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III. — Le sud delà province de San-Paulo et les provinces de

Paranâ, Santa-Catharina et Rio-Grande-du-Sud constituent la troisième grande division du Brésil. Ce climat est un, des plus beaux qui soient au monde. La température y est 1res douce, et la moyenne s'y conserve toujours au-dessous de .20°. Les froids peu intenses qui se produisent pendant le mois de juillet sont aussi favorables à la saule dos Européens qu'au développement de toutes les cultures de l'Ancien Monde. Aussi ces provinces ont-elles été, avec celle de San-Paulo, presque exclusivement choisies par les émigrants européens.

La saison des pluies diffère beaucoup de celle des autres régions de l'empire ; bien que les observations qu'on possède n'embrassent pas une période suffisante pour faire connaître avec certitude les époques annuelles des pluies, on peut affirmer qu'elles dominent pendant l'automne ou l'hiver, dans la majeure partie de cette zone. Du reste, à mesure que l'on s'éloigne de l'équateur, la transition entre la saison sèche et la saison humide devient moins distincte, tandis que l'amplitude de la variation de température, pendant les différents mois, augmente constamment.

D'après 4 années d'observations faites à Joinville (26°17' latitude sud) dans le sud du littoral de la province de Santa- Catharina, la saison des pluies comprendrait le printemps et l'été, tout comme dans la zone continentale, à Cu}rabâ par exemple. Deux années d'observations ont fourni comme quantité de pluie annuelle 228 centimètres, ce qui paraît trop considérable.

Sur les hauts plateaux, à Lages (27° 43' latitude sud et 987 mètres d'altitude), les pluies se produisent en hiver, ainsi qu'il semble résulter de la courte description que le docteur Avé-Lallemant nous a laissée de ce climat pendant le mois de juin : « En m'éveillant le matin (à Lages) les carreaux des fenêtres étaient recouverts de glace, les étangs étaient gelés et les champs couverts de givre. » — Les orages se manifestent même pendant cette période de froid : « En m'éveillant le matin, écrit encore M. Avé-Lallemant, le tonnerre se faisait entendre avec des roulements prolongés au-dessus des eu -'iMos, et une pluie fine tombait d'un ciel gris et monotone. »

Suivant le même auteur, la grande chute de neige qui se produisit dans le municipe de Lages, du 2G au 30 juillet 1858, coûta la vie à plus de 30.000 tètes de bétail. Quand il traversa la Serra-do-Mar, au mois d'août, depuis Joinville jusqu'aux campos

de Paranâ, il ne se pas3a pas un seul jour sans orage on pluie, et surtout pendant la nuit.

A Coritiba (25027' de latitude sud et 900 mètres d'altitude)

ainsi que sur les hauts plateaux de Paranâ, il neige fréquemment pendant l'hiver. Suivant Schultz, les pluies dominent en hiver dans toute la province de Rio-Grande-du-Sud, au sud de luSerrado-Espigaô ;2T'-V de latitude). Mais des pluies fréquentes et prolongées commencent souvent en mai (automne) et produisent des crues. Le vent du sad-ouest, qu'on dénomine minuano, amène fréquemment des pluies occasionnelles, avec baisse de température.

A Palmeira (27°45' sud et 580 mètres d'altitude), il tomba pendant le mois d'août 1879 de 5 à 6 centimètres de neige ; en même temps il y en eut 10 centimètres à Passo-Fundo (28°28' sud) et jusqu'à l'énorme quantité de 80 centimètres à Vaccaria (28033'). Plus au sud, à San-Leopoldo et à Santa-Cruz, il neige quelquefois à 100 mètres d'altitude. Dans la ville de Rio-Grande, il en est tombé, pendant la nuit du 9 au 10 août 1885, une épaisseur de 7 centimètres, ainsi que 12 centimètres à Bagé, et 22 centimètres à Cassimbinhas. La grêle est, paraît-il, assez fréquente, surtout pendant l'été.

La quantité annuelle de pluie qui tombe à Bio-Grande (32°6' de latitude sud), ville de cette province, est assez faible. Les observations de M. Loppo Netto, ingénieur du port, donnent 911mm,6, dont le maximum se produit nettement pendant les mois d'automne, d'hiver et de printemps. Pendant les mois d'été, il en tombe fort peu, 177 millimètres; tandis que les autres saisons donnent : automne, 230 millimètres; hiver, 269 millimètres et printemps 235 millimètres. Les nombres de jours de pluie de chaque mois diffèrent peu, ce qui indique que les pluies d'été sont passagères, au lieu que celles d'hiver durent souvent plusieurs jours.

La période de 1877 à 1885 a fourni une température moyenne annuelle de 18°8, avec un maximum absolu de 32°4, arrivé pendant le mois de janvier 1884, et un minimum de + 1°0, en juin 1885. Les vents qui soufflent dans cette localité sont extrêmement variables, et viennent de toutes les directions ; on peut toutefois noter une certaine prépondérance des vents d'est-nord-est, -est et sud-ouest.

Les quelques données climatologiques que l'on possède sur les autres stations de la région tempérée douce du Brésil, ont et

recueillies dans l'ouvrage du docteur Lange Sud-Brasilien, dont nous les extrayerons.

La ville de Coritiba, capitale de la province de Parana, est située par 25°27' de latitude sud et une altitude de 900 mètres. Des observations faites par M. Keller lui attribuent une température moyenne de 19°92, avec des extrêmes de — 4°4 et 37°8.

kJoinville, par 26°19', le docteur 0. Dorfell a trouvé 20°G et une oscillation comprise entre 4°0 et 33°0.

La colonie allemande de Nova-Petropolis, située dans la province de Santa-Catharina, a une température de 19°1, avec des températures extrêmes de 2G°8 en décembre, et o°9 en juin. '

Le docteur Blumenau, fondateur de la colonie qui porte son nom (26°55' sud), y a fait des observations pendant de nombreuses années. La température moyenne est relativement élevée. Les températures extrêmes habituelles sont 31°0 et 8°0. On compte par an 113 jours de pluie et 41 jours d'orages. La pluie tombe d'une façon irrégulière à peu près pendant toute Tannée, au lieu que les orages sont localisés, surtout pendant les mois de novembre à mars.

Les observations faites par M. Beschoren à Passo-Fundo (28°28' sud et altitude 628 mètres) pendant l'année 1881, donnent une température de 17°1, avec des extrêmes de 34°4 et 0°0.

Le village de Taquâra, au confluent du rio Santa-Maria et du rio des Sinos, présente, suivant M. Lange, une température moyenne de 18°7, ainsi distribuée : été, 23°7 ; automne, 19°4 ; hiver, 14°1 ; printemps, 17°8, avec 113 jours de pluie distribués à fort peu près également sur toute Tannée.

Sunla-Cruz. par 29°451 sud, donne une température annuelle de 19°2 avec 30° comme maximum et 0° comme température minimum absolue. On y compte 115 jours de pluie contre Ï203 de beau temps.

La ville de Pelotas est une localité importante de la province de Rio-Grande ; elle est située à 31046' de latitude sud. La température moyenne est de 17°2. Le mois le plus chaud est janvier avec 24°4 et le plus frais juin. La température la plus basse observée pendant ce mois est — 0°5 et pendant le mois de juillet -+- 0°2. La température la plus élevée, 37°5, est arrivée au mois de janvier. On compte 33 jours d'orages et 83 de pluie. Le régime des vents est très variable, et on ne saurait guère y noter de vent périodique.

Vents dominants sur les côtes du Brésil. — Les vents alises de l'Atlantique Sud paraissent se mouvoir en spirale divergente autour d'un centre qui se mouvrait lui-même dans le triangle formé par les îles de Sainte-Hélène, Tristan-da-Cunha, et Trinidade, suivant la saison de Tannée.

Ce centre est formé par une aire de haute pression, d'où les vents divergent en exécutant une révolution, en sens opposé à celui de la rotation des tempêtes, sous la même latitude, c'està-dire en tournant dans le sens contraire des aiguilles d'une montre.

Au mois de janvier, ce centre se trouve à peu près à moitié chemin entre Tristan-da-Cunha et Sainte-Hélène ; et les vents qui soufflent au nord de sa position vont jusqu'à l'équateur avec la direction sud-est. A mesure que l'on s'approche du Brésil, cette direction change peu à peu, en passant par l'est autour de Bahia, par le nord-est près de Rio, et par le nord à la latitude de l'estuaire du Rio de la Plata. On dénomine ces vents: alises du sud-est et du nord-est, suivant la direction d'où ils viennent, et qui ne varie que peu durant toute l'année. Pendant les mois de forte chaleur, les alises du sud-est s'arrêtent à l'équateur, mais pendant les mois de juin, juillet, août, septembre, ils pénètrent dans l'hémisphère nord jusqu'au delà du 10e parallèle.

Pendant cette saison, le centre de haute pression, qui leur donne naissance, s'est déplacé du côté du Brésil et se trouve alors à peu près à mi-distance entre Trinidade et Tristan-da- Cunha.

A Rio-de-Janeiro, on note, comme nous l'avons vu, deux vents dominants : le sud-sud-est pendant l'été, et le nordnord-ouest pendant l'hiver ; tandis que, au large et sous la même latitude, le vent vient de l'est. La raison de cette apparente divergence provient de ce qu'à Rio, la brise journalière périodique est très-puissante, et que le vent qu'on y observe est la résultante de cette brise et de l'alise du large. La brise de mer qui souffle tous les jours, mais dont l'intensité varie fortement avec la déclinaison du soleil, devrait venir normalement à la direction de la côte, c'est-à-dire du sud ; mais comme l'alise souffle du nord-nord-est, il en provient un vent qui souffle suivant la résultante géométrique des deux composantes; cette direction peut varier elle-même suivant l'intensité des deux vents primordiaux.

Quand, après le coucher du soleil, la brise de terre se lève, comme sa direction est presque opposé à celle de l'alise, il en résulte des calmes ou des vents qui peuvent prendre une direction très oblique relativement à celle des composantes ; et, comme celles-ci sont à peu près opposées, la résultante doit en être très faible, comme le démontre l'observation journalière qui donne des vitesses de 10 à 12 mètres par seconde pour le sudsud-cst, contre 2 ou 3 mètres pour le vent de terre.

Les orages sont fréquents sur la côte du Brésil et sont accompagnés d'un grand développement d'électricité. Heureusement ils sont à peu près inoffensifs, et les vrais cyclones y sont aussi rares qu'ils sont communs à la latitude correspondante de l'hémisphère nord.

Toutefois il existe dans le sud des vents dangereux, qui sont bien connus sous le nom de pamperos, et qui ont été décrits depuis longtemps par l'amiral Fitzroy. Ces vents, qui, comme leur nom l'indique, viennent des Pampas ou plaines des districts delà Plata, qui ont des milliers de kilomètres carrés, sont précédés par de fortes chaleurs, par des vents modérés et variables, par des éclairs et quelquefois par l'arrivée de bandes d'insectes. Des nuages se massent dans le sud-ouest, et deviennent chaque fois plus denses, en même temps que le tonnerre se t'ait continuellement entendre au loin. Le vent souffle alors avec furie du sud-ouest, et dure ainsi quelquefois pendant plusieurs jours.

Un autre genre de vent qui est plus rare, mais aussi plus dangereux, c'estle sud-est qui souffle quelquefois en tempête et jette alors les navires à la cote qui, dans cette région, n'offre que peu de ports et encore ces ports sont-ils d'accès difficile.

Gomme conclusion, on peut dire que le Brésil présente à l'Européen : une zone chaude qui ne lui est pas très propice; une seconde zone, où, avec une hygiène bien entendue, il peut facilement s'adapter; et une treizième zone où il n'a besoin d'aucune acclimatation, car il y trouve le plus beau et le plus sain des climats.

Cette dernière partie comprend toute la zone tempérée douce, ainsi que les hauts plateaux de San-Paulo, de Minas-Geraes et de Rio-dc-Janciro.

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