‹ Le BrésilChapitre 7 sur 87 · CHAPITRE lii · texte numérisé non relu

CHAPITRE lii

Le relief da sol Par Jl. E. Lfvassfar*

La configuration générale du relief du Brésil est simple ; les détails eu sont complexes et sont encore imparfaitement connus. Ce relief comprend cinq parties,

L Le massif de la Gupane comprend toute la région montagneuse qui s’étend entre le bassin de FAmazone et celui do FOrénoque, et oii prennent leur source ce dernier fleuve et un très grand nombre de rivières appartenant à Fun et à Fautre bassin. Ce massif, qui parait avoir une longueur d’environ 1,800 kil et couvrir presque 1 mil^

lion de kil. c., est encore très peu connu, malgré les voyages do Sehomburgk (1840), de Crevaux (1817) et de Coudreau (1888), et l’exploration faite par la commission brésilienne de délimitation de frontières dirigée par le baron de Parimâ (1882-83). C’est dans cette région que les chercheurs d'or du xvi“ siècle plaçaient le grand lac fabuleux do Pari ma et la ville non moins fabuleuse de Manoa, capitale de FEIdorado « le doré ». Le pays doit Son nom aux indiens Guayanos qui habitaient entre FOrénoque et le Caroni, Il se compose en général de plateaux couverts de forêts vierges qu’interrompent ça et là de vastes savanes. Des crêtes et des sommets isolés surmontent ce plateau accidenté d’escarpements de granits, de scliîstes dénudés et de ravins profonds. Le Brésil ne possède que les versants méridionaux, la ligne de partage des eaux lui servant presque partout de frontière. Les principaux noms que porte cette ligne de hauteurs sont ceux de serra Araracodra (ou Amcodra), serra hnery, serra Parimd, serra Pacaraimaf serra Roruima (2,600 m. ?), au pied de laquelle naît le Cotingo, entre le rio Kaupes et le rio Brancô. Dans cet le partie se trouvent, sur le lerritoire vénézuélien, des sommets qui dépassent 2,000 m. (Duida, 2,473 m.; Maracagua, 2,508 m.). La partie qui est à l’E. du rio Branco est moins élevée ; le plateau y est couvert d’immenses forêts vierges, enlrecoupées do clairières, et va s’abaissant vers FE.; il comprend la serra Acarapt la serra Tumuenmaque^ dont l’altitude est presque partout inférieure à 500 m.

H. L’immense plaine de VAmazone, dont la superficie dans le Brésil est d’environ 3 millions de kil. c. et constitue la plus grande partie du bassin du fleuve, est située au S. et à FO. du Massif de la Guyane. Elle comprend la plus grande partie des provinces de Para et d'Amazonas et une partie du Matto Grosso k FO., et du Maraohâo k FE. C’est une des plaines d’alîuvioit les pins uniformes du inonde : à plus de 3,000 kil. dans rinlérieur des terres (k Barranca); FÂmazone n’est qu’à i40 ni. au-dessus du niveau de la mer. Elle est cependant accidentée, sur quelques points, de hauteurs qui n’excèdent guère 300 m., et de contreforts du Massif central ou du Massil do la Guyane, A FO. cette plaine se confond, sans montagnes pour marquer la limite, avec la plaine de FOrénoque au K. et avec celle du bpssin de la Plata au S.

ÏIL Le Grand massif du Rrésit comprend toutes les hautes terres qui occupent l’intérieur do l’Amérique du sud entre la pl&ine de FAmazone au N., les plaines côtières de FAÜantique k FE., la plaine de l’Uruguay et du Paraguay au S.-Ü., le Guaporé et le Madeira à FO. C’est de CO massif que descendent ks affluents de droite de FAmazono, les cours d’eau tributaires de FAtlantique jusqu’k Flbicuy et au Jaeuhy, tributaire du lac dos Patos. Lo Grand massif se termine par des talus, encore peu étudiés, qui descendent k FO, dans la vallée du Guaporé, au S.-O. dans celle du Paraguay supérieur; ceux de l’E. qui descendent sur les plaines côtières de F Océan Atlanlique sont mieux eounus. La superficie du Grand massif du Brésil est d’environ 4 millions de kil, c.; son altitude, presque partout supérieure k 500 ra., s’élève à plus de 1,000 m. sur certains plateaux, plus haut mémo dans les régions montagneuses. Ce massif se termine dans le voisinage de la mer par des ébahies côtières, dont la plupart forment le talus et les contreforts du grand plateau intérieur. Aux sources do Figuassù, dont le cours peut être considéré comme la séparation du Grand massif et des plateaux du sud, ce talus prend le nom de

dû Maî\ ^ chaîne maritime Dans rinlérïenr do plateau s*étendent>sur une longueur do plus de 400 kîL, les .serras da Esperança et dMpaaflraîîCÏT entre les rios Iguassù et Ivahy, et la serra d&s Àgudos au S* du Paranapanema, Au N* du Bibeira dlguape, la serra do Mar prend le nom do serra de Parampiaraba^ puis de serra do Cubatào. Do Sae Paulo 4 Campos, la serra do Mar est limitée au N* par Tétroite vallée du Paraliyba do Sul et couvre de ses hauteurs presque tout Tespaco compris entre eetto vallée et la cûte; prenant les noms de serra da Estrelia et de serra dos Orgaos^ chaîne des Orgues» (2,232 m. au point culminant, 2,391 selon Mondes d’Almeida), qui dresse au-dessus d'une vallée calcaire ses grandes colonnes granitiques semblables à des orgues et qui sert de Laïus au plateau sur lequel est bâtie la ville de Petropolis (à 760 m, d'plt*), serra da Boa Vistat serra dos GoUacazes* La serra da Bocaina (1,260 m» au pic Paraty, selon M, Mouchez), sur la frontière des provinces de S. Paulo et de Rio de Janeiro, est un rameau de la serra do Mar oh le Parahyba prend sa source* Les plateaux qui s'élèvent derrière cette chaîne ont une altitude de 500 à 1,000 m* : 759 à S. Paulo, 960 à Franca, 694 à Campinas, T20 4 Casa Branca, 553 à Sorocaba dans la prov. de S. Paulo ; 546 à S, José do Rio Preto, et 876 4 Nova-Friburgo dans celle de Rio de Janeiro, Au N* de l'embouchure du Parahyba sont la serra do Espigào ou de Sousa, au S, du rio Do ce, la serra dos Âymorés, entre le rio Doce et le Jequitinbonba, les serras âltiübaf de Monte Santo^ de Muribeca, dans la prov. do Bahia* Toutes ces chaînes sont à peu près parallèles à la mer* Elles le sont aussi 4 la grande serra do Espinkaço qui borde à FE, le bassin du S, Francisco et dont elles sont en quelque sorte les contreforts avancés, formant le dernier bourrelet ou gradin du talus du plateau- La Serra do Espinhaçp se continue au N* par les serras do Grdo^Mogol^ Branca^ do Bogueirào, de Uiîlba (684 m*), qui séparent aussi le fleuve Sao Francisco des fleuves côtiers* Le Sâo Francisco rencontrant dans son cours la barrière formée par ces chaînes, qui constituent les gradins du massif, la traverse dans de profondes échancrures et, par ses dernières cascades, situées à 356 kiL do rembouchure, tombe tout à coup de Tait* de 174 4 celle de 94 m* Au N* de cette échancrure le sol se relève dans les serras de PeriquUoSf de TaLhadat de Barriga, de Pilües; dans La province de Pernambueo, plusieurs chaînes, serras de Garanhuns, de Guandû^ da Prata^ dos Cayrirîs Velhos, s'avancent perpendiculairement à la côte; la serra da Borborema, située au N* du Parahyba do Norte, a la même direction. Les unes et les autres, depuis la serra do Mar, constituent le talus oriental du Grand massif. Le talus septentrional comprend le vaste plateau de Apodg et une suite de chaînes, les unes perpendiculaires 4 la côte, comme la serra ÀraH^ les autres, parallèles en partie, comme les serras do Negroet da Cintaj qui occupent entre le Jagnaribe et le Tocontins la partie méridionale des provinces de Gearâ, de Pîauhy et de Maranhâo. Les plateaux sont élevés (1,372 m. aux sources du Mearim, 1,226 m. à la viilo de Barra do Corda sur ce fleuve, province de Maranbao, selon G. Marques).

Aux chaînes côtières du talus oriental on peut rattacher la serra da Mantîqueira qui leur est parallèle et qui est séparée de la serra do Mar par Tétroite et haute vallée du Parahyba. Elle commence aux sources du Tiété (contrefort de Cantareira) et se prolonge au N.-E. jusqu'au nœud oii se trouvent les sources du rio Grande, du rio Doce et

dos premiers affliients da Sîïo Francisco. Elle constitue avec les chaînes côtiéros un des gradins du talus du plateau sur lequel les eaux coulent vers le N.-O., et elle fait partie d'un des nœuds hydrographiques les plus importants du Brésil ; dans cette chaîne se trouve les monts Uatiaiaj dont le point culminant est Agulhas Negras (2,994 m. d'après F. Massêna et Homem de Mello, 2,713 d'après Gla^iou), et qui parait être la plus haute montagne du Brésil.

Le massif lui-même est un plateau ou plus exactement un ensemble de hautes terres, formé de plusienrs plateaux surmontés de chaînes et coupés de vallées, qui comprend les provinces de Minas-Geraes, de Goyâz et une grande partie du Matto Grosso, de Bahia, de Pernamhûeo, de Piauhy et do Maranhâo. Au N* de la serra da Mantiqueira commence le plateau de Minas~Geraes et de Gogdz^ qui est en grande partie composé de roches cristallines et qui a un millier de mètres d'altitude (1,137 m. 4 Barbacena). C'est, avec la serra das Vertentes qui est comprise dans cette région, la partie la plus haute du massif et le principal centre oii naissent et d'où divergent les eaux (Tocantins^ Sâo Francisco, Parané). On donne lé nom de serra das Vertentes, < chaîne de partage des eaux », à la suite de hauteurs qui forment la principale ligne do partage des eaux du massif, entre le Sâo Francisco et le Tocantins d'un côté et le Parana de Pautre, et dont les principales chaînes, qni paraissent en général dominer de peu le plateau, sont les serras Cayapô, Dourada, de Santa Martha, dos Pireneos (qui atteint peut-être 2,300 m, près de la ville de Geyaz; et plus loin 2,932 m. selon Desgenettes, 2,896 selon Ward), la serra da Canastra (1,282 m*, près des sources du Sao Francisco), la serra das Vertentes proprement dite, la serra do Espinfiaço (chaîne de PEpine dorsale), nom qu’on peut donner par extension 4 la ligne de partage du bassin du Sâo Francisco et des bassins côtiers; cette dernière atteint 1,752 m* à VUaeolumi (2,300 au Boas (?), carte do Stieler) et 1,935 au Carapa,prèsdoOuro-Preto, 1,823 4 IVteôd, près de Diamantina* Les serras deltabira (1,320 m.) etde Pledade (1,783 m.) près de Sabarà en sont des ramifiicatioDs. La serra do Espinhaço se soude, à son extrémité méridionaîe, 41a serra da Mantiqueira en formant un angle obtus, et constitue avec elle le système Mantiqueira-Espinkaço, qui est le plus important du massif* Entre le Sâo Francisco et le Tocantins s'allongent la serra de Parand et celles de Tabatinga et de Duro; puis la serra do Piatihy, avec ses prolongements, limite an S. le bassin du Parnaiiyba*

Toute la partie orientale du Grand massif est occupée par le bassin du Sâo Francisco qui s'allonge vers le îf*, entre la serra dos Pireneos et ses prolongements qui le séparent du bassin du Tocantins, et la serra do Espinhaço, qui le sépare des bassins côtiers et qui fait partie du talus du massif, La vallée du fleuve forme un sillon profond dans ce massif; au confluent du rio das \eïhas, il n'est qu'à l'altit* d'environ 530 ra., et dans son conrs inférieur à Joazeiro, à l'endroit où il commence à descendre par cascades le talus du massif, il est à Faltit. de 368 m, La partie occidentale du Grand massif est le plateau du Matto-Grosso dont Paltit, dépasse sur certains points 800 m. (820 au N.-E. de Cuyabà). La serra dos Parecù, qui borde le bassin du Guaporé, appartient à cette dernière région.

Les plateaux du Grand massif sont, suivant les régions, des déserts, des steppes ou des forêts ; les vallées y sont généralement très boisées.

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