‹ Le Brésil en 1852 et sa colonisation future, notice écrite sur des documents communiqués par leChapitre 21 sur 27 · PUBLICATIONS ALLEMANDES · texte numérisé non relu

PUBLICATIONS ALLEMANDES

Parmi les nombreuses publications qui sefonten Alle- .magne, sur l'émigration en Amérique, Me distin^ent entr'autres, de la manière la plus avantageuse, desTeailles 'écrites parM. le docteur F. Schmidt de Hambourg, portant lie titre : L'Emigration régularisée au Brésil ,^es premières et hrillantes suites. Ces feuilles, à portée de chacun, renferment en effet d'importanies directions, des conseils

exceUerrts, des renseignements indispensables et Taffirmalion de îaîls constatés , bien propi-csh éclnirer, à conduire ceux qui se rendent au Brésil. Nous nous faisons un devoir d'extraire de ces feuilles ce que 'leur auteur signale aux émigrants , comme pouvant leur être utile avant le départ y pendant la trœcersée et après Varrivée au Brésil.

AVANT IiS BÉPART.

Annonçons qu'il est utile de conserver, d'emporter tous les objets bons et pouvant encore senvir, surtout s'ils réclament peu de place, spécialement les vêtements de toile, les ustensiles de cuisine , les couvertures de laine et de coton , lesintatelas, les outils aratoires. En fait de vêtement chaud, une veste de. drap bleu sulUt ; là bas cet habit est le costume du dimanche pour le cultivateur. Les habillements d'été servent pour les jours ouvriers j cependant, il est bien queil-un d'eux soit doublé de futaine. Ordinairement la chemise et les pantalons suffisent pour le travail, ils devront être fixés au corps par une ceinture de cuir. Le chapeau fiera de paille et à larges bords. Les chaussettes les plus convenables sont celles de fil , qui avec la chemise de coton conviennent le mieux pour le climat ; néanmoins, ceux qui possèdent une provision suffisante de chemises de lin, ne doivent pas les repousser, mais ils auront la précaution de se pourvoir de quelques camisoles de coton pour se garer desi refroidissements.

Une petite provision de bons souliers est également désirable, parce qu'au Brésil ils ne «ont guère bons ^ mais chers. :Ils ine faut non plus manquer de chaussettes de laine et de coton , ni de mouchoirs de col et de poche. >La ménagère fera très- bien aussi d'emporter avec elle le nécessaire pour ravauder et pour tricoter, ne fut-ce déjà que pour atténuer l'ennui du voyage. 'Que les ménagères em-

portent bien des effets d'été^ dont le moindre eM de bon service sur le vaisseau , où tout se détruit facilement* Quant aux objets de lit, tels que draps de Bl, couvertes de coton , matelas de crin , ils sont utiles. Si les derniers sont de crin végétal usé , on peut le remplacer avec des feuilles de maïs. Les lits de plumes ou couettes ne valent rien. Des vases à cuire ou de table, s'ils sont en bon état, ne doivent pas ^(re laissés en Europe. Des aiguilles, da fil, des ciseaux, des boutons, des crochets, des bondes, des vcrgetles, des peignes, des miroirs, ne sauraient être négligés ; quelques poires h poudre et à grenaille seront emportées par les émigranls^ toutefois , pour la sftreté du navire, on peut laisser la poudre , parce qa*on peut s'en procurer au Brésil venant d'Angleterre. Des outils UBUfh et pour l'agriculture sont d'une précieuse utilité, seulement il faut laisser on arrière les manches. Ceux qui pourront se procurer des graines de jardin, même de prairie, feront bien d'en emporter avec eux, ainsi que des livres pour l'éducation de leurs enfants , puis pour la dévotion et rédification des personnes faites. Tous ces objets renfermés dans des caisses bien conditionnéeif, longues de deux pieds, profondes d'un pied et demi et d'une même largeur, forme propre a être chargée h dos de mulet.

Le devoir de chaque émigrant, s'il survientdu désordre durant le trajet, est de se mettre d la disposition du capitaine du navire et de lui prêter main-forte. Dans le but de conserver avec le capitaine un convenable échange de procédés, il est nécessaire que la Société qui occupe le vaisseau soit représentée auprès du patron par les conducteurs qii*eile se sera choisis et qui demeureront ainsi des intermédiaires réguliers entre e le et lui. La paix et l'ordre, une conduite

amicale et bienveillante des émigranls enlr*eux sont indispensables dans les voyages de mer, durant lesquels l'espace restreint, Tabsence d'occupation et l'ennui qui en résulte, offrent maintes occasions d'introduire du désaccord dans les esprits. C'est donc ici qu'une mutuelle indulgence doit pleinement régner et que le support chrétien se recommande dans une abondante mesure.

L'ordonnance, en ce qui concerne les repas, doit émaner du capitaine dont les prescriptions tendent toujours à la régularité.

Il est indispensable que , chaque matin , l'entrepont soit balayé et lavé, en sorte que les voyageurs, dans leur propre intérêt, ne sauraient apporter d'obstacle a ce travail , ni chercher eux-mêmes a se soustraire à celte œuvre. Ils doivent donc se lever à une heure convenable et faire leur lit, avant que commence le nettoiement général. Quant aux repas, on forme des réunions de seize à vingt personnes. Ces associations, en terme d'équipage, se noxnmo.ni back. Chaque back reçoit un numéro d'ordre. Chacun des membres de ces réunions (les femmes exceptées) est nommé maître-back, à tour de rôle, pour faire le service. Donc chaque soir, le maître-back retire du pilote sa ration de bœuf ou de lard; il y attache le numéro de son back, puis il remet cette viande au cuisinier des passagers , qui l'apprête pendant la nuit. Le lendemain, à midi, le maître back retire sa viande numérotée et l'apporte à sa division a l'entrepont î il en est de même des légumes. Le repas étant achevé, le mattre-back doit surveiller à ce que chacun de ses passagers approprie lui-même ses ustensiles et les réduise. Les farines, légumes et autres analogues sont ordinairement retirés par le cuisinier des passagers lui-même , qui , les ayant cuits , remet à chaque mattreback la portion qui lui en revient. Le maître-back reçoit aussi le pain et le beurre pour toute la semaine, et il les distribue à son tour aux membres de sa division \ chaque

passager en prend soin lui-même , s^il le désire. Chacune des divisions doit avoir une grande iheyère d*é(din, dans laquelle on va retirer chaque matin et chaque soir celle infusion ou du café , auprès du cuisinier , pour toute la compagnie, parce qu'il y aurait un trop grand déiail, s'il fallait remettre séparément la portion de chacun , particulièrement par les mauvais temps.

Chaque division choisit ordinairement les plas âgés dt ses membres pour découper et partager les mel« ; ceux-ci président à Tordre et aux bons procédés entre les membres de l'association. Ils reçoivent aussi les plaintes fondées , pour les transmettre au capitaine, qui les atténue autant que possible.

Aucun passager n^a le droit de s'introduire dans la cuisine pour y préparer quelque chose de spécial, sans quoi il serait impossible au cuisinier d'accomplir ses fonctions.

Chaque division, pour demeurer toujours réunie, doit faire en sorte que ses places à coucher soient rapprochées les unes des autres.

Il n'est permis h aucun passager d'entraver jamais le service du bâtiment, de quelle manière que ce soit; pendant la manœuvre, aucune conversation ne doit avoir lieu avec réquipage.

Il est interdit de fumer dans l'entrepont, pour éviter le danger du feu ; cette défense n'est pas aussi restreinte sur le pont, mais encore ici les précautions sont-elles forte* ment exigées et doivent-elles être sévèrement observées ; l'autorisation n'est accordée qu'avec des pipes recouvertes. Si les passagers emportent des armes , elles doivent être remises à la garde du capitaine durant toute la traversée.

Pendant les premiers jours de la navigation, les passagers ne sauraient s'attendre que toutes choses auront un cours bien régulier, d'autant plus que les maux de mer commencent de régner, maux qu'il faut surtout combattre

par uue grande sérénité d*esprit. Après quelques jours, ces maux prennent ordinairement fin ; lorsqu'ils ont cessé, Tappétil revient, et avec lui la gaieté. En vue de ces indispositions passagères, Témigrant ne doit point laisser faiblir son courage, mais contribuer au coniraire de tout son pouvoir à ce que la société conserve de la bonne humeur. C'est aussi dans cette intention que le soir, lorsque tout ce qu'exige la manœuvre est en ordre, surtout lorsque le vent et le temps le permettent, le capitaine autorise les chants jusqu'à une heure limitée.

Si au milieu des vivres abondants, qui sont distribués aux passagers de l'entrepont, il se trouve des personnes qui ne consomment pas en totalité leur portion , il leur est sévèrement interdit d'anéantir ce surplus d'aliments , non plus de le jeter à la mer ; mais il est du devoir des inspecteurs, comme du mattre-back, de surveiller h ce que ces reliquats soient soigneusement redonnés au cuisinier des passagers. Si parmi les livraisons il est un article qui surabonde, on peut, suivant la circonstance et à la suite d'un convenu avec le représentant de la division, le réduire à une proportion convenable. Le pain se conserve bien, et s'il n'est pas volontairement émietté, il peut toujours être mis en réserve. 11 est constamment de la plus haute importance de prévenir toute dissipation.

Ensuite de ce qui précède, il est indispensable que toute personne qui se propose de faire une longue traversée de mer possède du courage et de la santé, parce que le séjour d'un navire est généralement ennuyeux et qu'au début de l'embarquement on éprouve des incommodités ; jusqu'à ce qu'on se soit fait à cette nouvelle manière de vivre.

11 est indispensable aussi de se pourvoir de linge «t-de vêtements chauds j il faut en avoir suffisamment, afin de pouvoir en changer lorsqu'on a été mouillé parla pluie ou par l'eau de la mer, ce qui arrive quelquefois. Ceci a lieu

pnrticulieremciU lors du dépari pour le Brésil , et aussi lon(4lemps que l'on demeure dans les parages de TEurope, où l'on a à combatlre avec une atmosphère froide et humide ; plus lard, des vèlemenls légers deviennent nécessaires. Que Ton soit coiffé d'une casquette ou d'un chapeau de paille, il faut qu'ils puissent être assujettis, afin que le vent ne les enlève pas de la tète. Dans les latitudes sud, les souliers valent mieux que les bottes et les vestes que les manteaux.

Beaucoup de moyens sont indiqués pour atténuer le mal de mer, mais bien peu atteignent le but. Un bon estomac, une tête peu disposée aux vertiges, sont les meilleurs antidotes. Ceux qui sont le plus atteints de ce mal doivent, par préférence, se tenir sur le pont, plutôt que dans l'intérieur du navire ; ceci dépend aussi de la position de l'atmosphère ou des prescriptions du capitaine ; ensuite deux ou quatre gouttes de cocculus-tinctur aident souvent eflicacement.

Avant de monter tel navire, il est utile de s'enquérir si tous les passagers sont bien portants y tout au moins qu'ils ne soient pas atteints de maux contagieux , et si plus tard un semblable mal vient a paraître, on doit en informer tout de suite le capitaine, afin qu'il sépare immédiatement le ou les malades des bien portants.

La propreté est encore plus nécessaire dans un navire que sur terre. Celle-ci s'entretient par le continuel mouvement sur le pont. Il est indispensable de changer de linge aussi souvent que cela est nécessaire, de se laverie visage et de se rincer régulièrement la bouche et les dents, de se tenir le ventre libre. Pour ceci, se servir de pillulae aperimtes y ou d'huile de castor, ohum ricinij mais plus particulièrement de manger du fruit cuit et de boire de l'eau pure.

APRES IiE BÉBAaÇUSMENT.

Ceux qui arriveront à destination apprendront ce qu'ils doivent observer avec soin , quels sont les aliments les plus sains et les plus appropriés au climat. Comme dans les pays chauds, on est plus ou moins altéré; Tattention la plus grande, doit surtout être dirigée, h ne boire que de l'eau bonne et pure, en sorte que, dans aucun cas, on ne doit s'épargner la peine d'aller la puiser, même a un certain cloignement, pour l'obtenir telle; elle ne doit avoir aucune couleur ni saveur étrangère; il faut la repousser, si elle a un goût de lerre ou de plantes. Il faut également se tenir en garde contre une continuelle boisson d'eau pure, un léger mélange de liqueur la bonifie encore; mais on ne sffurait assez sérieusement exhorter chacun à ne pas boire trop fréquemment, ainsi que cela a lieu au Brésil, surtout d'une certaine liqueur nommée cachaça.

On doit donner la préférence à la viande fraîche, sans pour cela interdire absolument la viande et le lard salés. Les bassecours fournissent un abondant nécessaire. Mais quoique l'on mange, une recommandation hautement importante est de ne se jamais surcharger l'estomac et particulièrement le soir. S'abstenir spécialement de tout fruit aqueux , comme par exemple de melon , qui donne facile^ ment la dyssenterie. Il est important aussi de se précautionner contre les refroidissements , que procurent trèssouvent les transitions de température, surtout au passage du jour à la nuit, et qui ne sont pas légères. Les personnes qui suivront ces règles et qui s'adonneront sérieusement a la lempérance, se placeront a l'abri de la plupart des maladies qui atteignent grand nombre d'imprévoyants. En toute chose, celui qui garde un juste milieu se prépare une heureuse existence.

Le IJrcsil, comme tous les pnys chauds, a son fléau (rinsectes cl de vermine, qui surtout attaquent les élrangers ; disons toutefois que ce mal est loin d'être aussi mauvais que rimaginntion se platt de le représenter ; en eftet, celui qui n'habite ni les parties basses des cAtes , ni les rives des fleuves, doit peu s'en inquiéter. Dans les parties élevées, les insectes qui piquent sont en petit nombre ou n'existent pas du fout. On a en général h cet égard beaucoup moins h souffrir dans les provinces du sud du Brésil qu'aux Etats-Unis, où les insectes existent par légions et se montrent même au Canada. Partout où r^gne la malpropreté pullule la vermine , mais avec des soins et des précautions on parvient h s'en délivrer. Il est surfout un puceron, h peine visible , qui s'introduit vers la peau des pieds et dépose dans la blessure qu'il y fait un grand nombre d'œufs ; leur enveloppe finit par atteindre la grosseur d'un pois. Ce n'est guère que quand elle a acquis une certaine grosseur qu'on l'aperçoit; on l'extirpe alors avec une aiguille sans en éprouver la plus légère douleur; mais il faut avoir la précaution d'introduire dans la plaie un peu de tabac à priser, ou simplement de cendre de tabac. Les personnes qui vont ii pieds déchaussés doivent invariablement se prescrire la précaution de se laver chaque soir avec de l'eau de savon tiède et aussi de visiter leurs enfants, afin de s'assurer qu'il n'existe rien h extirper, pour que des ulcères ne soient point le résultat d'une insouciante néglig(5nce. Le meilleur préservatif est une bonne chaussure. Disons enfin que ce mal ne doit pas être bien sérieux, puisque dans tout le pays les gens, pour la plupart, marchent h pieds nus.

Encore un ennemi des gens et des animaux au Brésil est la tique carapalos ^ qui , dans l'herbe et les feuilles sèches, vit on sociélé et sont réunis par centaines. Ces insectes cherchent tout ce (jui a du sang Lorsqu'ils s'attachent, il ne faut pas h'.s arracher, parce qu'alors leur trompe demeure

dans la chair et peul causer un ulcère. Mieux vaut laisser la tique sucer tranquillement, puis laveries corps auxquels ces animaux se sont attachés, avec une forte décoction de feuilles de tabac , ou bien frictionner avec de Tonguent nicrcuriel, ou enfin avec des substances grasses et huileuses. Là où il n'y en a eu que quelques-unes, la friction d'une prise de tabac suffit. Chez les animaux et particulièrement pour la race bovine et les chevaux, on emploie l'étrille et on lave avec de l'eau de goudron ou une décoction de tabac. Mais il est des années où les tiques apparaissent en si grand nombre, qu'avec de grands troupeaux on peut à peine s'en rendre maître.

La graine pulvérisée de quelques plantes, telles que des nu-x vomica, del phinium, staphis j etc , donnent la mort à ces insectes.

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