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LES PRODUITS DU RÈGNE VÉGÉTAL

CanUreira, Ti^lé) et Rio Grande do Sul, on cultive avec quelque succès la vigne. La loi du M nov; 1888 a créé à Campinas une école scientifique de renseignement de la viticulture ; elle a été inaugurée le janv* suivant. — Trois denrées alimentaires, en partie consommées dans le pays, sont en même temps de Irts importants articles d'e^:portation : le café, le sucre et le cacao. — Le caféier y importé de Cayenne à Pari en 1727 par le major Pallieta (grâce à un don de Claude d’Orvilliers)^ n'a commencé à prospérer au Brésil que lorsque le décret du 4 mai 1761 eut favorisé cette culture en supprimant les droits d’exportation. En 1770, il fut importé au Maranhâo, et vers 1761 à Rio de Janeiro par Jean-Albert Castello Bran CO J né â Para, cliancelier â la cour de Rio. Ce dernier a apporté quelques pieds qui furent cultivés dans le jardin des Capucins (aujourd'lmi rue Evaristo da Yeiga) et dans la maison de campagne de l’Anglais lloppraann, à Mataporcos (aujourd'hui faubourg de Rio) . Ces pieds fournirent la graine des premiers essais de plantation, faits à Resende et à Sâo Gon{:alo, d'oü la culture se propagea dans tous les districts de la Serra do Mar de la province de Rio do Janeiro, puis dans les provinces de Sao Paulo et de Minas Geraes. Peu dû temps après, des capucins de Rio donnèrent â un planteur de Villa Vigosa quelques graines qui produisirent les premiers caféiers de la province de Bahia. Le caféier, qui exige un climat tropical et se plait sur les terrains en pente, exposés au levant, élevés de plusieurs centaines de mètres au-dessus du niveau de la mer, abrités des vents froids du sud, trouvait au Brésil d'immenses terrains favorables. Les forêts ont été défrichées pour faire place aux plantations de caféiers des fazendas, des sitios et des rogas (abattis de forêts où de petits propriétaires cultivent des denrées alimentaires, maïs, manioc, haricot, etc.), c.-à-d. de la grande et de la petite culture. Eu 1791, liûppmann avait déjà exporté un peu de café. Cependant l'exportation annuelle de Rio ne dépassait pas encore deux sacs en 1800, La culture a pris quelque importance à partir de 1825; depuis 1877, elle en a une considérable, << L’immense développement de la culture du café au Brésil, dit Agas^^îz, et la rapidité du mouvement, surtout dans un pays oii les bras sont si rares, sont au nombre des phénomènes économiques les plus frappants de notre siècle ». La récolte moyenne, qui était évaluée â 40 millions de kilogrammes pour 183540, à 126 pour 1855-60, â 220 pour 1873-77, s’est élevée à 389 millions pour la récolte 1884-85 et à plus de 400 millions en 1886-87, malgré la crise conimerciale qui avait déprécié la valeur de la marchandise et la maladie qui a fait, dans ecs derniers temps {1887), périr un grand nombre de caféiers dans la province de Rio de Janeiro. Le Brésil produit ainsi à lui seul plus de la moitié du café récolté dans le monde entior. Les nombres que nous donnons sont des évaluations privées, provenant surtout des Chambres de commerce; le ministère de l'agriculture, du commerce et des travaux publics déclarait encore, en 1887, qu'il n'avait pu, malgré ses efforts, rassembler les données d'une statistique satisfaisante sur la production agricole. Les localités qui vendent le plus de café sont d'abord Rio de Janeiro, qui exporte les produits des provinces de Rio de Janeiro et de Minas Geraes et d’une partie de îa province de S, Paulo, et qui a fourni près des 7/10 de rexporlatîon provenant de la dernière récolte. De 1810 â 1813, Rio n'exportait encore qu'une dizaine de sacs (de 60 kilogr. chacun) ; il en exporte aujourd'hui 4 millions 1/2 de sacs. Après la province de Rio viennent celles de Sîlo Paulo (dont les produits sont désignés sous le nom

de Santos, port d’exportation), et de Minas-Gcraos ; puis Rallia, Espirito Sanlo, Cearâ. La quantité de café exportée, d’après les tableaux officiels de la douane, a été de 374 millions de kilogr. en 1884-85, de 326 eni 885-86 et de 364 en 1886-87. Do 1840 à 1884, la valeur de cette exportation a sextuplé. Le général Morin a montré, dans un savant mémoire, que la plus grande partie du café consommé en Europe sous le nom de Moka et de Martinique provenait du BrésiL — La canne à sucre est aussi une plante importée, bien qu'on ail prétendu la rencontrer à l'état sauvage dans l'intérieur du BrésiL Dès la fin du xvi* siècle, il existait de grandes sucreries, notamment àPernambuco et à Bahia, et celles des célèbres Schetz, marchands d'Anvers, à Sào Vicente. Jusqu’au milieu du xvm^, le Brésil fournissait plus de sucre qu’aucun autre pays du monde, et Lisbonne était le grand marché de cette denrée. Les Antilles prirent le premier rang dans le cours du xviu^ siècle, et la culture diminua au Brésil. Elle s’est relevée, surtout dans la seconde moitié du XLX“ siècle ; mais, comme celle du caféier, elle est atteinte par une maladie qui inquiète beaucoup les planteurs. En vue d’améliorer une production longtemps défectueuse et de son tenir la concurrence sur les marchés étrangers, les Brésiliens ont établi des usines centrales pour Vextraction du jus et pour la raffinerie. Le gouvernement, par la loi du 6 nov. 1875, a promis une garantie d’intérêt de 7 pour aux capitaux qui s’engageraient, jusqu’à concurrence de 75 millions, dans ce genre d'entreprise; le rapport du ministre à la législature de 1887 mentionne 26 usines centrales dont une partie seulement était en activité et qui représentaient un capital d’environ 50 millions de francs ; le résultat général a été trop peu favorable pour encourager le gouvemement à persévérer dans cette voie, quoique les sucres sortis de cea usines soient ceux qui obtiennent les meilleurs prix sur les marchés européens. On ne sait pas quelle est la production totale du sucre dont une partie est consommée dans le pays à l’état soit de cassonade colorée (assucar mascavo), soit de sucre raffiné. La quantité exportée, principalement sous forme do « masoavado » eu sucre brut, s’élevait à 226 millions de kilogr. en 1886-87. De 1830 à 1884, la valeur do cette exportation a triplé. — La fabrication de Feau-de-vic, « aguardente », est une conséquence de la culture de la canne; la consommation dans le pays en est considérable; l’exportation, contrariée par la coneurrence des alcools de grains et de betterave, iFest guère que de 1 million et demi de litres. — Le eacaoijer croit à F état sauvage, dans la plaine de F Amazone, les Indiens le récoltent surtout dans les forêts des bords de l'Amazone et du Tocanlîns; cette production était plus importante au siècle dernier qu’aujourd'hui. Cependant îa plante est cultivée avec succès dans FAmazonas, le Parâ, Bahia (district de Rhéos, Garavellas, Yalenga, et ailleurs), le Maranbiio, le Cearâ ; la culture est facile d'ailleurs, l'arbre pouvant produire pendant trois quarts de siècle et donner deux récoltes par an. — La vanille, le poivre, le piment, le Ihé sont aussi au nombre des cultures destinées à FaUmentalion. — La principale culture industrielle du Brésil est celle du coton ; elle exige moins de capitaux que îe café et convient mieux aux petits propriétaires. I^a hausse dos* prix, pendant la guerre de sécession des Etats-Unis, avait stimulé la production; l'exportation s’était élevée jusqu'à 78 millions de kilogr, en 1872 ; elle est retombée à 13 millions en 1886, et elle était de 23 millions en 1886-87 ; elle a aujourd'hui une valeur à peu près le triple de celle de 1840. On

estime vaguement la production du coton au Brésil à 40 millions d© kilogr. Ce sont les provinces du N., surtout Pernambuco, le Parahyba et les Aïagôas qui produisent le plus de coton ; cependant on le cultive jusque dans Rio Grande do SuL Parmi les autres fibres textiles cultivées ou exploitées m Brésil, on peut citer le liu, cultivé dans le S, J et surtout les lianes et arbustes du bassin de TAuiazone, particulifereiuent la goaxima, la piassava, le cocotier, le tucum, qui servent à fabriquer des cordages, des natte» et même des étoffes* ^ Le tabac est cultivé surtout dans les provinces de Bahia (tabac de Saint-Félix, etc,) dont les cigares sont estimés en Amérique et à Hambourg, et ou cette culture est devenue la plus importante de la province, de Minas Geraes (Rio Novo, etc.), de Goyâz, de Saû Paulû (tabac do Descalvado), du Paranâ et du Paré (tabac de l’Irituia)* L'exportation du tabac, qui a quintuplé depuis un denii-sièele, était de millions de kilogr* en 1883-84, On peut supposer que la consommation locale est k peu près égale à Pexportation.

Les forêts couvrent peuLétre plus de la moitié du territoire du Brésil, surtout dans la région d© F Amazone* Leurs produits s© prêtent à un nombre considérable d’usaps* Les Indiens y trouvent leurs matériaux de construction, leurs matières premières et une partie de leurs aliments. L'industrie du pays n'en fait jusqu'ici, relativement k la richesse naturelle, qu'un médiocre emploi, et lo commerce extérieur, faute do débouebés, est encore loin d'en tirer tout le profit possible* « Nulle part au monde, disait Agassiz en pariant de T Amazone, il n'y a de plus admirables essences soit pour la construction, soit pour Fébénisterie de luxe . Nous n'en citons que quelques-unes : l'ipé (Tccomasp^hyaraucarm bratiliensü qui forme de grandes forêts, surtout dansleParané, et dont l'exploitation est considérable, l'iiatibaqui atteint ^4 m* de hauteur, le sueupira fBowdwhûi}^ bois résistant et durable dont la tige dépasse quelquefois âO m*, le massaranduba dont le sue devient, en séchant, une sorte de gntta-pereha blanche ; l'acajou, le palissandre (jacarandd au Brésil) qu'on exporte pour une valeur de plus de 13 millions de francs par an, le samaume ira dont les branches gigantesques peuvent ombrager, au dire de ^Yalis, qui l'a découvert en 1863 dans les forets du rio Branco, une superficie de plus de mille mètres carrés ; le perdba et le jequitiba, qui atteignent aussi de très grandes dimensions ; le cedrela hrasiliensis^ le citronnier, ïe bois de fer, le bois satin (aspidosperma), Les palmiers abondent; le cocotier (cocus nucifera)^ qui aime l'air salin de la mer, prospère surtout sur les cétes; le châtaignier du Parâ peuple des forêts entières dans le bassin do Toeantins et porte des noix qui, suspendues à une trentaine de mètres de hauteur, sont aussi grosses que celles du cocotier , le carnahùba (Copernicea scrifera) est précieux par ses feuilles, qui, découpées en lanières, servent à faire des éventails, des nattes, des balais, des chapeaux et dont on extrait une cire jaune, surtout dans le Cearâ, et de îa potasse; par les nervures de ses feuilles dont on fabrique des filets, par sa tîge creuse qui se transforme en tuyaux, par les fibres intérieures de cette tige qui remplacent le liège, par son chou-palmiste, aliment qu'on prépare de diverses manières* Beaucoup d'arbres des forêts fournissent des gommes, des résines, de l'huile, parLiculiërement Thuile de ricin, le benjoin, Fhuile de palme; ripécacuanha et la salsepareille s'y trouvent aussi.

De toutes les résines ou gommes, la plus importante est le ùmutcliQuc {horracha gomma clasHca} * Les Indiens connaissaient l'usage du caoutchouc dont ils

faisaient des vases avant la venue des Européens et dont La Condamine propagea le nom on Europe, Le Brésil est la contrée du monde qui fournît le plus de caoutchouc ; la récolte, facile à pratiquer, convient au caractère des Indiens, et, comme elle a donné de grand bénéfices, elle est devenue la principale spéculation dans les provinces du Parâ et d'Amazouas* H faut ajouter h ces provinces celle de Matto Grosso, trop éloignée des débouchés pour fournir beaucoup, mais où l'on a découvert (dans le bassin de l'Amambahy), en 4886, de vastes forêts de syringas, et Pernambuco qui produit, ainsi que le Parahyba do Norte et le Minas, un caoutchouc provenant dumangabeira [Hancorniaspedosaj Gom; Haneomia pubescens^ Mart,). Cette plante qui pousse sur tout le Grand massif brésilien et qu'on commence à exploiter avec profit, et même à cultiverj fournit, outre son Iruit savoureux, un bon caoutchouc* Les états de douane accusaient une exportation de 400,000 kilogr* vers 4840, do plus de 6 millions en 1878-79, de plus do 8 millions en 4883-86, de 2 seulement en 4886-87 * D’après Jes déclarations faites à la douane, l'exportation aurait décuplé depuis 1848; mais ces déclarations sont inférieures aux quantités réellement exportées : M* de Santa Anna-Nery estimait, pour l'année 4882, l'exportation du Parâ k 10 millions de kîlogr, et celle d'Amazonas do 3,800,000, deux quantités dont l'une faisait peut-être double emploi avec l'autre dans le total de l'exportation* — Le maté est la grande richesse des campagnes du S* comme le caoutchouc l'est des forêts du N, ; on l'exploite dans Je Paranâ qui fournit à peu près les trois quarts de la production brésilienne, dans Santa Catbarîiia, Rio Grande de Sul, le Matto Grosso. En 1886-87 rexportât!on a tout â coup augmenté considérablement et dépassé 20 millions de kîlogr* ; elle n'avait été que de 4,342,000 en 4884-85, — Le thé^ dont la culture était très prospère vers 4830, n'est produit aujourd'hui qu'en petite quantité, à Sâo Panlo et k Minas ; on peut consulter sur cette culture, en 1830, un intéressant rapport de M* Gcillemin, commissaire du gouvernement français* Cependant au Brésil, comme â Geylan et à Java (Preanger), le thé peut avantageusement succéder au café dans les terres fatiguées, comme celles de Rio do Janeiro, dont le climat est très propice k cette culture.

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