INTRODUCTION. XVII
B'êlèvent à rheuro actuelle à plus de 570 millions, et offrent une plus-value de près de deux fois et demie.
Toutes les branches de l'administration ont contribué à ces heureux résultats.
Les douanes, qui produisaient 200 millions en 18G7, fournissent aujourd'hui près de 300 millions de francs.
Les postes ont vu leur recette monter de 2 millions et demi à 5 millions.
Les télégraphes, qui donnaient à peine 73.000 francs, rendent aujourd'hui 6 millions.
En 1867, nous n'avions que 683 kilomètres de voies ferrées. — Nous en avons maintenant près de 10 mille.
Alors, le Brésil était isolé du monde. — Aujourd'hui, des fils terrestres et des câbles sous-marins le relient aux deux Amériques, à l'Europe, au monde. Il peut correspondre avec l'Univers.
Le téléphone a pénétré jusque dans F Amazonie, et les tramways sillonnent les rues de toutes nos grandes villes.
Notre commerce et nos rapports de toute nature ont bénélicié de tous ces progrès, de tous ces instruments de communication rapide.
Le commerce extérieur du Brésil était estimé, en 1867, à 900 millions. Il dépasse 1 milliard un quart.
Le développement de la navigation au long cours a été parallèle à cet essor commercial.
En 1867, le nombre des navires au long cours et de grand cabotage, entrés et sortis, était de 12.500, jaugeant ensemble moins de ï millions de tonneaux. — En 1887, ce mouvement maritime est représenté par 15.000 navires, jaugeant ensemble 10 millions de tonneaux, c'est-à-dire le triple.
Un autre grand agent commercial, la Banque de crédit et d'escompte, s'est développé avec des capitaux considérables.
Éd 1867, on comptait six banques à Rio-de-Janeiro et onze dans les provinces. — Aujourd'hui, les deux seules places de Jlio et de San-Paulo en ont autant que tout le Brésil d'alors.
Et partout on constate le môme progrès, incessant, sérieux, profond, dans les arts, les lettres, les sciences, comme dans l'agriculture, l'industrie et le commerce, -- dans la politique môme et dans l'administration, comme dans l'économie sociale et dans les connaissances humaines.
Le Brésil est en travail, et l'œuvre se poursuit sans bruit, sans réclame. Il fuit les exagérations intéressées et se garde des annonces mensongères. Il compte sur le temps et sur la sagesse des hommes pour être apprécié comme il le mérite.
C'est à peine s'il nous a été permis d'enregistrer ici quelques généralités sur ses progrès récents, et dresser l'inventaire de ce qui a été fait dans ces dernières années. C'est à l'œuvre seulement que l'on doit connaître l'ouvrier. Nous espérons, cependant, que de tout ce qu'on va lire il résultera la conviction pour tous que le Brésil a beaucoup travaillé depuis vingt-cinq ans, qu'il s'est élevé peu à peu, sans secousses violentes et aussi sans orgueilleux transports de triomphe, et qu'il peut aspirer à de hautes destinées. Ces destinées, il les atteindra sûrement s'il persiste dans la même voie.
Nous avons fait beaucoup déjà; il nous reste encore plus â faire. Il nous est impossible de nous arrêter sans compromettre tout ce qui a été tenté jusqu'ici.
En avant donc \ Et pour le progrès !
Débarrassé de la plaie séculaire qui le rongeait, le Brésil s'avance d'un pas ferme et décidé à la conquête de toutes les nouveautés. Sans doute il porte encore au flanc les traces de la vieille cicatrice noire ; mais, en disant à l'Europe qui lui avait légué cette infirmité peut-ôtre nécessaire : Vide latus! il peut