CHAPITRE IV
Par M. HENRI GORCEIX
Le Brésil, depuis le dix-septième siècle, a toujours été connu comme l'un des pays producteurs des deux matières les plus précieuses : l'or et le diamant. Pendant près de deux siècles, il n'a pas cessé d'en exporter des quantités considérables. La découverte de l'or coïncide presque avec celle du pays, et c'est à la recherche de ce métal qu'on doit l'exploration d'une grande partie de ce vaste empire par des aventuriers qui ont parcouru bien des régions encore aujourd'hui incomplètement connues, et dont les richesses, à peine entrevues par eux et indiquées dans leurs routiers, sont passées à l'état de légendes. Mais si les mines d'or et de diamants, auxquelles cette partie du Nouveau Monde doit sa réputation de richesse, sont jusqu'à présent les seules qui aient donné lieu à de grandes exploitations, il en est, comme celles du fer, dont l'importance est peut-être plus grande encore pour le pays, et d'autres dont la découverte s'effectue tous les jours à mesure que le sol est mieux connu.
Les substances minérales dont on connaît au Brésil, avec certitude, des gisements exploitables ou exploités, sont : le diamant, l'or, le fer, le cuivre, le manganèse, le plomb argentifère ; les pierres précieuses colorées : améthystes, topazes, cymophanes, béryls, grenats, tourmalines, quartz et agate; le mica; les pierres
1. Directeur de l'École des Mines d'Ouro-Preto, Chevalier de la Légion d'honneur, ancien élève de l'École Normale Supérieure de Paris, agrégé de l'Université de France, lauréat de l'Institut de Franee.
ollaires, les marbres, L'amiante ; les combustibles minéraux, le schiste bitumineux, le graphite, le salpêtre.
Seuls l'or, le diamant, les pierres colorées, le quartz, l'agate et le mica donnent lieu à un commerce d'exportation.
Je ne m'occuperai avec détails que des mines en exploitation. Toutefois, avant de jeter un coup d'œil rapide sur les ressources que le sol du Brésil offre à l'industrie extractive et à la métallurgie, je tiens à rappeler en quelques lignes les grands traits de l'orographie et de la géologie du Brésil, tels qu'ils ont été fixés par le savant géologue Derby dans deux petites cartes, l'une hypsométrique, l'autre géologique, qui accompagnent les notices publiées par lui sur ce sujet clans le Traité de Géographie de Wappaeus, et qui sont reproduites ici.
Le vaste plateau qui constitue la plus grande partie du pays est séparé de la côte par une grande chaîne de montagnes qui s'en écarte plus ou moins au nord et au sud. Ce plateau peut bien même être divisé en une série de plaines élevées, séparées par de profondes dépressions de peu de longueur. Sur la cote, depuis le cap San-Roque jusqu'à la province de Rio-Grande-du- Sud et pénétrant longuement dans l'intérieur, domine une puissante formation de roches sans fossiles appartenant à la série la plus ancienne de terrains géologiques: gneiss granitiques, micaschistes, amphibolitoschistes et tout un groupe de roches métamorphiques, schistes micacés, quartz micacés, chistes chloriteux, argileux, itabirites. — Ces derniers, formés essentiellement de quartz et d'oligiste, se transforment souvent, par la disparition presque complète du premier de ces minéraux, en puissantes couches de minerais de fer d'une grande pureté. On y rencontre fréquemment des couches de calcaire cristallin, fournissant ou de la pierre à chaux d'excellente qualité ou des marbres blancs et de couleurs variées, très propres à l'ornementation, et de nombreux dykes de roches éruptives, diabases, porphyrites augitiques, diorites, foyaites, phonolithes, etc. Les gneiss, micaschistes, amphibolitoschistes, formant la division inférieure, correspondraient au laurentien des géologues américains ; les quartz micacés (itacoloumites). schistes chloriteux, micacés, itabirites, au huronien des mêmes géologues. Ces terrains forment une grande partie du sol des provinces de Bahia, Espirito-Santo, Rio-de-Janeiro, Goyaz, San-Paulo, Paranâ, Santa-Catharina, Rio- Grande-du-Sud, et se retrouvent certainement dans toutes les autres.
Les terrains palœozoïques fossilifères, dont la découverte est surtout due aux travaux des géologues Hartt, Derby et des membres de l'expédition scientifique d'Agassiz, forment une série de bassins, dont l'étude est à peine commencée, dans les provinces de l'Amazone, Para, San-Paulo, Paranâ, Santa-Catharina, Rio-Grande-du-Sud; ils s'étendent probablement dans celles de Minas-Geraes, Goyaz, Matto-Grosso.
Les terrains silurien, devonien et carbonifère y sont représentés. Le carbonifère marin a fourni de très nombreux fossiles dans les provinces de l'Amazone, de Para et de Paranâ; c'est à cet horizon géologique qu'appartiennent les dépôts de combustible découverts à San-Paulo, à Santa-Catharina et Rio-Grandedu-Sud.
Comme les terrains plus anciens, ils sont traversés par de nombreux dykes de roches éruptives, diabases, porphyrites, mélaphyres, dont la composition produit, comme dans la province de San-Paulo, des terres à café d'une fertilité extraordinaire.
Les terrains secondaires sont connus dans les provinces du nord : Amazone, Piauby, Céarâ, Rio-Grande-du-Nord, Pemambuco, Sergipe, Alagôas, Bahia, où les dépôts crétacés sont souvent très fossilifères.
Aux dépôts tertiaires appartient une longue bande de terrain au centre de la vallée où coule l'Amazone ; on les retrouve formant des plateaux le long de la côte et de petits bassins lacustres dans l'intérieur du pays. Dans le bassin de l'Amazone, ces terrains contiennent des couches de lignite, combustible que Ton retrouve dans le tertiaire le long de la côte et dans la province de Minas-Geraes.
Les formations quaternaires sont représentées par de nombreux bassins en général de peu d'étendue, auxquels appartiennent les placers diamantifères, et par les dépôts des grottes calcaires remarquables parla forme de mammifères éteints qu'ils ont fournis et les terres salpêtrières qu'ils contiennent. Au point de vue industrielils tirent un grand intérêt d'une couche de conglomérat ferrugineux, connu vulgairement sous le nom de « canga », formée aux dépens des itabirites et qui, à Minas-Geraes, et probablement dans d'autres provinces, couvre comme d'un manteau de minerai de fer le haut des vallées et le flanc des montagnes.
G4 le B ri': si l EN 1 889.
I. Mines d'or. — C'est à la plus ancienne série de ces terrains et particulièrement à leur division supérieure qu'appartiennent presque tous les gisements d'or et de fer du Brésil, et, si le diamant est exploité dans des graviers de formation relativement récente, c'est aussi dans ces couches d'âge si ancien que se trouve son gîte primitif. Il n'est guère de province de L'Empire où l'or n'ait été exploité, et on peut citer comme ayant des mines encore en activité ou abandonnées depuis peu, celles de Minas-Geracs, Rio-Grande-du-Sud, Goyaz, Bahia, Matto- Grosso, Paranâ, San-Paulo et Maranhâo. Parmi les six premières, qui fournissent chaque année une certaine quantité de ce métal précieux, Minas-Geraes occupe toujours le premier rang, et il serait impossible, malgré la décadence relative de l'industrie extractive, de citer toutes Les mines ou placers encore exploités par des Compagnies, des particuliers ou de simples orpailleurs dans cette province, où deux siècles de travaux sont loin d'avoir épuisé la richesse du sol.
Comme l'a déjà fait remarquer d'Eschwège, tous les gisements aurifères de quelque importance se groupent autour des trois grandes chaînes méridiennes qui forment comme l'ossature du pays. La chaîne de la Mantiqucira, se prolongeant dans la province de San-Paulo, et dont se détacherait la chaîne d'Espinhaço, qui traverse du nord au sud la province de Minas-Geraes, pénètre dans celle de Bahia et va se perdre dans la province de Pernambuco. En second lieu, la grande ride qui sépare les eaux du San-Francisco de celles de la Plata, servant de limites entre Minas-Geraes et Goyaz, se continue dans la province de Piauhy et se termine à Céarâ. A la troisième, qui accompagne la rive gauche de l'Araguayet du Paraguay, appartiendrait la chaîne des Paricis dans la province de Matto-Grosso.
C'est principalement dans la chaîne d'Espinhaço que ce groupement des mines d'or autour d'une ligne méridienne paraît bien régulier ; de la ville de Barbacena jusqu'à celle de Jacobina, dans la province de Bahia, sur une longueur de plus de 1.200 kilomètres, ces gisements occupent à l'est et à l'ouest du méridien de Rio-de- Janeiro une étroite bande de terrain. Leur altitude varie de 700 à 1.200 mètres, et de cette situation on peut conclure à la salubrité du climat des régions où ils sont placés, salubrité que l'expérience a confirmée depuis longtemps.
Ces mines d'or appartiennent à deux grands groupes : gisements d'alluvions, liions. Ce sont naturellement les premiers
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qui ont d'abord attire l'attention des chercheurs d'or, et pendant plus d'un siècle ils ont fourni tout For exporté par le Brésil. Ils sont situés ou sur les plateaux ou dans les fonds des vallées, dans le lit et sur les rives des cours d'eau, dont en général il ne s'éloignent pas beaucoup. La plupart d'entre eux sont de formation récente, mais un certain nombre appartient certainement à l'époque quaternaire. Souvent à fleur de terre, ils sont fréquemment, comme à Minas-Geraes, Bahia, Matto- Grosso, recouverts d'une couche d'argile d'épaisseur variable. Leur exploitation facile a attiré partout l'attention des orpailleurs, et il n'en est guère où on ne retrouve aujourd'hui des indices d'anciens travaux; mais, comme les travailleurs ne possédaient que des moyens très primitifs, il en est bien peu qui aient été complètement épuisés. Aujourd'hui encore, sauf dans la province de Paranâ dans le rio Tibagy, à Minas-Geraes dans le rio des Mortes, ces dépôts ne sont exploités que par de simples orpailleurs. Pourtant, depuis quelques années ils semblent avoir repris une certaine faveur, et des études et des tentatives ont été faites pour l'établissement de lavages au moyen du système hydraulique californien.
Quant à leur richesse et à leur étendue, elles sont très difficiles à fixer, la première étant très variable dans un gisement, et la seconde étant encore plus incertaine par suite de leur dissémination dans un grand nombre de provinces et des lavages partiels fort irrégulièrement poursuivis par les orpailleurs du siècle dernier. Je citerai les données suivantes pour les quatre provinces de Matto-Grosso, San-Paulo, Minas-Geraes, Bahia.
A Matto-Grosso, dans le bassin du rio Cabaçal, au milieu de la région connue sous le nom de « Campos dos Indios Gobexis », d'après un ingénieur chargé de faire un rapport pour l'obtention d'une concession, il existe un gisement d'alluvion encore vierge, reposant sur les gneiss, couvrant une superficie de 50 kilomètres carrés, ayant une épaisseur moyenne de 1 m. 03, et dont la richesse, d'après le même ingénieur, serait de 23 gr. 2 d'or par tonne. Dans la môme province, le bassin du Cayapô contiendrait de vastes dépôts d'alluvions aurifères qui ont donné lieu à une immence concession.
A San-Paulo, un ingénieur des mines de l'école d'Ouro-Preto, M. Gonzaga de Campos, a étudié, dans le municipe d'Apiahy, avec beaucoup de soin, des gisements de cette nature reposant sur le granit et le micaschiste, gisements en partie déjà exploités
et dont la richesse moyenne, sur laquelle on peut baser une entre prise, serait de 2 gr. 36" d'or par mètre cube, chiffre encore deux fois supérieur à celui que donnent., terme moyen, les alluvions de Californie. Il signale dans la même région des points où la teneur en or atteint et dépasse souvent 4 grammes d'or par tonne.
Dans la province de Minas-Geraes, près de la ville de.Campanha, l'ingénieur des mines Tavares, de l'école d'Ouro-Preto, après une étude faite sur le gisement aurifère dit du « Barro Alto », fixe à 10 gr. par mètre cube la richesse des alluvions de ce dernier, dont une grande partie est encore inexploitée. Dans la môme région, sur les bords du rio Verde, des dépôts d'alluvion, dont la concession a été demandée, contiendraient, d'après l'ingénieur des mines Von Sperling, de l'école d'Ouro-Preto, de 1 à 3 gr. 6 c. d'or par mètre cube.
Dans la province de Bahia, une série de bassins d'alluvions aurifères occupe une vaste superficie au milieu de la chaîne de montagnes d'Assurua, dont la direction nord-sud est la même que celle d'Espinhaço. Ces alluvions, où depuis longtemps sont établis des lavages d'orpailleurs, ont donné lieu à une tentative d'exploitation sur une grande échelle. D'après les études préliminaires, l'épaisseur de ces dépôts, formés par des graviers avec gros blocs de quartz, varie de 0,25 à 1 m. Ils sont en général couverts d'une couche d'argile de 0m. 20 à 5 m. d'épaisseur ; leur superficie attendrait 50 k. carrés; leur richesse, très variable, est comprise entre les limites de 0 gr. 47 c. à 21 gr. par tonne. En 1887, dans un seul placer de ces bassins, les orpailleurs lavant simplement les graviers à la batêa ont tiré 50 kil. d'or.
Les travaux des orpailleurs sont très irréguliers et intermittents. Un grand nombre d'entre eux sont à la fois chercheurs d'or et cultivateurs, et ne consacrent au lavage qu'un partie de leur temps. Leur nombre abeaucoup diminué, et, à Minas-Geraes, il ne doit guère dépasser 3.000, en y comprenant les chercheurs de diamants qui retirent en même temps de l'or des lavages des graviers diamantifères. Comme importance viennent ensuite les provinces de Bahia, ltio-Grande-du-Sud, Paranâ et Matto-Grosso. A Minas-Geraes, les municipes où se trouve encore un certain nombre d'orpailleurs sont ceux de Ouro-Preto, Marianna, Ponte- Nova, Santa-Barbara, Caêté, Sabarâ, Itabira, Conceiçâo, Serro, Diamantina, Minas-Novas, Gram-Mogol, Pitanguy, Paracatés, San-Joâo-del-ltcy. Ceux de Diamantina, Gram-Mogol, Minas-Novas
en possèdent le plus grand nombre. A Bahia, on les rencontre dans ceux de Chique-Chique, Rio-das-Contas, Jacobma; et, aRio- Grande-du-Sud, dans le municipe de Caçapava.
En général, l'or d'alluvion an Brésil est en grains fins, formant souvent une véritable poudre ; les pépites volumineuses sont très-rares ; les plus considérables viennent des dépôts de sable exploités il y a quelques années dans la province de Maranhào, des mines d'Assuruâ dans la province de Bahia, et, dans la province de Minas-Geraes, des gisements deMinas-Novas. Les beaux cristaux sont surtout abondants à Goyaz, et dans les alluvions des environs de la ville de Serro (Minas-Geraes). Le titre de For d'alluvion est en général très-élevé : il ne descend pas au dessous de 20 cent, au 833, et, quelquefois, comme dans les dépots des environs du village d'Antonio-Pereira (municipe d'Ouro-Preto), il atteint 24 k. au 1.000. Dans les sables qui proviennent de la décomposition des itabirites, il est fréquemment allié au palladium.
Les gisements d'or autres que les placers ne sont exploites d une manière suivie que dans les provinces de Minas-Geraes, Rio-Grande-du-Sud et Bahia. Cette dernière ne compte à l'heure qu'il est qu'une seule mine en activité, celle de Jacobina. Dans la province de Rio-Grande-du-Sud, il existe un certain nombre de filons de quartz aurifère exploités par des entreprises locales. C'est donc encore la province de Minas-Geraes qui occupe ici le premier rang, et c'est surtout d'elle que je m'occuperai.
Au point de vue de leur nature, ces gisements se groupent autour de trois types: 1° filons de quartz avec minerais sulfurés rares; 2° filons de pyrites aurifères; 3° couches d'itabirites aurifères.
Les filons de quartz contenant de l'or sont excessivement nombreux à Minas-Geraes comme dans beaucoup d'autre provinces ; ce sont eux qui, après les alluvions, ont d'abord attiré l'attention des anciens mineurs. L'or y est en général visible à l'œil nu, facile à distinguer et à séparer par un broyage et un simple lavage dans la batêa. Leur puissance s'élève rarement audessus de 2 mètres, descend même à quelques centimètres. L'or y est irrégulièrement disséminé, et quelquefois il y forme de véritables nids, fournissant, comme cela est arrivé pour un filon de quartz encore exploité dans la ville d'Ouro-Preto, plus de 1 kil. d'or pour moins d'un mètre cube de roche. Le dénombrement complet de ces filons est impossible à faire, même à Minas-
Geraes. On en compte cinq importants, autrefois exploités, dans la ville d'Ouro-Preto. Il n'y a pas pour ainsi dire de paroisse dans le plateau central de Minas qui n'en compte que quelques-uns; je citerai les localités d'Antonio-Pereira, Forquim, Cata-Preta, Cata- Branca, Roça-Grande, Caêté. A cette catégorie de liions se rattachent des gisements plus complexes, comme ceux de Sumidouro (municipe de Marianna), de Gatas-Altas, de Noruega, où l'or est disséminé dans de petites veines de quartz friable, formant un lilon composé au milieu de schistes argileux, qui eux-mêmes se chargent d'or, et d'autres plus difficile à définir où la roche quartzeuse ou schisteuse s'imprègne d'or très fin et forme une série de grains de chapelet d'une grande richesse.
Les filons aurifères pyriteux sont les plus importants ; ce sont eux qui fournissent la plus grande partie de l'or produit au Brésil. Leur puissance peut atteindre, comme dans la mine de Morro-Velho, plus de 10 mètres ; leur extension en direction est très considérable. Ils constituent ou de vrais filons coupant les strates de schistes ou de quartzites, ou des couches intercalées dans ces mêmes roches. Les minerais qui forment la gangue de l'or sont essentiellement pyriteux: pyrites arsenicales, pyrites martiales avec proportions variables de quartz en petits grains. Ils sont accompagnés de minéraux plus rares : comme pyrite magnétique, dont la mine de Morro-Velho fournit de très beaux cristaux et qui se retrouve dans les mines de Gaêté et de Passagem ; Tourmalines (mine de Passagem, d'Antonio-Perreira Cata- Preta); de pyrite cuivreux, galène, stibine, albitc, caliste, sidérose, jozéite, etc. La teneur en or du minerai est en général peu élevée. La moyenne de la mine de Morro-Velho, par exemple, pour une période de 20 années d'exploitation, est de 18 grammes par tonne, ce qui représente à peu près les trois quarts de la teneur réelle. Dans certains cas, cette richesse augmente considérablement. La Compagnie « The-Ouro-Preto gold mines » expose des pyrites arsenicales donnant près de 200 grammes à la tonne ; celle de « St-John del ltey », un bloc de pyrite de même nature rendant 82 grammes à l'essai. Mais, d'un autre côté, cette teneur est généralement constante et à une profondeur verticale de G00 mètres. La mine de Morro-Yelho rendait encore, en 1886, 17 grammes par tonne, lorsque à une profondeur de moins de 100 mètres cette teneur était à peu près la même ou même inférieure.
Les couches oVItabirilcs aurifères forment un gisement spécial
et particulier au Brésil. Ces roches, comme nous l'avons déjà dit, sont formées de fer oligiste et de quartz avec proportions variables d'oxyde de manganèse et souvent un peu de lithomarge. Elles occupent en général la partie supérieure des terrains archéens de Miuas-Geraes. Leur structure est en général schisteuse, leur consistance peu considérable, et fréquemment au milieu d'elles apparaissent d'énormes couches friables de même nature, désignées sous le nom de Jacoutinga, et qui souvent contiennent de l'or. Ce métal en général y est disséminé irrégulièrement, mais il forme souvent de véritables lignes de plusieurs centimètres de grosseur apparaissant au milieu de la roche noire comme des cordons jaunes. Ces gisements sont alors d'une richesse extraordinaire, comme on peut le voir par les échantillons exposés par la Compagnie « Dom-Pedro-North-del-Rey » qui exploite la mine de Maquiné (municipe de Marianna), dont quelques-uns fournissent à l'essai plus de 81 kilogrammes par tonne. Cette même exploitation a extrait, en 1868, 103 tonnes de minerai qui ont donné 124 kilogrammes d'or. La roche étant très friable, l'or en général en petites écailles ou en pépite de grosseur notable, la séparation est facile et peu coûteuse. Les plus célèbres de ces mines sont celles de : Gongo-Socco (municipe de Caêté) dont les travaux, commencés en 1826, interrompus en 1856, avaient produitpour 1.118. 195 livres sterlingd'or; de Cocaes(dansle municipe de Santa-Barbara) dont on peut voir des échantillons exposés ; de Pitanguy, Agua-Quente (dans le même municipe) ; Taquaril (dans celui de Sabarâ), qui toutes ont produit des quantités considérables d'or. L'or des itabirites est souvent allié au palladium ; les orpailleurs, qui aujourd'hui lavent les sables des petits cours d'eau aux environs de Gongo-Socco, en extraient de couleur noirâtre qui contient jusqu'à 12 p. 100 de palladium.
Six Compagnies étrangères poursuivent des exploitations d'or à Minas ; cinq ont leur siège à Londres, la sixième à Paris. Ce sont:
« St-John del Rey gold mines, limited », siège à Londres, capital social 253.000 livres sterling, ou environ. 6.388.000 fr.
« Santa-Barbara Gold mine, limited », siège à Londres, capital social 60.000 livres, ou 1.515. 000
« Pitanguy », siège à Londres, capital social 25.000 livres, ou 031 . 000
A reporter 8.534.000 fr.
Report 8.534.000 fr.
Dom Pedro North del Itey », siège à Londres, capital social 125.000 livres, ou 3.19G.000
« The Ouro-Preto Gold mines, limited», siège à Londres, capital social 800.000 livres, ou 10.100.000
« Compagnie des mines d'Or de Faria», siège à Paris, capital social 1 .800.000
Soit la somme totale de 23.590.000 fr.
engagée dans les exploitations d'or de Minas. Ce chiffre serait bien plus considérable si on y ajoutait celui des capitaux de Compagnies possédant encore des mines dans la province, mais dont les travaux sont arrêtés depuis plusieurs années.
La Compagnie de St-Jolm del Rey exploite depuis 1835 un filon de pyrites arsenicales au lieu dit Morro-Velho, près du bourg de Congonhas, à 12 kilomètres au sud de la ville de Sabarâ. La partie riche du filon forme une espèce de colonne inclinée de 45° sur l'horizon; sa puissance moyenne peut être évaluée à 8 mètres sur une extension de plus de 100 mètres. Les travaux ont été poursuivis depuis 1835 et à peine interrompus en 1867 par un incendie, et en 1886 par un éboulement qui les a fait provisoirement suspendre, lorsqu'ils atteignaient une profondeur de plus de 600 mètres, jusqu'à l'achèvement de nouveaux puits. De 1835 à 1887, la quantité d'or fourni par cette mine atteint en nombre rond près de 50.000 kilogrammes. En estimant à 2.800 francs le prix du kilogramme d'or au titre de 19 à 20 on trouve 140.000.000 de francs pour la valeur de l'or produit par la mine pendant ce laps de temps. A ce chiffre il faudrait ajouter celui de l'or extrait de 1725 à 1835, presque un siècle, temps pendant lequel la mine a été exploitée par des particuliers. La production la plus élevée correspond à l'année 1875; elle a été de 2.170 kilogrammes, chaque tonne de minerai produisant 34 gr. 7 d'or. La moyenne de vingt années, de 1855 à 1875, a donné 18 gr. d'or par tonne; en 1886, cette moyenne pour 10 mois de l'année a été de 16 gr. 5. La teneur réelle doit être environ de un quart supérieure à ce chiffre par suite des pertes qui se produisent dans la préparation mécanique. La richesse de certaines parties du filon est beaucoup plus considérable, comme on peut le voir, dans le bloc de pyrites arsenicales qui donne à l'essai 82 gr. d'or. L'importance de cette exploitation est considérable; en pleine activité elle occupe plus
de 1.200 ouvriers de toute qualité, et extrait en moyenne près de 150 tonnes de minerai par jour; elle peut être considérée actuellement comme le type des grandes mines d'or de l'Amérique autant par la puissance du filon que par l'ensemble des procèdes qui mit été adoptés pour l'extraction de l'or.
Depuis huit ans, la même Compagnie exploite à 13 kilomètres de la ville de Sabarâ un autre gisement de pyrites aurifères au village de Cuyabâ. Les couches de minerai sont très puissantes, mais leur teneur en or est bien moindre que celle de Morro-Velho. Du 1er mars 1887 au 27 février 1888, la mine a produit 87 kilogrammes d'or. L'or extrait ne dépasse pas une moyenne de 5 gr 5 par tonne, mais de même que dans les autres mines, on pe^ut rencontrer des parties plus riches, comme celles exposées par l'Ecole des Mines provenant de cette localité et donnant à l'essai il gr. d'or par tonne.
La mine de Panj appartient à la Compagnie de « Santa-Barbara Gold Mine»; elle est située près du village de San-Francisco, dans le municipe de Santa-Barbara, à 12 kilomètres environ de cette ville. La gangue de l'or est, comme à Morro-Velho, la pyrite arsenicale, à laquelle il faut joindre les grenats, l'amphibole et quelques autres minéraux. Le filon dirigé nord-sud est nettement intercalé au milieu des schistes micacés et amphibolifères qui en forment le toit et le mur, et dont il suit les ondulations; c'est un filon-couche dont l'inclinaison vers l'ouest varie de 30° à 40°. Comme à Morro-Velho, le minerai est broyé dans des bocards, dont le sabot en fer est fabriqué dans les petites forges du pays. La préparation mécanique laite sur des tables inclinées est complétée par l'amalgamation dans des tonneaux. La Compagnie a commencé ses travaux en 1862, et la mine a produit jusqu'à ce jour 2.038 kilogrammes d'or. Actuellement la Compagnie emploie trois cents personnes, mineurs ou ouvriers de la surface. En 1887, la quantité d'or extrait s'est élevée à 196 kilogrammes, la teneur moyenne a été de 11 grammes par tonne; mais, comme les pertes sont plus considérables qu'à Morro-Velho, j'estime à environ 18 grammes d'or par tonne la teneur réelle du minerai. La Compagnie The Ouro-Preto gold Mme a commencé ses travaux en 1884 dans les quatre mines de Passagem, Raposos, Espirito-Santo et Borges. Aujourd'hui ses efforts se sont concentrés sur le gisement de Passagem, situé dans le village du môme nom, sur la route d'Ouro-Preto à Marianna, à 7 kilomètres de la première de ces villes. Le filon appartient à la môme catégorie
qus celui de Pary; il est intercalé au milieu de schistes micacés qui forment le muret des itabiritesau toit; sa direction est nordest, sud-ouest; son inclination vers le sud-est est en moyenne de 20°, sa puissance est variable comme on peut le voir sur les sections de la mine exposées par la Compagnie, mais elle atteint souvent plus de 5 mètres. La gangue de l'or est encore le quartz, la pyrite arsenicale accompagnée de pyrite martiale, la pyrite magnétique, le bismuth, les grenats, la galène, etc. La Compagnie emploie plus de 500 ouvriers. Le minerai est broyé sous 56 bocards ordinaires et 20 du système californien. L'amalgamation présente le fait particulier de fournir une quantité notable de bismuth qui passe à l'état d'amalgame liquide avec une proportion notable d'or. Au mois de novembre 1888 la quantité de minerai traité a été de 1.930 tonnes, qui ont fourni 21.268 grammes d'or, 12 grammes environ par tonne, et plusieurs kilogrammes de bismuth. Comme on peut le voir par les beaux échantillons de pyrites arsenicales à grains fins exposés par la Compagnie, cette teneur, dans certaines parties du filon, est beaucoup plus considérable. Le titre de l'or est un des plus élevés de la province de Minas, il ne descend pas au-dessous de 23 karats au 958. En 1887, la mine a fourni 270 kilogrammes d'or; cette production va augmentant chaque jour par suite du développement des travaux. A Raposos, les travaux sont beaucoup moins importants ; le gisement consiste en une série de colonnes riches placées dans des couches de schistes, relevées vers Test; la production journalière y est d'environ 65 grammes d'or.
La mine de Faria appartient à la Compagnie des Mines d'Or de Faria, dont les travaux préliminaires, commencés depuis un peu plus d'un an, ne tarderont pas à être terminés. Le filon aurifère, dont l'exploitation est entreprise, est situé dans le municipe de Sabarâ, à quelques kilomètres de distance de celui de Morro- Velho. La gangue de Tory est constituée par des pyrites de fer qui ont été exploitées jusqu'à une petite profondeur par les anciens propriétaires, qui à l'aide de procédé très imparfaits retiraient 24 grammes d'or par tonne. L'exploitation d'or de Faria qui, dans peu de temps, entrera comme facteur dans la production de For à Minas, est déjà remarquable par son installation, où se trouve une application, unique au Brésil et peut-être dans l'Amérique du Sud, du transport au moyen de l'électricité de la force nécessaire aux principes d'épuisement et à l'extration du minerai.
Le gisement de Maquiné appartient au type déjà indiqué des
itabirites friables, où l'or est placé au milieu de ces roches à fer oligiste. La mine est située à 3 kilomètres de la ville de Marianna, à 15 kilomètres de celle d'Ouro-Preto; elle appartient à la Compagnie « Dom Pedro Northdel Rey» qui l'exploite depuis 1865. Depuis cette époque jusqu'à Tannée 1868 elle a produit 2.427 kilogrammes d'or, et aurait payé cent pour cent du capital employé dans l'exploitation. Après plusieurs années, les travaux on été arrêtés par les eaux, à une profondeur relativement peu considérable, où le minerai conservait encore une grande richesse. On peut se faire une idée de sa richesse par la « Jacoutinga », exposée par la Compagnie, où il est facile de séparer à la main des pépites d'or. Les couches superficielles, par de simples lavages à la batêa, ont produit, encore en 1888, 3 à 4 kilogrammes d'or par mois.
Les mines de Jacoutinga aurifère sont à peine représentées aujourd'hui par celles de Maquiné, de Pitanguy et d'Itabira-de- Matto-Dentro ; cette dernière, exploitée par de simples travailleurs, a produit encore, en 1888, 40 kilogrammes d'or.
Le nombre de celles qui ont été abandonnées, soit à cause de l'invasion des galeries par les eaux, soit à cause de l'irrégularité de la teneur en or, qui disparait presque complètement à certains moments, est considérable ; je citerai celles de Cocaes, Taquaril, Agua-Quente et la plus célèbre de toutes, celle de Gongo-Socco.
A ces grandes Compagnies, qui forment comme l'aristocratie des mineurs du Brésil, il faut joindre à Minas-Geraes une série de petites exploitations, appartenant à des particuliers et dont le nombre s'élève actuellement à 24. Chacune d'elles a un petit moulin à or de 4 à 10 bocards ; quelques-unes comptent seulement deux ou trois travailleurs, dont fait presque toujours partie le propriétaire ; d'autres en ont de 15 à 20. En général elles sont établies sur des filons de quartz d'où l'or est plus facile à extraire par de simples lavages à la batêa, après que les sables ont été enrichis sur des tables inclinées ou dans des canaux par un système qui au siècle dernier était généralement employé au Brésil. C'est un phénomène curieux même à observer à Minas- Geraes que de voir avec quelle facilité des gens ayant quelques économies n'hésitent pas à les hasarder dans une exploitation d'or, espérant presque toujours arriver plus tard à vendre leur mine à une Compagnie pouvant disposer de ressources plus
considérables. Dans cette province on ouvre une galerie, on creuse an puits, on installe une pompe avec la môme facilité qu'ailleurs on défriche an champ. Les plus intéressantes de ces exploitations (et qui se sont fait représenter à l'Exposition par de beaux échantillons) sont celles groupées autour de la ville de Gaêté, San-Luiz-do-Encanto, Carrapatos, Serro, et plusieurs autres qui n'ont pas envoyé de minerai; celles de Tillage, deSumidouro et de Barri (dans le municipe de Santa-Barbara) et celle de Cata- Preta, une des plus anciennes du pays, car sa découverte daterait de 1690.
La mine de San-Luiz-do-Encanto, appartenant à M. Luîz A.ugusto de Figueiredo, consiste en un filon irrégulier de quartz où l'or est accompagné de pyrites diverses, de galène et de stibure. Celle de Carrapatos se trouve dans les mêmes conditions; mais il existe aussi une couche de quartzite, avec pyrites martiales aurifères. Les exploitations du Sumidouro sont établies sur un filon composé, formé de petites veines de quartz granuleux avec limonite, oxyde de manganèse cobalteux et rarement des pyrites martiales. Les schistes en contact contiennent aussi de for. Le filon, dont la direction est nord-sud, a une extension de plusieurs lieues, et depuis plus d'un siècle il est exploité à ciel ouvert en divers points. Les mines du village de Barra appartiennent à la famille Penna. Dans celle dite de Barra, l'or se rencontre dans un filon de limonite provenant certainement de la décomposition de pyrites et offrant un intérêt particulier. Des échantillons de ce chapeau de filon rendent 15 gr. d'or à la tonne, teneur qui s'élève à 45 gr. pour des concrétions ferrugineuses. Ce filon est accompagné de quartzite sableux, de sables ocreux, de limonite et hématite concrétionnés, dont on peut voir des échantillons rendant jusqu'à 260 gr. d'or par tonne. La mine de San-Bento se trouve dans les mêmes conditions, et son propriétaire, M. Domingos Penna, expose des sables ocreux contenant de 30 à 75 gr. d'or par tonne. Ces mines ont été exploitées à ciel ouvert dès le commencement du siècle; aujourd'hui les propriétaires ont ouvert des galeries et occupent en moyenne quinze ouvriers par jour.
De 1700 a 1820, d'Eschwege estime à 1.404.965 livres troy ou 531.403 kilogrammes l'or produit par Minas-Geraes, ce qui donne une moyenne annuelle de 4.450 kilogrammes. De 1820 à 18G0, la production de cette province, d'après Henwood, aurai! été de
171.000 livres troy ou 63.825 kilogrammes, en moyenne par an 1.535 kilogrammes. De 1800 à ISSS, j'évalue à G0. 000 kilogrammes cette production, ch iflVe qui n'est certainement pas exagéré, vu que pendant cette période la mine de Morro-Velho a été en pleine activité, ainsi que celles de Morro-Santa-Anna, Taquaril, Morro- San-Vicente, Roça-Grande, [tabira; la moyenne de la production annuelle aurait été alors de 2.142 kilogrammes. Donc, en résumé, d'après les calculs qui offrent le plus de garanties, la province de Minas a elle seule, de 1700 à 1888, aurait produit 658.228 kilogrammes d'or, soit, en estimant à 2.800 francs le kilogramme d'or, une somme de plus de 1 milliard 813 millions de francs! Et les mines sont loin d'être épuisées. Quelques-unes même sont à peine effleurées! Castelnau, dans le récit de son expédition dans l'Amérique du Sud, évalue cette production à un chiffre beaucoup plus élevé qui atteindrait en 1849 près de 5 milliards de francs ! A ce chiffre il faudrait joindre l'or produit parles autres provinces — Bahia, Maranhâo, San-Paulo, Paranâ, Rio-Grande-du-Sud, Goyaz et Matto-Grosso — qui, d'après le même auteur, atteindrait la valeur de 500 millions ! Ce dernier chiffre ne me paraît pas exagéré, car Goyaz et Matto-Grosso ont été pendant longtemps des centres de production très actifs. La statistique est d'ailleurs d'autant plus difficile à faire qu'une partie de l'or extrait par les orpailleurs reste dans le pays, où il est transformé en bijoux ou même gardé à l'état de poudre, et à Minas-Geraes, dans bien des familles, il existe de ces petits trésors conservés avec soin !
A Goyaz, près de Meia-Ponte, une Compagnie formée dans le pays, au capital de 700 contos de réis, environ 2 millions, exploite un dépôt superficiel aurifère provenant de la décomposition des roches sous jacentes.
A Rio-Grande-du-Sud, plusieurs concessions ont été accordées dans les municipes de Caçapâva et de Bagé, et quelques particulier- exploitent des filons de quartz compacte avec pyrites martiales.
Dans la province de Bahia, près de Jacobina, une Compagnie au capital de 700.000 francs a commencé des travaux d'exploitation sur un gisement d'une roche fournissant des sables quart/eux ([ni donnent à Tessai 116 gr. d'or par tonne au titre de 21 k. 5.
II. Mines de diamants.— L'existence des diamants dans les terrains aurifères du nord de la province de Minas-Geraes a été
connue avec certitude en 1789. Depuis cette époque jusqu'à nos joins cette province n'a jamais cessé de fournir chaque année des quantités notables de cette pierre précieuse. Cette production a notablement diminué pendant ces dernières années, surtout depuis 1870, par suite de la baisse considérable des prix produite par La quantité de diamants que les mines du Cap de Bonne- Espérance versent tous les ans dans le commerce. Ce n'est qu'à la qualité supérieure des brillants du Brésil, à leur éclat, à leur pureté que leur valeur a pu se maintenir à un taux qui a sauvé d'une ruine complète les exploitations du pays.
Aujourd'hui, malgré ces conditions défavorables, dans tous les bassins diamantifères du Brésil on trouve encore des travailleurs, dont les découvertes journalières montrent que ces gisements ne sont pas épuisés. Ils sont situés dans les provinces de Minas-Geraes, Bahia, Paranâ, Goyaz, Matto-Grosso et San- Paulo. Dans d'autres provinces l'existence de cette pierre précieuse a été signalée, mais je ne m'occuperai que des gisements ayant quelque importance et dont la situation est bien connue.
C'est encore, comme pour l'or, la province de Minas-Geraes qui est la plus riche. Dans cette province comme dans les autres le diamant est exploité dans des dépôts aV allumons quaternaires. On ne connaît encore que deux gisements faisant exception à cette règle, que jusqu'à ces dernières années on considérait comme générale. Dans la province de Minas-Geraes les gisements les plus importants sont ceux de Cocaes, à dix lieues au nord de la ville d'Ouro-Preto; de Diamantina, le plus important de tous, qui comprend une bande de terrain de plus de 200 kilomètres de longueur, sur quelques lieues de largeur appartenant aux bassins du Jequitinhonha, du Rio-Dôce et du San-Francisco, depuis la vallée de Conceiçào jusqu'au Jequitahy ; de Gram-Mogol, dans le bassin du Jequitinhonha ; de l'Abaeté affluent du San-Francisco; de Bagagem, dans celui du Paranà.
Dans la province de Bahia, les terrains diamantifères couvrent de vastes surfaces dans le municipe de Rio-das-Contas, compris dans le bassin du Paraguassû, autour des villes de Lençoes et de Sincoral ; c'est même sous cette dénomination que sont connus les gisements. Dans le bassin du Rio-Pardo, près de son embouchure, il yaà peine deux ans, ont été découverts d'autres placers diamantifères qui portent le nom de Canavieiras.
A Paranâ, les graviers diamantifères du rio Tibagy sont exploités par une Compagnie.