I.IBUX BS DÉPARTS
Tous les quinze jours il part du Havre un navire pour Riode-Janeiro, on peut y correspondre avec MM. Sprungling et €.*•
Le 9 de chaque mois un vapeur, porteur de la malle , part de Southampton en Angleterre, pour Rio-de-Janeiro , où il arrive après un trajet de 28 à 30 jours. (Il eu part aussi de Liverpool.)
Il part de Brème et de Hambourg des navires pour le Brésil; nous transcrivons ci après, dans leur ensemble, les conditions auxquelles M. F. J. Wichelhausen et O* à Brème , se chargent d'embarquer les émigrants, se senties suivantes : (Ce sont 1rs mêmes a Hambourg.)
Conditions auxquelles MM. F. J. Wichelhausen et C" , à Brème, 14, rue Ansgariithor, se chargent d'embarquer des émigrants , à destination du Brésil,
\^ Les navires, que nous frelons à cet effet, ne seront reconnus bons et capables qu'après que des experts et les magistrats préposés les auront examinés.
• 2" La nourriture des voyageurs , pendant la traversée, est distribuée gratuitement ; elle se compose de viande salée de bœuf ou de porc, de pois ou de haricots, de gruau, de riz , de pâles , de choucroute , de pommes de terre, de pruneaux, de beurre, etc. ; le tout bien apprêté et servi chaque fois à dîner, en suffisance. Les repas, le matin et le soir, se composent de café ou de thé, de biscuit, d'eau douce, etc. S'il y a des malades a bord, on les soigne pendant la traversée, et on leur donne tout aliment et tout remède qui pourront accélérer leur guérison ; à cet effet, on se pourvoira de médecines et de médicaments, ainsi que de bois à brftler, et de toutes les provisions nécessaires, cela calculé pour une traversée de 120 jours, ce que les magistrats préposés certifieront avant le départ du navire. (La traversée est habituellement de 60 jours.) C'est pour cette raison et pour le maintien du bon ordre, que les voyageurs ne pourront pas eux-mêmes vaquer à leurs provisions et à leur nourriture; cependant ils auront la faculté de s'approvisionner en particulier pour subvenir à quelques-uns de leurs besoins. Il est indispensable qu'il y en ail, parmi la société, qui so prêtent chaque fois à aider le cuisinier dans sa besogne.
3" Les effets des émigrants ne sauraient dépasser le volume de 20 pieds cubes par personne, pour pouvoir être admis à bord gratuitement ; ils pourront former des caisses
de Croîs pieds de haut sur Crois pieds de long et deux pieds de large ; le poids de chacune^ ainsi que des malles, ne doit pas dépasser 420 livres , pour qu'elles poissent être chargées f au besoin , à dos de mulet : sans celte précaution elles seraient déballées si elles étaient trop lourdes. Tout colis doit être muni d'une adresse el surveillé par le voyageur lui-même.
k"* Chacun aura , dans l'entre-pont, une couchette bien établie, mais c\'st a lui de se pourvoir d un ci>ussin , d'un matelas et d'une couverture , ainsi que de sou service ib* table, el de la vaisselle a son usage.
5^ Le prix de la traversée et de T'enregistrement, depuis le port, est d'environ 230 francs par personne de dix ans et au-dessus ; les enfants au-dessous de dix ans paient 20 francs de moins ; les nourrissons au-dessous d'un an sont admis gratuitement dès que l'extrait de naissance a été exhibé. Ilr<bilu(*llemenl le taux de la Intversée se règle sur le nombre des navires en charge; mais nous tâcherons de le calculer chaque fois au minimum,
O'^Ce n'est qu'en acquittant tout le montant do la traversée, que le voyageur .sera nourri gratuitement et rendu, sans autres frais , sur les lieux, par les soins des armateurs et des expéditeurs ; c'est de cette manière que , plus tard , il sera entièrement libéré.
1** Il est urgent qu'on produise l'extrait de naissance pour les enfants au-dussous de dix ans , afin qu'ils puissent jouir do rabais indiqué sur le prix de la traversée ; c'est d'autant plus nécessaire que, sans cela, létaux serait pour tous le même, el qu'il est, du reste, d'ordonnance que tout individu indistinctement, dort pouvoir disposer , dans Tentre-pont du navire , d'une superficie de quatorze pieds carrés, et que l'approvisionnement par personne est le même sans considération d'Age.
8" Le prix do la traversée , pour les voyageurs qui choisissent la grande cabiae, est, d'ordinaire, de 400 francs par personne de dix ans et au-dessus. Les enfants , audessous de dix ans, jouissent d'une faveur, et les nourrissons au-dessous d'un an sont admis graluitemenl. Là, le voyageur est servi à la table du capitaine \ mais sont a sa charge le vjn qu'il boit , ainsi que l'achat de son lit et du linge. — h* aUablement ei la nourriture no deviennent gratuits que lorsque le navire sort du port.
9" Chaque voyngeur doit être muni d'un passe-port en règle et visé pour l'étranger.
10** Les maladies sont un obstacle et une cause qui empêchent d'admettre de bon gré des personnes ; il en est de même de celles sur la moralité desquelles il y a des doutes.
1 1° Il est de notre devoir, en qualité de propriétaires et de fréteurs de navires, de faire assurer pour notre compte le montant reçu pour le passage des voyageurs, ainsi que la somme de 80 francs par tête, comme lèvent, au reste, l'ordonnance, afin que, s'il arrive au bâtiment quelque malheur qui l'empêche de continuer sa route, il y ait les ressources nécessaires pour le sauvetage, l'entretien des voyageurs, leur transport ultérieur, et aussi pour le cas où le propriétaire du navire, le correspondant ou le fréteur préféreraient résilier le contrat et le voir solder.
12" Si des émigraats désirent s'assurer d'avance des places et des occasions pour effectuer leur traversée , ils déposeront, en nos mains ou en celles de nos agents, contre quittance, 22 francs d'arrhes par personne, et acquitteront le solde du prix de leur passage avant de monter sur le navire; mais, dans tous les cas, ils ne paieront pas plus de 22 francs a nos agents. Les voyageurs , dans la grande cabine, auront 66 francs d'arrhes à déposer chez nous.
13" Lorsque des engagements réciproques auront été contractés, aux conditions énoncées, nous préparerons, sans autres stipulations, bon accueil aux arrivants , en les faisant conduire gratuitement, par eau , ainsi que leur bagage, à dou7.e lieues de Brème, vers le port de mer et pour le temps fixé pour le départ; arrivés sur les lieux, ils se rendront tout de suite a bord de leur bâtiment et v seront traités gratuitement. S*il y a quelque retard à cela , les voyageurs seront logés et nourris à nos frais dans des maisons du port, jusqu'à ce qu'ils puissent monter sur leur navire.
1 4" Par contre , il faut que les voyageurs s'engagent à se rendre, au terme fixé, à Brème, et qu'ils consentent à perdre leurs arrhes , s'ils manquent en cela. Dès que leur arrivée a Brème se sera effectuée suivant les conventions, ils seront tenus d'acquitter le solde du prix convenu de leur passage, et d'accomplir ainsi le contrat passé, que nous ne saurions rompre partiellement, ce que le voyageur ne pourrait non plus faire en abandonnant les arrhes qu'il aurait versés en nos mains.
1 5" Il est défendu dans l'entrc-pont du bâtiment de faire du feu, ainsi que de se charger d'allumeltesphosphoriques et de poudre a canon ; il est convenable que les voyageurs remettent au capitaine, pendant la traversée, les armes qu'ils portent avec eux.
16" Il est du devoir des émigrants de se conformer aux lois des pays qu'ils abordent et de satisfaire aux formalités qui ont rapport à l'émigration, ainsi que de no pas épuiser leurs ressources toutes à la fois.
17" Avis :
a) Il est nécessaire que les émigrants s'informent des départs dus niivires, qu'ils indiquent le temps où ils pour-
ront être sur les lieux , et qu'ils remettent les arrhes , aussitôt qu'ils seront fixés sur ces deux points. Ils auront à indiquer le nombre des personnes et les enfants au dessous de dix ans , dont se composent les familles ou toute une société. C'est sur ces renseignements que nous vaquerons au nécessaire et que nous donnerons des indications.
b) Il est urgent que les émigrants arrivent avec les moyens suffisants pour payer leur passage, parce que d'autres arrangements ne sauraient leur convenir aussi bien que celui-là.
c) On ne doit conseiller à aucune personne de se rendre sur les lieux de l'embarquement avant d'avoir pris toutes les informations nécessaires, afin de ne pas être obligée d'attendre inutilement et d'éviter des frais de séjour.
d) Le prix du passage pris à Brème est habituellement stipulé eri louis d'or de cinq écus , ou en florins d'Allemagne. En ce cas, on compte 5 écus en or pour 5 écus 16 bons gros de Prusse j dans l'autre cas, un écu de Prusse vaut 1 florin 45 kreulzers, et l'écu de 5 francs passe pour 2 florins 29 kreutzers.
e) Le lit que le voyageur est tenu de se procurer, se compose d'un matelas, d'un oreiller et d'une couverture en laine. Les deux premiers objets , faits en toile et rembourrés d'algues (de mer) , coûtent a Brème deux écus ( 8 francs), rembourrés de paille, ils coûtent demi-écu (2 francs) ; une couverture en laine coûte un écu (4 francs) ; les ustensiles nécessaires, en fer blanc, coûtent ensemble un écu ( 4 francs).
f) Il est convenable que les effets dont se servent, pendant le voyage, des familles, soient réunis dans une caisse moyenne, parce que celles qui ont une plus grande dimension, sont descendues à fond de cale.
Il est également convenable d'emballer les effets, non dans des barils, ce qui n'est pas autorisé, mais dans des
caisses pluLôi que dans des malles,, et; d'apposer une adresse sur chacune.
Nous nous chargeons de recevoir les colis d'avance, pour les emmagasiner jusqu'à Tarrivée du passager.
jf) Il y a des navires qui, outre Tenlre-ponl, ont des compartiments a Tusage des voyageurs ; ceux-ci pourront les occuper à 20 francs en sus du prix du passage, par personne.
h) Nous nous chargeons de faire assurer , pour risque de mer, toutes marchandises, des effets et des sommes d'argent î nous y apporterons la plus grande exactitude.
Enfin , nous nous prêterons à toutes les informations qui nous seront demandées par lettres affranchies.
Brème y 1851.
La maison de Hambourg qui soigne également des départs pour le Brésil , est M. le docteur jur. F. Schmidt.
On peut s'embarquer également à Marseille et à Gènes, mais jusqu'à présent^ ce seirvice n'est pas encore parfaUement régulier dans ces deux ports. (Les dernières nouvelles reçues de Gènes indiquent le taux, du passage à 225 fr. jusqu'à 275 fr.
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ElXquêtes officielles en suisse.
Comme l'émigration prend en Suisse, chaque année, un plus grand développement, les Gouvernements des Cantons, pleins de sollicitude pour leurs adioinistrés , qui songent à se rendre en Amérique, ont fait faire des enquêtes et provoqué des conférences en faveur des émigrants. Voici ce que nous trouvons à ce sujet dans le Journal de Genève ; comme nous le croyons au*isi important qu'utile, nous pensons bien faire en insérant cet article
parmi' les ni9tes de cette Publi<calixMi , ce sera «tu brait; d« lumière' ajouté à tous les autres.
COPIB :
« Nous avons dit qu'on s'occupe de nouveau de rémigration' en Amérique ; cl que, sur Tinvitation du» Gouvernement d'Argovie , une conférence a eu lieu a Berne pendant? la dernière session de TAssemblée fédérale , pour traiter celte importante question. Le Vateiiand donne quelques' renseignements sur les travaux de la conférence.
» Après avoir exposé que le Gouvernement d^'Argovie s*était adressé au Conseil fédéral pour qu'il prit Tafiaire en mains et fit en sorte qu'on établît au Havre, New- York et à la Nouvelle-Orléans , des agents suisses d'émigration, sous la surveillance des consuls de ces résidences , le président de la conférence développa les motifs qui ont déterminé SOU' Gouvernement à faire des démarches peur engager le plus grand nombre possible de Cantons à trai4er l'affaire en commun. Le but qu'il s'est proposé est de donner plus de poids à la démarche qu'il a faite, et, dans le ca« oii le Conseil fédéral ne pourrait se résoudre à prendre les mesures qu'on lui propose, de régler la chose par voie de concordai entre les gouvernements cantonaux.
» Dans l« cours de la discussion, on a fait ressortir que les émigrants avaient moins besoin d'un secours matériel que d'un appui efficace, qui doit également leur èlre donné à l'intérieur^ pour les mettre a l'abri des intrigues de quelques agents, et dès lors, il est nécessaire d'inviter l'autorité fédérale a prendre des mesures qui s'étendent à toute la Suisse j car l'appui dont les émigrants ont besoin ire peut émaner que de gens nommés par le pouvoir fédéral, et pouvant s'appuyer sur l'auborité de la Confédération.
» Le délégué d'Argovie, président de la conférence , a surtout fait remarquer que le travail, qui diminue chaque
jour, combine avec la maladie des pommes de terre , esl une cause du paupérisme, et, par conséquent, du besoin de chercher ailleurs un sort plus heureux. Depuis que la maladie des pommes de terre s*esl déclarée , le nombre des assistés a toujours été en augmentant, à tel point que TEtat esl obligé d'intervenir aujourd'hui dans cette grande calamité nationale. Le résultat de la conférence a été cette résolution , prise à l'unanimité , nous n'en doutons pas :
» Les délégués de la conférence donneront , aux gouvernements qu'ils représentent, connaissance du résultat de leurs délibérations , et les engageront à appuyer puissamment, par des demandes identiques, l'invitation que le Gouvernement d'Argovie a adressée au Conseil fédéral suisse , sous la date du premier juin dernier.
« Nous nourrissons avec plaisir l'espoir, ditle Vaterland, » dont nous abrégeons le compte rendu de la conférence , » nous nourrissons l'espoir que l'autorité fédérale ne re- » poussera pas ces vues philanthropiques, mais que, en » égard au nombre toujours croissant de nos compatriotes »> que la misère force de chercher un sort meilleur à » l'étranger, elles les appuiera de toutes ses forces. »
» D'un autre côté, le Conseil fédéral, pour prémunir les émigrants suisses en Amérique contre les nombreuses duperies auxquelles ils sont exposés de la part des rusés YakeeSy a adressé aux Gouvernements cantonaux un extrait du rapport du consul suisse à New-York, M. de Luze. Nous empruntons à ce rapport le passage suivant, qui peut donner aux personnes tentées d'aller outre-mer chercher la fortune, une idée des pièges contre lesquels elles doivent se mettre en garde.
a Les ressortissants suisses et autres , à leur arrivée à » New-York, sont essentiellement exposés à la cupidité » d'une classe de spéculateurs, qui, pour parvenir à » leurs fins, entretiennent des relations étendues aux » ramifications desquels les émigrants ne peuvent échap- » per qu'en usant d'une grande circonspection.
» Ce sont en général les comiiiissionnaires crexpédi- » leurs d'émigrants , on anglais forwarders, qui passent » avec les émigrants des accords pour leur transport dans » l'intérieur , et leur vendent a cet effet des billets de » chemins de fer et de bateaux à vapeur. Ces forwarders » ont des contrats avec ces entreprises dont ils obtiennent » une remise de prix. S*ils se contentaient d'un bénéfice » raisonnable ; il n'y aurait rien à dire ; mais loin de là, » profitant de Tinexpérience des émigrants qui ne con- » naissent ni les tarifs ni la langue du pays, ils cherchent » a placer les billets au plus haut prix possible, et les » font payer de 2 3 dollars de trop par personne , ce qui, » pour une nombreuse famille , fait une différence de prix » assez notable. Il arrive fréquemment aussi que des » forwarders reçoivent Targent des émigrants dont les » billets ne valent plus rien , après qu'ils ont fait la moitié » du voyage à Tintérieur.
» Les forwarders ont à leur service des espèces de » courtiers, dits runners, qui, pour un salaire mensuel , » leur amènent des émigrants et reçoivent en outre une » commission de tant par tète , appelée kopfgeld. Les » runners pénètrent dans les navires, et cherchent à ob- » tenir la confiance des émigrants,
» Les aubergistes qui amènent des émigrants dans les » bureaux des forwarders, touchent aussi un kopfgeld.
» Ce n'est pas tout encore , il y a à New-York des for- » warders qui , par l'intermédiaire d'agents subalternes, » en Europe et même en Suisse , trouvent moyen de cir- » convenir les émigrants en leur faisant signer des accords *> et payer des à-comptes pour leur voyage dans Tinté- » rieur. »>
» Dans le but de prévenir de pareils abus et acles de fourberie, contre lesquelles les lois du pays n'assurent aucune protection suflRsante, le consul suisse , à New- York, fait aux émigrants les recommandations suivantes.
« 4" De faire leurs accords pour le voyage dans rinté- « rieur du pays , depuis New-Yonk , seulement après leur >» arrivée dans cette place, et jamais on Europe.
» 2** De ne jamais faire un accord à New-YorL pour leur 1» route dans l'intérieur,' sans étrevienus auparavant au « bureau du consulat suisse à New- York, ohez M. le » consul 'L.*P. de Luze, n*^ 43, New-Street, ou au bu- » 'reau de M. Auguste Gerber , président de la société 1» suisse de bienfaisance , n° 8 , >Cesdr-Street , où ils tf ou- *» veront proleotion et conseils.
» 3^ De bien faite attention à l'indication des noms sur » la porte desdits bureaux, pour éviter d'être conduits -o dans de faux bureaux par les rusés runners. »
^» A cette occasion , le consulat suisse recommande aux émigrants4e nepas s'e^nbarquer à :Liverpool , tout comme de prendre aussi rarement que possible la route de la Nouvelle-Orléans, attendu que durant la traversée depuis Xiverpool, les Suisses sont exposés à de mauvais traitements , et que les fièvres régnent à la Nouvelle'Orléans.
» Amsterdam , Rotterdam, Anvers, Hemixmrg, Brème, et en première ligne, le Havre, sont les places d*embarquement auxquelles on doit donner la préféron^ce. »