LES LIMITES
Brésil s'engagea « i restituer èl sa dite Majesté (le roi de France) la Guyane française jusqu’à la rivière d’Oyapock dont rembouchure est située entre le 4® et le 5® degré do latitude septentrionale : limite que le Portugal a toujours considérée comme collo qui avait été fixée par le traité d'Utreclit î>.
La Guyane fut rendue en iSlT, à Tarrivée du gouverneur nommé par Louis KVIIL Après la proclamation d’indépendance du Brésil et pendant la guerre civile qui affligea les provinces septentrionales, la France établit un poste à Mapà, et^ en 1840, le Brésil établit sur la rive gauche de PAraguary la colonie militaire de don Pedro IL Puis, sur les réclamations du Brésil, la France consentit h évacuer le poste de Mapé, et Parrangement du b juiL 1841, sur le statu quo, déclara neutre le territoire entre PAmapâ et POyapoek en attendant une solulion définitive, La solution ne vint pas. Des négociations reprises de 18S3 à 1856, dans lesquelles le plénipotentiaire français, baron Mis de Butenval, réclamait la branche N. de PAraguary pour limite et le plénipotentiaire brésilien, vicomte d'Uruguay, ûSi'ait le Carsevenue ou Calçoene, situé au N. de Pile de Maracé, n'eurent pas plus de succès et la question est restée sans solution. La puérile tentative de la tondation d'une république de Cowîmnien 1887 Pa, pendant quelques jours, signalée do nouveau à Pattentîon publique,
§ 2* Les faontières de l'Empjrb* — Le cours do POyapûck et la serra do Tumucumaque, ligne de partage des eaux qui coulent au sud et au sud-ouest de POyapoek vers POcéan ou l'Amazone, séparent donc le Brésil de la partie de la Guyane française non contestée.
La limite septentrionale du bassin de P Amazone lo sépare des Guyanês néerlandaise et brltanniqttef d'après les cartes brésiliennes. Mais, de co cûté aussi, les limites ne sont pas fixées et ont donné lieu k des contestations; lo territoire entre les rivières Rupununy, Takutu etCotingo, territoire nommé Pirara ou Pirarara, a été accepté provisoirement comme neutre par l'Angleterre et le Brésil (notes des 28 janv, et 29 août 1842) à la suite de difficultés qui se produisirent de 1836 à 1842 et qui eurent pour cause certaines tentatives d'occupation par un ministre protestant, puis par un colonel anglais. Le Brésil revendique tout le bassin du Takutu et du Cotingo ; P Angleterre prétend s'avancer jusqu'à la rive droite du Takutu et à la rive gauche du Cotingo.
Entre le Brésil et le Venezuela^ la frontière est fixée par le traité du 5 mai 1859 (négocié par le ministre brésilien Pereira Leal). Elle suit la ligne de partage des eaux, c.-k-d. la crête des monts Pacaraima (jusqu'à la source de PAuarys), Parimk, Cunipira, Tapiirapecô et Imery, jusqu’au mont Copy; de ce point elle gagne en ligne droite la chute llui dans la Maturack, puis en ligne droite Pîle Süo José au nord du rocher de Cueuhy; une autre ligne droite tirée de ce point aboutit aux monts qui séparent les affluents du rio Negro coulant au N., de ceux qui coulent vers le S,; elle suit la crête de ces monts jusqu'à la source du Mcmacbi (la carte de cette partie de la frontière a été publiée dans le Rapport du l^îinistre des Affaires étrangères du Brésil de 1884),
La frontière de la Colombie n’est pas déterminée : c'est le commencement de la frontière occidentale. Il existe au N, et au S, de Péquateur, dans les bassins du rio Negro et du Japurà, un territoire de plus de 250,000 kil. q. qui est réclamé par les deux Etats et sur certaines parties duquel le Venezuela, l'Equateur et le Pérou élèvent aussi des
prétentions. Le 25 juin 1853, le Brésil a proposé k la Colombie un traité par lequel il lui offrait certaines concessionsrelativemeni aux limites déterminées par les traités de Madrid et de Saint4ldefonse, mais qui n'a pas été accepté ; la frontière de la serra Araracoûra et du cours du Tarahira à P ouest de S. José fait partie de celte limite. Plus tard la Colombie a offert de négocier avec le Brésil un traité de limites ; mais celui-ci a décliné la proposition en répondant que la Colombie devait régler d'abord la question de ses limites avec le Venezuela et P Equateur, et qu’il traiterait ensuite avec celui des deux Etats dont il se trouverait être limitrophe. Provisoirement, le Brésil s'attribue pour frontière une ligue, mal déterminée, allant du Tarahira (affluent de PÂpaporis) au confluent de l'Âpaporis et du Japurâ; puis, conformément à son traité avec le Pérou, une ligne droite, allant du confluent de PApaporis avec le Japurâ jusqu'à l'Amazone, à 2 kil. 1/2 en amont de Tabatinga, port situé sur la rive gauche de P Amazone, en face du confluent du Javary.
Le Brésil n'a pas de traité avec VBquateur, quoique celui-ci prétende que son territoire s’étend jusqu'à la ligne de ITçâ et du Japurâ, et même bien au delà. Mais d’après la ligne frontière offerte jadis k la Colombie par lo Brésil (proposition approuvée dans un rapport écrit du baron de Mumboldt) et par lo traité signé avec lo Pérou, l'Equateur no serait pas Hmitropho du Brésil. Les questions do frontière entre l'Équateur, la Colombie et le Pérou, comme entre la Colombie et le Venezuela n'étant pas réglées, toutes les limites sont conséquemment provisoires de ce côté.
La frontière avec le Pérou est fixée par les traités du 23 oct 1851 (négocié par le baron de Ponte Ribeiro), du 22 oct. 1858 (négocié par le ministre Miguel Lisboa) et du 11 fév. 1877. Elle s’étend, au N. de l'AmazOTic, du confluent de l'Apapods jusqu’en amont de Tabatinga, comme noos venons de le dire; au S., elle suit le Javary jusqu'à sa source, par 7*^1' de lat. S. et 74^8^ de long* occ. de Greenwich, soit 76^^28^ de long, occ* de Paris, et 32^58^ de long. occ. de Rio (Rapports du ministre des affaires étrangères du Brésil de 1875 et de 1877).
De la source du Javary la frontière gagne en ligne droite la rive gauche du Madeira, au confluent du Benl et du Mamoré, par 10*20^ de lat., remonte le Mamoré jusqu'au confluent du Guaporé, puis ce dernier jusqu'au confluent dü rio Verde, son affluent de gauche, suit le rio Verde jusqu'à sa source et, de là, en ligne droite, arrive aux monts Quatro Irmaos, puis, par d’autres lignes droites dans la direction E., au Morro da Boa—Vista, à l'extrémité S. de Corixa'Grande, et, à travers une suite de lacs (lacs Uberâba, Gahiba, Mandioré et Caceres), gagne la Bahia Kegra, et lo Paraguay, par 20“^ 10'' de lat. et suit le cours do ce fleuve jusqu'en face du confluent de l'Apa : c'est la frontière tella que Ta réglée le traité du 27 mars 1867 avec la Bolivie (conseiller Lopes Netto, plénipotentiaire brésilien), en prenant à peu près pour base le traité de Saint-Ildefonse (1777). La ligne de Bahia Negra et du Paraguay est reconnue comme la limite du Brésil par la Bolivie et le Paraguay, les deux Etals qui se disputent lo lcrritûire du Ghaco, à l'occident du fleuve Paraguay.
Après de longues contestations (eontérences de 1856 à Rio, entre les ministres des affaires étrangères du Brésil et du Paraguay, Silva-Paranhos et Berges, protocoles publiés dans le Rapport du ministre des affaires étrangères, 1857), et à la suite de la guerre du Paraguay, il a été décidé (traité du 9 janv. 1872, négocié par le baron de Cotegipc), pe la frontière du Brésil et du Paraguay serait
LE nWESlL
l’Apa, k dial ne d'Amainbahy et de Maracayü, b Paranâ, depuis la chute dite Salto das Sete Quedas jusqu’au confluent de riguassù (V, sur le traité et la délimitation les Rapports du mmistre des ajfaires élratigères du Brésil de 187^ et 1875).
Au sud de Tlguassii commence la frontière du Brésil et de la République Argeatiae. D’après le traité du 14 déc. 1857 (négocié par le conseiller Sil¥a-Paranhos)^ traité qui n'a pas été ratifié par le congrès argentin, cette frontière suit le cours de l'Iguassit depuis son embondiure dans le Paranâ jusqu'au confluent du Santo Antonio ; elle suit le cours du Santo Antonio jusqu'à sa source, gagne la source du Pépiri-Guassù et longe ce cours d'eau jusqu'à P Uruguay, qui sépare les deuï Etats de ce point jusqu'à rembouchure du Quarahim, son affluent, Mais les Argentins donnent les noms de Santo Antonio et Pepiri-Guâssû à deux rivières situées plus à FE. et noni^* mées par les Brésiliens C ho pi ni et Chapecé : c'est ce désaccord qui n'a pu Être réglé jusqu'à présent* Cependant les Brésiliens ne manquent pas de faire remarquer que la République Argentine doit surtout aux négociations dn Brésil le territoire qu'elle possède de ce côté et qui était occupé par le Paraguay du temps de Francia; que îa ligne réclamée par le Brésil constitue déjà une frontière très mauvaise pour leur pays et que celle du Cbopim et du Ghapecé serait plus désavantageuse encore, parce que le territoire argentin, s'avançant comme un coin dans îe territoire brésilien, couperait en partie les communications entre les deux province de Paranâ et Rio Grande do SuL Par îe traité du 28 sept. 1885, les deux gouvernements ont pris la résolution de faire reconnaître le territoire disputé pour pouvoir résoudre le diflérend à Fai de d'une carte exacte; la commission argentiao-brésilienne a terminé cette exploration en 1888. Ilous venons d'apprendre que le gouvernement argeutin a accepté la proposition du gouvernement impérial (25 mai 1889) et que la question de limites entre les deux pays sera décidée par arbitrage* l.'arbitre sera le président des Etats-Unis.
Par le traité du 12 oct, 1851 (plénipotentiaires brésiliens Carneiro Leào, depuis marquis de Paranà, et Limpo de Abreu, depuis vicomte d'Abaeté), complété par ceux du 15 mai 1852 (Carneiro LeSo) et du 4 sept. 1857 (vicomte de Uruguay), le Quarabîra, affluent de l'Uruguay, la Cuchilla de Ilaedo, la Guchilla de Santa Anna, les sources du rio Negro, le Jaguarâo, le îae Mirim et le Chuy séparent le Brésil de la Uépublique Onentalê de P Uruguay^
§ 5. COTES ET Iles. — La côte du Territoire contesté commence au cap Orange qui signale Femboueimre de FÛyapock. Elle se dirige vers le S.-S.-E* ; elle est partout basse, presque partout marécageuse, bordée de palétuviers ; on y trouve le cap Cassiporé, File Maracà, séparée du continent par le canal Cacapaporis et le canal Turnry, le cap Nord (cabo do Norte). Les bouches de l'Amazone^ du cap Nord à la pointe Tijiéca, ont une largeur d’environ 335 kil. Les eûtes sont basses aussi, généralement marécageuses, rongées par les courants. Au fond se trouvent les Iles Caviana et Mexiana; la grande ïleMarajô, d'oiila ville de Parâ tire son bétail, est terminée par le cap Maguary et sépare les bouches septentrionales de la bouche méridionale du Oeuve ou Pard; le Parâ, large de 61 kil. à son embouchure, est la voie de la grande navigation ; sur la rive droite de ce fleuve, dans la baie de Guajard^ se trouve la ville de Belem do Pardj la plus commerçatile de l'Amazone et du nord du Brésil. De l'Amazone au cap Saint—Hoch (ou plus
exactement à la pointe Xïmbabû), la côte est généralement basse, bordée do dunes on de petites falaises et de bouquets de mangliers et de cocotiers en maint endroit; les embouchures des cours d'eau sont encombrées de bancs de sable. Cependant, dans la province de Gearà, des montagnes s'élèvent à l'horizon. Les points les plus remarquables de cette côte sont la baie de Sa] in as, la pointe Atalaia et son phare, la baie de Caïté et le cap Gurupy, le morro (mont) Itacolumy, qui, visible de loin, annonce l'entrée de la longue bâte de Sao Marcos avec les ports d^Âlcantara et de S. LuU do Mamnhdo, ce dernier situé dans File du même nom, la bâte de Sao José, le phare de Fîle Santa Anna, le delta du Parnabyba, le port, mal abrité et qu'on travaille à améliorer, deCearâ (Fortaleza), celui d’Ara^ caty. Il y a dans cette partie de la cûte plusieurs récifs, Joâo da Gunha, Lavaudeiras, Siobà, etc. Au delà de b pointe Calcanhar (lat. 5® 9^ S., long, 37^ 48"' 35^"^^
occ. méridien de Paris), la cûte tourne vers le S.-E., puis vers le S.-S,-E* jusqu'au cap Saint-^Roch (Sao Roque, en portugais), colline sablonneuse d'une soixantaine de mètres de hauteur (îaL 5*^ 29' 15''' S. ; long. 36' 27" occ, mérid. de Paris). Le petit port de Touro se trouve à 4 kIL 1/2 au S.-O. de la pointe Calcanhar; il est célèbre dans F histoire du Brésil, Louis Barbalho y ayant débarqué le 7 fév, 1640 pour marcher surBahia à travers le pays alors occupé par les Hollandais.
A 430 kil. au N.-E. du eapSaint-Roch est File Fernando de Noronka, découverte en 1503 par le Portugais de ce nom; lie volcanique, ainsi que les Ilots voisins, et présentant dans plusieurs endroits des falaises abruptes.— Au S. du cap SainGRoch sont l'embouchure ensablée du Rio Grande do Norle, le port do Natal et l’embouchure du Paraliyba do Norte avec la forteresse liîsiforique de Cabedello et la ville de Parahyba. Puis viennent la baie de Tambalm (et non Timbahu), et le cap Brauco (par T* 8' 15" de lat. S. et 37“ V 10" de long, oec.)- Ce cap est reconnaissable par les falaises rouges qui forment une partie de la cûte et par Féglîse de Penh a, située un mille plus au sud ; c'est plus au sud par 7“ 18' 45" de lat. S, et 37“ 6'45" (M. Mouchez) de long. 0., que se trouvent le village Garapcbiiet hpointe Timbahu, dont nous avons déjà parlé (entre les rivières Curugy — et non Gregi — et Tabatinga) qui est peut-être (si l'embouchure de la rivière de Goyana, située un peu plus au S., n’est pas plus à POrient) la pointe la plus orientale du Brésil. De cette pointe à l'embouchure du Chuy, la côte, qui se dirige vers le S., puis vers Je S,-0., a un développement d'environ 4,000 kil. Elle est, jusqu'à l'embouchure du Silo Francisco, bordée de récifs coralliens qui ne dépassent pas le niveau des hautes mers, et à l'intérieur desquels de petites embarcations peuvent seules naviguer ; mais ces récifs sont accores et à peu de distance du rivage (10 à 50 kil.), le fond de la mer descend tout à coup à plusieurs milliers de mètres* Là se trouvent File dTtamaracâ, la ville (TOlîndaf sur une hauteur, puis Reclfe (Pernambuco), qui est le grand port du Brésil le plus voisin de l'Europe, et qu'on projette de rendre accessible aux grands transatlantiques, forcés jusqu'ici de mouiller au large ; le cap Saint--Augustin, que Vincent Pinçon découvrit le 26 janv. 1500 (cependant l'historien Varnbagen pense que Pinçon s'était trompé et que c'est à Cearâ qu'il a pour la première fois abordé la côte brésilienne), la baie de Maceié, bon mouillage, Fembouchure du Sào Francisco^ le port d'Aracajù, la grande baie de tous les Saints^ avec le port de Bahia ou S. Salvador. Puis viennent les ports de Morro de Sâo