PERRET-GENTIL
Nous ne saurions finir mieux cette Notice, qu'en faisant connaître aux personnes qui l'auront lue , la presqu'île de Superaguhy , où se fonde une colonie particulièrement dirigée sur les principes de la colonisation Vergueiro , par M. Charles Perret-Gentil, ami du noble Sénateur bréaiUçô, propriétaire d'Ybicaba, dont nous avons parlé avec un juste éloge dans les chapitres précédents. Disons aussi , que c'est de M. Perret-Gentil que nous avons obtenu la plupart des précieux renseignements qui peuvent se rencontrer dans cet ouvrage.
Cet estimable ami nous mandait :
« Dès mon arrivée au Brésil , et il y a bien des » années de cela , ma ferme résolution fut de choisir » cet Empire pour nouvelle patrie. En conséquence.
» et GODformément à mes hahiludûs, J6 dirigeai » toutes aoes facidtés à Tétude sérieqse de ce qui » constituait le pays en lui-même; sa confonD^^tion, )) ses lois , enfin les mœurs , les usages de ses ha- » bitants, et j-ai attendu que l'expérience vint appo- » ser son sceau à mes investigations pour leur don- » ner de la consistance , de la réalité, enfin pour » réunir e( coordonner les notes que vous m'avez » demandées et que je vous envoie aujourd'hui. )>
Ces notes , fiinsi que nous l'avons énoncé en tète de ce chapitre , sont celles qui oni servi de bas^e à cet ouvrage, destiné, selon les vœux de M. Perret- Oentil, à éclairer nos compatriotes suisses, ei au^i tous les émigranlâ d'autres pays , qui songeraient à se rendre au Brésil pour y fixer leur domicile. Nous ienons, en conséquence, avani ^ par-dessus tout, <}ii'uRe vive lumière répande un jour certain sur leur délibération, qu'elle Téclaire, et, qu'ainsi renseignés sur ebacune des choses qui pourraient las intéresser, oe soèt avec une certitude réelle qu'ils viendrai^t asseoir |eur opinion, et fixer leur choix en çQiïii»plQ^ connaissance de cause. Nous voulons qu'ils puie^e^t s'appuyer &àv des faits positifs, et non sur des notions ou sur des inductions trompeuse^ » qui , Içr^fqu^eltes sonA hasardées, assument u^e coMps^blp r.e9ponsaihilité sur ceux qui les doiiinent ei prépaient d'anaters r^rels pour ceux qui , en les acceptant 4e bonne foi , en deviennent les tristes viptiKPSa. T^I^SQ^t les seaiimedais q^u uot conduit Qp(r^ pl^m^ ? douné •essor à nos avis et quelquefois souleva uae priMq^e incidente , sur ce que nous si\pp^^^9^^ pPMYQir êUre mieux , critique , du i^sle , q«ii ue prit n^is^^i^ç^ qi^e
du vif intérêt que nous avons voué au Brésil.
Nous ne saurions nous faire l'illusion de croire que nous ayons épuisé ce sujet important ; nous n'avons non plus la prétention d'avoir exprimé ce que nous avons écrit aussi bien que le sujet l'aurait mérité ; mais , si à ces divers égards, nous conservons un juste et modeste doute 9 au moins pouvons nous rendre l'entière justice à nos intentions, qu'elles ont été pures y que tout ce que nous avons rapporté l'a été avec conscience et dans la seule vue d'atteindre ud but unique, celui d'être utile, vrai, positif, comme aussi nous avons toujours nourri le désir de rendre un véritable service , en présentant les choses comme elles existent , et de mériter au moins par là la confiance des émigrants, tout en éveillant l'attention des Gouvernements et des philanthropes européens , sur l'appui salutaire qu'ils pourraient, disons qu'ils devraient ^ donner aux familles gênées, voulant aller chercher un sort meilleur au-delà de l'atlantique , et en démontrant au Gouvernement Brésilien tout le bien qu'il peut faire à son pays , en usant d'une cordiale sympathie en faveur des émigrants qui viendront se fixer au Brésil.
Après avoir exposé ainsi la tâche dont nous nous sommes chargé et les sentiments qui en ont accompagné l'exécution, nous solliciterons , des lecteurs, ta faveur d'accueillir cette Notice avec bienveillance, et de la communiquer aux personnes auxquelles elle pourrait être utile.
Une pensée surgira peut-être chez quelques personnes; celle que tout ce qui a été dit dans cette Notice, et qui repose sur les observations de M. Perret-Gentil, ne représente que les raisonnements
d'une pure théorie , jetés sur le papier, en sorte que l'édifice et sa faible base ne pourraient supporter le choc du premier souffle de la pratique !... Mais non , celte supposition qu'il est permis de faire, attendu qu'en tant d'occasions , elle ne fut que trop justifiée par une malheureuse expérience , ne serait pas fondée ici , parce que tout ce que nous avons rapporté avec la plus exacte fidélité de la colonie Vergueiro ^ ainsi que d'autres Fazenda, exisle réellement dans la colonisation de Superaguhy , dirigée par M. Charles rerret-Genlil , qui lui-même est propriétaire de cette presqu'île, dotée de la plus favorable comme de la plus avantageuse position. Qu'il nous soit permis d'entrer ici dans quelques détails sur cette propriété, ils intéresseront, nous le supposons, la plupart de ceux qui les liront. Superaguhy est situé au 51** de longitude ouest de Paris, et au 25« y^ de latitude sud, dans la province de Saint-Paul; ce domaine se compose de toute la partie est, de l'île das Peças, située dans le canal de Superaguhy à l'entrée du golfe de Paranagua jusqu'au Rio (fleuve) das Peças , et au Rio Baguassa , et de la belle presqu'île, enfin de quelques iles , parmi lesquelles celles de Pinhero et de Comprida sont les plus considérables. La ville de Paranagua n'est éloignée, par mer, que de huit lieues au plus de la Fazendà de Superaguhy et spécialement de l'Ile das Peças, aux abords de laquelle la mer a une profondeur de douze pieds; les navires viennent débarquer à l'ouest de l'ile, à l'embouchure du Rio das Peças. Cet endroit, se trouvant placé sur la route que tiennent les vaisseaux , est des plus favorables à l'établissement d'une population,
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puisque rentrée du port et la forteresse n'en sont éloignées que d'une lieue. Lorsqu'on remonte le Rio das Peças , et qu'à pied on franchisse un espace de demi-lieue , pour rejoindre le Rio-Baguassa qui a son embouchure dans le canal de Superaguhy , on abrège de cette manière beaucoup la distance qui sépare Paranagua de la presqu'île.
La partie ouest de l'Ile das Peças , qui s'étend jusqu'au fleuve du môme nom , est une chaîne de morros (d'humus), soit d'un terrain excellent, recouvert de forets d'une nature de bois qui indique suffisamment combien le sol est propre à la culture du cafier , aussi y en exisle-t-il déjà de vastes plantalions, on peut y cultiver également le mandioca qui donne la cassave. On y trouve aussi des bananiers, des orangers et des ananas.
L'eau est profonde le long des côtes, tandis que les rivières et les ruisseaux présentent les plus grandes facilités pour imprimer le mouvement à toutes les machines que l'on voudra construire sur leurs cours.
La culture de tous les légumes en donne en abondance, ils parviennent à leur maturité dans un délai rarement plus prolongé de trois mois.
Au point de- vue des cultures les pli;s variées, Superaguhy est une terre promise, dans laquelle de nombreux troupeaux peuvent trouver une abondante nourriture et spécialement sur l'Ile Camprida, dont les morros sont couverts de bois et où se trouve d'excellente eau douce.
La partie nord de la presqu'île de Superaguhy, entre le Rio-Réal et le Rio-Seyrodo , est occupée par
de riches montagnes, couvertes de forêts d'une facile exploitation , après laquelle le terrain sera excellent pourJes cultures les plus diverses. Dans cette localité se trouve une superbe vallée renfermant des chutes d'eau dont on pourrait tirer un précieux parti. Il existe aussi un lac sur !e sommet de Tune de ces montagnes. Une seconde belle vallée se rencontre dans le voisinage du Rio-Seyrodo; ces localités présentent des sites les plus agréables.
L'Ile Pinhero offre de beaux massifs d'arbres et d'épaisses forêts; les cafiers peuvent y être cultivés dans un grand déploiement. Les bananiers, les orangers y croissent en masse et bordent les chemins; elle est également bien pourvue d'eau douce.
Pour completter l'esquisse du Superaguhy , ajoutons que la partie sud de la presqu'île possède d'excellentes terres où peuvent se cultiver et où se cultivent aussi le cafier, le pasia^ le goyavas, le limas y Varacaos^ etc., etc. On y trouve également le bananier, l'oranger, le mûrier.
Dans cette partie sont encore de nombreux cours d'eau. Le Rio Varador-Velho se divise en trois branches qui arrosent et fertilisent ce bel endroit, situé derrière des montagnes , dont il est une riante vallée composée du morros,si propice à la culture. A quelque dislance du Rio Varador-Velho, coule le Rio Jcunha, qui vient se jeter dans le canal d'Ararapira.
Généralement partout, sont de riches forêts, Jes monts fertiles, beaucoup de facilité pour l'exploitation et un sol propre à toutes les cultures. La presqu'île est en outre arrosée par le Fundo, le Pedra Branca , le Caxocira , le Kozur, le Durholz , le Bada , qui lui donnent une grande fertilité.
Ce que nous venons de dire de Superaguhy suffit pour convaincre que celte propriété , d'une surface d'environ seize lieues carrées, offre une des positions les plus avantageuses pour la colonisation; ce serait déjà une situation de choix, celle propice à la fondation d'une ville, qui pourrait devenir le siège important de manufactures et le centre d'une vaste exploitation d'agriculture et de commerce , puisque cette cité posséderait un port de mer excellent.
C'est à la prospérité de Superaguhy que M. Perret- Gentil consacre Ténergiede ses efforts, le développement de son expérience. C'est là qu'il tend à mettre en pratique ses principes de colonisation. Il veut doter cette Fazenda des facilités, l'enrichir des avantages dont nous avons rendu compte dans cette notice.
Tout ce qu'une attentive étude du sujet peut fournir de directions et de bien-être sera adopté, exécuté avec empressement, sans négliger aucune amélioration de détail, dès que l'importance en aura été reconnue.
Le zèle si positif de M. Perret-Gentil est une garantie suffisante, qu'il appliquera l'ensemble des ressources de son intelligence pour faire converger au plus grand avantage des colons et de la colonie qu'il fonde, la réunion des éléments de réussite de son entreprise; telles sont les bases de ses travaux persévérants.
Superaguhy est peu éloigné des villes de Paranagua, d'Antonina, de Cananeaetde Santos. Sa surface arable est au moins de quarante cinq mille hectares, soit de cent soixante-six mille six cent et cinquante poses. Ce domaine est également dans le voisinage de
l'île de Mel, à 3*" cië latitude sud de Rio de Janeiro; parmi ses grands avantages, se rencontre celui de posséder un port d'une notable capacité, des rivières navigables bien au-delà de ses limites, qui le mettent en communication immédiate avec Tintérieur de la province, et offrent aux futurs habitants une pêche abondante et d'utiles virements à l'industrie. La position générale du Superaguhy est des plus agréables; ses terres promettent d'abondantes récoltes de riz, de sucre, de café, de raandioca, de maïs , etc. Le climat y est sain et constamment de trois degrés plus tempéré qu'à Rio de Janeiro, ainsi que l'on peut s'en convaincre par la note comparative suivante :
Température à l'ombre en novembre et décembre 1 851 . Selon Réaumur.
A Superag
uhy.
A Rio de Janeiro.
19 nov. à midi 15°
le malin 12°
à midi 16°
22° le matin.
6h.14°àm.20°
20° le malin.
1 déc. le malin 13"
le malin
La température en mai est de 15 à 18**.
Le soleil se levé dès le mois cravril jusqu'à la fin de septembre à G heures 30 à AO minutes , et croctobre à avril , à 5 heures 10 à 30 minutes. Le soleil se couche de septembre à fin mars, h 6 heures 10 à 30 minutes, et d'avril h fin d'aoûl, à 5 heures 20 à 35 minutes.
Comme au Brésil, il ne s'agit guère que de gratter la terre, attendu que tout croit à la superficie du so!. Le travail dans ces contrées, n'est ni trop fort, ni trop diflicile.
Dans les parages de Paranagua , la saison des phiies règne d'octobre à décembre. Sous de semblables auspices, Superaguhy peut, avec confiance, espérer l'arrivée d'émigrants nombreux, bien prédisposés au travail, jouissant d'une santé convenable, possédant des mœurs régulières et qui , dès leur arrivée, pourront so |)romellre un actuel agréable, qui en peu d'années sera suivi d'un bien-être, qu'envieraient sans doute ceux qui seront demeurés à végéter en Europe.
Superaguhy, comme l'ensemble du Brésil, n'attend que des bras nombreux, pour entrer dans une voie de grande prospérité, prospérité qui ne saurait faire défaut, si l'économie, la bonne conduite, s'allientà l'énergie du travail européen.
L'appel de M. Perret-Gentil que nous nous empressons de reproduire ici sera sans doute entendu. Après avoir étudié avec soin et à fond les divers systèmes de colonisation en usage au'^Brésil, après avoir accordé une large préférence àcelui Vergueiro, c'est en pleine connaissance de cause que le propriétaire de Superaguhy agira , outre qu'il introduira ,
ainsi que nous l'avons dit ailleurs, toutes les modifications et les améliorations dont ce système peut être susceptible.
Nous allons sommairement indiquer quelques-unes des dispositions provisoirement adoptées par M.Perret-Gentil :
1° Ayant arrêté le plan de la ville qui pourrait être construite, il cédera à prix de faveur les cent premières plaças 5 qui lui seront demandées pour y élever des maisons, en se conformant h ce plan. Si ces maisons sont bâties par des industriels, dans la volonté de les habiter imntédiatement avec leur famille, le prix du sol sera encore de beaucoup réduit. Les maisons telles qu'elles sont généralement en usage dans le pays, ont ordinairement 4 brasses, soit de 2G il 27 pieds; et reviennent de 3 à /iOO [francs de construction.
2° Des localités spéciales de terrains seront réservées aux acquéreurs :
A, qui veulent faire l'acquisition de terres en friche.
B , qui veulent que déjà elles soient plus ou moins défrichées.
Les ventes de ces deux catégories de terrain ne pourront avoir lieu que contre paiement immédiatdes terres cédées à l'émigrant ou au colon.
3® M. Perret Gentil mettra encore de& terres en réserve, qui seront divisées en lois et destinées à servir de paiement pour des travaux d'une durée fixée à l'avance, et dont l'exécution aura eu lieu au profit de la Fa/.enda.
4" Si des cmigrants, apràs avoir acquitte tous les frais de leur passage et de celui des leurs, jusqu'au Brésil, se trouvent posséder en outre une valeur suffisante , pour y vivre pendant une année , dépense qui pour quatre personnes, ne peut s'élever à quatre cents francs de plus, en se pourvoyant des outils et du bétail nécessaire; M. Charles Perret-Gentil sei'a disposé a affermer à ces arrivants là et pour un terme convenu , des terrains contre redevance annuelle et à des conditions justes et équitables, telles que les suivantes : 17 poses de montagnes fertiles pour 40 francs; 33 poses de terrains en plaine pour 60 francs. Enfin 7 poses aux artisans près des villages ou de la ville, pour 30 francs.
5° Les intentions du propriétaire de Superaguhy sont si favorables à l'arrivée des émigrants, dont la volonté serait de devenir immédiatement propriétaires dans la colonie, qu'il a décidé de céder à chacune des cent cinquante premières familles qui pourront la payer, en en prenant possession, une étendue de quinze hectares, soit cinquante six poses de terres plus ou moins défrichées pour la modique somme de raille francs. Mais pour ces acquisitions, la famille est de rigueur.
6° Des terrains seront gratuitement concédés au pasteur, au curé , au médecin-pharmacien , au maître d'école, qui viendront consacrer leurs soins à l'instruction , comme à la santé des habitants de la colonie.
7"* Le Propriétaire de Superaguhy concédera également gratis le sol nécessaire pour l'érection d'établissements publics, dont l'entretien comme aussi les
frais de culte el d'écolage (si rAdminislration de la province ne les paye pas) demeureront à la charge des habitants de Stiperaguhy , conformément à ce qui sera statué à cet égard par le Propriétaire de la Fazenda , dans le règlement qui sera communiqué indistinctement à tous ceux qui viendront habiter la colonie , qu'ils soient on non acquéreurs de terrains.
8° Chaque village environnera un pacage public de 6 à 800 pas de largeur, sur une longueur de 1 ,000 à 1 ,500 pas , cet emplacement sera bordé d'arbres. Ces habitations seront régulièrement espacées, et le sol qui se trouvera entr'elles, deviendra le jardin des familles qu'elles renfermeront.
Ensuite de ce qui précède , les émigrants agriculteurs, charpentiers, maçons, maréchaux, bûcherons sont certains de trouver à Superaguhy de l'emploi et même une occupation immédiate. Le propriétaire est entièrement disposé à se prêter favorablement aux diverses combinaisons , comme à la convenance des émigrants, dès qu'elles no franchiront point les limites du plan général , arrêté pour la colonie , et que M. Charles Perret-Gentil , en sa qualité de Propriétaire et d'Administrateur né de tout ce qui peut se présenter ou se passer dans sa propriété , se réserve de faire observer strictement , en respectant sévèrement lui-même l'ensemble des concessions qui auront été accordées en vertu de conventions passées entre les parties contractantes, la Suzeraineté de l'Empire demeurant réservée intacte, ainsi que de droit.
Les émigrants qui partiront pour le Brésil pourront être certains, soit qu'ils y arrivent en ayant pris ou non, des engagements définitifs, avant de quitter
l'Europe, qu'ils trouveront dans cet Empire un placement immédiat, puisque les propriétaires, quant àpn^sent, n'attendent que leur arrivée. A ce point de vue, M. Perret-Gentil, qui toujours fut empressé de coopérer à ce qui peut concourir au meilleur succès de l'émigrant possédant un métier, et qui aborde au Brésil sous ses auspices^ en nourrissant le désir d'exercer son industrie de préférence à Tagriculture ; M. Perret-Gentil, disons-nous, ne négligera rien de ce qui pourra protéger les intérêts de l'artisan arrivant. Il se propose donc de faire préparer pour ses recommandés de cette catégorie un asile dans la baie de Rio de Janeiro , où chacun d'eux pourra , pendant un séjour court, mais suffisant, chercher à se placer convenablement, et, dans le cas où il n'y réussirait pas, le propriétaire de Superaguhy demeurera toujours disposé à le recevoir dans sa Fazenda , aux conditions stipulées pour l'admission dans cette colonie, au nombre desquelles se trouve celle-ci : à convenance réciproque de partager le gain de Terri vaut, en compensation duquel le propriétaire de Superaguhy lui accordera gratis, mais après un nombre convenu d'années de travail consécutif à sa satisfaction , une étendue de dix hectares de terrain. Dans le cas, au contraire, où l'émigrant qui est artisan préférerait acheter de suite du terrain en le pajant comp tant, il rentrerait alors dans la position ordinaire et demeurerait seul possesseur de son industrie et du lucre qu'elle peut lui assurer. A ces fins le colon deit curera le maître de vendre Ini-mênfe ses produits, excepté toutefois les denrées coloniales qu'en tout temps il sera tenu de livrer brutes aux magasins de
la Fazenda de Superaguhy , attendu que dans la colonie, il ne pourra exister d'autres établissements de préparation pour le café , etc.
Quant aux usines et moulins nécessaires à toute aulre préparation qu'à celle des denrées coloniales, iJ en sera établi destinés h l'usage des colons, contre une rétribution réduite. Le colon est aussi autorisé à s'occuper du cabotage, à la condition de se naturaliser Brésilien, ainsi que nous l'avons dit ailleurs.
Telles sont les intentions de M. Charles Perret- Gentil en faveur des émigrants qui se rendront à Superaguhy, qu'arrivés dans cette colonie , il offrira à leur choix, soit à leurs combinaisons, les divers moyens à sa disposition de les satisfaire, de les rendre heureux, 5 la condition impérative qu'ils souscriront d'être moraux, surtout parfaitement décidés de coopérer de toute leur volonté, de tous leurs moyens et de toutes leurs forces à la prospérité de la colonisation de Superaguhy. A cet effet, un exemplaire du règlement général de la Fazenda sera remis en original à chaque chef de famille, comme à lout célibataire, pour qu'il l'observe et le fasse observer par ceux qui dépendent de lui. Ce règlement ne pourra jamais être enfreint ni entravé par des arrangements particuliers, ou exceptionnels. Donc, le Propriétaire de Superaguhy arrêtera les bases fixes sur lesquelles reposeront les cessions de terrain concédé aux co-. Ions, que ce soit comme propriété définitive, ou pour être cultivés h nioilié fruit conformément au système Vergueiro , ou enfin pour être exploités sous bail locatif et avec redevance. Nécessairement ces règles statueront, sur les cas de reventes, de reprises,
de mutations, entin sur toutes les réserves posées pourélablir les droits du Propriétaire de Soperagahy, sur la manière de résoudre les contestations qai pourraient surgir entre lui et les habitants de sa colonie.
Tout engagement contracté entre un éroigrant et le Propriétaire de Supéraguhy, que ce soit déjà en Europe ou plus lard au Brésil, devra être signé en quatre expéditions originales. Ce même contrat devra, en outre, attester péremptoirement que les règlements de la colonie de Supéraguhy ont été remis au contractant, cl que celui-ci, en reconnaissant les avoir reçus , s'engage formellement à les observer lui-même et, de plus , à les faire fidèlement observer par les siens, c'est-à-dire par ceux qu'il aura amenés avec lui , sans quoi , cet émigrant ne saurait être admis ni toléré dans la colonie. Cet empire de la règle est d'urgente nécessité, comme son introduction est d'indispensable précaution. Celle sage mesure préalable sera approuvée par chacun , puisque c'est dans rintérêt et pour la sécurité de l'ensemble qu'elle sera prise. Une précaution semblable vient au devant de toute surprise , personne n'ignorant que des clauses claires , précises , positives , posées et connues à l'avance, et qui sont librement consenties, exercent une influence heureuse sur l'esprit comme sur la conduite des parties contractantes, chez qui elles ne laissent aucun doute , elles ont encore l'immense avantage de placer l'émigranl dans la position de partir ou non. Dans le cas où les règlements dont nous venons de parler , ne seraient pas encore entièrement élaborés a l'arrivée de rémigranl à Snperaguhy , onbien , s^ils le sont et qu'ils ne lui convinssent pas , il lui seraït facile de trouver place dans une autre Fazend^.
Keconnaissons d'ailleurs que confime que soient mûris el ténorisés des contrais 5 et lors na^rae qu'ila ont été formulés^ avec tou^ les spins, avec tout Tqsprit de justice possible , avec une parfaite loyauté , une absence complète de fiiiesse , d'arrière pensée , mais au contraire sous la bannière de la plu$ scrupuleuse bonne foi et des intentions les plus louables; reconnaissons-le 5 ils ne peuvent jamais être à l'abri de fausses interprétations, ni exempts d'inconvénients inaperçus; mais la prévision de quelques fâcheuses exceptions, ne saurait être un motif suffisant pour priver la masse d'un bienfait général. Aussi , sans jamais porter d'atteinte aux règles fondamentales, qui seront posées pour Superaguhy, le Propriétaire de cette colonie réunira-t-il ses efforts pour prévenir, pour adoucir les. cas de froissement excep. lionnels.
Déjà nous avons fait connaître l'intention de. M . Charles Perret-Gentil , de faire dresser un plan général de son do«aine de Superaguhy, afiii.de vaquer à la distribution la plus propice des eaux, des bois, des pâturages, des terres arablçs de cette propriété , de manière à assurer le plus grand avantage de tous, et pour que le travail de l'ensemble se fasse avec précision et au profit général. Nous ne saurions trop répéter ici de quel intérêt et de quelle nécessité il est, pour l'heureux avenir de chaque émigrant, non-seulement de se former au climat, mais surtout de faire un noviciat de quelques années à mi-fruit , avant de devenir propriétaire lui-même.
Bien à regret , cependant, nous ne saurions passer outre , sans prémunir aussi les émigrants contre les
propoH malveillants des jaloux , qui se rencontrent au Brésil comme partout. A ces jaloux, se joignent les gens il courte vue et les enthousiastes de Tancien ordre de choses , qui en voient avec douleur arriver la Pm prochaine. Ces gens dont les efforts ne tendent a rien moins qu'à retenir le Brésil dans des préjugés et dans une parfaite nullité , se coalisent contre ceux qui cherchent à assurer la prospérité de leur précieuse patrie, en fondant le futur bien-être de nombreux émigrants. Mais ces déplorables menées demeureront sans succès, parce qu'il existe au Brésil des esprits supérieurs qui partagent des vues plus élevées , et se joignent à des opinions plus saines. Ces Brésiliens patriotes appuyèrent de toute leur influence l'adoption de plans particulièrement favorables à la gloire comme a la splendeur de l'Empire.
Nous en appelons au temps et à l'expérience pour prononcer, en dernier ressort, sur les résultats heureux d'une question qui n'en est plus une , que pour des opposants systématiques ou poift ceux qui n'ont point acquis, comme nous-môme, la conviction intime des bienfaits de la colonisation, assise plus ou moins sur le système Vergueiro, dont le succès dépasse toutes les espérances qu'on pouvait en avoir conçu, et dont nous nous sommes rendu un compte aussi approfondi que minutieux, en sorte que nous n'avons rien avancé ici qu'a la lumière de l'évidence.
Mais on ne saurait être supris de la vive résistance que rencontre ce système chez certains propriétaires, entichés des anciennes pratiques , parce que la colonisation Vergueiro repose sur des idées nobles et philanlhro|)iques , sur une administration délicate.
sur un travail et une conception hors de la portée de ceux qui naquirent et vécurent au milieu de leurs esclaves, ne connurent qu'eux; de ceux qui redoutent et repoussent avec effroi toute innovation , lorsqu'elle heurte leurs préjugés ou qu'elle froisse leurs habitudes. Ceci pourra se modifier, quand le sol sera cultivé par des colons blancs, nés libres, qui, à la longue, deviendront aussi propriétaires des terrains qu'ils auront arrosés de leurs sueurs dans quelque colonie hospitalière.
Au milieu de tant d'efforts en sens divers et par là même insuffisants pour obtenir de précieux résultats , le Gouvernement brésilien , nonobstant son patriotisme, est en proie à l'hésitation qui accompagne toute œuvre de haute importance , lorsqu'on n'en saisit pas parfaitement le mécanisme. Certes le Ministère voudrait faire, il voudrait surtout très-bien faire; mais sa position est d'autant plus délicate , d'autant plus difïîcile, qu'accablé de demandes les plus divergentes, les plus contradictoires, il ne possède pas, au miheu de ce conflit de vues opposées, de boussole sûre , qui le conduise au port ; et ne pouvant contenter chacun, il s'abstient provisoirement, ce qui ne saurait satisfaire personne.
Au point de vue de l'intérêt général , l'action du Gouvernement doit reposer sur une base large et solide, pour que son exécution commande la confiance et en assure les moyens. Jusqu'à ce donc que des mesures décisives viennent calmer les incertitudes des uns et pourvoir aux besoins des autres , ce sont les efforts malheureusement trop limités des particuliers, qui devront temporairement suppléer, aider au mou-
vemcnt de l'époque , qui prend' un si grand développement et réclame le puissant patronage de rAdroinistratiou de l'Empire.
Lorsque ces deux actions agiront dans une même direction, qu'elles céderont h une même impulsion , qu'elles avanceront tendant vers le même bot, nul doute qu'elles en recueilleront d'immenses» avantages, qu'elles en obtiendront les plus vastes succès.
En ce qui concerne spécialement le Propriétaire de Superaguhy, il est convenablement placé, poor offrir dans son domaine , aux émigrants qui s'y rendront, ce que des colons peuvent désirer de trouver au Brésil. Mais personne ne saurait être surpris, lorsque nous ajouterons que de forts capitaux seront indispensables pour donner le complet développement à une colonie, dont le sol acquis par M. Charles Perret- Gentil est d'environ seize lienes carrées, terrain cultivé en partie , mais qu'il faudra continuer de défricher, et où il V aura de nombreuses constructions à faire pour préparer le logement des émigrante qui viendront s'y fixer, et à bon nombre desquels on aura dâ faire l'avance de leur traversée, comme aussi celle des vivres nécessaires pendant les premiers mois de leur séjour à la Fazcnda; enfin d'outils pour l'exploitation du sol.
Ces avances deviennent la base de succès importants pour un avenir rapproché , avenir qui présentera une riche perspective , mais exigera peut-être des appels de fonds, appels qui, pour le moment, ne sont arrêtés ni pour la quotité, ni pour le mode ; mais qui, dans tous les cas, auront le mérite de présenter aux prêteurs toute garantie désirable.
Superagahy , avec ses forêts , les bâtiments qui existent déjà, I*étendue de son sol, ses terrains défrichés, qui donnent des produits, présente dans son état actuel une grande sécurité. Mais avec tous ses éléments de richesse foncière agricole , avec sa position commerciale , avec le cours de ses rivières et ses côtes maritimes , Superaguhy possède un avenir superbe , dès que sa surface sera couverte des colons qui y manquent , puisqu'aujourd'hui cette propriété ne compte encore que cinquante familles. Mais tous les avantages que nous venons de signaler, disons-le franchement, seront notablement augmentés par les connaissances, par Texpérience, en6n par le caractère moral de M. Charles Perret-Gentil.
On nous assure qu'un projet dont l'exécution embrasserait toutes les colonisations de TEmpire a été, ou doit être soumis au Gouvernement brésilien, projet d'une nature à être rendu plus national et plus central ; mais nous ignorons s'il sera pris en considération, et si les difficultés qu'il aura à surmonter seront plus fictives que fondées.
M. Perret-Gentil consacrera lui tous ses soins, toute sa sollicitude à l'administration de sa magnifique propriété de Superaguhy. En Europe , on continuera sans doute les petites publications qui déjà ont précédé cette Notice , destinée comme elles à renouveler l'appel sérieux et philanthropique qui a été adressé aux émigranls européens, ou d'autres régions, qui rencontreront à Ybicaba et à Superaguhy, comme aussi dans d'autres colonies , sympathie , sentiments de bienveillance , d'appui, d'affection , de manière à fonder leur bien-être actuel et une grande prospérité
dans l'avenir, ponr eux et pour les leurs, sotts le beau ciel du Brésil, sur celle terre bénie elde^paîx.
Nous aimons à conserver Pespérance que nos efforts ne demeureront pas privés ^e tout fruit; que nous serons compris du plus grand nombre des émigrants, ou de ceux qui, s'intéressaiït 4i leur sort, liront cet ouvrage pour en retirer des directions qui leur soient utiles. Nous leur avons fait part des lumières de noire expérience a6n de les guider; puis nous inclinant respectueusement devant TAdministration Trésilienne, nous lui avons exposé avec loyauté et franchise nos doutes sur la marche suivie autrefois, à l'endroit de la colonisation, et, de plus nous lui soumettons le tribut de nos vues sur la voie que nous estimons la plus directe et la plus propre à fonder l'intérêt de tous.
Après avoir esquissé ce que fut jadis la grande Colonie sous la domination portugaise , et montré le Brésil devenu de nos jours Etat indépendant, libre, florissant, prépondérant, nous avons dû signaler aussi son absence de population suffisante, et indiquer les colonies Vergueiro et de Superaguhy ^fondées sur les meilleurs systèmes comme ofifraut les conditions les plus loyales , les plus avantageuses aux émigrants, qui se proposent de passer en Amérique et spécialement au Brésil. Puisse le ciel récompenser nos intentions en accordant tout succès favorable à ceux pour lesquels cette Notice a été écrite.
APPENMCE ET NOTES