‹ Le BrésilChapitre 23 sur 87 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

L’histoire

Par Ig baron de RïO-BaA:(co*

|I, Découverte nu BftÉsiL. — Pedro Alvares Cabrai^ con^ ^luisant aux Iodes, après la découverte de Vasco da Gania, une escadre de treize navires et faisant route, d’après les instructions de Vasco da Gama, dans 10*, très loin de la cèle Afrique, afin d’éviter les calmes, aperçut la terre avr. 4500) et aborda à rentrée d’un port sùr (Porto- Segnro, devenu depuis le xvi* siècle Santa Cruz; la ville actuelle do Porto-Seguro est plus au S.). Il prit possession du pays au nom du Portugal en lo désignant par le nom d’^ lie de la Vraie Croix ainsi qnVil est rapporté dans la lettre de Caminha, du mai 4500, adressée au roi Dom Emmanuel* Ce nom fut changé contre celui do Santa Cm dans la notification du 29 juiL 4501, adressée par ce roi aux souverains catholiques* La contrée ne tarda pas à être nommée Rrazil (Brésil) à cause d’un bois de teinture rouge qu’on y trouvait (zMrfl-pia?î^ desTupys)* Les bois de teinture de cette couleur, importés jusqu’alors do TAsie, étaient désignés dans le commerce, dès le xi® siècle, sons le nom de brazil (V. Caetano da Silva, Quesioes Americanas, dans la Rev* de lUnst* Htst* dn Brésil, t. XXIX, 2® partie). Avant la déconverte, nue buile d’Alexandre VI avait fixé la limite des possessions de l’Espagne et du Portugal à 400 lieues à PO. du cap Vert,

en attribuant aux Espagnols tous les pays à découvrir et à convertir à 10* de ce méridien, et au Portugal tous les pays à TE* (1493) ; Tannée suivante, le traité do Tordesillas avait porté à 370 lieues à TO* des îles du cap Vert la limite des droits des deux Etats* Après la découverte, une bulle du pape Jules II confirma ce traité (1506)* Le nom Brésil est déjà employé en 1503 dans la relation d’Empoli, qui accompagna d’Albuqnerqoe et Pacheeo aux Indes, ainsi que dans une plaquette de 4506 de la bibliothèque de Dresde (Presülig Landt), et dans le routier du navire portugais le Bretoa allant au cap Frio (1511)* En 4500, avant Cabrai, un Espagnol, compagnon de Colomb, Vicente Yanez Pinzon, avait découvert la côte seplentriooale du Brésil depuis îe cap S* Augustin, en passant par les bouches de TAmazone, jusqu’au cap d’Orange,

I 2* PREHlÈaES EXPLOUA^TIONS ET COMlïENCEnEÏ^T RE LA

COLONISATION* *— De 1501 à 1502 et de 1503 à 1504, il y eut deux expéditions portugaises, dont Araerigo Vespucci fit partie ; la première, sous les ordres d’André Gonçalves, reconnut la côte eiilro le cap Saint-Roeb et Cananea, poussant ensuite vers leS,-E* jusqu’à une terre qu’on croit être la Géorgie du Sud ; la seconde, sous les ordres de Gonçalo Coelbo, reconnut la même côte, depuis Eahia dans la direction du sud* A Tile de Fernando de Noronba, le chef de cette seconde expédition et Vespucci s’étaient séparés ; ils ne purent se rejoindre* Deux petits forts furent construits, l’un par Vespucci au cap Erio qu’il ne dépassa pas dans ce voyage, et l’autre par Coelho à Rio de Janeiro ; mais ces établissements furent bientôt détruits par les Indiens. Vespucci était de retour à Lisbonne au mois de sept* 1504* On ignore la date de la rentrée de Coelho* Une des lettres de ^Vespucci, publiée en 1504

LE BRËSlî.

traduite et plusieurs fois réiiuprimée i cette époque, est le premier document qui ait fait connaître à TEurope les merveilles de la nature du Brésil : « o se îiel mondo », dîsait-il, « È aicun paradiso terrestre senza dubio dee esser non mol Lo lontano da quesli luoglii. »

En 1503, Fernando do Noronha découvrit Hle qui porto son nom, La même année, ou peu après, le Portugais Joao Coellio reconnaissait la côte an N, du cap Saint-Rocli jusqu’au Maranhiio* En 1504, un Français de Jlontleur, Paulmier de Gonneville, abordait dans les parages visités par Vespueci* En 1505, une expédition portugaise, dont îe chef parait avoir été Doïn Nnno Manoel (avec Mo de Lisboa et Vasco Gallego), parcourut la cote méridionale, découvrit le rio de la Plata et poussa jusqu’à la baie de San Matias en Patagonie.

Presque toutes les escadres portugaises se rendant aux Indes commencèrent depuis 1506 à relâcher an Brésil,quifut visité cette année par d’Albuqnerqae et Tristilo da Cunha* En 1508, les premiers explorateurs espagnols des mers du Sud longèrent les côtes du Brésil (Solis et Pinzon) ; puis, en 1516, Solis; en 1519, Magellan, et, en 15^26, Garcia et Cabote. Le Portugal déporta dans cette contrée, dès Pexpédition de 1501, quelques criminels, et des marins portugais échappés à des naufrages s’y établirent. Au nombre des premiers colons portugais de cette période figurent le bachelier Duarte Peres, dont le nom nous a été trausmis par Hui DIaz de Guzman, et qui, déporté à Tile de Cananéa en 1501, y devint ie chef d’ane nombreuse famille ; Diogo Alvares qui, naufragé en 1510, près de Bahia, épousa la princesse indienne Paraguassû et devint célèbre sous le nom de Cfimmmi;Joâo Ramalho qui se ûxa à Piraüniuga vers 1512 et qui eut de nombreux enfants de son union avec une des filles du chel indien Tïbïrïçd, En 1526, le Portugal envoya au Brésil une escadre, sous les ordres de Christovâo Jacques, chargée de donner la chasse aux navires français qui trafiquaient avec les ludieus sur la côte, Jacques fit construire un petit fort à Pernambuco, fouilla toutes les anses jusqu’à la Plata et engagea un combat avec trois navires bretons dans le Paraguassû (Babia). Hawkins, qui vint en 1530, est le premier Anglais connu pour avoir abordé au Brésil.

Eu 1531, Marüm ÂlTonso de Souza, ayant reçu les pouvoirs nécessaires pour occuper le pays, arriva avec une escadre et quatre cents colons, s’empara de trois navires français qui trafiquaient à Pernambuco, visita Babia et stationna trois mois dans la baie de Rio de Janeiro. Puis, Faimée suivante, s’étant avancé jusqu’à la Plata, il fonda la colonie de Sâo Yicente et celle do Piratininga (Sao Paulo). IL expédia dans l’intérieur, à la recherche de i’or, une petite troupe qui fut repoussée par les Guaranys du Paraguay à roccideiit du Paranà, puis détruite, pendant la retraite, aux bords de riguassû. Son frère, Pero Lopes do Souza, qui a écrit le journal de son voyage maritime, captura au retour deux bâtiments français à Pernambuco et prit un fort construit à Itamaracà par un capitaine trançais, JeanDuperet (1532). Plus tard, Martim AÛonso de Souza fit envoyer de Plie Madère, à Sâo Vicente, la canne à sucre qui était introduite à la mémo époque à Pernambuco par Duarte Coelbo*

De 4532 à 1535, le pays, encore inexploré, fut divisé, par des lignes parallèles partant de la côte, depuis le Parâ jusqu’à Sainte-Catherine, en plusieurs capitaineriês qui furent de véritables fiefs héréditaires et presque indépendanls; d’autres furent créés postérieurement (1552,

1566, etc.). Peu à peu les rois de Portugal recouvrèrent ces fiefs par héritage, par achat ou autrement ; cependant la très grande propriété resta un des caractères de la constitution foncière du Brésil. Les dernières capitaineries furent rachetées par la couronne au xviii® siècle, du temps dePombaLEn 1540 l’Espagnol François Orellana, venant de Quito, descendit le premier tont le cours do l’Amazoue.

En 1549, un gouverneur général, Thomé de Souza, fut nommé ; Sâo Salvador de Babia, fondée par lui la mémo année et érigée en évêché en 1551, fut sa résidence. Les jésuites, qui furent amenés par lui, entreprirent de catéchiser les Indiens et do les grouper sous leur autorité exclusive; parmi eux se sont surtout distingués les pères Anchieta et Nobrega, surnommés les apôtres du BrésiL Les jésuilos furent en lutte continuelle avec les Paulisias, c.-à-d, les habitants de Sâo Paulo, doul les uns étaient des blancs et les autres des métis nés de pères européens et de mères indiennes; ces derniers étaient surnommés ma~ mehiCüS, nom dérivé do membgruca (fils de femme indienne) et devenu célèbre dans Thistoire des jésuites du xvii“ siècle. Des esclaves nègres commencèrent à être introduits dans le N. du Brésil, à Pernambuco et à Babia, peu après la fondation de ces colonies ; en 1549, il y en avait déjà dans cette partie du pays. A Rio, le premier contrat pour l’importation d’Africains fut passé en 1583 entre le gouverneur Salvador Corrèa de Sâetun nommé Gu lierres Vallerio.

Durant le xvi® siècle, des marins français venaient sur les côtes faire le commerce de bois de bréail. En 1555, Nicolas Durand de Villegaignon, qui avait l’appui de l’amiral Coligny, vint fonder une petite colonie à î’ile de Scry Gîpe (aujourd’hui lie de Villegaignon) dans la baie de Rio de Janeiro, Ses exigences religieuses suscitèrent des dilïiculfés qui nuisirent à rétablissement, composé de catholiques et de calvinistes ; lui-même l’avait quitté, laissant à sa place son neveu Boîs-le-Comte, pour venir soutenir en Europe des controverses religieuses. Deux écrivains français, André ïhevet (SingularUe^ de la P rance antarctique)f qui ie premier apporta le tabac en France (déjà introduit au Portugal par Luîz de Gdes), et Jean de Lery(^^(wigatianau Brésil) y ont raconté cette tentative d’établissement Irauçais. Les Portugais, dirigés par le gouverneur général du Brésil, Mem de Sà, s’emparèrent (1560) du fort de Coligny (aujourd’hui Villegaignon)^ A cette époque, une alliance, ou confédération générale des Tamoyos du Rio de Janeiro menaça l’établissement portugais de Sâo Paulo ; mais les pères Anchieta et Nobrega, se rendant au campement des sauvages, parvinrent à désarmer les principaux chefs ; pui&, les colons de Sâo Paulo, de Sâo Vicente, d’Espirito Santo et de Bahia, conduits par Estacio de Sa, que rejoignit bientôt le gouverneur général, finirent par expulser (1567) les Français et les Indiens Tamoyos leurs alliés, qui étaient maîtres de deux positions fortifiées, Ifruçùmirl (Flamengo, faubourg de Rio) etParanapucuby (lie du Goveruador). C’est alors que Mem deSâ fonda Rio de Janeiro. Les Français continuèrent à fréquenter la côte septentrionale. Onze de leurs navires en 1579, cinq en 1581, furent brûlés parles Portugais àTembouchure du S. Domingos (Parahyba do Nûrte);en 1584, Portugais et Espaguols détruisirent sept navires français et s’emparèrent d’une fortification que les Français avaient élevée à Parahyba de concert avec les Indiens ; les hostilités continuèrent jusqu’en 1609 sur les côtes du Rio Grande do Norte et de Parahyba. En 1594, un armateur de Dieppe,

L'IUSTOIRE

Rlffault, vînt Uafiquer à Tîle do Maragnou {Maranbâo en portugais) T et sous Louis XIII, Daniel de la Touche, sire de La Ravardifere, y fonda T établis sera ent de Saint- Louis de Maragnon (V. les relations des pères Claude d’Abbeville et Yves d'Evreux, ainsi que celles de de Lastre et Campo Morono), Les Portugais envoyèrent de Pernambuco, sous le commandement du Brésilien Jeronymo d'Albuquerque, des troupes qui, aprèsle combat àBGuaxenduba et Tarrivée de la flotte d'Alexandre de Mont a, s'emparèrent do rétablissement (1615) et occupèrent les bouches de rAmazone, Depuis celte époque, les Fiançais n'ont plus fait de tentative pour fonder des colonies sur le territoire brésilien*

Pendant!’ un ion du Portuga I à l'E spagne (1580 4640), * des navires de guerre et des corsaires Irançais, hollandais et anglais ravagèrent plusieurs fois les eûtes du BrésiL Des navires français, envoyés en 4580 et en 1581 pour soutenir contre TEspagne les droits d'Antoine, prieur de Crato, furent repoussés à Rio. En 1583, PAnglais Fenton pénétra dans le port deSantos qu'il quitta après un combat contre des navires espagnols de passage ; en 1 587, ^Yilh* rington ravagea les environs de Dabi a ; en 1591, Cavendish saccagea Santés et, en 1592, échoua dans une attaque contre Espirito Santo. En 1595, Lancaster et le corsaire français Le Noyer prirent llecifé et y firent un grand butin ; en 4599, Olivier van Noort, après avoir essayé eu vain de pénétrer dans Rio, poursuivit avec son escadre un voyage autour du monde ; en 1604, van Carden butina dans le port do Babia; en 1615, Joris van Spilbergen en fit autant dans le port de Santos ; vers 1623, le commandant Direk van Ruyter fut fait prisonnier par Murtim de Sâ, gouverneur de Rio.

D'après une « Information » du père Ancbieta (1585), il y aurait eu (en comptant, pour quelques capitaineries, cinq personnes par feu), environ 25,000 blancs (dont 250 à Ilamaraca, 8,000 à Pernambuco, 12,000 à Rallia, 1,500 à ïlbéos et Porlo-Seguro, 750 à Espirilo-Santo, 750 à Rio de Janeiro, 1,500 à S, Vicentc), plus de 13,000 esclaves noirs (dont 10,000 à Pernambuco, 3,000 à Baliia, 100 à Rio) et près de 19,000 Indiens civilisés ; en tout, près de 57,000 lia b. — Sergipe (1590), Para (161 5) et plusieurs autres établissements avaient été fondés.

g 3* Hollaîîdais. — Les Hollandais en guerre aveePEspagne, s'emparèrent de Baliia, alors capitale du Brésil (1624) ; les natifs du pays ne lardèrent pas à y assiéger les vainqueurs* Une grande expédition hispano-portugaise, commandée par dom Fadrique de îoledo, vint à leur aide et reprit la ville l'année suivante* En 1630, les Hollandais s'emparèrent d'Oünda et deRecife* Les Brésiliens, sous la conduite dugénéral Malbiasd'Albuquerque, commencèrent alors contre les envahisseurs uneluUe qui dura vingt-quatre ans. Cependant, conduits par un déserteur, le mulâtre CalabaTj les Hollandais s'agrandirent parla conquête dTguarassu (1632), de Rio Formoso, de file J'îtamaraeé, du Rio Grande do Norte (1633), du fort du cap de Saint-Augustin de Parahyba (1634), et du camp retranché de l'Arraial (1633). Ce dernier revers força le généra! Mathias d’A Ibuquerque à faire retraite sur les Alagôas oii il reprît Porto Calvo (1635) ; mais la position retomba ensuite au pouvoir d es iïû llan da is * Ceux- ci, sous Areiszewsk i, ba 11 1 ren t (1636) à Matta Rsdonda, près de Porto Calvo, le général Rojas, successeur d'Albuquerque, puis, sous J* Maurice de Nassau, Pavant-garde du comte de Bagnoli (nom qu’on prononce Bagnolo en dialecte napolitain), successeur de

Rojas, à Comandaïtuba (1637). Maurice, ayant tenté de s'emparer deBabia (1638), fut repoussé avec perte par Bagnoli (créé alors prince et mort à Bahla en 1640). U réussit cependant k étendre la domination bollandaisc de Rio Réal, au S., èMaraûhiïû,auN. (1637-1641), et fonda, dans File Saint-Antoine, Mauritzstadt dont il fit une ville florissante et qui est aujourd'hui un quartier de Recife* Maurice attira des artistes et des savants, proclama la liberté des cultes et obtint des Etats généraux la liberté du commerce, le monopole de la Compagnie des Indes occidentales reslant limité à l'importation des esclaves et des munitions de guerre et à L'exportation des bois de teinture (1638). La Hollande resta longtemps maîtresse de la mer et envoya dans ces parages plusieurs de ses plus illustres marins, Piet Heyn, Jol,van Trappen ditBankert,Uchthardt. Cependant la ville de Victoria de Espirito Santo repoussa deux attaques (1625 et 1640) des Hollandais, dont la première était dirigée par l'amiral Piet Ileyn. L'armistice, signé en 1641 entre la Hollande et le Portugal, qui venait do secouer le joug de l'Espagne, et d’acclamer roi le duc de Bragance (Jean IV), n'empècha pas les habitants du Maranbüo de se soulever en 1642,et tous les Brésiliens, qui, à Pernambuco, détestaient leurs maîtres protestants, d'en faire autant en 1645, année oü Fera and es Yi cira gagna sureux la victoire de Tabocas, et Vidal de Negreiros celle de Casa Forte. Les chefs brésiliens, Louis Barbaliw et Vidal do I^egrsiros^ Plndien Camarâo et le nègre nêiïriqueDiass% distinguèrent dans ces luUes. Les deux batailles do Guararâpes (1648 et 16 49), gagnées par Barreto deMenezes, permirent aux Portugais et aux Brésiliens, qui faisaient lesiègn de Recife et de Mauritzstadt, de commencer l’assaut des forts extérieurs dont ils s’emparèrent (1654). Le générai hofiandais Von Sebkoppe capitula. Tontes les forteresses qu’occupaient encore au Brésil les Hollandais furent remises au roi de Portugal. Une expédition organisée â Rio de Janeiro par l'amiral Salvador Correa de Sa, nalif de cette ville, s’empara des loris de Loanda, et reprit Angola aux llollanjais (1648).

§ 4. CoLONrSATIOIÏ ET GUERRES AU XVlF ET AU XVHie SIÈCLE.

^ Dulcmps de Punion avec FEspagne (L58Û-1640), une expédition portugaise, partie de Belem do Pari sous la conduile de Pedro Teixeira, explora le cours de l'Amazone, arriva à Qnilo et revint à Belem en descendant le fieuve (1637-39).

Au xvii® el au xvriri siècle, les Paullstas, qui ont été les pionniers du Brésil au centre et au S. de F Empire, s'avancèrent très loin dans l’intérieur des terres, à la recherche de For et pour la chasse des Indiens qu'ils réduisaient en esclavage pour approvisionner les plantations de la côte. Ils fondèrent ainsi les premiers établissements de Minas-Geraes, de Goyâz, de Malto-Grosso, de Sanla-Cathariiia et de ïa partie septentrionale de Rio Grande do Sul. Ils ebassërent les jésuites espagnols établis fi l’E. du Paranà, reculant ainsi les limites du Brésil. En 1630-31, sous la direction de Raposo Tavares, ils s’emparèrent de la province espagnole de Guaïra, entre l'Jguassu, le Parana et le Paranapanema et forcèrent les jésuites et les Espagnols à abandonner leurs « réduclions ^ el les deux villes de Ciudad-Reai et de Villa-Rica et fi se réfugier avec les Indiens auprès de leurs confrères, entre le Paranâ et FUruguay et dans la province de Tape (Rio Grande do Sul). Les Paullstas les poursuivirent en 1636 jusque dans celte retraite et leur firent évacuer les missions du bassin du jaeuhy. \ainqucurs à Caàro (Martyres), fi Cafisapaguazû, fi Caàsapdmini, fi San

Nicolas, ils chassèrent les Espagnols des bassins du Plratinim, tie ribîmhy et de tout le pays à TE, de TUruguay (1638). Cependant les jésuites espagnols revinrent (1687 - 1707) et fondèrent sept nouvelles réductions à TE, de rUruguay dans le territoire dont le Brésil n’a achevé la conquête qu'on 1801 - On vît alors les Panlistas pousser leurs courses jusque dans la partie septentrionale du Paraguay, à Santa Cruz de fa Sierra et dans la Cordillère du Pérou ; eu 1676, un de leurs chefs, Pedrosn Xavier, prit et détruisit Villadlica (sur leJejiiy, Paraguay : celle qui était sur rivahy ayant été détruite en 1631). Entre les Paulistas et les jésuites, une longue lutte s’engagea h cause des Indiens dont ces derniers défendaient la liberté, mais qu'ils étaient accusés d’exploiter à leur profit : à lUo, on essaya do faire sauter avec de la poudre la chambre du premier prélat de cette ville, Lourenço de Mendoça (163^), qui défendait la liberté des indiens î à S* Paulo, les habitants s’cm parèrent de tous les indiens qui travaillaient dans le collège des jésuites (1633) et expulsèrent ces religieux (1610) de la ville. Les bulles du pape et les ordres du roi obtenus par Montoya, Dias Tafio, et L. de Mendoça, condamnant T esclavage, n’étaient pas exécutés. En 1641, lesPauUstas voulurent se séparer do Portugal et nommer roi Amador Bueno ;celui-eî refusa et fit acclamer le roi Jean IV, déjà reconnu dans toute la partie du Brésit non occupée par les Hollandais. En 1633, les jésuites purent rentrer h Sâo Paulû, en acceptant les conditions qu’imposèrent les habitants. En 1661, les habitants du Maranhâo et de Paré, chassèrent aussi les jésuites^ L’animosité dura jusqu’à l’expulsion de l’ordre par Pombal en 1739. En 1733 (6 juin) et 1738 (8 mai), le même ministre obtint du roi Joseph deux lois qui mirent fin à l’esclavage des Indiens, en rendant exécutoire dans tout le Brésil la loi du avr. 1680.

Après la libération du Portugal, ja colonisation, qui ne se portait plus aux Indes, se développa plus rapidement au Brésil ; la date de la fondation des évêchés marque à peu près les étapes du progrès : révêché de Babia fut érigé en archevêché en 1676 ; Rio de Janeiro et Pcrnambuco devinrent des évêchés la même année, Maranhâo en 167T, Pari en 1720, S. Paulo et Minas (à Marîanna) en 1746; Goyaz et Malte Grosso devinrent des prélatures en i746.

En 1640, lorsque le Portugal recouvra son indépendance, le Brésil était partagé en deux grands gouvernements, dits Etats : au N. était l’Etat du Maranhâo, créé en 1624 et composé du Paràet du Marauhâo (le Cearà a fait partie de cet Etat, à partir do 1624, puis il a été annexé m gouvernement de Pcrnambuco en 1629 selon Araripo, en 1663 scion Varnliagcïi) ; au S. était l'Etat du Brésil, capitale Bahia, qui s’étendait depuisle Piauhy (réuni au Maranhâo en 1713) et le Cearé jusqu’à Santa Catharina et la rive W* de la Pbla, et qui comprenait les gouvernements de Pernambuéo, de Bahia et de Rio de Janeiro (occupant le territoire de seize provinces actuelles), L’Etat du Brésil fut érigé en vice-royauté eu 1640. Une partie des eûtes était alors aux mains des Hollandais qui ont été, comme nous l’avons vu, chassés du pays en 1654. Au xvii* siècle, la colonisation portugaise s’était portée principalement vers Bahia et Pcrnambuco ; depuis 1680, le gouvernement s’occupa de la diriger vers le S,; auxvm^ siècle, la découverte des mines amena beaucoup d’émigrants à Rio. En 1775, l’Etat do Maranhâo fut réuni à celui du Brésil. Le pays avait commencé à être subdivisé par la création de nouvelles capitaineries i Sâo Paulo et Minas (1709) ; Minasséparée de S. Paulo (1720) ; Santa Calbarina (1738) ; Goyaz (1748); Matto-Grosso (1748) ; Piauhy, capitainerie subor¬

donnée au Maranhrm, 1730) ; indépendante 1811 ; Rio^ Kegro (1757); Parahyba, qui était indépendante, fut subordonnée à Pcrnambuco (1755) et redevint indépendante (1799) ; Maranhâo et Para séparées (1775); Cearâ (1799), Espirito Santo (1799), Alagôag (1817), Sergipe (1821). Depuis rindêpendance du Brésil, deux provinces seulement, celle d’Amazonas (1850), formée de l’ancienne capitainerie du Rio Negro qui avait été incorporée au Paré en 1823, et celle du Paranà (1853), ont été créées.

Pendant roccupation hollandaise, des esclaves nègres s’étaient rendus indépendants dans le district de Palmarès (Alagôas) ; ils avaient résisté aux Hollandais et ils ne furent complètement soumis par les colons qu’en 1697.

En 1680, Colonia do Sacra mento avait été fondée par D. Manoel Lobo,gouverneur deRio, surlarive ganche delà Plata, très loin delà partie peuplée du Brésil dont rétablissenient le plus méridional était alors dans Tl le de Santa Gatharina* Elle a été la source de nombreuses querelles avecl’Esp agne à qu i el le res ta pa r 1 e t ra i té de Sa in t-1 Id cl on se [1777). Durant cette période, les guerres européennes entravèrent le progrès de la coloni e. En mai î 697, les Français de la Guyane, conduits par Ecrroles, détruisirent les trois petits forts portugais de l’Araguary, du Tohéré et de Desterro, et s’emparèrent de celui de Macapà que les troupes du Para, euvoyées par le gouverneur Antoine d’Albuquerque, sous le œnimandcment de Fundâo et Munîz de Souza, reprirent un mois après (28 juin)*

En 1768, une guerre civile éclata à M in as-Geraes entre les Pauiistasetles Portugais européens, unis aux natifs des autres provinces, que les Paulislas dêsiguaient par le nom d’Emboabas{de amo, loin, a&rf, homme). La pacification fut faite à l’arrivée du gouverneur Ant. d’Albuquorque. Vers la même époque il y eut des troubles à Bahia et une guerre civile entre les habitants d’Olinda et ceux do Recite ravagea le Pernambuco (1710-1711) : c’est la guerre des Mascates, c.-â-d. dos marchands ambulants, nom que les habitants d’Olinda donnaient par mépris à ceux de Kecife.

Rio de Janeiro avait 12,000 hahitants en 1711. Pendant la guerre de la succession d’Espagne, le capitaine de frégate Da Glerc, Français, essaya d’y pénétrer et fut fait prisonnier (1710). L'année suivante (1711), Duguay- Trouin s’en empara ; la ville se racheta et la population déposa le gouverneur qui n’avait pas pu la défendre.

La Colonia do Sacramenlo avait été prise par les Espagnols de Buenos-Aires l’année meme de sa fondation (1680), puis rendue au Portugal. Elle fut assiégée peu de temps après par les Espagnols, évacuée par ordre du roi de Portugal après une longue défense du général Veiga Cabrai (1705) et rendue au Portugal par le traité do paix d’ütrecbt. La guerre ayant éclaté do nouveau en 1733, la Colonia, défendue par le général Vasconcellos, résista victorieusement à deux ans de siège et le général portugais Paes, parti de cette place avec des troupes de Rio, de Bahia et de Minas, occupa et fortifia le Rio Grande do Sul (1737). La limite fixée parle traité do TorJesillas (1494) n’ayant été respectée ni par le Portugal au Brésil, ni par l’Espagne aux Philippines, on régla enfin le litige par le traité de Madrid, négoeié par le Brésilien Alexandre de GusmSo (1730) ; le Portugal céda la Colonia en échange dn territoire des Missions jésuitiques établies sur la rive gauche de Püruguay. Les jésuites excitèrent les Indiens à résister et il fallut recourir à la guerre (1754-1756) pour soumettre ces derniers. Les Guaranys de l'Uruguay furent vaincus à la bataille de Caâibaté par l’armée de Buenos-

UïïISTOmE

Aires et du Brésil, commandée par Ândonaepi et Go mes Freiro d'Ândrada, comte de Bobadélia. C'est alors que Pombal prononça T ex puis] ou des jésuites (1759), Les commissaires n'ayant pu s'en tendre pour k délimitation de k frontière, le traité fut rompu ; les Espagnols, sous Cebaîlos, bloquèrent et attaquèrent la Colonia (1761-1765), qui dut capituler, et s'emparèrent des deux rives du Eio Grande do SuL Malgré les stipulations du traité de Pans (1763), ils ne rendirent que la Colonia, elles Brésiliens, sous la direction de Sâ e Paria, reprirent la rive N. du Rio Grande (1767), La guerre éclata encore une fois en 1775, Quatre ans après, Turmée portugaise, commandée par le général Bohm, s'empara des forts de la rive S, du Rio Grande, de celui de Santa Theck et de tout le territoire que les Espagnols détenaient depuis 1765, Pour venger ces défaites, l'Espagne envoya contre le Brésil le général Ceballos avec une flotte nombreuse et une armée qui s'emparèrent de l'île Sainte-Catberine et de la Colonia (1777), Par le traité de Saiut-Udefonse (1777), l'Espagne garda k Colonia, rendît l'iïe Sainte- Catherine et renonça à ses prétentions sur la partie orientale du Rio Grande do Sul, ainsi que sur presque tous les territoires occupés par les Brésiliens è Poceident de la ligne fixée par le traité de Tordesillas*

En 1765, Rio de Janeiro devint k capitale coloniale du Brésil au lieu de Bahia*

Dès 1660 et 1690, Braz Cubas et AQbnso Sardinha avaient découvert des mines d'or dans le Sâo Paulo ; plus tard on en découvrit de plus importantes dans le district de Minas-Geraes. Ces découvertes avaient déplacé le courant d'immigration qui, après s être d'abord porté vers le N., se dirigeait alors vers Minas, Rio et Sâo Paulo. Plusieurs gouverneurs et vice-rois, le comte de Bobadelk (1733-1763), k marquis de Lavradio (1769- 1779), Vasconcellos e Sousa (1779-1790) favorisèrent ce mouvement de colonisation, ainsi que k recherche et l'exploitation des mines d'or, l’agriculture et les études littéraires. C'est vers 1761 que la culture du café fut ntroduite à Rio (V. le chapitre Pnonuirs du règne végétal). Le Brésil se développait et comptait déjà à cette époque des hommes distingués qui figuraient parmi les premiers littérateurs et savants du Portugal, En 1789, une conspiration ayant pour but T indépendance fut découverte à Minas Geraes, Les chefs du mouvement projeté, parmi lesquels étaient les poètes Gon^aga, Claudio da Costa et Alvarenga Peixoto (V. le chapitre Littérature), furent exilés en Afrique; Claudio da Costa se donna la mort en prison* Une seule exécution eut lieu, celle d'un sous^lieutenant, Silva Xavier, le Tiradentes^ dont ïe nom devint, par CO fait, populaire au Brésil,

En 1801, une invasion des Espagnols du Paraguay dans le Matto-Grosso fut repoussée à Nova-Coîmhra et un corps de volontaires brésiliens commandés par Pedroso et Canto s'empara des Missions espagnoles de la rive gauche de rUruguay jusqu'au Quarahim, pondant que l'armée régulière, du général Yeiga Cabrai, faisait la conquête de la ligne du Jaguarâo.

§ 5. Rûvaume nu Brésil. — En 1807, dora Joâo (Jean), prince ïégent, au nom de sa mère Maria P“, ne pouvant résister à l'invasion française, se réfugia avec toute k familîo royale à Rio de Janeiro (7 mars 1S08), qui devînt capitale d'Etat. Ainsi fut réalisé par la force des circonstances le projet qu'avaient conçu dom Luiz da Cunba en 1736, le marquis de Pombal en 1761, de transporter en

Amérique le siège di gouvernement portugais. Dans le manifeste du f mai 1808 adressé aux puissances étrangères, le régent disait qu'il ^ levait k voix du sein dti nouvel empire qu'il était venu créer s-. Le Brésil cessa des lors de subir les rigueurs du régime colonial. Le prince régent, suivant le conseil de l'économiste brésilien Silva Lisboa, vicomte de Cayrû, ouvrit les principaux ports du pays aux nations amies (58janv. 1808, décret do Bahia, signé avant l'arrivée du régent à Rio), admit les étrangers à la propriété foncière et accorda (16 dée. 1813) au Brésil le titre de royaume* La monarchie prit celui de Royaume-Uni du Portugal, du Brésil et des Algarves.il créa une imprimerie royale (il y avait eu une imprimono au Brésil au xvfii® siècle, mais la métropole avait interdit l'exercice de cette industrie) ; il créa des écoles supérieures et attira des artistes français (V. plus loin Beaiix-Aris). En 1809, des troupes brésiliennes, sous k commandement de Marques d’El vas, et quelques bâtiments de guerre portugais, partis du port de Parà et ralliés en route par une corvette anglaise, prirent Cayenne et k Guyane française que le Brésil rendit à la France en 1817.

Les troubles dek Banda Orientale attirèrent au S. les Brésiliens et les Portugais (1811-15 et 1816-50) qui, la seconde fois, après ks victoires de Farmée du général Curado à Sâo BorjOt à îbiraocühy^ à Carumbé (1816) et à Catalan (1817) et colle d'une division de l’armée du général Lecér à India MtteHa (1816), entrèrent à Montevideo le 50janv. 1817 et complétèrent leur triomphe par ks victoires de Lecor à Paso de Cuello (1817), de Chagas Santûs k San Carlos (1818), de Ribeiro (Bento Manoel) dans TEntre Bios, ainsi qu’au Queguay (1818) et à Arroyo Grande (1819), d’Abreuà Itacoruby (1819) et du comte de Figueira à Tacuaremb'^ (1850). C’est après celle dernière défaite que le général José Artîgas, jusque là chef de k confédération de TUreguay, vit son autorité méconnue dans rEutre-Rios et le Corrientes, et se réfugia au Paraguay. La Banda Orientale s'unit par fédération au royaume du Brésil sous le nom d’Etat Cisplatin (185 L).

A l'intérieur J une révolution républicaine et séparatiste, dirigée par Domiugos Martins, natif de PEspirito Santo, éclata à Peniambuco (1817), Elle ne rencontra pas un grand nombre de partisans et fut promptement réprimée par une petite armée envoyée de Bahia.

g 6. Indépendance et règne de L'EMPERGua ï>. Pedro — Jean Vi, ayant changé le titre de régent pour celui de roi à k mort de sa mère, en 1816, fut rappelé en Portugal par les Cortès constituantes. Il laissa au Brésil ses pouvoirs k son fils aîné, le prince royal dom Pedro, avec un ministère dont ic comte dos Arcos était le membre le plus influent. Les Cortès de Lisbonne suivirent, à l'égard du Brésil, une politique contraire à celle que le roi avait suivie ; elles votèrent la suppression des écoles, des tribunaux su])érieurs, ordonnèrent k dissolution du gouvernement central de Rio, le rappel de dom Pedro, et cherchèrent à rompre l'unité brésilienne par k rattachement direct de chaque province à la métropole. Les Brésiliens furent révoltés de ces procédés : im mouvement éclata en faveur de l'autonomie brésilienne qu'on pensait d'abord pouvoir concilier avec l'union, moyennant la création d'un Parlement siégeant à Rio. U 9 janv. 1855, dom Pedro répondit à une démarche de la papulation de Rio et de Sao Paulo en déclarant qu’il resterait dans k pays, força les troupes portugaises qui voulaient s'opposer à celte résolution k quitter le pays, et forma un nouveau ministère (16 janv.)

a^ec José Bonifacio d'Aodrada, qui s'associa, quelques mois après, son frôro Martini Francisco d'Andrada, Bientôt il accepta le titre de défenseur perpétuel du Brésil (i3 mai 18S3) et, sur les conseils de Gonçalves Ledo ei Clémente Pereira, convoqua à Rio une assemblée constituante (déc, du 3 juin) ; puis, se trouvant en voyage dans la province de Sao Paulo, il reçut, près du ruisseau rYpiranga^ un courrier de Rio avec des dépêches lui annonçant les séances orageuses des Cortès de Lisbonne, ou les députés du Brésil (Antonio Carlos d'Andrada, Villela Barbosa, Lino Coutinho et d'autres), n’étaient pas parvenus a faire entendre raison à la majorité, 11 reconnut alors quo l'union était impossible et, appelant les officiers et soldats do la garde d'honneur qui le suivaient, il proclama Pindépendauce du Brésil (7 sept.). Arrivé h Rio, il fut acclamé empereur eonstitutionnel (1^ oct, 1822). Les troupes portugaises évacuèrent Babia (2 juil 1823) et capitulèrent à S5o Luiz do Maranhüo (28 juiL), à Caxias (1^^ août), k Parà (11 août) et à Montevideo (19 nov, J 823),

ÏM ministère Andrada, qui, par son énergie, a rendu do grands services à la cause de l'indépendance, sévit rigoureusement contre tous ceux qui étaient soupçonnés d'Ôtre contraires à la monarchie et k Puni en des provinces, supprima tous les journaux d’opposition, poursuivit et exila un certain nombre de libéraux, parmi lesquels Ledo, Clemente Pereira et Cunba-Barbosa, A la Constituante, qui se réunit à Rio (3 mai 1823), cette politique fut blâmée par plusieurs députés. Le 2 juil. le ministère subissait un échec dans l'élection du bureau de rassemblée, et deux jours après la cour d'appel acquittait les inculpés politiques de Rio. L'empereur ayant manifesté rintention d'arrêter les procès politiques à Sao Paulo, les Andrada se retirèrent et le ministère Carneiro de Campos (marquis de Caravellas) fut orpnisé (17 jaiL1823). Mais la discussion du projet de conslitntion traînait en longueur, l’opposition augmentait, et la majorité décida, contre le vote du ministère, que toutes les lois votées par TAssemblée seraient promulguées sans la sanction de l'empereur. La liberté de la presse ayant été rétablie, plusieurs journaux de l'opposition commencèrent k exciter les haines de la population contre les natifs du Portugal, qui avaient adhéré à l'indépendance. Les séances de la Constituante devinrent orageuses, et dom Pedro, formant un nouveau ministère avec Villela Barbosa (marquis de Paranaguâ), prononça la dissolution de la Constituante (12 nov.), mesure déjà conseillée par Andrada, qui, maintenant dans l'opposition, fut exilé avec scs frères et quelques-uns do ses partisans.

Dom Pedro prépara, k Laide de son conseil d'Etat, une constitution dont les municipalités demandèrent l'adoption, sans qu'une seconde Constituante fût réunie. En conséquence, le serment d'obéissance à cette constitution fut prêté le 23 mars 1824*

Une révolution républicaine et fédéraliste éclata dans les provinces du Nord, dePernambucoàCearâ(juill. 1824). Elle fut promptement réprimée (nov.) par le général F. de Lima e Silva elles partisans de l'union dans ces provinces.

Le 29 août de l'année suivante, ïe Portugal reconnut rindépendance du Brésil.

Une autre révolution, préparée à Buenos-Aires, éclata en 1823 dans la Banda Oricnlaîe, devenue province Cisplatine après la constitulion de rerapire. Les Brésiliens, qui n'y avaient laissé qu'un très faible corps de troupes, furent battus k Sarandy (1825), et, après l’intervention du gouvernement de Buenos-Aires, qui déclara cette province

incorporée au territoire de la République, ils furent repoussés, sous le commandement du marquis do Barbacena, par des forces supérieures, k la bataille d'Jluzaingo (20 fév. 1827). Deux expéditions qu'ils firent sur le fleuve Uruguay {commandant Sena Pereira) et en Patagonie (commandant Shepherd) furent anéanties à l’ilo do Juncal et à Carmen de Patagoncs (1827). Do leur côté, les Argenlins éprouvèrent des revers, notamment k la Colonia (1826), défendue par le général Manoel Jorge Rodrigues (créé baron de Taquary en 1840), et devant Buenos-Aires (30juiL1826) et Monte Santiago (7, 8 avr. 1827). Les doux derniers engagements sont des victoires gagnées par Lescadre brésilienne qui bloquait les eûtes de Buenos Aires et qui était commandée, dans le premier de ces combats, par Norton, dans le second, par l'amiraï Pinto Guedes, baron du Rio da Prata. La guerre se termina par la convention du 27 août 1828 conclue sous la médiation de l'Angleterre : le Brésil et la République Argentine renoncèrent à la Banda Orientale qui forma un Etat distinct jet que, plus tard, le Brésil défendit contre l’ambition de Rosas (1851-52).

Dom Pedro F était devenu, par la mort de Jean Vi (1828), roi do Portugal ; il avait donné une charte constitutionnelle à ce royaume, puis s'était empressé d'abdiquer en faveur de sa fille don a Maria, en restant lui-même empereur du Brésil* Les chambres brésiliennes, créées par la constitution, se réunirent pour la première fois en 1826, et pendant tout le règne de dom Pedro l'opposition, composée de libéraux monarchistes, partisans du parlementarisme anglais, de quelques fédéralistes et républicains, se trouva en majorité à la Gbambre des députés. On faisait au Brésil les premiers essais du système représentatif, et si l'empereur était jeune, inexpérimenté et impétueux, ou peut dire aussi que les partis et la presse avaient encore à faire leur éducation politique. Le ministère Paranagué, qui était au pouvoir depuis 1823, celui du vicomte de Sâo Leopoido qui lui succéda (16 janv* 1827), sc composaient seulement de sénateurs ou d'hommes qui n’appartenaient pas au Parlement. Le 20 nov, 1827 l'emperenr forma enfin un ministère parlementaire avec le député Araujo Lima (marquis d’Olinda) ; mais dom Pedro ayant congédié son ministre de la guerre k la suite d'une révolte de quelques régiments étrangers à Rio, qui fut énergiquement étouflée, les députés membres du ministère donnèrent leur démission. Deux des membres les plus influents de la Chambre, Costa Garvalho (depuis marquis de Monte Alègre) etVasconcellos, ayant refusé d'organiser un nouveau cabinet, celte mission futconflée au député Clemente Pereira (13 juin 1828) que les libéraux abandonnèrent aussitôt. Go ministère, ainsi que celui de Paranaguû qui lui succéda (4 déc. 1829) rencontrèrent une vive opposition k la Chambre et dans la presse.

Les journaux fédéralistes et républicains augmentaient en nombre, et aux éleelt ns de 183D ces deux partis firent passer plusieurs de leurs candidats. Tous les ministres, tous les sénateurs qui se montraient dévoués à l'empereur étaient présentés comme des partisans de Tabsolutisme. Le 19 mars 1831, dom Pedro RL dont le plus grand défaut était d'étre né en Portugal et qui avait perdu sa popularité de 1822, essaya de gouverner avec un ministère libéral (F. Carneiro do Campos) ; mais les haines entre Brésiliens et Portugais étaient trop vives à cette époque pour que la concorde s'établit ; ces derniers ayant fait des manifestations impérialistes, des conflits sanglants eurent beu dans les rues. L'empereur forma

Ï/HÏSTOIRE

alors un cabinet composé seulement de sénateurs (Paranaguâ)* Un mouvement populaire, appuyé par la défection d'une partie des troupes, eut Heu ; on réclamait le retour du ministère congédié (6 avr. 1831). Fatigué de cette opposition, et désireux de venir soutenir en Europe les droits de sa fille contre Tusurpateur dom Miguel, dom Pedro, qui, il y avait quelques jours, avait déjà annoncé à scs conseillers d’Etat sa résolution d'abdiquer, ne voulut ' pas céder devant les révoltés* Il abdiqua donc en faveur de son fils (7 av* 1831) et partît pour l'Europe oU il parvint, avant de mourir, à rùge de trente-six ans (^1 sept* 1834), à établir le gouvernement constitutionnel et à assurer le trône de Portugal à sa fille, après une lutte héroïque dans laquelle il se distingua personnellement.

§ 7. Règne de L'EMeEREUR Don Pedro II* —Dom Pedro il, son fils et son snceesseur sur le trône du Brésil, était âgé de cinq ans* Une régence gouverna lempire jusqu'en 1840 ; elle se composa d'abord de trois membres ; le marquis de Caraveilas, Vergueiro et le général F* de Lima e Silva, formèrent la régence provisoire jusqu'au 17 juin 1831; ce dernier avec Costa Carvalho et BrauUo Muniz, la régence définitive qui gouverna jusqu'au 1^ oct. 1833* Après l'Acte addilionnel, il n’y eut plus qu'un régent unique (1833-1840). Ce fut une époque de troubles* Les partisans du fédéralisme agitèrent les provinces, comme ils l'avaient fait en 1824; les réactionnaires, partisans de f). Pedro tentèrent aussi plusieurs fois, jusqu'à l'année 1834, de renverser le gouvernement do la régence. La guerre civile ensanglanta te Gearâ (1831-32), Pernambuco (1832-33), le Parâ (1831-33, 1833-37), Baliia (183T-38)Je MaranMo (1838-41), le Rio Grande do Sul (1833-43) et plusieurs autres provinces. Le parti libéral monarchiste (Liberal Moderada)^ dont Eyarîsto da Veiga et Yasconcellos devinrent les chefs, garda le pouvoir depuis 1831 jusqu'en 183T, et eut à lutter contre les fédéralistes, qui étaient presque tous républicains (parti Liberal exaîtado), et les réactionnaires (parti iîêsfûuradoT ou Caramuvü) dont les frères d'Andrada, rentrés de l'exil en 1828, et reconciliés avec D* Pedro K, devinrent les principaux conseillers. Ce dernier parti demandait le retour de dom Pedro P' comme régent; mais ce prince sollicité par Antonio Carlos d'Andrada en 1833, refusa*

Le député Feijô, devenu ministre le 3 juiL 1831, étouü'a énergiquement toutes les révoltes suscitées à Rïo par les réactionnaires et les républicains, et aux troupes indisciplinées qui avaient profité des mauvais exemples de quelques-uns de leurs chefs et que ceux-ci ne pouvaient plus contenir, il opposa la garde nationale créée par la loi du 18 août 1831* Aux clubs fédéralistes, Evaristo da Veiga opposa la « Société des défenseurs de la liberté et de l'indépendance nationale ^ (Sociedade defensoraj^ vaste organisation qui a eu une grande infiuence sur la marche des événements politiques au Brésil, A cette époque (1832), Auguste de Saint-Kilaire traçait un sombre tableau des maux que les discordes produisaient sur les bords de F Uruguay, ^ C’était naguère une des plus belles contrées de FAmérique méridionale. Ses habitants voulurent se i'édérer et commencèrent par se désunir ; chaque village, chaque hameau jirétendit faire sa patrie à part; d’ignobles chefs s'armèrent de tous côtés; la population fut dispersée ou anéantie*** 3 ^ et, à propos du Brésil qu’il ^ aimait presque à l'égal de son pays », et qu’il comparait aux Etats-Unis, prosoérant sous le régime fédéral, il écri¬

vait: « Les Brésiliens, au coutraire, ne sauraient établir cheï eux le système fédéral sans commencer par rompre les faibles liens qui les unissent eueore. Impatients de toute supériorité, plusieurs des chefs liautaius de ces patrîarchies aristocratiques dont le Brésil est couvert, appellent sans doute le fédéralisme de tous leurs vœux; mais que les Brésiliens se tiennent en garde contre une déception qui les conduirait à l’anarchie et aux vexations d'une foule de petits tyrans mille fois plus insupportables que ne l’est un seul despote. »

Pour donner satisfaction aux libéraux monarchistes, partisans de l'autonomie provinciale, des réformes constitutionnelles (Acte additionnel) furent votées en 1834* Les fédéralistes demandèrent alors que les présidents do province, ou gouverneurs, fussent proposés par chaque province ou choisis par le gouvernement central sur des listes de trois noms présentées par les assemblées provinciales ; mais la majorité, dirigée par Evaristo da Veiga, eut la sagesse de repousser ces propositions ( 12 jniL) qui auraient brisé l'unité nationale et seraient , devenues la cause de luttes semblables à celles qui ont entravé les progrès de plusieurs Etats hispano-américains.

Après la réforme constitutionnelle, Feijo fut élu régent de l'empire, qu'il gouverna depuis le 12 oct. 1833* Avant son élection, le Cearâ avait déjà été pacifié en 1832 à la . suite du combat do Missâo Velba; Pernambuco, en 1833, grâce à l'intervention de l’évéque Perdigao. Le régent Feijü, à son tour, réussit à rétablir l'ordre dans le Para avec l'aide du général Andrea, baron de Caçapava (1836) ; mais une révolution éclata dans le Rio Grande do Sul (20 sept. 1835) et le fédéralisme y dégénéra en guerre séparatiste*

A la mort de Dom Pedro R' (1834), la plus grande partie des réactionnaires se réunirent à F opposition parlementaire qui s'était formée en 1836 dans les rangs du parti libéral monarchiste, et qui avait pour chefs Araujo Lima (marquis d'OÜnda) et Bernard de Vasconcellos. Cette fusion donna naissance au parti qui depuis lors, prit le nom de conservateur^ et qui triompha aux élections de 1836. Le 19 sept. 1837, Feijô démissionna et confia la régence au chef de l'opposition, Araujo Lima, que les électeurs, quelques mois après, confirmèrent dans ce poste. La révolution séparatiste, qui éclata la même année dans la ville de Bahia, fut étouiïée par le générai Callado, et l'ordre fut plus ou moins assuré partout, excepté dans le Rio Grande do SuL

Depuis 1836, toute l'histoire politique du Brésil se résume dans la lutte des deux partis constitutionnels, le conseruateur et le tibéraL La Chambre des députés, conformément à la doctrine défendue par Vasconcellos, devint prépondérante, à partir de 1831* En 184Û, l'opposition libérale commença à demander la déclaration de la majorité du jeune empereur, qui n'avait alors que quinze ans. Hollanda Cavaîcanli (vicomte d’Albuquerque) et les Andradas se mirent à la tête de cette agitation ; plusieurs conservateurs, comme le marquis de Paranaguâ (Villela Barbosa), se rallièrent à cette opinion et remperenr fnt déclaré majeur le 23 juif. (1840).

Dom Pedro II commença son gouvernement avec les libéraux (lloHanda Gavalcanti et les Andrada) : puis, du 23 mars 1841 au 2 fév. 1844, il gouverna avec des mims" tères conservateurs (marquis de Paranaguâ, 23 mars 1841 ; Carneiro Leâo, depuis marquis de Paranâ, 20 janv. 1843). Le Waranhâû fut paciüé par le général Lima (1841), créé

baron, puis duc de Caxias, mais ime révolution éclafa dans le Sao Paulo et le Minas (184^)* L’ordre fut rétabli par C 0 mfimû général, à Sao PauiOj après le combat de Venda-Grande, à Minas, après la bataille de Santa-Luzia (184â). Pendant le gouvernement des libéraux (vicomte de Macahé, 2 fév* 1844; vicomte d’Albuquerqfje, 5 mai 1846 ; vicomte de Caravellas, mai 1847 ; vicomte do Macabé, 8 mars 1848 ; Paula e Souza, 31 mai 1848), îa guerre civile du Rio Grande do Sul, qui avait duré dix ans, fut terminée (l'^^mars 184B) par le général de Caxias. C’est aussi à cette époque que commencèrent les démêlés du Brésil avec TAngleterre au sujet du bill Aberdeen {184o) dont il sera question plus loin * Le 29 sept. 1848, les conservateurs revinrent aux affaires avec le ministère du marquis de Olinda. Une révolution éclata à Pernambuco. Peu de mois après, le président Tosta, appuyé de la garde nationale et do quelques troupes, sous le commandement du général CoeHio, rétablissait Tordre (1849). C’est la dernière révolution tentée au Brésil. Pendant le règne de dom Pedro 11, la répression de toutes les révoltes a été suivie d’une amnistie-

En 1851-52, le Brésil appuya de son escadre et do son armée les gouvernements de Montevideo, de T Entre- Rîos et de Corrientes contre le dictateur argentin Rosas» qui fut chassé de la Plata après la bataille de Cü^ seras. Le marquis d'Olinda , en divergence avec scs collègues au sujet de la politique à suivre avec la Plata, avait été remplacé dans la présidence du conseil (6 oct, 1849), parle marquis de Monte Alegre (Costa Carvalho). Ce fut après ce cbangemeat dans la présidence du conseil que le ministre des affaires étrangères, Paulino de Souza (vicomte d’Uruguay), négocia F alliance de 1851, qui assura la victoire des libéraux des républiques de la Plata, la liberté de la navigation dans les affluents de co^ fleuve et l’indépendance de FUruguay. Ce ministère dont Eusebio de Queirés était membre, fut fortement appuyé par Fempereur et les Gbambres, pour îa suppression de la traite des noirs qui se faisait par contrebande, et qui cessa complètement. Le 11 mai 4852, le cabinet fut reconstitué, etïe ministre dos finances Rodrigues Torres (vicomte d’itaboraby) devint président du conseil.

Du 6 sept. 1853 au 12 déc, 1858, la politique de conciliation des ministères du marquis de Paranâ/du maréchal de Caxias et do marquis d’Olinda, apaisa les inimitiés politiques, et les deux par lis, conservateur et libéral, se trouvèrent presque confondus. C’est dérailleurs de 1850, fin de la période deS guerres civiles, que datent véritablement les progrès réalisés par le Brésil, La séparation se fit de nouveau en 1858 avec l’opposition des chefs du parti conservateur au ministère Olinda. « La première partie du programme accomplie dans les vingt dernières années », a dit Ch. do Ribeyrolles, c fut une œuvre utile : il fallait constituer l’unité du pays et ne point le laisser tomber en satrapies fédéralistes ou maritimes. Si Fon veut être un peuple, il faut d’abord être une patrie ».

Du 12 déc. 1858 au 24 mai 1862, trois cabinets conservateurs se succédèrent : Abaeté (12 déc.}, Ferraz (10 août 1859), et Caxias (3 mars 1861). Pendant ce dernier niL’ nistère un grand nombre de conservateurs (Zacarias de Vasconcellûs, Olinda, Nabuco, Saraîva, Dantas et plusieurs autres), s’allièrent à Top position et assurèrent F avènement des libéraux, qui occupèrent le pouvoir sous les ministères de Zacarias de Vasconcellos (24 mai 1862), d’Olinda (30 mai 1862), de Zacarias (15janv- 1864), de

Furtado (3l août 1864), d’Olinda (12 mai 1865), de Zacarias (3 août 1866), jusqu’au retour des coniervateurs en 1868. Cette période est signalée parla guerre du Paragnay et par les luttes entre les deux fractions du nouveau parti libéral, c*'û-d. entre les libéraux historiques, dirigés parTheophilo Ottoni, et leurs nouveaux alliés*

En 1864, le Brésil, ayant déclaré la guerre à la République dû F Uruguay, prit PaysanM (généraux Menu a Barreto et Flores), bloqua (amiral Tamandaré) et assiégea la ville de MonUviâeo (Menna Barreto et Flores), qui fut forcée de capituler (20 fév. 1865); mais Lopez, dictateur du Paraguay, ayant envahi le Matto—Grosso (nov. 1864), puis la province argentine do Corrientes (avr. 1865), une triple alliance fut sipée entre îe Brésil, la République Argentine et FUruguay (1*'^ mai), elles trois Etats entreprirent une guerre longue et diffleilo, dont, en fait, le Brésil supporla presque tout le poids* Lo général Mitre, président de la République Argentine, eut le commandement des armées alliées pendant les premières années de la guerre.

J^s Brésiliens débutèrent parla victoire navale de Machuelo^ remportée par l’amiral Barroso sur l’escadre paraguayenne. Une division paraguayenne qui s’avançait sur la rive droite de FUruguay fut anéantie à Yatay, par les alliés, sous la conduite de Flores, président de la République Orientale. Un autre corps d’armée, qui avait pénétré dans la province brésilienne de Rio Grande do Sul, fut assiégé à JJruguayana et obligé de mettre bas les armes. L’empereur D. Pedro lï se trouvait alors à la tète des alliés, et ce fut dans ce campement qu’il reçut le ministre Tbomton, envoyé par l’Angleterre pour lui demander le renouvellement des relations diplomatiques avec le Brésil, rompues dès 1863* liOpcz abandonna le Corrientes pour attendre ses ennemis sur le territoire du Paraguay, derrière la ligne du Paranâ.

En 1866, les alliés réussirent à traverser ce fleuve et à s’emparer des premières positions, après les combats de Confiumeia (Ozorio, général brésilien), et les batailles à'Estera Bellaco (Flores, général oriental, et Ozorio) et de Tuyuty (Mitre, général argentin, Ozorio et Flores) ; mais ils durent rester inactifs, en attendant des renforts, devant les retranchements ennemis. Cependant au mois de juillet, ils essayèrent, mais sans succès, une attaque du côté de Sauce, Les premiers renforts arrivés, le général brésilien Porto Alegre s’empara do Cunizû; mais, quelques jours après, le même général et le président Mitre échouèrent k l’assaut de (22 sept. 1866).

Ce fut alors que le Brésil concentra le commandement de ses armées de terre et de mer entre les mains du maréchal de Caxias, et que presque toute l’armée argentine se retira pour aller réprimer des révoltes et des résistances de gouverneurs de province. En 1867, après plusieurs mois d’inaction forcée (le choléra avait ravagé les campements), Caxias, resté général en chef des alliés après le départ de Mitre pour Buenos-Aires, commença ses opérations contre les fortifications d’Humaïta. Les cuirassés brésiliens (amiral Inhaüma) forcèrent le passage de CurupaUy (1867), ensuite celui Humaïtd (1868, commodore Delphim de Carvaiho). La même année Caxias s’empara de toutes les défenses élevées de ce côté, do celles du Tcbicuary et marcha vers le N. pour attaquer les lignes d’Angostura et du Pikysyry qui couvraient la route de la capitale. Il y remporta au mois de déc. 1868, les victoires d’/idrdrd, A'Aoay et de Lomas Yaieniinas qui assurèrent aux alliés la possession de toute la partie occidentale du pays.

î;émâncipâtion des esclaves

Mais Lopez était allé se réfugier dans Tintérieur du Paraguay, sur lù Cordillère d'Ascurra, oti il réussit à organiser une nouvelle armée,

La dernière campagne fut dirigée par le comte d’Eu (1869 1870) J qui prit d’assaut la ville de Pîribebuy, écrasa la majeure partie de Famée de Lopez,conduiteparCaballero,àîa bataille de Campo Grandet et fit poursuivre les vaincus dans toutes les directions, au millen des déserts et des forêts de FE, et du N» du Paraguay. Après plusieurs engagements partiels, le général Camara parvint à surprendre, le mars 1870, le campement de Lopez à Cerro Cord sur un affluent de FAqoidaban. Le dictateur, qui n^avait plus qu’un millier d’hommes, fut tué pendant la fuite et la guerre fut terminée. Le traité, signé en 1872, fixa la frontière, sans que le Brésil ait demandé d’agrandissement dû territoire.^

La liberté de la navigation sur le Paraguay, interrompue par les hostilités, avait été obtenue par le Brésil dès Fannée 1858 (traité du 12 févr, signé à FAssomption), Le 7 sept, 1867, le Brésil avait ouvert au commerce étranger l’Amazone et une partie de ses affluents, ainsi que le Sâo Francisco jusqu’ù Penedo (décret du 7 déc. 1866).

Une série de ministères conservateurs commença en 1868 : vicomte dltaboraliy (i6juiL), qui a terminé la guerre du Paraguay ; marquis de Sâo-Vicente {29 sept. 1870), vicomte de Bio-Brauco (7 mars 1871), qui, entre autres réformes, a fait voter la première loi pour Féman» cipation graduelle des esclaves ; duc de Caxias (25 juin 1875), qui est parvenu à rétablir Funion des conservateurs dont une grande partie, dirigée par le conseiller Paulino de Souza, s’était séparée du cabinet Rio-Uranco depuis la discussion de cette réforme. Les libéraux ont ensuite pris la direction des affaires : Cansansâo de Sinimbd (5 janv, 1878), Saraiva (28 mars 1880), qui, avec Fappui du chef des conservateurs, baron de Cotegipe, a réalisé la réforme électorale (élection directe), Martinho Campos {21 janv.

1882) , Paranaguâ (3 juiL), Lafayette Perdra (24 mai

1883) , Danlas (6 juin 1884), qui a été renversé pour avoir présenté un projet abolitionniste, et Saraiva (6 mai 1885), qui, avec Fappui des conservateurs, a fait triompher dans la Chambre des députés plusieurs idées de son prédécesseur. En 1885 les conservateurs rentrèrent aux aflaires (20 août 1885) avec le cabinet du baron de Cotegipe, qui obtint du Sénat Fadoption de la seconde loi d’émancipation votée par la Chambre, et fit la conversion do la dette intérieure. 11 fut remplacé (10 mars 1888) parle cabinet, conservateur aussi, du sénateur Corrfia d’Oliveira, qui compléta la grande réforme de Fémancipation parla loi du 15 mai 1888,

L’année suivante, Faillance d’one partie des conservateurs avec Fopposition libérale amena la retraite du ministère et, un autre cabinet conservateur n’ayant pu se constituer, le pouvoir passa à un ministère libéral, sous la présidence du vicomte de Ouro-Prelo (7 juin 1889).

Pendant le règne actuel, et par suite des voyages do Fempereur à l’étranger, la princesse impériale Dona Izabel a eu trois ibis la régence de l’empire : du 25 mai 1871 an 30 mars 1872, du 26 mars 1876 au 25 sept. 1877, et du 30 juin 1887 au 21 août 1888.

Depuis une quarantaine d’années, le Brésil, pacifié à l’intérieur, a fait de grands efforts, sous la direction de Fempereur D. Pedro If, pour répandre l’instruction, pour élever îe niveau de l’enseignement, pour développer l’agriculture, Findustrie et le commerce, et pour tirer parti des richesses naturelles du sol par la construction de voies ferrées, par l’établissement de lignes de navigation et par

des faveurs accordées aux immigrants- Les résultats obtenus depuis la clôture de la période révolutionnaire sont déjà considérables : nulle part en Amérique, sauf aux Etats-Unis et au Canada, le progrès n’a été plus rapide.

CHÂPITUR II

L’émancip ation des es cia ve s

Par M. E. Lkvassech,

Dès l’année 1758, F abbé Manoel Ribeiro Rocha, établi avocat à Bahîa, publiait à Lisbonne un ouvrage, Ethwpe ResgatadOy dans lequel il demandait que tout esclave fût rendu k la liberté après un temps de service sulDsant pour indemniser le maître, et que les enfants de femmes esclaves, naissant libres (ingenui), no serviraient que jusqu’à Fîlge de quatorze ou quinze ans. En 1810, Velloso de Oiivcira, de la province de Siïo Paulo, dans un mémoire adressé au prince régent, parlait de donner la liberté aux enfants qui naîtraient de mères esclaves. Hippoly to da Costa dans le Correio Brazüiense (1808-22) signalait l’émancipation graduelle des esclaves comme une nécessité peur le Brésil. En 1822, un député de Bahia, Borges de Rarros (depuis vicomte de Pedra-Branca), proposait aux Cortès constituantes do Lisbonne, sans aucun succès, quelques mesures en vue de la colonisation par des Européens, et, subsidiairement, d’une diminution da Fesclavage. Plusieurs Brésiliens se prononçaient contre l’introduction d’esclaves: ûomingos Moniz Barreto en 1814, Maciel da Costa (marquis deQueluz) en 1821, José Bonifacio d’Andrada, dans un mémoire publié en 1825, dans lequel il présentait un projet d’émancipation, sans demander toutefois (non plus que Borges de B;irros), la liberté des nouveau-nés.

L’Angleterre signa avec le Brésil k convention du 23 nov. 1820, relative à la traite, qui devait être considérée comme entièrement illicite, û partir de 1830. La loi brésilienne du 7 nov. 1831, contre les négriers, ne put être exécutée. Lo 18 mai 1830, A. Ferreira Frauça présenta à la Chambre un projet pour l’abolition graduelle de Fesclavage qui devrait ünir entièrement le 25 mars 1881, et trois ans après (8 juin 1833), un nouveau projet qui déclarait libres tous les nouveau-nés ; la Chambre refusa de discuter ces deux propositions. En 1845, parle bill Aberdeen, FAngieterre blessa le Brésil en déclarant que les négrires et les navires suspects d’avoir été employés à k traite pourraient être capturés, même dans les eaux territoriales do l’empire, et seraient justiciables des tribunaux britanniques. L’indignation que cette mesure excita profita aux négriers dont F odieux commerce devint plus florissant.

Cependant il se forma peu k peu un parti abolitionniste dont Fempereur dom Pedro If. sans oublier ses devoirs de roi constitutionnel, a été le patron persévérant. Le ministre Eusebio de Queirés fit voter, par la loi du 4 sept 1850, des moyens plus sûrs de répression et, les appliquant rigoureusement, il obtint le résultat que n’avaient jamais atteint les croiseurs anglais.

Quelques autres mesures favorables aux esclaves furent prises à partir de 1864* Le ^3 janv* 1866, le sénateur Pimenta Bueno, depuis marquis do Sîïo Vicente, présenta à rempereur des projets d'émancipation graduelle qui furent examinés par le conseil d'Etat, mais que la guerre du Paraguay fit ajourner* C’est à cette époque (juiL 1866) que la Société française pour rabolîtion de l’esclavage ayant adressé une supplique à l’empereur, celui-ci fit répondre que, dès que les circonstances le permettraient, son gouvernement s'occuperait d’une mesure « que l’esprit du christianisme réclame

Après la paix, une commission de la Chambre, sur la proposition de M* Teîieira junior (vicomte de Cruzeiro), rédigea un projet pour rabolition graduelle (15 aodt 1870) * L'année suivante le premier ministre, J.-M, da Silva- Paranhos, vicomte de Rio-Branco, assura le triomphe du principe de Pémancipation et parvînt à faire voter, après une lutte parlementaire de cinq mois, la loi du ^8 sept* 1871 qui abolissait en principe la servitude et aiféctait certains impùLS à l’ émancipation des esclaves* Désignée sous le nom de < loi Rio-Branco », cette loi déclarait que tous les enfants naîtraient désormais libres et resteraient seulement jusqu'à leur majorité au service du mattre de la mère pour indemniser celui-ei des frais d'éducation.

Le recrutement de resclavage élait ainsi tari dans ses deux sources, l'importation et la naissance ; aussi le nombre des esclaves, qui était d’environ 2 millions 1/2 en 1856, de 1,800,000 en 1871, de 1,584,000 en 1873, se trouvait^ il réduit ù 1,050,000 en sept* 1883 et ù 743,419 au recensement annuel des esclaves de 1887 (mars) ; depuis 1871, les esclaves non enregistrés dans le recensement annuel étaient considérés comme libres* 11 y avait, en outre, à la mémo époque, 18,946 sexagénaires qui devaient encore des années de service et plus de 500,000 (439,831 déjà d'après la statistique imparfaite du 30 juin 1885) «t ingenuos », e.-à-d. qui étaient enfants de femmes esclaves libres en vertu de la loi de 1871, mais qui, n'ayant pas atteint leur vingt et unième année, restaient au service du maître de leur mère; la valeur totale de ces serviteurs était, d'après le tarif de 1885, évaluée à 1,212 millions de francs.

En 1880 commençait à se former un parti, très peu nombreux encore, de partisans de l'abolition immédiate (lessénateurs Jaguar!be, conservateur, Octaviano et Silveira da Mota, libéraux, le député libéral Joaquim Nabuco, les journalistes Ferreira de Menezes, Gusmao Lobo, Patrocinio, Serra, A* Rebouças, Yicente de Sonza et plusieurs autres). Deux provinces (Amazonas et Ccaré) affranchirent lem^s esclaves en 1884 (elles en avaient d'ailleurs peu), et cette même année le ministère Dantas présenta un projet d'abolition graduelle qui échoua devant une coalition de plusieurs libéraux et de presque tous les conservateurs* Mais cette initiative du gouvernement et la discussion engagée dans la presse et dans les Chambres donnèrent une grande impulsion à l'idée d'abolition* Une loi du 28 sept* 1885, due à MM. Saraïva, Colegîpe et A* Prado, compléta la loi de 1871 en déclarant libres les esclaves à partir de l'a go de soixante ans (comme l’avait proposé M* Dantas), à condition qu'ils serviraient encore trois ans leur mattre, et en fixant un tarif de la valeur des esclaves décroissant avec les années, et augmenta certains impôts pour créer un fonds d'encouragement à l’immigration* La question de rémaneîpatlon était alors celle qui passionnait le plus la politique intérieure au Brésil ; les abolitionnistes des provinces du N*, lesquelles avaient peu

d'esclaves, et ceux de la province de S*-Paulo au S,, qui en avait beaucoup, réclamaient l'abolition graduelle et accélé» rée, tandis que les représentants d'autres provinces, comme Minas Geraes et surtout Rio de Janeiro, qui en avaient aussi beaucoup, résistaient à toute accélération du mouvement émancipateur*

La ville de Rio devint cependant le centre de l’agltation abolitionniste* En 1887, deux des chefs du parti conservateur, les sénateurs Joâo Alfredo Corrêa de 01 iveira et Antonio da Silva Prado, se prononcèrent pour la nécessité d'une nouvelle loi. Ce dernier* qui est un grand planteur, affranchit aussitôt ses propres esclaves ; il eut de nombreux imitateurs dans la province de Sâo Paulo (1887), et lé mouvement d'opinion qu'il produisit se pi'opagea dans les provinces voisines* L'assemblée provinciale de S. Paulo prit des jnesures vîgoureusés pour accroître T immigra lion européenne, fout en écartant sagement l'idée de faire venir des Cliinois, et vola par tôte d'esclave un impôt si lourd qu'il équivalait k une prohibition; ce dernier vote ne fut pas ratifié par le président de la province* Dans certaines fermes les esclaves, suivant les conseils d'un abolitionniste intransigeant. A* Bento, partirent en masse sans être affraneliis ; la proximité des chemins de fer qui se multipliaient dans la province et les dispositions favorables de la population facilitaient leur évasion; les abolitionnistes soutenaient ropinion émise par M, A. Prado que l'armée ne devait pas être employée contre les esclaves fugitifs tant qu'ils ne commettaient pas de délit* Cependant aucun désordre grave ne se produisit : l'exemple était encourageant* Le 10 mars 1888, le ministère Cotegipe donna sa démission, et la princesse impériale régente chargea M* Corrêa de Oliveira de la formalion d'un nouveau ministère. M, Antonio Prado accepta un portefeuille dans ce ministère. Ces deux hommes d’Etat et leurs collègues comprirent bientôt que l'abolition différjÿljusqu'en 1889 ou 1890, qu'ils proposaient encore au mois de février avec les abolition uisLcs les plus avancés, n'était plus possible et qu'une selul mn immédiate s'imposait* M. Rodrigo Silva présenta, au nom du cabinet, le 8 mai, et les deux Chambres votèrent presque à l'unanimité, la loi du 13 mai 1888, qui accorde la liberté sans délai et sans aucune restriction à tous les esclaves. Dans le discours du trône, prononcé le 3 mai 1888 à Pouverture de la session, la princesse annonçait ce projet : « A l'honneur du Brésil, sous Lin fluence du sentiment national et des libéralités particulières, rcxtinction de l’élément servile a fait de tels progrès que c'est aujourd'hui une aspiration acclamée par toutes les classes avec d'admirables exemples d'abnégation de la part des propriétaires. Alors que T intérêt privé lui-mémo travaille spontanément à délivrer le Brésil du malheureux héritage que les nécessités de la culture avaient maintenu, je compte que vous n'hésiterez pas à effacer du droit national l'unique exception qui contraste avec l'esprit chrétien et libéral de nos inslitulions. » A la Chambre des députés, M* Joaquim Nabuco, le Buxton brésilien, a caractérisé le projet en déclarant qu'il ouvrait une ère nouvelle dans L'histoire du Brésil : < La génération actuelle n'a pas encore connu d’émotion aussi puissante et il faut remoTiter à celle qn'éprouvèrent nos pères, à la proclamation de notre indépendance* Pour nous. Brésiliens, 1888 est un événement plus considérable que 1789 ne le fut pour la France* C'est littéralement une nouvelle patrie qui commence* » A la sui:c du vote du Sénat, la princesse

LE GOOVERi^EMENT ET UADMINISTRATION

donna le mfime jôur, 13 mai, sa sanction en signant avec une plume d’or qui lui avait été o Te rie à cet cfl'et par souscription populaire. Toute la population do Rio manifesta nn entliousiasme chaleureux qui a été partagé par toutes les grandes villes et qui s’est répandu dans la République Argentine et dans T Amérique entière, La France s’est associée ïl ces manifestations (fête du 10 juiL 18SS),

La suppression de Teselavage a été accomplie pacifiquement au Brésil, sans coûter une goutte de sang. Elle ne s’effectuera pas toutefois sans créer des diffimllés économiques que le temps seul fera peu à peu dispa^ ralire, mais que les Brésiliens s’appliquent à surmonter* Il leur faud ra remplacer une partie des esclaves par des ouvriers libres: le Brésil cherche à attirer dans ce but des immigrants. Beaucoup do propriétaires se trouveront appauvris ou momentanément génés : le luxe et h large hospitalité des fazendas s’en trouveront affectés etj ce qui est plus grave, il y aura des exploitations ruinées. Il faudra plus de capitaux pour faire valoir les terres et plus de numéraire pour payer les salaires ; ceux qui ne posséderont pas ces capitaux ou qui ne pourront pas se les procurer devront abandonner ou, ce qui est beaucoup plus souhaitable, restreindre leurs cultures en louant ou en vendant îi de petits colons immigrants les champs qu’ils n’utiliseraient plus eux-mémes.

On ne doit pas cependant s’exagérer les difficultés* Il importe de faciliter la transition par des mesures qui développent le crédit. Lorsqu’on discutait, en ISTi, le projet Rio-Branco, ses adversaires prédisaient que la rareté des bras ruinerait le pays. Or, le nombre de^s esclaves, qui était alors de 1,800,000, s’est trouvé réduit à 600,000 environ en 1888 et cependant la récolte du café a presque triplé durant cette période (V. plus loin. Produits du règne végétal). L’exemple des Etats-Unis est rassurant : la plus forte récolte de colon au temps de resclavage avait été de 4,824,000 balles en 1860 ; après une longue crisede transition, la récolte, sous le régime de la liberté, s’élevait à4,669,00û balles en 1876, et à 7,017,000 en 1888. Au Brésil, la transition sera vraisemblablement plus facile, parce que Témancipation a été peu à peu préparée par les lois de 1830, de 1871 et de 1885, que la quantité de bras serviles û remplacer est beaucoup moindre cl que les esclaves, selun le témoignage d’un grand nombre d’étrangers (Koster, A* de Saint-Hilaire, Gardner, Couty, etc*) y étaient beaucoup mieux traités qu’aux Etats- Unis et aux Antilles anglaises et françaises. Au Brésil, d’ailleurs, le préjugé de la couleur n’existe pas comme aux Etats-Unis et dans plusieurs colonies* Les résultats obtenus jusqu’au mois de mai 1889 dans toutes les provinces ou les esclaves étaient nombreux ont dépassé l’attente des abolitionnistes, excepté au MaranMo, dont la situation agricole était depuis longtemps désavantageuse. En général, les esclaves ne pouvant pas soutenir la concurrence dans les villes contre les ouvriers blancs et no trouvant pas à la campagne, dans le voisinage des grandes plantations, de terres il mettre en culture, sont restés avec leurs anciens mailres, et les récoltes ont été supérieures à celles do l’année précédente* L’arrivée d’immigrants européens a augmenté considérablement comme nous le montrons plus loin L

* Le discours prononcé par l'empereur D. Pedro lï à ToLiverture du Parlement, la 3 mai 1389, annonce que les

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