En dialect napolitain, ce nom est prononcé Bagnolo
122 LE BRÉSII i\ 1889.
mulâtre très brave, el ayant une grande connaissance do théâtre des opérations, changea la situation des deux partis. Guidés par lui, les Hollandais commencèrent par le sac et l'incendie d'Iguarassû 1632 , et ils s'agrandirent par la prise de ftio- Formoso, malgré la résistance héroïque de Pedro d'Albuquerque ci de ses soldats, par la conquête de l'île d'Itamaraca, du Rio- Grande-du-Nord 1633 , du r»>H du PontaJ (cap Saint-Augustin) et • le Parahyba 1634). Au camp retranché de l'Arraial ils avaient été repoussés deux fois eu ni:;:; ; mais en 1635, après un siège de trois mois, dirigé par Arciszewski, la garnison capitula, réduite parla famine ((> juin). La même année l'amiral Lichthardt s'était emparé de Barra-Grande el «le Porto-Calvo (mars), dans l'Alagoas, et le 2 juillet, après cinq mois de siège, von Schkoppe faisait capituler le fort de Nazareth. Ces revers forcèrent Mathias d'Àlbuquerque à abandonner Pernambuco età faire retraite sur l'Alagoas. Quelques milliers de familles le suivirent, préférant l'émigration à la domination étrangère. Albuquerque reprit Porto-Calvo (19 juillet), et Calabar, tombé entre ses mains, y fut exécuté. La retraite se continua vers le sud, et quelques renforts étant arrivés avec un nouveau général, Rojas y Borja, celui-ci reprit l'offensive, mais il fut lue à la bataille de Malta Hedonda (18 janvier 1636), gagnée par Arciszewski. Camarâo couvrit la retraite des vaincus, et Bagnoli, le nouveau général en cbef, réussit à se maintenir pendant quelque temps dans l'Alagoas, et à inquiéter l'ennemi par des incursions sur son territoire. C'est alors que la Hollande envoya à Pernambuco, avec de nouvelles troupes, le prince Jean Maurice, comte de Nassau-Singen, nommé gouverneur général du Brésil hollandais. xMaurice remporta la victoire de Comendaituba (18 février 1637) sur l'avant-garde de Bagnoli commandée par Almiron, s'empara de Porto-Calvo, et poussa sa marche triomphante jusqu'au Sao-Francisco. La même année l'amiral Lichthardt fut repoussé dans un débarquement à Ilhéos (27 juin), Garstman prit d'assaut le fort de Cearâ, et von Schkoppe ravagea Sergipe et força Bagnoli à battre en retraite sur Bahia.
.Maurice de Nassau essaya alors de s'emparer de la ville de Bahia (1638), mais il échoua dans deux assauts, et dut se rembarquer, après quarante jours d'investissement, ayant subi des pertes très grandes. Bagnoli, qui avait dirigé la défense, fut créé prince par Philippe II.
Maurice fonda, dans l'île d'Antonio Yaz, liauritistadt, qui est aujourd'hui, sous le nom de Santo-Antonio, ww des
trois quartiers de la ville de Récife ; il attira au Brésil les naturalistes Piso et Maregraf, le cosmographe Ruiters, le mathématicien Cralitz, le savant Herckmann, le poète Plante, les peintres Franz Post et A. van den Eckhoute, l'architecte P. Post ; il créa un observatoire, proclama la liberté des cultes (quelques restrictions furent faites peu après sur Tordre de la métropole) et obtint des États généraux la liberté du commerce, le monopole de la compagnie des Indes occidentales restant limité à l'importation des esclaves et à l'exportation des bois de teinture (1G38).
En 1639, le comte da Torre, arriva à Bahia comme gouverneur général du Brésil, amenant une flotte et des troupes dont le nombre avait été réduit de moitié par suite d'une épidémie pendant le séjour des navires en Afrique. Ayant reçu des renforts de Riode-.laneiro et de Sâo-Paulo, il fit voile pour débarquer l'armée près de Récife, mais les courants et le mauvais temps amenèrent la flotte jusqu'au cap Saint-Roch, suivie par les Hollandais qui l'attaquèrent quatre fois sans succès (13, 14, 15 et 17 janvier 1640). La rupture entre le comte da Torre et l'amiral espagnol Yega Bazan, priva le premier de l'appui de cette flotte. Une partie de l'armée débarqua dans le port de Touro (7 février) sous la conduite de Louis Barbalho, l'autre retourna à Bahia, avec le comte da Torre et le prince de Bagnoli1, sur les transports qui restaient, et qui auraient pu être capturés, les navires de guerre espagnols et portugais ayant continué leur route vers le golfe du Mexique. Dans cette marche de trois cents lieues jusqu'à Bahia, Barbalho réussit à traverser tout le territoire occupé par les Hollandais. Il commença par faire prisonnier, dans un combat sur le Potengy, le gouverneur de Rio Grande, Garstman ; puis, il prit d'assaut Goyana (28 février), et remporta de nouvelles victoires à Salgado (Alagoas, rive droite du Parahyba) et à Unhaû (Nhuanhû dans la carte de Barlœus), où deux combats furent livrés2.
Du 29 avril au 30 mai, les plantations et les fermes des envi-
1. Quelques historiens ont prétendu que le prince de Bagnoli avait quitté alors le Brésil. Il y est mort, à Bahia, le 26 août 1640, et, selon Pacte de décès, il a été enterré dans l'église du Couvent des Carmes. On trouve ce renseignement au § 407 de YHistoria Milita? do Brazil, ouvrage inédit de Miralles, qui l'a achevée en 1762 à Bahia.
2. Les rapports de L. Barbarlho, du comte da Torre et de son successeur n'ont pas été découverts jusqu'ici. C'est grâce à des documents espagnols et hollandais inédits, et à des lettres de Bahia interceptées par les Hollandais, qu'il a été possible de donner ici quelques renseignements nouveaux et de rectifier certains faits et certaines dates.
rons de Bahia furent ravagées par l'amiral Lichthardt. Le 21 juin, Le marquis de Montalvâo, premier vice-roi nommé pour le Brésil, arrivail à Bahia. Louis Barbalho envoyé au Rio Real, y défit L'ennemi I août), et, après une lutte très meurtrière, réussit à s'emparer du forl principal des Hollandais (10 septembre). Les habitants de Victoria et Villa Velha dans l'Espirito-Santo, repoussèrent une attaque du colonel Koen [29-30 octobre).
l'en après, la nouvelle de la révolution du Portugal contre la domination espagnole arrivait à Bahia (15 février 1641) et se répandait dans tout le Brésil. Le duc de Bragance, acclamé roi du Portugal, sous le nom de Jean IV, était aussitôt reconnu dans les capitaineries du Brésil non occupées par les Hollandais, et dans toutes les colonies portugaises. Un ambassadeur de Jean IV fut reçu à la Haye, et le 13 février les Etats généraux ordonnèrent que désormais les Portugais seraient traités en amis. Le 12 juin un traité fut signé à la Haye stipulant un armistice de dix ans entre la République et le Portugal et une alliance offensive et défensive contre l'Espagne. Mais Maurice avait profité du moment pour occuper le Sergipe jusqu'au Rio-lleal (avril 1641), pour envoyer l'amiral Jol s'emparer de Saint- Paul de Loanda et de l'île de Saint-Thomé, en Afrique, et pour faire la conquête de Maranhâo (25 novembre), sous prétexte que le traité n'avait pas encore été ratifié par le Portugal.
L'année suivante, les habitants du Maranhâo, dirigés par Muniz Barreiros et Teixeira de Mello, se soulevèrent, et réussirent à chasser les Hollandais en 1644. Presque en même temps les Indiens s'emparaient du fort de Cearâ qu'ils détruisirent, mais bientôt les Hollandais y établirent un nouveau fort.
Le déclin du pouvoir hollandais au Brésil commençait ainsi au moment où les provinces brésiliennes conquises se voyaient abandonnées de la métropole. En 1644, Maurice de Nassau retournait en Europe.
Le 23 mai L645, Fernandes Vieira, Antoine Cavalcanti et plusieurs autres des plus riches habitants de Pcrnambuco, encouragés secrètement par le gouverneur général du Brésil portugais, Antoine Telles daSilva, signèrent rengagement de provoquer une insurrection pour « libérer leur patrie ». La révolution éclata le 13 juin, et les régiments de l'ancienne armée de Pernambuco, commandés par Vidal, Camarâo et Henri Dias, se rallièrent peu après aux insurgés. Fernandes Vieira gagna la bataille de Tabocas (3 août), et, réuni à Vidal, força le commandant en chef
ESQUISSE DE L'iIISTOIRE DU BRESIL. 125
hollandais Hous à mettre bas les armes au combat de Casa- Forte (7 août). Pour venger ces revers, Lircthardt détruisit à Tamandaré (9 septembre) une petite escadre partie de Bahia sous le commandement de Serrao de Paiva. Les Brésiliens s'emparèrent des forts de Serinhaem (3 août), Porto Galvo (17 septembre), Pencdo (17 septembre), Sergipe et de la ville d'Olinda qui avait été rebâtie du temps de Maurice; mais ils furent repoussés à Itamaracâ (23 septembre). Dans les territoires de Parahyba et Rio-Grande ils remportèrent les victoires de Inhobim (11 septembre) et de Cunhaû (23 novembre), puis celle de Guajû (26 janvier 1646), gagnée par Camarâo. C'est en 1646 (24 avril) qu'a eu lieu la belle défense de Tijucopapo par Agostinho Nunes. La même année, Vidal et Vieira battaient l'ennemi dans l'île d'Itamaracâ, qu'ils durent cependant évacuer à la nouvelle de l'arrivée de grands renforts conduits par l'amiral Banckert1 et le général Sigemundt von Schkoppe. Celui-ci subit un échec dans son attaque contre la ville d'Olinda (5 août). Vers la fin de l'année, les Hollandais occupèrent de nouveau Penedo et l'embouchure du Sâo-Francisco, mais une de leurs divisions ayant été détruite près de ce fleuve, à Urambû, (31 décembre) par François Rebello, ils évacuèrent ces parages. En 1647, Schkoppe menaça la capitale du Brésil en se fortifiant dans file d'Itaparica. Rebello envoyé contre lui fut repoussé et tué (10 août). Le 15 décembre, Schhoppe se rembarquait à la hâte, et sept jours après la flotte du comte de Villa- Pouca, nommé gouverneur général du Brésil, arrivait à Bahia, amenant quelques troupes. De leur côté, les Hollandais recevaient de grands renforts conduits par l'amiral De With, et le général Schkoppe se décidait à sortir pour attaquer l'armée assiégeante, commandée alors par le général Barreto de Menezes. La bataille eut lieu le 19 avril 1648 sur les collines de Guararapes, et la victoire de Barreto fut complète. Peu après, dans un combat naval devant Bahia, entre De With et une partie de l'escadre de l'amiral Louis da Silva Telles, le commandant du galion partugais le Rozario, Pedro Carneiro, fut abordé par deux vaisseaux ennemis.
1. Yarnhagen l'appelle Baucher. Il s'est trompé en lisant le nom ainsi orthographié et transformé dans l'ouvrage de Moreau, à qui l'erreur n'est pas imputable, car Moreau a connu personnellement Banckert. C'est à une mauvaise interprétation du manuscrit à l'imprimerie qu'on doit attribuer cette faute. L'amiral en question était Joost van Trappen, dit Banckert, déjà célèbre, surtout après les batailles des Dunes (1639) entre Tromp et Oquendo.
12G LE BRÉSIL El 188t.
Voyanl mue La résistance devenait impossible, il mil Le feu à La Sainte-Barbe, et sauta, entraînant dans sa perte les deux oarires hollandais '.
\ ,,,. expédition organisée à Elio - de - Janeiro [»ar L'amiral Salvador Correa de Sa, natif de cette ville, s'empara des forts de Loanda, et repril Angola aux Hollandais 1648 .
Le i!) février 1649, L'armée hollandaise ('prouva des pertes plus considérables que L'année précédente dans nue nouvelle bataille gagnée par Barreto à Oitiseiro sur les mêmes collines de Guararapes. Le siège de Mauritzstadt el de Récife, commencé en 1645, dura encore cinq années, les Hollandais se trouvant maîtres de La mer. Enfin nue escadre portugaise sous Le commandemenl de Jacques de Hagalhaes, arriva pour bloquer le port, et Barreto commença L'assaut des forts extérieurs dont il s'empara. Le général Schkoppe capitula 26 janvier 1654) cl toutes les forteresses qu'occupaient encore au Brésil Les Hollandais furenl remises au roi de Portugal.
La conquête de l'intérieur au XVIe et XVIIe siècles. Guerres des Paulistas. Découverte des mines d'or. — De 1573 à 1578, peu, lui! Le gouvernement de Brito e Almeida, plusieurs expéditions pénétrèrent dans L'intérieur des terres. Sébastien Tourinho, qui déjà était arrivé à Minas-Geraes par le Rio-Dôce, partit de Porto-Seguro (1573) jusqu'aux montagnes des Orgues (Rio-de- Janeiro), puis, prenant la direction nord-ouest, il traversa le terri Ici ri' de Minas-Geraes et descendit le Jequitinhonha. Dias Adorno pénétra jusqu'à .Minas parla rivière de Caravellas. Basliào Àlvares, de Porto-Seguro, Gabriel Soares de Sousa, de Bahia l'auteur du Tratado descriptivo do Brazil em 1587), Domingos Martins Câo, d'Espirito-Santo, avant 1598, Marcos de Aseredo Coutinho, vers la même époque, dirigèrent des expéditions au Sào-Francisco et à Minas. Martim de Sa, de Rio-de- Janeiro, dépassa La chaîne de Mantiqueira vers 1592. Mais les expéditions parties de Sâo-Paulo furent plus aombreuses.
Du temps de La domination espagnole (1580-1640), les Paulistas, qui ont été Les pionniers du Brésil au centre et au sud de
1. Rapporl du L9 décembre L648 du général Schkoppe. Le aom «lu commandant du Rosario, qu'un historien moderne de cette guerre a r< ,j(. Qe pag connaître, se trouve dans le Portugal Restaurado, d'EmcEnu, H, 25fi (édit. de 1751 ,et dans L'ouvrage de Sauta Teresa, II, 133. Pedro Carneù chevalier de Malte, de même qu'nn officier qui se trouvait à son boni, et qui périt, comme ton! l'équipage: Alphonse de Norouha, deuxième fils du comte Je Liuhares.
l'Empire, s'avancèrent très loin dans L'intérieur dos terres, à la recherche do l'or et faisant la chassa aux Indiens, qu'ils réduisaient en esclavage pour approvisionner les plantations delà côte. Attaqués par les sauvages, ils se bornèrent d'abord à la défensive, puis ils prirent la résolution de se débarrasser de leurs ennemis, La première guerre offensive des Paulistas, dirigée par Jeronymo Leitâo, fut faite contre les Tupininquins de l'Anhemby, aujourd'hui Tiété, qui comptaient, selon les jésuites espagnols, trois cents villages et 30.000 combattants. Ces villages turent presque tous détruits et un grand nombre d'Indiens réduits en esclavage. La guerre dura six ans. De 159^ à 1599, sous la conduite dWffonso Sardinha, puis, de Jorge Correa et Joào do Prado, ils firent une seconde guerre d'extermination, celle-ci contre les sauvages de la rivière Jeticay, aujourd'hui Rio-Grande, qui. avec le Paranahyba, forme le Paranà. Déjà dans les premières années du xvir3 siècle (1601-1602), comme le montre le Routier de Glimmer, les Paulistas arrivaient à Sabarâ dans l'intérieur de Minas-Geraes. Une troisième grande expédition, qui parait avoir été dirigée par Nicolas Barreto, Manoel Preto et plusieurs autres habitants de Sâo-Paulo, poussa plus au nord (1602) et ravagea pendant cinq ans les villages et campements indiens du Paraupaba, c'est-à-dire du Haut- Ara guaya. On prétend qu'en 1592 Sébastien Marinho était arrivé à Goyaz.
En 1606, les Paulistas ne pouvaient mettre sur pied, pour ces expéditions, que 1.800 hommes, dont 300 blancs et 1.500 Indiens, presque tous munis d'armes à feu et protégés dans les combats par une cuirasse en cuir ouaté1. Ils augmentèrent leur nombre en s'adjoignant des aventuriers de Rio-de-Janeiro et d'Espirito-Santo et les Indiens prisonniers. Manoel Preto2 avait à
1. «.... Todos muy bien araiaclos con escopetas, vestidos de escupiles, que son al modo de dalmaticas, estofodas de algodon, con que vestido el soldado de pies à cabeça, pelea con seguridad de las saetas ; à son de caxa, vandera tendida, y orden militai*... » (Montoya, Conquista E spiritual, § 75, page 92 . — Au commencement de notre siècle, les soldats de Sâo-Paulo, employés contre les Indiens sauvages, conservaient encore ce costume. Le peintre Debret les a représentés dans son Voyage Pittoresque au Brésil (Tome I, planche 21 : « Sauvages civilisés, soldats indiens de Mogy-das-Cruzes combattant des Botocudos ».)
2. Ce Manoel Preto était Portugais. Nous lisons dans un ouvrage récent qu'il était surnommé à Sào-Paulo « le héros de la Guayra ». C'est par erreur qu'on lui donne ce nom, car il était probablement mort au moment de la conquête de la province de Guayra. Les jésuites parlent d'un nommé
lui seul L.000 combattants indiens dans ses terres d'Expectaç&o, près de Sâo-Paulo. On donnait ;i ces expéditions à L'intérieur le nom de Bandeira [drapeau , et aux individus qui les composaient celui de bandeirantes.
Vers L620, Les expéditions de Sao-Paulo commencèrent à se porter contre Les sauvages qui habitaient les côtes méridionales du Brésil. Plusieurs milliers d'Indiens Patos furent amenés à Sâo-Vicente et à Rio-de- Janeiro. En L627, les Paulistas furent attaqués par le cacique Tayaobâ, allié des jésuites espagnols. L'année suivante, pour se venger de cette agression, les Paulistas ravagèrent les frontières de la province «le Guayra. Les Espagnols et les jésuites du Paraguay donnaient ce nom au territoire compris mitre Le Paranapanema, L'Itararé, L'Iguassûet la rive gauche du Paranâ. On y voyait en 1 630 deux petites villes habitées par des Espagnols : CiudadReal, sur Le Pequiry, prèsde son embouchure dans le Paranâ, et Villa-Rica, sur l'Ivahy, ainsi que plusieurs villages d'Indiens soumis aux jésuites du Paraguay. Loreto et Santo-Ignacio, sur la rive gauche du Paranapema, fondées en 1610, el aient les plus anciennes et les plus importantes de ces missions. Les autres étaient de création récente : Angeles, formée avec les Indiens du chef Tayaobâ (1628) et San-Thomé (1628 , sur le Curumbatahy; Conception de los Gualachos (1628), près des sources de cette rivière ; San-Pablo (1627; et Santo-Antonio (1628), sur la rive droite de l'Ivahy; San-José (1624), et San- Xavier (1623), sur deux affluents de la rive gauche du Tibagy ; Encarnacion {1625), Jésus Maria (1630) et San-Miguel sur la rivegauche de cette rivière, et San-Pedro (1627) à l'est du Tibagy. A l'embouchure de l'Iguassû, les jésuites espagnols possédaient la réduction de Santa Maria Maior (1426), et, sur le Paranâ, du confluent de l'Acaraig vers le sud, plusieurs autres ; mais elles formaient la province du Paranâ. Dès 1620, ils avaient commencé à créer leurs établissements sur l'Uruguay et ses affluents, région désignée alors sous le nom de province d'Uruaig.
En 1630, les Paulistas, dirigés par Antoine Raposo Tavares1,
Joào Prcto qui a visité à cette époque Guayra et s'est établi à l'Assomption ; mais c'était un charlatan, et non un héros. — Manoel Preto avait trois frères : Innocencio, Sebastien et Joseph, et uu iils, Antoine Preto.
1. Les chroniqueurs de la province de Sào-Paulo et tous les historiens confondent souvent ce Raposo Tavares avec Antoine Raposo. Ce dernier est mort en 1633. Son iils, Antoine Raposo, partit en 1631, conduisant quelques renforts, pour la guerre contre les Hollandais. Enl6il,il se trouvait à Cartagène des Indes avec plusieurs autres officiers et soldats portugais et
qui avait sous sos ordres Frédéric de Mello, Antoine Bicudo, Simâo Alvares et Manoel Morato4, remontèrent le Ribeira d'Iguape, franchirent la chaîne de Paranapiacaba et tombèrent sur la partie méridionale delà province de Guayra. Bicudo s'empara de San- Ifiguel : Alvares, de Santo-Antonio ; Morato, de Jesus-Maria. « Nous venons », disaient-ils, « vous chasser de ce pays, car il est à nous et non au roi d'Espagne2». L'année suivante, les Paulistas s'emparèrent de San-Pablo et de San-Xavier, repoussèrent dans ce dernier village une attaque des Espagnols de Villa-Rica, puis ils s'emparèrent de San-Pedro et de Goncepcion de los Gualachos. Les jésuites réunirent à Loreto et à Santo-Ignacio tous les indiens qui avaient réussi à échapper à ces razzias, et prirent la résolution d'abandonner la province de Guayra pour aller s'établir entre le Paranâet l'Uruguay (1631), où ils avaient déjàplusieurs missions. Ils ne conservèrent de ce côté que les réductions de Santa-Maria Maîor de l'iguassû et de Natividad de l'Acaraig, évacuées en 1633. Aussitôt après leur départ, les Paulistas s'emparèrent des villes espagnoles de Yilla-Rica et de Ciudad-Real (1631), qu'ils détruisirent de fond en comble. Grâce à l'intervention de l'évêque du Paraguay, qui se trouvait en tournée pastorale dans la première de ces villes, leurs habitants purent partir sans être inquiétés et allèrent s'établir sur les bords du Jejuy (Paraguay).
En 1632 les Paulistas franchirent le Haut-Paranâ et s'emparèrent de trois réductions d'indiens Itatines, que les jésuites venaient de fonder à l'ouest du Rio-Pardo (Matto-Grosso), ainsi que de la ville espagnole de Santiago de Jerez, située sur un plateau de la chaîne d'Amambahy, près des sources de FAquidauana3. Plusieurs Espagnols étaient de connivence avec eux, et allèrent se fixer à Sâo-Paulo.
brésiliens débarqués delà flotte de VegaBazan. En 1651, il arrivait àGurnpâ, daus le fleuve des Amazones, — Antoine Raposo Tavares était un natif de San-Miguel deBéjaen Portugal. Il arriva à Sâo-Vicente en 1622, et il a été incontestablement le chef des premières expéditions contre les établissements des jésuites du Paraguay, selon les déclarations faites à Madrid par Montoya et Lourenço de Mendoça, prélat de Rio-de-Janeiro.
1. Mello était un natif de Espirito-Santo, selon Paes Leme (Nobiliarchia Paulistana) ; Bicudo était un Paulista. Sur les deux autres, cités par Techo (Hist. prov. Paraquariœ) nous n'avons pu trouver aucun renseignement.
2. « Yenimos a echarlos de toda esta région porque esta tierra es nuestra y no del Rey de Espaùa » (Montoya, Conq. Esp. § 35). Dans une de ses représentations au Roi, Montoya disait : — « en aquellas villas parece no conocen a V. M. por sus cedulas, que reciben con mosquetes y mechas encendidas, y nunca las ejecutan. »
3. Ces villages venaient à peine d'être fondés. Une ville de Jerez avait
i: | LE BP ÊSII EN 1889.
De 1626 à 1624 les jésuites du Paraguay avaient réussi h étendre leurs établissements sur une grande partie du territoire qui forme aujourd'hui La province brésilienne de Rio-Grande-du- Sud. Lors de la première Invasion des Paulistas (1636) les réductions ou bourgs jésuitiques étaient au aombre de quinze, entre l'Ijuhy linii) el la Serra Gérai, au nord, ribiruhy (alors Ibicuity) cl le Jacuhy (Igay, nommé aussi Phasido), au sud, l'Uruguay, à l'ouest, el le Taquary (alors Tebicuari, on rivière del Espirito Santo), à l'est. La partie orientale de ce territoire fut désignée sous le nom de «province de Tape1». Ces établissements furent détruits, comme ceux de la province de Guayra, aussitôl après leur fondation. Elaposo Tavares quitta Sâo-Paulo avec son armée (sept. 1636), ri le 3 décembre, aprè s un combat de si\ heures, il prit Jesus-Maria de Yequi(Rio-Pardo). Les réductions de San Uiristobal,SanJoaquin (>l Sant'Ana lurent évacuées, mais les Paulistas firent un grand nombre de prisonniers, et repoussèrent uneattaque des Indiens dirigés par lePère Romero. La réduction de Natividad de Araricâ l'ut abandonnée, et il ne resta aux. jésuites dans le territoire de Tape que leur colonie de Santa Tercsa de ïbituruna. Celle-ci leur lui enlevée l'année suivante (décembre 1637). En 1638 les Paulistas complétèrent la destruction des établissements espagnols situes à l'orient de l'Uruguay. Vainqueurs h Caaro, à Caazapâguazû, où le combat dura deux journées, à Caazapâmini et à
été fondée en 1579, par Melgarejo, sur le Mbotetey aujourd'hui Mondego), puis évacuée. Ed 1503 RuiDiaz de Guzman, gouverneur de Guayra, fonda avec des habitants de Ciudad-Real une seconde ville de Jerez sur la rive droite du Mondego. En 1625 ses habitants, ayant obtenu l'autorisation du gouverneur du Paraguay, allèrent s'établir sur les plateaux de l'Amambahy, à l'endroit nommé ;'i cette époque « Llanos de Yaguary. » Les trois villages détruits étaient Saint-José d'Itatines, Angeles e1 San-Pedro-y-San-Pablo.
1. Les bourgs ou villages (Pueblos) des jésuites du Paraguay ont changé souvenl de place e1 d'autres bourgs du môme nom ont été fondas dans des endroits différents. Voici ceux qui existaient à Rio-Grande-du-Sud en 1636etles dates de leur fondation: — Sur la rive droite du Rio Pardo(àeette époque Yequi ou Rio Verde), en remontant cette rivière, San Chrxstobal (1634) et Jesuê-Maria : sur la rive gauche, près de ses sources, San Juarjuin (1 633;. SurlePasso de Jacuhy, rive gauche du fleuve de ce nom, SanfAna (1633) ; rive droite de l'Araricà, Natividad (1632). Près d*'s sources du Jacuhy, non loin de l'endroit ■ m se trouve aujourd'hui Cruz-Alta, Santa Thereaa de Ïbituruna (1633). Dans [es sources de l'Ijuhy Grande, San Carias de Cadpi (1631); sur l'Ijuhy Mirim, rive droite. Apostoles de Cadzapàguazû (1631), et, en descendant cette rivière, Martyres de Caaro [1628 . Entre l'Ijuhy el le Piratiny, Candelaria de Cadzapdminï (1611 : rive gauche du Piratiny, près de son confluent dans l'Uruguay, San Nicolas (1626 : sur la rive droite de 1*1 tù (alors Tibiquaci), Thomé (1633 ; sur la droite de Tlbicuhy, en remontant cette rivière, i é de Itaquatià (1633), S. Miguel (1632), et SS. Cosme-y-Damian (1634).
San Nicolas1, ils forcèrent les jésuites à émigrer avec les Indiens qui purent échapper à cette catastrophe, et qui allèrent s'incorporer aux réductions situées entre l'Uruguay et le Paranâ ou former dans ces parages de nouvelles bourgades, dont quelquesunes conservèrent les noms de celles qui venaient d'être détruites2. En 1641 (mars), les Paulistas essayèrent d'attaquer ces missions, mais ils furent repoussés par les Guaranys près du Mbororé (rive droite de l'Uruguay). Leurs expéditions étaient dirigées à cette époque plutôt vers l'ouest et le nord que vers le sud. On vit alors les Paulistas pousser leurs courses jusque dans la partie septentrionale du Paraguay, dans le district de Santa Cruz de la Sierra, et dans les cordillères du Pérou. En 1636 un de leurs chefs, François Pedroso Xavier, prit et détruisit la seconde Yilla-Rica, sur le Jejuy (Paraguay), ainsi que plusieurs villages indiens des environs. Poursuivi par Andîno, ancien gouverneur du Paraguay, il l'attendit dans les montagnes de Maracajû, et, après un combat, le força à battre en retraite.
Entre les municipalités et les habitants de Sâo-Paulo, de Riode-Janeiro, duMaranhào et du Para, d'un côté, et les jésuites, de l'autre, une longue lutte s'engagea à cause des Indiens, dont ces derniers défendaient la liberté, mais qu'ils étaient accusés d'exploiter à leur profit. A Rio, on essaya de faire sauter avec de la poudre la chambre du premier prélat de cette ville, Lourenço de Mendoça (1632), qui défendait la liberté des Indiens. A Sâo-Paulo, les habitants s'emparèrent de tous les Indiens qui travaillaient dans les plantations du collège des jésuites (1633), et expulsèrent ces religieux (1640) de la ville. Les bulles du pape et les ordres du roi obtenus par Ruiz de Montoya, Dias Tailo et Lourenço de Mendoça, condamnant l'esclavage, n'étaient pas exécutés. Des troubles éclatèrent à Rio. En 1661 quelques Paulistas voulurent se séparer du Portugal et nommer roi Amador Bueno. Celui-ci refusa, et fit acclamer roi Jean IV, déjà reconnu dans toute la partie du Brésil non occupée par les Hollandais. En 1653 les jésuites purent rentrer à Sâo-Paulo, en acceptant les conditions qu'imposèrent les habitants.
1. Dans ces combats, un Nicolas Nenguirû « bello et pace bonus », commandait l'aile droite des Guaranys. C'était peut-être un ascendant de Nicolas Nenguirû, devenu célèbre pendant la guerre de 1754-56.
2. C'est alors que furent fondées dans cette région Santo Thomé, Apostoles, San Carlos, San José, San Nicolas (transféré plus tard de nouveau sur le Piratiny, mais à un endroit différent du primitif), Candelaria, Martires, San Cosme, Sant' Ana.