M I N E R A L 0 G IB
ats se présentent partout avec les mêmes carac- - ,s oit sur leurs rives, soit sur des plateaux traversés petits cours d'eau presque à sec pen-
dant Pété, soit même au milieu des g - - - montagnes.
Qs sont formés d'un lit de cailloux, Cascalho, des mineurs, uns le lit des rivières el recouverts d'une couche de sables plus ou moins argileux, à angles à peine usés, « gourgoulho dans les montagnes et sur quelques plateaux, et alors à fleur de terre. Les éléments de ces graviers appartiennent à un grand nombre de minéraux dont près de 40 espèces ont été déterminées par moi et dont on peut voir une collection exposée par les Mines d'Ouro-Preto.
- minéraux forment comme les satellites des diamants: les plus fréquents et les plus abondants sont les oxydes de titane. rutile [Agulhas des mineurs), anatase (Siricoria , rutile pseumorphose de L'Anatas tourmalines roulées
/ tes), alumine hydratée avec acide phosphorique et terres
- de la famille du cérium F tas), oxydes de fer, hématite,
- neril, cabocl .jtc.
A. ces es - .aunes il faut joindre des minéraux consi-
- jusqu'à présent comme très rares, la xénotime, la monazite. ].' - en grains, en paillettes dans tous les gisements
diamantifères et suffit quelques fois à payer les frais d'une exploitation ; le platine, moins fréquent,, se trouve surtout dans les
- les environs de la ville du Serro.
Dans le gisement de San-Joâo-da-Chapada, à 30 kilomètres à
l'ouest de la ville de Diamantina, le diamant se trouve en place et
iploité au milieu de schistes altérés, souvent transformés en
s de liverses couleurs, dont l'Ecole des Mines d'Ouro-Preto
a au- - élection. Ces schistes, souvent imprégnés
de petits cristaux octaè'driques de martite, sont traversés par des
veines de quartz avec oxyde de titane, comme ceux où se trouvent
placés - gisements de topazes des environs d'Ouro-Preto, et ils
appartiennent au même horizon géologique. Auprès de la ville de
Grau. . le diamant se trouve dans des quartzites micacés ou
lumites passant à des poudingues, où les galets de quartz se
fondent dans une roche de même nature que la précédente.
La recherche du diamant est partout précédée de celle du gravier qui annonce sa présence, et la découverte d'un gisement non encore exploité d'un de ces dépôts d'alluvions est toujours suivie de celle de cette pierre précieuse. Dans le Jequiti-
nhonha quelques mètres cubes de graviers accumulés dans des marmites de géants creusées dans le lit de la rivière ont souvent fourni pour plus d'un million de francs de diamants. Les travaux sont faits, soit par des ouvriers isolés, orpailleurs du diamant, connus sous le nom de Garimpeiros, ou par des associations forme, s dans le pays. Les premiers ne peuvent travailler que dans les lits des petits cours d'eau, sur les rives des rivières ou dans les dépôts superficiels des plateaux. Les autres entreprennent souvent des travaux considérables pour dessécher le lit de cours d'eau exigeant l'installation de pompes d'épuisement, la construction de barrages importants. Dans tous les cas, le gravier découvert est lavé par des procédés très simples, ou, après un simple débourbage, le diamant est séparé dans des toeasplus profondes que celles qui servent à l'extraction de l'or. Le bassin de Diamantina est le seul où subsistent encore les exploitations en grand, et leur nombre a beaucoup diminué; partout ailleurs on ne rencontre plus que des travailleurs isolés. Les centres les plus productifs sont ceux du Serro, de Diamantina, qui se subdivisent en un grand nombre de petits districts, comme ceux de Curralinho, Gaêté-Mirim, Jequitahy, etc., de Terra Branca, de Gram- Mogol, de Sincoral et de Canavieiras, ces deux derniers dans la province de Bahia.
En général les diamants du Brésil sont bien cristallisés, incolores, les pierres colorées sont rares, et de belle eau. Le Boort et le Carbonado ou diamant noir sont beaucoup plus rares. Ce dernier vient surtout des gisements de Bahia, mais on le rencontre aussi fréquemment dans le district de Terra-Branca, province de Minas-Geraes. Le Brésil n'a guère fourni de gros diamants, et parmi les parangons on ne peut citer avec certitude que l'Etoile du Sud, découverte en 1853 dans le district de Bagagem, pesant brut 254 karats 5 et après la taille 125 karats 5, et le diamant de M. Dresden, découvert dans la même localité en 1857, pesant 117 karats 5 et après la taille 7G3 karats 5. Tous deux appartiennent aujourd'hui à un prince de l'Inde, et ont été achetés, le premier deux millions de francs, le second un million de francs. Les petits diamants connus sous le nom de « vitriers » sont assez fréquents.
Il y a quelques années le Brésil exportait tous ses diamants à l'état brut; aujourd'hui une partie est taillée dans le pays. Dans le municipe de Diamantina on compte 19 tailleries occupant 146 ouvriers, taillant 460 karats de diamants par mois au prix
de 5.000 réis le karat ou environ 1 \ francs. Dans la ville de Serro,
il existe une taillerie et dans celle de Jequitahy deux. Une partie
s diamants est montée dans le pays, l'autre est exportée.
Je n'ai «les données exactes sur la production des diamants
que pour la province Minas-Geraes :
Le district de Diamantina a
produit en 1S87 3.481 grammes de diamants.
Celui du Serro 717 — —
1).' Gram-Mogol 537 — —
De Jequitahy 788 — —
J'estime à 150 grammes
ceux des antres localités, ce qui
donne pour la production de
Minas-Geraes en 1887. . . . 5.673 grammes de diamants.
Comme les diamants sont encore exploités à Bahia, dans les districts de Sincoral, Lençoes, Bom-Jesus, près de Franca ; dans la province de San-Paulo, à Rio-Claro : à Dois-Irmâos, dans celle de Goyaz; à Matto-Grosso, dans un grand nombre de cours d'eau, je ne crois pas être au-dessous de la vérité en évaluant à 8 kilogrammes la production totale du Brésil. Le prix moyen dans le pays est de 500 francs par octave du poids de 3 gr. 589, et par conséquent leur vente peut avoir produit un peu plus d'un million de francs. J'ai déjà, dans un travail publié sur ce sujet, évalué à deux tonnes et demie la production de cette pierre précieuse, jusqu'en 1830. Comme on le voit, ce chiffre peut encore être considéré comme représentant presque exactement la part totale du Brésil dans le commerce du diamant.
III. Mines de fer. — La richesse du Brésil en minerais de si telle que dans certaines parties de la province de Minas- Geraes, des minerais de première qualité sont employés aux usages les plus vulgaires : pavage des rues, construction des murs de séparation de propriétés, etc. 1 C'est encore cette province, comme pour l'or et le diamant, qui occupe le premier rang ; parmi les privilégiées, viennent ensuite celles de San-Paulo, Santa-Catharina, Matto-Grosso, Goyaz, Espirito-Santo, Bahia ; et il n'en est aucune, je crois, où l'on ne trouverait quelque gisement exploitable pouvant servir à la fabrication du fer.
A Minas-Geraes, les minerais de fer ne forment ni filons ni amas profondément enfouis dans le sol, mais bien d'énormes
couches, souvent superficielles, ou dos montagnes de centaines de mètres de hauteur 1 Ils appartiennent à deux classes bien distinctes: celle des itabirites et celle des conglomérats ferrugineux ou Canga. Les premières roches forment, en général, comme il a été indiqué à propos de For, le terme supérieur des terrains archéens de Minas. Lorsqu'elles se présentent avec leurs caractères typiques, elles sont formées de zones parallèles, souvent ondulées, plissées, d'oligiste écailleux et de quartz. Parmi les échantillons exposés par la Compagnie Dom Pedro-d'el-Rey on en voit qui donnent une idée exacte de cette structure. Comme minéraux accessoires, les oxydes de manganèse, la martite, la magnétite, la lithomarge y sont fréquents. Je n'y ai jamais rencontré de sulfures. Leur consistance est en général assez friable, la structure schisteuse fréquente, mais souvent la roche se réduit à une masse sableuse. Le quartz venant à disparaître complètement, elles passent à des roches uniquement formées de fer oligiste, de magnétite et d'oxyde de manganèse, qui représentent les plus beaux minerais de fer que l'industrie puisse désirer. Dans ce dernier cas, ce sont ou des couches d'oligiste schisteux, ou des amas d'hématite compacte, ou des masses sableuses d'oligiste et de pyrolusite. Tous ces différents types sont représentés par les échantillons qu'expose l'Ecole des Mines d'Ouro-Preto. Rarement couvertes par des couches de schistes argileux, elles sont presque toujours à fleur de terre, et, fréquemment, comme à Gandarela, à GO kilomètres au nord d'Ouro- Preto, on y trouve intercalées de puissantes assises de calcaire cristallin. Elles ont été soumises à de profondes érosions, et les gisements puissants qu'elles forment encore ne représentent qu'une faible partie de l'extension qu'elles avaient à une autre époque géologique. Leurs débris entraînés par les eaux sur les flancs des montagnes, où se sont arrêtés les plus gros fragments, dans le fonds des vallées, puis cimentés par des actions secondaires, ont formé la deuxième série des minerais de Minas- Gcraes, représentée par le conglomérat ferrugineux, connu sous le nom de Canga, qui donne aux régions où il domine un aspect particulier rappelant celui de champs de laves noires solidifiées ! Ce conglomérat atteint souvent 2 à 3 mètres d'épaisseur, il contient les mêmes minéraux que les itabirites d'où il procède, aurifère dans certains cas, si riche en magnétite que presque partout il rend impossible dans le pays l'usage de la boussole. Il est impossible d'évaluer même approximativement l'impor-
MINERALOGIE. 81
tance totale de ces minerais. Ils couvrent les flancs des montagnes, presque sans interruption, sur plus de 200 kilomètres de longueur. Autour d'Ouro-Preto tous les mornes en sont formés. Les montagnes de Cocaes, le pic d'Itabira-do-Campo, d'Itabirade-Matto-Dentro, d'Itambé, de Morro-Gaspar-Soares et bien d'autres en sont entièrement constitués. Sur les bords du Piricicaba, affluent du Rio-Dôce, dans lesmunicipes de Bomfîm, de Piumhy, de FAbacté et dans d'autres encore, le sol en est couvert, alimentant une végétation spéciale, caractérisée par le cinchonna ferruginea. Autour d'Ouro-Preto, dans un rayon de 10 kilomètres, j'évalue à plus de quarante millions de mètres cubes la masse des itabirites et des conglomérats qui couvrent le sol, et, à plus de 100 millions de tonnes, la quantité de fer qu'elle peut fournir !
Comme qualité, les analyses suivantes montrent la valeur des échantillons exposés par l'École des Mines d'Ouro-Preto :
1° Hématite compacte de Gandarela :
Sesquioxyde de fer 99.209 correspondant à 69.666
Sesquioxyde de magnésie 0.013 de fer.
Chaux trace.
Magnésie »
Quartz et silice 0.240
Acide phosphorique 0.005 correspondant à 0.0022
Soufre 0.000 de phosphore 0/0.
Eau 0.455
2° Oligiste granuleux de Cacunda , près Itabira-de-Matto- Dentro :
Sesquioxyde de fer 99.801 correspondant à 69.86
Sesquioxyde de magnésie 0.007 de fer.
Chaux trace.
Silice 0.140
Acide phosphorique 0.003 correspondant à 0.0024
Soufre 0.000 de phosphore 0/0.
£au 0.000
o° Itabirite en poudre de Gandarela :
Magnétite 83.83 correspondant à G8. 3 0/0
Sesquioxyde de ffer .'{1.7:2 de fer.
Bioxyde de magnésie 0.7-4
Quartz et silice 1.13
Alumine 1.02
Ct. aux 0.14
Soufre 0.00
Perte par calcination 1.41
Dans ces minerais, les proportions de manganèse sont souvent plus considérables; dans l'échantillon exposé, elles dépassent 90/0, et, dans le gisement d'où il provient, la pyrolusite forme de petites veines et souvent des amas.
4° Conglomérat ferrugineux (Canga) de Gandarda :
Sesquioxyde de fer 91 .49 correspondant
Bioxyde de manganèse 0.27 à 64.04 0/0 de fer.
Quartz et silice 4.78
Alumine 0.74
Chaux 0.25
.Magnésie traces.
Acide phosphorique »
Soufre 0.00
Perte par calcination 2.02
Les conglomérats, si abondants dans la province de Minas et dont le traitement au haut fourneau est facile, offrent une composition un peu variable: l'acide phosphorique s'y présente souvent en quantité plus notable, mais presque partout la teneur en fer ne descend pas au-dessous de 60 0/0.
Ces minerais sont à peine utilisés, encore aujourd'hui, dans un certain nombre de petites forges, disséminées dans la province des Minas et jalonnant les gisements d'itabirite. Le fer y est préparé par la méthode directe, soit dans des fours italiens, variante du procédé catalan, soit dans de petits fourneaux à cuve
MINERALOGIE. 83
femdinhos), méthode qui parait spéciale à la province des Minas. Le combustible employé est le charbon de bois préparé dans des fosses et dont le prix de revient varie de 23 à 30 francs la tonne. Le minerai employé est le fer oligiste pur, provenant des itabirites en poudre, Lavés dans un petit canal ou simplement pris dans le cours du petit ruisseau le plus voisin. La valeur du minerai est si minime qu'elle n'entre pas en compte dans le prix du fer préparé. L'air est fourni au fourneau par une trompe installée sur une chute d'eau qu'on trouve facilement dans le massif montagneux de la province, et qui sert en même temps de force motrice. J'estime à cent le nombre de ces petites forges dont le plus grand nombre forment cinq, groupes : i° celui du Gualaxo, à l'est d'Ouro-Preto; 2° de Gandarela au nord ; de San-Miguel-de- Piricicaba ; 4° d'Itabira-de-Matto-Dentro ; 5° de Conceiçâo-do- Serro.On en trouve encore quelques-unes plus au nord et à l'ouest.
Ces forges produisent à peu près 3,000 tonnes de fer par an, fer qui est transformé sur place en instruments de travail, faux, houes, pelles, fleurets démines, sabots de bocards, clous, fers à mulets et à chevaux. La qualité des produits se ressent des procédés primitifs employés, mais le minerai est de si bonne qualité que souvent d'habiles ouvriers obtiennent soit du fer nerveux très doux, comme celui exposé par la forge de Gandarela, soit un acier assez dur pour être employé à la fabrication des fleurets de mines.
Les prix varient d'une zone à une autre ; on peut prendre comme moyenne de vente, à la forge, du fer en verge plate 132 mille réis par tonne, ou, au change actuel de 350 réis par franc, 377 francs, ce qui donne pour la valeur du fer brut fabriqué à Minas un peu plus de un million de francs, chiffre qu'il faut cercertainement plus que doubler pour avoir celui des objets fabriqués.
Ces chiffres sont bien faibles si on les compare aux besoins d'une province comptant plus de trois millions d'habitants, et où l'agriculture et l'industrie minière prennent tous les jours de nouveaux développements et surtout à l'énorme richesse en minerais de fer qu'elle possède. Cet état de choses va se modifier avec l'établissement de voies de communications rapides et économiques. Déjà une Compagnie organisée dans le pays a commencé la construction d'un haut fourneau et d'une mine métallurgique près du bourg d'Itabira-do-Campo.
A San-Paulo, on retrouve en certains points les itabirites avec
leurs caractères ordinaires ; mais, en outre, il y existe des amas considérables de magnétite pure en relation avec des diorites et des porphyrites augitiques, gisements analogues aux célèbres mines deTaberg en Norwège. Un de ces gisements est exploité à [panéma, près delà ville de Sorocaba, pour les besoins de l'usine à fer d'Ipanema qui appartient au gouvernement. Cette usine, dont les produits sont exposés, possède deux hauts fourneaux en travail qui ont produit, en 1887, 790 tonnes de fonte. Le minerai extrait du gisement de magnétite voisin de l'usine contient 67,6 0/0 de fer. Dans la môme province, sur les bords du Jacoupiranguinha, affluent du rio Iguape, en partie navigable pour des bateaux de fort tonnage, existent des gisements encore plus considérables du même minerai en relation avec des couches d'un calcaire imprégné en plusieurs points de cristaux d'apatite. Une Compagnie a commencé la construction de deux hauts fourneaux pour l'utilisation de ce minerai et l'exploitation des forêts vierges qui couvrent encore la région.
A Santa-Catharina, près du bord de la mer, non loin d'un port accessible à tous les navires, des amas d'hématite, manganésifères passent quelquefois à de véritables minerais de manganèse. Ces minerais, qui forment des montagnes entières, contiennent, terme moyen, 30 pour 100 de manganèse et 25 à 30 pour 100 de fer. L'extraction et le transport de ce minerai du morne Cariguaba est si facile que le concessionnaire de la mine estime de 3 à 5 francs le prix de revient d'une tonne rendue à bord.
Il est impossible, je le répète, de citer tous les autres gisements de minerai de fer, même les plus importants, des provinces de Rio-Grande-du-Sud, Matto-Grosso, Espirito-Santo, Goyaz. Dans cette dernière province, comme à Minas, les itabirites forment des amas puissants et le conglomérat ferrugineux {canga) couvre le sol sur bien des lieues carrées, comme aux environs de Corumbà.
IV. Manganèse. — Les minerais de manganèse, sauf ceux de la province de Santa-Catharina, n'ont jamais donné lieu à des études spéciales. A Minas-Geraes, ils sont intimement mélangés aux minerais de fer, et sont un des éléments constituant les titabirates où, comme à la mine d'or de Taquaril, ils atteignent des proportions comparables à celles du fer. A Gandarela, ils forment des veines de pyrolusites au milieu de la roche aréneuse et souvent même des amas. Les eaux ravinant ces roches laissent
disséminés sur le sol des blocs de ces minéraux, dont on peut, comme à Gandarela, comme à Antonio-Pereira, à 12 kilomètres est d'Ouro-Preto, recueillir de grandes quantités sans difficultés. Le titre commercial de ces minerais, dont on peut se faire une idée d'après les échantillons exposes par l'Ecole des Mines d'Ouro-Preto, dépasse souvent 80. En bon nombre d'autres points, comme aux environs de Queluz, d'Ouro-Preto, de Diamantina, on trouve, au milieu des schistes micacés et des schistes argileux, des petits filons et des rognons de sécrétions de manganite et de priloméiane. Dans les mêmes régions, dans les bas-fonds, il s'est formé des dépots considérables de manganite analogues aux minerais de fer des marais.
A'. Mines de cuivre. — En de nombreux points de diverses provinces du Brésil, des indices de l'existence de minerai de cuivre ont été depuis longtemps signalés. Dans la province de Rio-Grande-du-Sud, près de la ville de Caçapâva, au milieu de roches diorites et métaphyriques, des gisements de calchosine avec covelline ont donné lieu à quelques recherches, ainsi que dans la province de Matto-Grosso, dans le bassin du Jaourou. A Minas-Geraes, la calchopyrite est fréquemment mélangée aux pyrites aurifères, mais en petites proportions. On en trouve dans quelques filons de quartz ou aux affleurements. Sa présence est indiquée par des tâches vertes de malachite, comme près de la ville de Sete-Lagôas. Dans la province de Céarâ, un gisement important vient d'être concédé par le gouvernement au lieu dit Buhira dans le municipe de Viçosa, et a commencé à donner lieu à des travaux d'exploitation. Le filon, de 0m,50 de puissance aux affleurements, est placé au milieu de schistes superposés à des roches gneissiques. La gangue est siliceuse ; le minerai, au moins jusqu'à la profondeur des quelques mètres atteints par les premiers travaux de recherche, est formé de cuivre natif et de cuprites donnant à l'essai 40 pour 100 de cuivre.
VI. Mines de plomb. — Peu nombreux aussi sont les gisements bien connus des minerais de plomb. Dans la province de Rio- Grande-du-Sud, dans le district aurifère de Lavras-de-Santo- Antonio, on rencontre de nombreux filons de quartz, contenant fréquemment des mouchetures de galène qui quelquefois y forme de petits amas. Dans la province de San-Paulo, je citerai les gisements de galène argentifère d'Iporanga, qui ont donné lieu, à
quelques recherches, de cérusite et de galène argentifère dans le même municipe. Dans celui d'Apiahy, l'ingénieur des mines Go ozaga de Campo s a découvert des blocs d'une brèche feldspathiqne avec galène donnant 5O0 gr. d'argent par 100 kilogrammes de plomb d'oeuvre. Dans la province de Minas-Geraes, la galène comme la calehopyrite se trouve dans presque tous les gisements aurifères; elle prend une certaine importance, comme on peut le voir par les échantillons exposés, dans les filons de quartz avec or visible des environs de la ville de Gaèté et plus particulièrement dans la mine de M. Luiz-Augusto de Figueiredo. Au milieu du filon composé aurifère de Sumidouro, non loin de la ville de Marianna, au lieu dit Yarado, affleure un filon de quartz contenant de la galène quelquefois avec or, donnant à Fessai, en moyenne, pour 100 kilogrammes de plomb d'oeuvre, 50 gr. d'or pur et 111 gr. d'argent. Dans le bassin diamantifère de Diamantina, dans la propriété de l'abbé Manoel Alves, on trouve un gros filon de quartz compacte, vertical, avec mouchetures de galène et or visible à gros grains.
Un gisement beaucoup plus considérable et qui a donné lieu à des travaux: de recherches importants, poursuivis à diverses reprises depuis le commencement du siècle, est celui de l'Abaété. Il est situé dans le municipe de ce nom, au milieu d'une vaste propriété appartenant à l'Etat, à 700 kilomètres au nord-ouest d'Ouro-Preto. Cette mine, connue depuis 1877, a été étudiée avec soin par l'ingénieur des mines de l'Ecole d'Ouro-Preto, Oliveira, qui en a fait l'objet d'un travail publié dans les Annales de V Ecole des Mines d'Ouro-Preto. Les deux filons de galène sont dirigés N. 25° S. 25° E. ; leur inclinaison est de 50° sur l'horizon ; leur puissance est, à la petite profondeur atteinte, peu considérable. La gangue est calcaire ; la galène en gros cristaux. Le minerai donne 50 à 60 p. 100 de plomb contenant de 150 à 200 grammes d'argent pour 100 kilogrammes de plomb d'eeuvre.
VII. Bismuth et Antimoine. — On ne connaît pas encore de gisements proprement dits de bismuth et d'antimoine, mais leurs minerais sont fréquents, dans les gisements aurifères de Minas-Geraes. Dans un filon de quartz avec or, près du village de Forquim, a 45 kilomètres à l'est de la ville d'Ouro- Preto, on trouve le bismuth combiné au soufre et au sélénium, formant l'espèce minéralogique si rare, la jozéite. Dans la mine d'or de Passagem, il est assez abondant pour donner lieu à un
production de .v>0 à 00 kilogrammes par an, tirés de l'amalgame liquide qui sert à la séparation de l'or. Dans le filon de quartz aurifère de la mine de Cata-ÏJranca, aujourd'hui inexploitée, la bîsmuthine était abondante. La stibine se présente sous les mêmes conditions, el encore plus fréquemment dans les mines de Morro-San-Yironte et de Gaété.
VI II. Gisements de combustibles. — Jusqu'à présent les dépôts de combustibles minéraux connus sont bien loin d'être en rapport avec les richesses si considérables de minerai de fer que présente le pays. Pourtant le terrain carbonifère est aujourd'hui bien repéré dans les provinces de Para, de l'Amazone, de San-Paulo, de Paranâ, de Santa-Catharina et de Rio-Grande-du- Sud.
Dans les deux provinces de Para et de l'Amazone, les terrains appartenant à cet horizon géologique sont d'origine marine, et leur faune a une grande analogie avec celle du carbonifère des États-Unis de l'Amérique du Nord. Il n'y a clone aucune raison de croire à l'impossibilité de rencontrer, comme dans ces pays, au milieu de leurs couches, des dépôts de combustibles. Les quelques sondages faits sans méthode jusqu'à présent ont à peine effleuré les couches supérieures, et de leur non-réussite on ne peut logiquement tirer aucune conclusion négative.
Dans la province de San-Paulo, dans le municipe de Tatuhy, où il existe quelques affleurements de charbon de terre, un sondage beaucoup pins important a fait reconnaître l'existence de quelques minces lits de combustible, et indiqué l'utilité pratique de travaux analogues dans cette province, où d'autres affleurements de même nature ont été signalés.
A Santa-Catharina, près de la rivière Tnbarao, existe un bassin de combustible minéral ou charbon bitumineux de bonne qualité, dont la concession a été donnée. Dans le bassin du Rio Ararangua, plus au sud, dans la même province, se montrent des affleurements de combustible analogue au précédent et qui ont aussi déterminé une concession donnée à une entreprise particulière.
La province de Rio-Grande-du-Sud paraît jusqu'à présent la mieux dotée sous ce rapport. Le charbon de terre s'y rencontre dans une série de petits bassins lacustres, dont l'âge, d'après les géologues, serait carbonifère, encaissé au milieu de roches cristallines : granits et porphyres. Les couches de combustible
alternent avec des lits d'argile et de schistes. Los bassins bien connus sont ceux de San-Sépé, municipe de Caçapâva ; de Candiote et Jaguarào, municipe de Bagé ; de San-Joâo d'Herval, municipe de Piratiny, et enfin de Arroio-dos-Ratos, municipe de Porto-Alegre. Le bassin de Candiota, où le charbon affleure en divers points sur les bords du petit cours d'eau de même nom et sur ceux du Jaguarâo-Chico, est traversé par le chemin de fer de Pelotas à Bagé; il a été rapporté par Agassiz et Carruthers au carbonifère. Carruthers y a découvert une série de plantes fossiles appartenant aux genres flemingites, odoniopteris, Nœgcrrathia, calamités, etc. Le charbon a une densité de i.24 à 1.80 et forme 60 à G3 pour 100 de coke. Ce bassin, bien que considérable, n'a pas encore donné lieu à une exploitation régulière.
Seul le gisement de Arroio-dos-Ratos est depuis plusieurs années exploité par une Compagnie, qui fournit du combustible aux machines fixes des mines des villes environnantes et aux petits vapeurs qui font la navigation des cours d'eau et des lagunes Patos et Mirim de la province et au chemin de fer de l'État. La Compagnie a creusé plusieurs galeries et, outre le charbon, vend des agglomérés.
IX. Substances diverses. — A côté de ces mines d'une importance plus ou moins considérable, il existe dans le pays un grand nombre de gisements de substances utilisables dans l'industrie. Je citerai, sans entrer dans de grands détails sur leurs gisements, le marbre, la pierre ollaire, l'amiante, l'ocre, les schistes bitumineux, les argiles plastiques, le kaolin, le graphite, la plombagine, la pierre à chaux, les granits, porphyres et autres pierres de construction, le salpêtre, puis le quartz, le mica, les agates et les pierres précieuses colorées.
Marbres, — Les calcaires cristallins appartenant aux terrains archéens ou paléozoïques sont fréquemment en grains assez fins pour pouvoir bien prendre le poli et fournissent des marbres d'ornementation. A Rio-Grande-du-Sud et à San-Paulo, il existe des établissements préparant en grand ces marbres du pays. A .Minas, ils sont très abondants; on les trouve à Car an dah y, Antonio-Pereira, Gandarela, etc. L'Lcole des Mines a exposé des marbres de ces deux localités, qui ont déjà été employés en grand pour l'ornementation d'églises. Les marbres de Gandarela sont très durs, de couleur variant du blanc au rouge, avec moucheture d'hématite. Ils résistent très bien aux agents atmos-
phériques, particularité qui doit les rendre précieux dans un pays où les marbres importés d'Europe ne tardent pas, dans les constructions exposées à la pluie, à. s'altérer et à perdre leur poli.
Pierres ollaires. — La pierre ollairc est utilisée dans le pays pour la fabrication d'ustensiles de cuisine, de cuves, de bassins, de tubes de conduite d'eau. Il en existe à Minas un grand nombre de variétés, dont quelques-unes, homogènes, prennent un beau poli et se prêtent à l'ornementation et à la sculpture, usages auxquels elles ont été employées dans un grand nombre d'églises de la province. On trouve de véritables carrières de cette pierre à Barbacena, Ouro-Branco, autour d'Ouro-Preto, de San-Caetano, Santa-Luzia, Catas-Altas, Santa-Barbara , Conceiçâo-do-Serro, Serro, etc. Les quelques échantillons exposés par l'Ecole des Mines représentent les divers types de cette pierre, dont la composition minéralogique et les propriétés physiques sont très variables.
Amiante. — Les gisements importants de cette substance, d'ailleurs très fréquente au milieu des schistes micacés et chloriteux de Minas, sont au nombre de deux. A 4 kiloaiètres d'Ouro- Preto. au lieu dit Taquaral, se montre une couche de cette substance intercalée entre les itabiritas et les schistes inférieurs. L'échantillon exposé montre sa nature soyeuse. Une variété fibreuse blanche forme une couche exploitable près du bourg de Roças-Novas, municipe de Caeté, au-dessus de roches gneissiques.
Ocre. — L'ocre est fréquente dans les provinces de Minas et de Santa-Catharina. On l'utilise dans la première de ces provinces, pour les peintures à bon marché des murs des maisons. A Ouro- Preto, on l'extrait près de la ville même, où elle se vend au détail environ 30 centimes le litre, d'une couche placée entre les itabirites et les schistes.
Deux échantillons, l'un jaune, l'autre passant à la sanguine, aussi abondante que l'ocre, sont exposés par l'Ecole des Mines.
Le quartz, les agates, le mica, les pierres précieuses colorées, améthystes, topazes, béryls et aigues-marines, cymophanes, grenats, tourmalines, donnent lieu à un commerce d'exportation.
Quartz. — Les quartz bien purs, propres à la fabrication des lentilles, des instruments d'optique, des verres de lunette, proviennent presque tous de la Serra-dos-Cristaes, province de Goyaz, à peu de distance de sa limite avec celle de Minas-Geraes.
90 LE BRËSII l'.N 18 89.
Les cristaux de quartz se trouvent à fleur de terre, en général recouverts d'une couche terreuse, d'oxyde de fer au milieu d'argile .m d'un tuf arônacé provenant de la décomposition des roches granitiques sous-jacentes. Il est recueilli par les gens du pays, vendu sur place, et transporté à Bio-de-Janeiro. Le minéral, si abondanl dans La province do Minas-Geraes, ne se présente que rarement dans un état physique qui permette de l'utiliser. Dans le Rio-Dôce, près de la ville de Pessanha, il existe dansées conditions un gisement qui a fourni un échantillon exposé.
Agates. — Les Agates viennent de la province de Rio-Grandedu-Sud, où le gisement exploité se trouve près de la ville de Santa-Anna-do-Livramcnto, sur les frontières de l'Uruguay.
Mica. — Le mica, en grandes lamelles incolores, jaunes ou noirâtres, vient de la province de Goya/, ou il se trouve près du chef-lieu de la province et près de la ville de Meia-Ponte. Dans le pays, il est utilisé, comme en Russie, pour garnir les fenêtres et remplacer les verres à vitre.
Topazes. — Les topazes jaunes ou roses sont encore exploitées dans les environs d'Ouro-Preto dans la carrière de Boa-Vista que traverse le chemin de fer de Dom-Pedro II. Leurs gisements forment deux filons au milieu des schistes micacés, jalonnés par les anciennes exploitations de Serramenha, Boa-Yista, José-Correia, Capao-Fundâo et Morro-de-Caxambû, où cette pierre est accompagnée de l'euclase. La très grande dépréciation qu'ont subie sur le marché les pierres colorées a fait abandonner presque complètement ces exploitations qui peuvent encore en fournir de grandes quantités.
Améthystes. — Les améthystes sont exploitées dans trois carrières à peu de distance des limites des provinces de Bahia et de Minas-Geraes. Le centre du commerce de ces pierres sont les villes de Gram-Mogol, Minas-Novas et Arassuahy. C'est autour de cette dernière ville que se trouvent, dans les graviers des cours d'eau et, en place, dans des filons de quartz, au milieu des roches granitiques, les cymophanes, béryls, andalousites, dichroiques, tourmalines, grenats.
Cymophanes. — Les cymophanes en fragments roulés, d'un beau jaune clair c! de qualité supérieure, proviennent d'un petit cours d'eau affluent du Jequitinhonha, le Piauhy ; elles sont accompagnées d'un Ires grand nombre de tréphanes.
Tourmaline. — La tourmaline noire est l'un des minéraux les plus abondants de la province de Minas, où il forme quelquefois
de véritables liions. Colles de couleur claire bien transparentes ne se trouvent guère que dans le bassin moyen du Jequitinhonha, souvent en énormes cristaux au milieu de filons de quartz. On les exploite autour des villes d'Arrassuahy, de Santo-Antonio-de- Salinas, dans des graviers où elles sont accompagnées de béryls et de grenats. Le centre du commerce de ces pierres est la ville de Rahia, niais une partie est utilisée dans le pays pour la fabrication des bijoux.
Salprftrs. — Le salpêtre est depuis très longtemps exploité dans les grottes calcaires du plateau du San-Francisco et du rio des Velhas, dans la province de Minas-Geraes, et dans celles des provinces de Goyaz et de Bahia. Les terres salpétrées, en général très riches, sont traitées sur place même, et le salpêtre est vendu à, environ un franc le kilogramme pour la fabrication de la poudre de chasse et des feux d'artifice. La présence de l'azotate dans les régions à élevage de Minas-Geraes est un fait important pour l'agriculture. Les eaux qui lavent ces terres se réunissent dans les bas-fonds, où elles forment des mares que fréquentent les bêtes à cornes. La nitrifîcation dans ces climats chauds, au milieu de terres riches en alcalis ou en chaux, se fait avec une puissance extraordinaire, et le salpêtre peut ensuite être transporté par les eaux d'infiltration dans des grottes au milieu de roches quartzeuses, où il forme des amas, des filons même, comme dans celle découverte près de Diamantina il y a quelques jours, et qui a fourni déjà plus de 40 tonnes d'azotate pur cristallin, dont des échantillons sont exposés.
Graphite. — Le graphite mélangé à l'argile forme fréquemment à Minas-Geraes des couches qui pourront fournir, comme à Itabira-de-Matto-Dentro de la plombagine de bonne qualité. Dans le bassin inférieur du Jequitinhonha existe un filon de graphite de 0 m. 50 à 1 m. de puissance au milieu des roches granitiques. Ce gisement fournit des échantillons contenant 83 p. 100 de carbone et pouvant servir à la fabrication des crayons.
Nombreux sont donc les gisements métallifères et de substances utilisables dans l'industrie, déjà connus au Brésil. Bien plus nombreux doivent être ceux que le sol renferme, dans cet immense pays où une bien petite parcelle du sous-sol a été étudiée et qui offre un si vaste champ de recherches dans des régions vierges de toute exploitation !
Lois et règlements sur les mines. — Il me semble utile de
c pléter cette notice sur les gisements métallifères du Brésil en
faisanl connaître brièvement les lois et les règlements Bur la propriété des mines. Ce sujet a *'* l *> traité dans un bravai] dû au savant jurisconsulte M. le docteur Antonio II. de Souza-Bandeira.
lui premier lieu, depuis La loi de 1867, les étrangers peuvent acquérir et exploiter des mines au Brésil dans les mêmes conditions que les nationaux. Les compagnies anonymes, dont Je siège social se trouve hors du pays, n'ont pour fonctionner au Brésil qu'à obtenir du gouvernement une permission qui exige fort peu de formalités et à accréditer un agent responsable, résidant dans le pays, auprès du .Ministère de L'Agriculture, du Commerce et des Travaux publies. Bien que le Brésil ne possède pas de loi codiliée sur les mines, et que la matière soit encore régie par d'anciennes lois portugaises et par des décrets et des arrêtés postérieurs à la proclamation de L'indépendance, il ressort des actes du gouvernement que la propriété des mines est distincte de celle de la superficie. Les gisements de pierres de construction et d'ornementation, des substances employés dans l'industrie et l'agriculture, marbres, pierre à chaux, marnes, argiles, amiante, quartz, mica, tourbe, pierres précieuses autres que le diamant font exception, et leur propriété suit celle du sol ; le propriétaire peut en disposer à son gré en se soumettant simplement aux règlements municipaux qui peuvent exister sur la matière. La propriété de tous les autres gisements peut s'acquérir: 1° par achat, héritage ou donation d'anciens concessionnaires, ou dates minérales accordées par le gouvernement portugais avant l'indépendance ou depuis cette indépendance par décret du gouvernement, ou bien par simple décision de fonctionnaires spéciaux, nommés par les présidents de province, mais qui n'existent de fait que dans la province de Miuas-Geraes, et qui portent le nom « de gardes généraux substituts des mines »; 2° par concession obtenue directement du gouvernement central ou des mêmes gardes-mines, dont les attributions et les caractères sont entièrement différents des fonctionnaires qui portent ce nom en France.
Les concessions faites par les gardes-mines pour un temps indéterminé, peuvent s'étendre sur un certain nombre d'unités de superficie [dates minérales) suivant la demande des intéressés. Une date vaut GS hectares b\070 centiares. Leur obtention n'est précédée que d'une simple demande faite au garde-mine du district qui, à l'aide de professionnels, marque les limites de la
concession. Les concessions accordées par le gouvernement sont précédées d'un permis de recherche accordé par décret sur demande adressée au ministère de l'agriculture en indiquant le municipe où ces recherchés doivent être effectuées. Ce permis donne le droit de faire pendant un an, délai souvent prorogé, des recherches dans le municipe indiqué, sur une superficie de cent hectares dont le concessionnaire peut lui-même choisir l'emplacement, à condition de ne pas empiéter sur une permission antérieure à la sienne et d'indemniser les propriétaires de la superficie des pertes et dommages que peuvent leur causeries travaux. Un même individu peut obtenir plusieurs permissions analogues, pourvu que chacune d'elles soit située dans un municipe différent.
La concession définitive est donnée par décret impérial sur la présentation des plans avec sections du gisement découvert, d'une carte indiquant la composition géologique des terrains environnants, d'échantillons des minerais découverts et d'un rapport sur la puissance, la nature du gisement. Ces documents sont soumis à l'examen de personnes compétentes, choisies par le ministre. La concession est faite pour un temps indéfini et crée, pour celui qui Ta obtenue, une propriété soumise aux mômes lois que celles de toute autre espèce, sauf les clauses qui peuvent être indiquées dans l'acte de concession.
D'après la loi du 26 septembre 1867 le gouvernement indique que le concessionnaire aura à payer à l'Etat un droit fixe de 5 réis (un peu plus de 1 centime au pair; par 4m,84 de superficie de la concession, et une redevance proportionnelle de 2 p. 100 sur le produit net de la mine. Mais comme cette loi n'a pas encore pu être exécutée, car le règlement qui doit l'accompagner n'a pas été élaboré, il résulte de décisions prises par le ministre des finances que les concessionnaires n'ont à payer à l'Etat que le minime droit fixe annuel de 2.000 réis (un peu moins de 6 francs au pair) pour chaque date minérale de 68 hectares 6.070 centiares con formément à la loi budgétaire de 1868 !
Aucune redevance n'est fixée en faveur du propriétaire de la surface, qui n'a droit qu'aux indemnités qui peuvent lui être allouées pour compenser les pertes et dommages que lui causent l#s travaux d'exploitation.
Les gisements de diamants sont soumis à une législation ■spéciale, où il est clairement et nettement établi qu'ils font partie du domaine de l'État. Leur concession, véritable fermage, se
fait par adjudication publique, et il est en outre accordé aux simples laveurs de gra> iers (garimpeiros) une autorisation qui leur permet et leur donne le droit de lavage dans les terrai» aea concédés. La concession est faite pour un délai de 1 an à 10 ans, ei moyennant un droit minimum de 2 réis (un peu plus de 1/2 centime par mètre carré ; siles terrains n'ont jamais été exploités, le droil est encore abaissé ; si les terrains ont été le siège d'anciennes exploitations, l'unité de superficie porte le nom de lot et sa valeur varie de 29.040 mètres carrés à 48-4. 000 mètres. Un seul individu ne peut pas obtenir la concession de plus de deux lots. Les Compagnies, organisées en vue d'exploiter le lit des rivières et les gisements dont la situation rend les travaux plus difficiles, peuvent obtenir des concessions plus étendues dans les conditions précédentes, et dont la superficie maxima soit de 43. 5G0. 000 mètres; la durée de la concession dans ce cas est élevée à 15 ans.
I /administration spéciale des terrains diamantifères relève du ministère des finances.
ECOLE DES MINES D'OURO-PRETO