LE COTONNIER, LE MURIER
Le cotonnier et le mûrier sont deux arbustes dont les colons feraient bien de planter leurs haies ou leurs allées.
Ces plaDtatioDS pourront plus tard donner de bons résultats, particulièrement quand une population^ arrivant d'Europe, introduira un grand développement d'industrie.
Au reste , le coton est d'une constante utilité , et les femmes peuvent le filer durant les jours de pluie et les soirées.
l'indigotier et le nopal.
Citons l'indigotier et le nopal sur lequel vit la cochenille. L'indolence naturelle des Brésiliens leur fait négliger la culture de la plante dont on tire l'indigo, et celle sur laquelle vivent les cochenilles. Il est tout à fait vraisemblable que ces cultures seront avantageusement reprises à une autre époque , ainsi que d'autres qui ont été importées des Indes ^ qu'on a délaissées et auxquelles les Européens redonneraient vie , surtout dans la province de Saint-Panl qui est si propre à la culture des arbres à fruit, des légumes et de toutes les plantes graminées.
LE CACAOTIER.
Le cacao, qui en Europe se convertit en chocolat, pourrait aussi , lorsqu^il serait introduit dans la province de Saint-Paul , devenir une production trèsavantageuse pour les colons ; elle y est cependant encore inconnue ; on ne tire ce produit que de l'une des provinces du nord. Cette partie de l'Empire étant plus chaude, il est à présumer que les habitants , fatigués par le climat, ont choisi ce fruit qui est assez
facile à obtenir^ U donne de bons résultais. Mais pourquoi les habitants de provinces plus tempérées ne tenteraient -ils pas d'introduire chez eux aussi la culture du cacao, sans que pour cet essai ils abandonnassent en rien leurs travaux agricoles ordinaires? Il ne s'agirait que de créer une pépinière de cacaotiers, bien abritée de l'invasion des rats, qui sont très- friands des fèves de cacao. Dès que les plantes auraient atteint une hauteur de 8 à 1 pouces, on les transplanterait dans un terrain convenable. L'expérience apprendrait plus tard si les cacaotiers ne prospéreraient pas même dans les terrains qui demeurent abandonnés après avoir été occupés par les cafiers. Il faudrait que ces plantes fussent placées à dix pieds de distance et peu profondément en terre, parce qu'au Brésil, en général, la nature du terroir exige que les arbres, ainsi que toutes les autres plantes, soient presqu'à la surface du sol, lorsqu'on les y place. Si on formait cette pépinière, il serait important de se servir de graines fraîches, parce que le temps où elles possèdent la faculté de germer est de courte durée. Ces fèves doivent être semées à trois pouces de profondeur. Il ne faut pas que le terrain où l'on veut établir un cacaotier soit trop exposé au vent; il ne doit non plus être trop sec ni trop humide ; c'est pour cela que la plaine ne lui convient guère.
Le cacaotier ne fleurit qu'à trois ans, et jusques-là il faut nettoyer souvent le terrain. C'est à cinq ans qu'il commence de produire. Depuis ce moment, il se couvre sans interruption de fleurs et de fruit. Ce dernier demeure quatre mois a mArir; on en fait deux
récoltes par année ^ Vune en décembre , l'autre eti juin ; celle-ci est moins abondanle.
Un arbre de huit ans peut donner de un à dewx arobes de fèves; celte récolte ne gêne en rien celle du café.
Il faut seulement faucher l'herbe avant la récolte. La préparation du cacao n'exige que peu de travail. On sort les graines des capsules^ on les place dans des vases recouverts de feuilles , puis de plaoches ; ces dernières surchargées de pierres. On les laisse aiivsi quatre ou cinq jours , en ayant soin à& les remuer chaque matin ; enfin on les sèche au^ soleil.