont pas davantage élevé leur niveau intellectuel et moral, Et, par exemple, les lambeaux de vêtements dont se couvrent quelques-unes de leurs femmes n'ont pas tait éclore chez elles le sentiment de la pudeur. Quelques rares individus demeurent chez les planteurs de cette région depuis renfance et font en quelque sorte partie de la famille. Ces individus, un peu civilisés, sont cependant toujours dans un état d'infériorité in tell ectu elle et morale vis-à-vis des blancs et des nègres, dont ils partagent le genre de vie. Il existe aussi quelques métis et ceux-là se montrent plus intelligents et plus actifs.

Les Indiens sauvages deviennent de plus en plus rares au Brésil, Leur nombre ne peut être connu. On estimait, il y a quelques années, qu'il était de plus 600,000* Aujourd'hui M, Netto croit qu'il ne dépasse pas de beaucoup S00,000, Les Indiens à demi civilisés ne sont nombreux | que dans la vallée de T Amazone, Les efforts du gouvernement pour les attirer n'ont pas été assez énergiques ni assez suivis depuis l’expulsion des jésuites. Aujourd'hui une somme d’environ cinq cent mille francs est affectée annuellement, dans le budget, au service de la civilisation des Indiens, mais c'est aux gouvernements provinciaux qu'appartient co service.

On trouvera plus loin, au chapitre Population, quelques données statistiques sur les trois races qui composent le peuple brésilien. Les Indiens et les nègres do pure race finiront probablement par disparaître dans un métissage général avec la race blanche, renforcée chaque jour par l’immigration. Le blanc brésilien n'est pas un type bien défini; il ressemble beaucoup au Portugais, mais il s'est un peu modifié selon les différentes régions. Dans quelques provinces du N,, le blanc se rapproche par plusieurs caractères de la race indienne, qui y a été toujours très nombreuse et n'a pas souQert des guerres d'extermination faites au xvi« et au XVII® siècle par les habitants des établissements portugais de la céte depuis le Sîîo Paulo jusqu’à Pernarabuco. Les métissages avec la race nègre ont été plus nombreux du côté de Bahia et dans la province de Rio de Janeiro, Sur les hauts plateaux de MinaSi de Sao Paulo et de Goyaz, et dans le Paranâ et les provinces plus méridionales, le type blanc est plus pur et les métissages résultent en plus grand nombre du croisement avec les Indiens, Ces métissages ont donné naissance à une race particulièrement énergique, plus robuste sur les plateaux élevés, qui forment la plus grande partie du pays, et oü le climat est tempéré, que dans les vallées des fleuves et les plaines cûtières. Leuom de Paulista^ que plusieurs auteurs européens emploient à tort comme synonyme de métis,

s'applique à tous les nalifs de la province de Sao Paulo, qu'ils soient blancs, indiens, nègres ou métis, de même que Mineiro désigne le natif de Mînas-Geraos, Fluminense^ celui de Rio de Janeiro, Bahinm, celui de Babia, etc* Dn Pau lista ne diffère en rien des natifs des autres provinces du Brésil, Les individus résultant du croisement des races blanche et indienne étaient désignés, aux xvi® et xvii® siècles^ sous le nom de Mamehicos^ corruption de membyruea, fils de mère indienne. Les jésuites et les historiens du Paraguay et de la Plat a, ont répandu alors plusieurs fables au sujet de l’origine des Paulistas et surtout des mamelucos de Sao Paulo, Montoya les croyait descendants d'Italiens ; l'évéque Aresti, Charlevoix et bien d'autres, même des historiens de notre siècle, ont prétendu qu'ils résultaient du mélange des Hollandais avec les Portugais et les Indiens, La vérité est que jamais il n'y a eu de Ballandais ou d'Italiens dans le Sâo Paulo à cette époque, et que la population civilisée de cette partie du Brésil s'est formée avec les blancs portugais, les Indiens et quelques rares Espagnols des provinces jésuitiques du Paraguay ravagées par les Pauli si as (V, plus loin Histoire et Immigration), Les nègres ne commencèrent à être introduits dans le Sâû Paulo qu’après l'abolition de l’esclavage des Indiens, et c'est seulement maintenant, depuis une dizaine d'années, que cette province a commencé à recevoir en nombre des immigrants italiens.

CllACITIlE XI

Les explorations scienUfi^ues

M, le baron do IU(j-niiXÿc:u,

Piso, Marcgraf et Merck ma ns, au xvii® siècle, pendant a domination hollandaise, La Condaïuinc au xviii® siècle, sont les seuls savants étrangers qui aient visi lé l'intérieur du Brésil avant 1808. Les deux premiers ont écrit sur l'histoire naturelle du pays; le dernier a descendu l'Amazone, déjà exploré par ÛreUana et Pedro Teixcira, Le père Christoval de Acuiîa a écrit la relation du voyage de Teîxeira, La frontière a é:é explorée par des commissions de délimi* lation (Azara, au xviii® siècle, et plusieurs autres). Les explorations à Pintérieur éîaiètit faites jusque là par des savants portugais et brésiliens; parmi les Portugais, Gabriel Soares de Souza, au xvi® siècle, parmi les Brésiliens, les docteurs Lacerda d'Almeida, Alexandre Rodrîgues Ferreira, Silva Pontes, Joâo da Silva Feijd et Conceiçâo Velloso au xviii® siècle et au commencement du XTX*,

Depuis l'arrivée de la famille de Bragance, le Brésil a été librement ouvert aux étrangers. Les principaux explo rateurs, à partir de cette date, ont été LangsdorÛ (1808- 1829), Mawe (1807-1810), Luccoek (1808-1818), Koster (1809-1818), Chr, Walerton (1812-1816), Caldleugb (1820), L, Riedel (1820-23), Escbwege, Feldner, Auguste de Saint-Hilaire (1816-1822), le prince Maximilien de Neuwied (1813—1817), Spix et Marlius (1817-182Ô), Pohl (1817-1821), NaUerers (1817-1833), Lund, qui se

B0T0CUD03

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MUNDURUCÛ

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