Porto Seglro Hisl. da Indep., mns
3. Diogo Feijô, né à Sâo-Paulo en 1784 ; mort dans la même ville le 10 novembre 1843.
les bords de l'Uruguay. •■ C'était naguère un*' des plus belles contrées de T Amérique méridionale. Ses habitants voulurenl se fédérer et commencèrenl par se désunir : chaque village, chaque hameau prétendit faire sa patrie à part ; d'ignobles chefs s'armèrenl de Ions côtés ; la population lui dispersée ou anéantie...» et, à propos du Brésil qu'il « aimait presque à l'égal de son pays . et qu'il comparai! aux États-Unis, prospérant sous le régime fédéral, il écrivait : « L'union américaine, et, surtout, L'esprit qui anime les Américains, tendent à rendre chaque jour plus compacte la société qui a formée ce peuple, ou, du moins, celle qui se forme dans chaque province. Les Brésiliens, au contraire, ne sauraient établir chez eux le système fédéral sans commencer par rompre les faibles liens qui les unissent encore. Impatients de toute supériorité, plusieurs chefs hautains de ces patriarchies aristocratiques dont le Brésil est couvert, appellent sans doute Le fédéralisme de tous Leurs vœux; mais que les Brésiliens se tiennent en garde contre une déception qui les conduirait à L'anarchie et aux vexations d'une foule de petits tyrans, mille fois plus insupportables que ne l'est un seul despote l. »
Pour donner satisfaction aux libéraux monarchistes, partisans de l'autonomie provinciale, des réformes constitutionnelles (Acte additionnel) furent votées en 1834. Les fédéralistes demandèrent alors que les présidents de province fussent choisis par les provinces elles-mêmes ou nommés par le gouvernement central sur des listes de trois noms présentées par les assemblées provinciales; mais la majorité- eut la sagesse de repousser ces propositions (12 juillet), qui auraient brisé l'unité nationale et seraient devenues la cause de luttes semblables a celles qui ont entrave les progrès de plusieurs Etats hispano-américaii
Après la réforme constitutionnelle, Feijé fut élu régent de l'empire, qu'il gouverna depuis le 12 octobre 1835. Avant son élection, le Gearé avait déjàété pacifié en 1832 à là suite du combat de Missào Velha, et Pernambuco,en 1835, grâce à L'intervention de L'évêque Perdigào. Le régent Feijé, à son tour, réussit
1. An., de Saint-Hilaire, l'n'iis de l'histoire des révolutions de l'Empire du Brésil, faisant suite à son \'<>'/'/r/e dans le district des Diamants, Pari-.
2. 62 voix contre 2">. La majorité a été formée surtout par les députés de Rio il'- Janeiro, Sâo-Paulo <■! .Minas. Parmi les députés qui repoussèrenl ces propositions Be trouvaienl Evaristo da Veiga, Vasconcellos, Carnein
Paranâ), Araujo Lima Olinda), Custodio Dias, Alvares Machado, Rodrigues Torres (Itaborahy .
à rétablir l'ordre dans le Paré par l'action énergique du général Andréa (1836); mais une révolution, dirigée par le colonel Bento Gonçalves, éclata dans le Rio-Grande-du-Sud (20 septembre 1835) et le fédéralisme y dégénéra en guerre séparatiste.
La mort du duc de Bragance(dom Pedro Ier) à Lisbonne, le 24 septembre 1834, amena la transformation dos partis politiques brésiliens. Le plus grand nombre des réactionnaires se réunirent à l'opposition parlementaire qui se forma en 1836 dans les rangs du parti libéral monarchiste, dont les membres les plus influents étaient Araujo Lima, Bernardo de Vasconcellos, Carneiro Leâo, Rodrigues Torres, Paulino de Souza et Calmon. Cette fusion donna naissance au parti qui depuis lors prit le nom de conservateur, et qui triompha aux élections de 1836.
Le 19 septembre 1837, Feijô démissionna et confia la régence au chef de l'opposition, Araujo Lima3, que les électeurs, quelques mois après, confirmèrent dans ce poste. Cinq ministères conservateurs se succédèrent depuis le 19 septembre 1837, jusqu'au 23 juillet 1840 : ceux de Vasconcellos (19 septembre), de François de Paul d'Almeicla-e-Albuquerque (16 avril 1839), de Alves Branco, depuis vicomte de Caravellas (1er septembre 1839), de Lopes Gama, depuis vicomte de Maranguape (18 mai 1840) et de Vasconcellos (22 juillet 1840), qui n'a duré que quelques heures. Une révolte militaire et séparatiste, qui éclata en 1837 dans la ville de Bahia (7 novembre), fut étouffée par la garde nationale et les volontaires de celte province, qui assiégèrent aussitôt la capitale, et par quelques troupes arrivées de Pernambuco et de Rio, sous la conduite du général Callado. La ville fut prise après un combat sanglant (13-15 mars 1838), et l'ordre fut plus ou moins assuré partout, excepté dans le Rio-Grande-du-Sud, où les séparatistes remportèrent en 1838 plusieurs avantages, et, sous la conduite de Canavarro et de Garibaldi, s'emparèrent (juillet 1839) d'une partie de la province de Sainte-Catherine. Us en furent chassés quelques mois après (novembre) par le général Andréa et par Mariath, commandant de la flotiile impériale en opérations dans cette partie de l'Empire. Depuis 1836, toute l'histoire politique du Brésil se résume dans la lutte des deux grands partis constitutionnels, le conservateur et le libéral. La Chambre des députés, conformément à la
3. Pedro de Araujo Lima, depuis marquis d'Olinda ; né à Engenho Antas, près Serinhaem (Pernambuco), le 22 décembre 1793 ; mort à Rio, le 7 juin 1870.
doctrine défendue par Vasconcellos, devint prépondérante à partir de 1831. Un projel de loi interprétatif de l'Acte additionel, ayanl pour but de mieux fixer Les attributions des législatures provinciales et de mettre an terme aux empiétements de ces assemblées sur les attributions du pouvoir central ou sur l'autonomie communale, fut discuté pendant les sessions parlementaires de 1838 à L840, et adopte seulement dans cette dernière année (loi du L2 mai 1840).
L'opposition libérale commença à demander, en 1840, ladéclaration de la majorité du jeune empereur, qui n'avait alors que quinze ans. Ilollanda Gavalcanti vicomte d'Albuquerque), les deux frères Andradas (Antonio Carlos et Martim Francisco)* et Alvares Machado se mirent à la tête de cette agitation ; plusieurs conservateurs, comme le marquis de Paranaguâ (Villela Barbosa), se rallièrent à cette opinion, qui était devenue celle de la grande majorité de la nation devant l'insuccès des gouvernements électifs à maintenir l'ordre public et l'union des provinces, et le 23 juillet l'empereur fut déclaré majeur par les deux Chambres réunies en Assemblée générale.
Dom Pedro II commença son gouvernement avec les libéraux (Ilollanda Cavalcanti et les Andradas) ; puis, du 23 mars 1841 au 2 février 1844, il gouverna avec les ministères conservateurs du marquis de Paranaguâ (23 mars 1841) et de Carneiro Leao (20janvier 1843). Le Maranhao fut pacifié par le général L.-A. de Lima-e-Silva (1841), créé baron, puis comte, marquis et duc de Caxias ; mais une autre révolution éclata bientôt dans les provinces de Sâo-Paulo et de Minas-Geraes (1842). L'ordre fut rétabli par ce même général après la bataille de Santa-Luzia (20 août).
Le cabinet Carneiro Leào ayant présenté sa démission par suite du manque d'accord avec l'empereur, et un autre chef conservateur, Costa Carvalho, s'étant excusé de former un nouveau ministère, cette mission fut confiée (2 février 1844) à un libéral, Almcida Torres (vicomte de Macahé).
Les libéraux gouvernèrent jusqu'au 29 septembre 1848 avec le cabinet du 2 février 1844 et ceux du 5 mai 1846 (vicomte d'Albuquerque), du 22 mai 1847 (Alves Branco, vicomte de Caravellas), du 8 mars 1848 (vicomte de Macahé) et du 31 mai de la même année (Paula-e-Souza). La guerre civile du Rio-Grande-du-Sud, qui avait duré dix ans, fut terminée le 1er mars 1845 par le général
1. L'ainé, José Bonifacio de Andrada-e-Silva, était mort a S. Domingos, faubourg de Nictheroy, le 6 avril 1 838. Il était né à Santos, le \:i juin 1763.
de Caxias, et cette même année, alors que, tout le pays étant pacifié, lf gouvernement impérial aurait pu commencer à s'occuper uY la répression de La traite des noirs, qui se faisait par contrebande sur les côtes de l'empire depuis que la loi du 4 novembre IS;U avait défendu cel odieux commerce, l'Angleterre est venue rendre la situation plus difficile en humiliant le Brésil par le vote du bill Aberdeen, D'après cette nouvelle loi anglaise les négriers et les ua\ ires suspects de s'employer à la traite devaient être capturés par la marine royale, même dans les eaux territoriales de l'empire, et seraient justiciables des tribunaux anglais. L'exécution du bill Aberdeen et les violences pratiquées sur les cotes du Brésil par les croiseurs anglais, soulevèrent dans le pays un sentiment général d'indignation, dont les négriers profitèrent : le chiffre des Africains introduits annuellement au Brésil tripla dans la période de 1816 à 1850 *.
Le 27 septembre 1848, les conservateurs revinrent aux affaires avec le ministère du marquis d'Olinda. Une nouvelle révolution éclata à Pernambuco, dirigée par les députés du parti libéral de cette province. Plusieurs combats eurent lieu, et le 2 février 1848 l'armée révolutionnaire, par un mouvement rapide, essaya de s'emparer de la capitale, Recife, que l'énergique président Tosta f marquis de Muritiba) sut défendre avec des volontaires et des gardes nationaux, appuyés par des troupes de la marine. L'arrivée de la petite armée du général Goelho au milieu du combat assura la victoire du gouvernement.
Ce fut la dernière révolution tentée au Brésil. Elle eut comme résultat d'augmenter énormément dans toutes les provinces la force du parti conservateur, car les classes éclairées, et la population en général, étaient lasses de toutes ces agitations et de ces guerres intestines.
Pendant le règne de Dom Pedro II, la répression des révoltes a été suivie toujours d'une amnistie2.
1. Africains débarqués au Brésil pendant les cinq années qui ont précédées le bill Aberdeen : 1840 : 30.410 ; — 1841 : 16.000 ; — 1842 : 17.435 ; — 1843 : 19.095 ; — 1844 : 22.849 ; — 1845 : 19.453.
Après le bill Aberdeen et avant la loi Eusebio de Queirôs : 1845 : 50.324 ; — 1847 : 5G.172 ; — 1848 : 60.000 ; — 1849 : 54.000 ; — 1850 : 23.000.
Après la loi Eusebio de Queirôs (1850) : 1851 : 3.287 ; — 1852 : 700 ; de 1853 à 1856, les deux dernières tentatives d'introduction d'esclaves, 512.
2. Un républicain français, Charles Ribeyrolles, émigré du 2 décembre écrivait en 1859 : « Au Brésil, depuis des années, il n'y a plus ni procès politiques, ni prisonniers d'Etat, ni procès de presse, ni conspiration, ni trans-
Le marquis cTOlinda, en divergence d'idées avec Lous collègues el avec L'empereur au sujet de La politique à suivre visà-vis du dictateur argentin Elosas, quitta Le cabinet (6 octobre 1849) el fui remplacé dans La présidence du conseil par Le marquis de Monte-Alegre (Costa Carvalho). Le portefeuilli affaires étrangères lui confié au conseiller Paulino de Souza, depuis vicomte d'Uruguay1. C'est alors que le Brésil signa la République Orientale de L'Uruguay, dont Le représentant ù Rio était Andrés Lamas, et les Etats de L'Entre-Rios el de Cor» rientes, les traités d'alliance de 1851, qui assurèrent la victoire des Libéraux des républiques de Plata, la liberté de la navigation dans les affluents de ce lieux»', et l'indépendance de l'Uruguay et du Paraguay. Carneiro Leâo, depuis marquis de Paranâ, fut envoyé a la Plata par L'empereur, comme son représentant auprès des gouvernements alliés.
Le gouvernement de L'Uruguay était réduit à la ville de Montevidéo, assiégée depuis 1842 par une armée argentine ayant pour cher le général Oribe. En ltt.'>l le maréchal de Caxias, à la tête de -20.000 Brésiliens, et Urquiza, à La lèle de L'armée de L'Entre-1 envahirent L'Uruguay, tandis (pie l'escadre impériale, di l'amiral Grenfell, menaçait Buenos-Aires et protégeait le passage des troupes de L'armée alliée. Oribe capitula (19 octobre' , Gn força les batteries de Tonelero, dans le Paranâ (17 décembre), et La principale année des alliés marcha sur Buenos-Aires. La bataille de Monte-Caseros (3 février 1852) mit un terme à la tyrannie de liosas qui opprimait depuis vingt-trois ans les peuples de la Plata. Le dictateur argentin, chassé du pays, se réfugia en Angleterre2.
portatiou. La pensée n'y est point justiciable de la police, saisie en douane, suspecte, marquée. L'âme esl libre dans toutes ses confessions, et Le citoyen dans tous ses mouvements. La raison d'Etat chôme. El cela pourquoi? parce que Dom Pedro 11 a nus [a Majesé non dans la prérogative, non dans la personne, mais dans le caractère, dans les œuvres; parce que l'esprit rai du pays esl tolérance, conciliation, sociabilité; parce que le catholicisme lui-même, quoique ayant privilège d'Etat, n'ose plus y jongler de l'anathème et de la foudre » (Ribeyrolles, Le Brésil Pittoresque, Rio de Janeiro, tome 1' r. p. 141).
1. Né a Paris le • octobre 1807, mortà Rio le 15 juillet L866.
2. L'Annuaire de !•/. Revue des Deux-Mondes, de 1S52, a apprécié en ces
du Brésil: — « On ne saurait méconnaître l'habileté et la vigueur que le cabinet de Rio-de-Janeiro a mises à conduire celte affaire. C'est pour lui an Incontestable succès, d'autant plus flatteur pour l'esprit national, que le I'.résil a la ressource dose dire qu'il a réussi là où les gouvernements les plus puissants de l'Europe ont échoué. » — On sait que le dictateur Rosas avait eu des démêlés avec la France et l'Angleterre. La France
En 1850, sur la proposition du ministre de La justice Eusebio de Queirôs, les Chambres votèrent presque à l'unanimité des
moyens plus sûrs que ceux de La Loi de IttlU pour la répression de la traite (loi du \ septembre L850). La fermeté de l'Empereur el L'énergie qu'Eusebio de Queirôs mit à. appliquer rigoureusement la nouvelle Loi, brisèrent toutes les résistances des négriers, alors très puissants à Rio-de-Janeiro, et l'importation d'esclaves eessa complètement au Brésil1.
Le ministère Monte-Alègre, réduit en 1852 à un seul député par L'entrée de plusieurs de ses membres au Sénat, présenta sa démission à l'Empereur. Le ministre des finances Rodrigues Torres (depuis vicomte d'Itaborahy), fut chargé de la présidence du conseil et reconstitua le cabinet (11 mai 1852) avec deux de ses collègues et trois nouveaux ministres, mais il résigna le pouvoir l'année suivante, et le marquis de Paranâ (Carneiro Leâo), nommé président du conseil (6 septembre 1853), inaugura la politique de conciliation, en formant un ministère composé de conservateurs et de libéraux. C'est de 1850, fin delà période des guerres civiles, et, surtout, à partir du ministère Paranâ, que datent véritablement les grands progrès réalisés par le Brésil. A la mort de cet homme d'Etat (3 septembre 18562), le maréchal deCaxias, ministre de la guerre, devint président du conseil et continua cette politique d'apaisement. Puis vint le ministère du marquis d'Olinda (4 mai
bloqua une première fois les côtes de Buenos-Aires du 28 mars 1838 au 29 octobre 1840 (amiraux Leblanc, Dupotet et de Mackau), protégea le gouvernement de Montevideo et le général Lavalle, chef de l'armée des unitaires argentins eu lutte avec Rosas, et s'empara de File de Martin Garcia. En 1845, à la suite de la mission du marquis d'Àbrantes (Calmon), envoyé par le Brésil en Europe, la France intervint de nouveau, cette fois de concert avec l'Angleterre ; mais lord Aberdeen et Guizot commirent la faute de se passer de la ration des troupes brésiliennes. Le blocus de Buenos-Aires fut établi le 18 septembre 1845 par les amiraux Laine et lnglefield. La même année les commandants Tréhouart et Hotham remportaient la victoire d'Obligado. Deux ans après 15 juillet 1847), l'Angleterre, voyant qu'elle n'arrivait à aucun résultat, traita avec Rosas et retira son escadre. L'amiral français Leprédour continua seul le blocus jusqu'au 11 juin 1848. A partir de cette date, la France se borna à allouer au gouvernement de Montevideo une subvention qui fut réduite en 1850, et devint insuffisante. Le Brésil commença alors à fournir les sommes nécessaires à la défense de la place (1er juillet), et l'année suivante il se décida à prendre l'offensive.
1. Lorsque cette question fut discutée en conseil de ministres, FEmpereur, devant les objections d'un des membres du cabinet, qui considérait dangereux pour l'ordre public les moyens de répression demandés par Eusebio de Queirôs, déclara qu'il préférait perdre sa couronne que de souffrir la continuation de la traite (J. Xabuco, 0 Abolie ionismo. Londres, 1883, p. 2).
2. Le marquis de Paranâ était né à Jacuhy (Minas), le 11 janvier 1801.
1857 , pendanl Lequel La séparation <l<i> deux partis commença a se Faire de aouveau par L'opposition d'un grand nombre de conservateurs '.
En L857 le Brésil se prépara à La guerre contre le dictateur Carlos Lopez « ] ni s'obstinait à refuser la libre communication, par La voie fluviale du Paraguay, entre La province brésilienne de Matto-Grosso et le Littoral de L'Empire. Le traité du \1 février 1858, signé à l'Assomption2, assura la liberté de La navigation sur le Paraguay non seulemenl au Brésil mais à toutes Les autres puissances.
Du 1-2 décembre 1858 au 24 mai L862, trois cabinets conservateurs se succédèrent : Abaeté (12 décembre , Perraz (10 août L859) et Caxias (3 mars L861). Pendant ce dernier ministère un grand oombre de conservateurs, — Zacarias de Vasconcellos, Olinda, Nabuco, Saraiva, et plusieurs autres, — s'allièrent à L'opposition et assurèrent L'avènement des Libéraux, qui occupèrent Le pouvoir depuis Le 24 mai L862 jusqu'au 16 juillet L868, sous les ministères de Zacarias de Vasconcellos (24 mai!862), du marquis d'Olinda (30 mai L862), de Zacarias ; [15 janvier L864), de Furtado (31 août L864 , d'Olinda [\~2 mai 186o)etde Zacarias (3 août 1866). Cette période est signalée par une nouvelle intervention brésilienne dans l'Uruguay, par la guerre du Paraguay, par les luttes entre les deux fractions du nouveau parti libéral, c'est-à-dire entre les libéraux historiques dirigés par Theophilo Ottoni et leur nouveaux alliés, et par le commencement de la propagande en laveur de l'abolition graduelle de l'esclavage. Le 7 septembre 1867 le Brésil ouvrit au commerce changer L'Amazone <d une partie de ses affluents, ainsi que le Sâo-Francisco jusqu'à Pcnedo (décret du 7 décembre 1866).
En 1864, les réclamations du gouvernement impérial (ultimatum du '< août, du ministre Saraiva), ayant été repoussées par le gouvernement de La République Orientale de l'Uruguay, qui était entre les mains du parti blanco, le Brésil reconnut comme belligérant le gênerai Venancio Flores, chef dp parti Colorado, qui,
1. « La première partie du programme accomplie dans les vingt dernières années », a dit en 1859 Charles de Ribeyrolles, « fut nue œuvre utile: il fallait constituer L'unité du pays e1 ne point Le Laisser tomber en satrapii a fédéralistes ou maritimes. Si Ton veut être un peuple, il faut d'abord être une patrie. » (Ribeyrolles, Le Brésil pittoresque; Rio, L859, t. 111, page L40.
2. Plénipotentiaires : du Brésil, le conseiller Silva-Paranhos, depuis vicomte de Rio-Branco ; du Paraguay, le général François Solano Lopez, depuis dictateur.
depuis 1862, dominait sur une grande partie des départements de la campagne et tenait en échec les troupes du gouvernement. L'armée brésilienne, sous le commandement du général Menna Barreto (Jean-Propice), et celle de Flores, prirent d'assaut Paysandû (2 janvier 1865] et assiégèrent Montevideo, qui fut en même temps bloque par l'escadre impériale de l'amiral Tamandaré.
Par le traite de pacification du 20 février, entre le gouvernement de Montevideo et le général Flores, traité rédigé par le ministre du Brésil, Silva-Paranhos, ce général fut reconnu comme gouverneur provisoire de la République, et les Alliés firent leur entrée dans la ville assiégée. La République de l'Uruguay devint l'alliée du Brésil contre le dictateur du Paraguay, François Solano Lopez 4, qui, sans déclaration de guerre, avait capturé un paquebot brésilien (12 novembre 1864), emprisonné son équipage ainsi que tous les passagers, et envahi la province brésilienne de Matto- Grosso2. Peu après, les Paraguayens s'étant emparés de deux
i. Son père, le dictateur Carlos Lopez, l'avait nommé, par testament, vice-président du Paraguay. A la mort de Carlos Lopez (10 septembre 1862), il prit possession du gouvernement et convoqua un Congrès, qui le nomma président de la République. On sait que, sous le nom de République, le Paraguay était un pays gouverné despotiquement, et que son peuple avait été habitué à l'obéissance passive par les jésuites, dès les premières années delà ■conquête espagnole, puis par le célèbre docteur Jbrancia et par Carlos Lopez. Le nouveau dictateur, Solano Lopez, militarisa le pays. Son projet était d'augmenter le Paraguay au dépens de la République Argentine, par la conquête des provinces de Corientes et de l'Entre-Rios, ainsi que de l'ile de Martin-Garcia, qui domine l'entrée de Paranâ et de l'Urugay. Puis, après la victoire, il comptait, comme Napoléon 1er, se faire acclamer Empereur. On trouva à la douane de Buenos-Aires en 1865, le modèle de couronne impériale que son ministre à Paris lui remettait. En 1864, le ministre Carreras, envoyé au Paraguay par le gouvernement de Montevideo, réussit à détourner Lopez de a ligne politique qu'il s'était tracée en le persuadant qu'une alliance secrète avait été signée entre le Brésil et la République Argentine pour la ccnquête et le partage du Paraguay et de l'Uruguay. Il paya cher cette invention, car s'étaut réfugié au Paraguay après la chute du parti blanco, il fut emprisonné en 1868, mis à la torture et fusillé le 27 septembre. Des milliers .1 étrangers et de Paraguayens furent exécutés par ordre de Lopez. La folie seulement peut expliquer la conduite du dictateur paraguayen après ses premières défaites. En 1865 (décret du 8 août) Lopez créa «l'Ordre national du mérite » dont le grand cordon ne pouvait être donné aux présidents de République.
2. Matto-Grosso n'avait alors qu'une garnison de 875 hommes disséminés sur son vaste territoire, et 5 petites canonnières, outre sa garde nationale, qui n'avait pas été mobilisée, car on ne s'attendait pas à une invasion. La partie méridionale de cette province fut attaquée par 9.000 Paraguayens et une escadre nombreuse. Les communications entre le littoral du Brésil et cette province lointaine, se faisaient alors, comme aujourd'hui, par la voie fluviale du Paranâ et du Paraguay.
[78 1. 1: îiui.siL i..\ l .s.y.i.
cannoniere
- argentines et envahi, encore une fois sans décla-
ration de guerre, la province de Cor ri en tes (13 avril 1865), uno triple alliance fut signée >i Buenos-Aires ; 1"' mai) entre le Brésil, l,i République Argentine et l'Uruguay ', et les troi^ Etats entre* P in-, -ut une guerre Longue et difficile, dont, en lait, le Brésil supporta presque tout le poids-. Le général Bartholomé Mitre, président de la République Argentine, <"iit le commandemenl eu chef dus armées alliées pendant les premières années de la guerre3. Les Brésiliens débutèrent par la victoire navale de Riachuek), remportée par l'amiral Barroso sur l'escadre paraguayenne (Il juin 1865). Une division de troupes qui s'avançait sur la rive droite de L'Uruguay, fut anéantie à Yatay (17 août) par les Alliés, sous la conduite de Flores. Un autre corpsd'armée qui avail pénétré par SâO-Borja (10 juin), dans la province brésilienne de llio-
1. Plénipotentiaires : du Brésil, le Conseiller F. Octaviano ; de la République Argentine, li. Elizalde ; de l'Uruguay, C. de Castro.
-2. Le gouvernement de la République de l'Urugay ne pouvait pas employer dans cette guerre lointaine un plus grand nombre de troupes car ou craignait un soulèvement du parti blanco, ce qui, d'un autre côté, toréait le Brésil à conserver sur les frontières de cette République des troupes d'observation. La République Argentine n'était pas encore la nation florissante d'aujourd'hui. La grande prospérité de cette République date précisément de la -lierre du Paraguay et du gouvernement éclairé du général Mitre. Elle ne comptait en 1869 que 1.877.000 habitants, et l'influence de certains gouverneurs de province Taisait ombrage au gouvernement central. Ain.-i. le général Urquiza, foui puissant dans l'Entre-Rios, n'a fourni un seul soldat contre Lopez. En général, les fédéralistes argentins espéraient que la victoire du dictateur du Paraguay serait la victoire de leur parti, et le gouvernement de Buenos-Airès fut mal secondé par les provinces pendant toute la durée de la guerre.
3 Au commencement de la guerre (1864) Lopez avait une armée de 80.000 hommes, selon le général Resquin, sou chef d'état-major, et le lieutenant-colonel Thompson, \\\\ de ses ingénieurs M(War in Paraguay, chap. V). En 1865, après la prise <\>^ deux cannonnières argentines, sa marine de guerre se composait de 39 navires et de plusieurs chalands (chatas). Le Brésil n'avait en 1864 qu'une, armée de 15.000 hommes. Sa Hotte comptait Y.) navires. A l'appel de l'Empereur, .'17 bataillons de volontaires furent orgaoiséa en I86S : L3 à Bahia, Il à Rio-de-Janeiro (ville de Rio. 7 ; province, 4), s à Pernambuco, 4 à Rio-Grande-du-Sud, 3?dans chacune des provinces de Sao-Paulo, Minas-Geraes et Maranhâo, 2 à Para, 2 à Piauhy, 1 dans chacune des provinces de Cearâ, de Rio-Grande-du-Nord, l'arahvha. Alagôas, Goyâz et Matto-Grosso ; 1 composé de volontaires du Cearà, de Piauhy et de Sergipe : 1 seul (n" 16, puisn0 18) composé d'étrangers. La garde nationale de Rio- Grande-du-Sud a fourni presque toute la cavallerie de l'armée impériale. En L886 la Hotte brésilienne comptait 62 navires, dont i cuirassés, En 1867, les cuirassés étaient au nombre de 10 (un cuirassé avait été perdu au bombardement de Curuzû par l'explosion d'une torpille). Au mois de février 1868 dre en opérations avait 13 cuirassés, 28 cannonières, 4.500 hommes,
155 ca is. En 1869 avril la flotte brésilienne! comptait, outre de nombreux
transports, Sj navires, dont 10 cuirassés, 211 canons et 6.447 hommes.
ESQUISSE DE i/niSTOIRE DU BRÉSIL. 170
Grande-du-Sud, fut enfermé dans la ville d'Uruguyana et obligé de mettre bas les armes (18 septembre). L'empereur Dom Pedro II se trouvait alors à la tête des Alliés, et ce fut dans ce campement qu'il reçut le ministre Thornton, envoyé par l'Angleterre pour lui demander la reprise des relations diplomatiques avec le Brésil, rompues dès 18(53 *. Lopcz, qui s'était laissé battre en détail, sans savoir tirer parti de la superioté numérique de ses armées, évacua la province de Corrientes pour attendre sur le territoire du Paraguay les ennemis qu'il s'était faits, et auxquels il laissait ainsi le temps et la liberté nécessaires à l'organisation des troupes et aux préparatifs de l'attaque.
En 1866 les Alliés se trouvaient en face du Paso-dc-la-Patria, dans le Paranâ, ayant réuni une armée qu'ils croyaient suffisante à l'offensive, mais qui n'était pas supérieure en nombre à celle de leur adversaire2. Les Brésiliens commencèrent par le bombardement des positions ennemies et l'occupation de l'île d'Itapirû, où, sous la conduite de Villagran Cabrita, ils repoussèrent une attaque des Paraguayens (10 avril). Quelques jours après, protégé par l'escadre impériale, le général Ozorio (marquis de Herval), débarqua avec 10.000 Brésiliens sur la rive gauche du Paraguay (16 avril), remporta deux victoires à Confluencia sur les troupes qui vinrent l'attaquer (16 et 17 avril), et occupa le fort d'Itapirû. D'autre part, l'artillerie de l'escadre brésilienne ayant forcé Lopez à évacuer les retranchements de Paso-de-la-Patria, toute l'armée alliée put débarquer librement sur les positions cou-
1. Le naufrage d'un navire anglais sur les côtes de Rio-Grande-du-Sud et l'arrestation de quelques marins anglais à Rio avaient donné lieu à ce conflit entre le gouvernement impérial et le ministre anglais à Rio. Le roi des Belges Léopold lor, choisi comme arbitre, adonné une décision favorable au Brésil.
2. Lopez attendait les Alliés avec 47 ou 48.000 hommes dans les retranchements de Paso-de-la-Patria et d'Humaïtâ. 11 avait en outre un corps d'observation à Itapua (3.000 hommes) et des troupes d'occupation dans la partie méridionale du Matto-Grosso. Voici les forces des Alliés à cette époque (mars 1866; : l°r corps brésilien, 33.078 hommes (général Ozorio) ; armée argentine, 11.500 hommes (président Mitre, général en chef des Alliés) ; armée uruguayenne, 1.580 hommes (général Flores). Total, devant le Pasode-la-Patria. 46.258 hommes, et l'escadre brésilienne. A cette même date 13.000 Brésiliens formant le 2e corps d'armée (général Porto-Alègre), se trouvaient sur l'Uruguay, 8.498 sur les frontières méridionales du Rio-Grandedu-Sud. el 6.361 daDs la province de Matto-Grosso. Total des Brésiliens, 60.943 hommes; des Argentins et Urugayens, 13,000 hommes. Les chiffres que nous donnons dans ce travail résultent de l'examen des documents des Alliés et de ceux de Lopez, ainsi que des déclarations d'un grand nombre d'officiers paraguayens.
quises par Ozorio. Le dictateur transporta alors son quartiergénéral à Paso Pucû, au centre de plusieurs lignes fortifiées qui renfermaienl un vaste terrain situé entre les batteries d'Humaïté e1 de Curupaïty, sur le Ûeuve Paraguay, el les positions de Sauce, Rojas el Espinillo. Ces lignes étaient presque partout inabordables car elles étaient construites derrière des marécages et des petits lacs. La bataille d'Estero-Bellaco (2 mai), gagnée par Ozorio el Flores, et celle de Tuyuty [24 mai), par le président Mitre, qui avait en sous-ordre ces deux généraux, assurèrent aux Allies la possession de la partie sudouest du Paraguay, qu'ils venaient d'occuper, et forcèrent Lopez à se borner à La défensive, mais ils durent rester inactifs devant les retranchements ennemis, en attendant des renforts. Cependant, le 16 juillet ils s'emparèrent des positions de Potrero Piriz et Boqueron, mais ils furent repoussés le 18, à Sauce. Les premiers renforts arrivés, le général brésilien comte de Porto- Alégre (Marques de Souza), appuyé par l'escadre impériale, prit d'assaut Curuzû, ouvrage avancé de Curupaïty (2 septembre), et, ayant reclamé des renforts pour pousser en avant, il s'ensuivit entre les généraux alliés ries diseussions pendant lesquelles Lopez augmenta les fortifications de Curupaïty. Enfin, le président Milic, avec presque toute l'armée argentine, se réunit à Porto-Alegre, et le 22 septembre ils échouèrent à l'assaut de Curupaïty.
Ce fut alors que D. Pedro II concentra le commandement de ses armées de terre et de mer entre les mains du maréchal de Caxias, et que la plus grande partie de l'armée argentine se retira pour aller reprimer des révoltes et des résistances de gouverneurs de province. En 18G7 (22 juillet), après plusieurs mois d'inaction forcée (le choléra avait ravagé les campements et y faisait encore un grand nombre de victimes), Caxias, resté général en chef des Alliés après le départ de Mitre pour Buenos- Aires, commença ses opérations entre Humaïtâ et les lignes de Paso-Pucû. Il partit du camp retranché de Tuyuty, dont le commandement fut confié à Porto-Alegre, et, par une marche de flanc, il alla se placer au nord-est des positions ennemies, du côté Tuyû-Cuê. Mais l'armée alliée n'était pas assez nombreuse pour investir complètement un si vaste système de fortifications1. Les cuirassés brésiliens
1. Voici la compositioD de l'armée alliée le 22 juillet 1867 : Général en chef, le maréchal marquis puis due; de Caxias. — En marche sur Tuyû-Cuê avec le général en chef : Brésiliens, 1er et 3c corps d'armée
(amiral Ignacio, vicomte (Tlnhaûma) forcèrent le passage de Curupaïty [iSaoût), et commencèrent le bombardement d'Humaïtâ,
on attendant l'arrivée de quelques monitors d'un faible tirant d'eau que le ministre de la marine Affonso Celso faisait construire à l'arsenal de Rio. Dans les environs d'Humaïtâ et des campements des Alliés, eurent lieu plusieurs combats assez vifs entre les Brésiliens et l»1^ Paraguayens. Le 20 septembre la division de cavalerie du général And rade Neves, Brésilien, remportait la victoire de Pilar. Peu après, Porto-Alégre repoussait l'ennemi à EsteroRojas (24 septembre , et la cavalerie brésilienne, sous la conduite du général Victorino Monteiro, parvenait à détruire celle de l'ennemi dans les combats de Parê-Cuê (3 octobre) et de Tatayibâ(21 octobre). Le général Menna Barreto (Jean-Emmanuel) s'emparait de Potrero-Obella (27 octobre) et de Tayi (2 novembre). Comprenant l'importance de cette opération, qui lui fermait les communications fluviales entre Humaïtâ et le reste du pays, Lopez envoya contre Tuyuty, la base d'opérations des Alliés, ce qu'il avait d'hommes disponibles sous la conduite du général Barrios (3 novembre). Les Paraguayens commencèrent la journée en s'emparant facilement des retranchements occupés par un bataillon d'artillerie brésilien et par quelques troupes argentines, mais ils échouèrent à l'assaut de la redoute centrale, où se trouvait Porto-Alegre, et subirent des pertes très grandes lorsque ce général put prendre, à son tour, l'offensive1.
sous le commandement des généraux Argollo (vicomte dTtaparica) et Ozorio (marquis d'Herval), 21.521 hommes, 48 canons ; Argentins, 6.016 hommes, 13 canons, c'est-à-dire presque toute leur armée en opérations, sous le général Gelly-y-Obes ; Uruguayens, 500 hommes, 6 canons, sous le général E. Castro, qui formaient tout le contingent d'un des trois Alliés. Total des Allies en marche sur Tuyû-Cuê, 28.037 hommes. — Retranchements de Tuyuty et de Paso-de-la-Patria: — Brésiliens, 2e corps d'armée, général comte de Porto-Alegre (Marques de Souza), 10.331 hommes et 72 canons; Argentins, sous le commandement du colonel Baez (Paraguayen), 700 hommes et 12 canons (une « légion » composée de 300 Paraguayens faisait partie de cette force). — Retranchements du Chaco (rive droite du Paraguay), près des positions occupées par l'escadre brésilienne : Brésiliens, 1.098 hommes, colonel, puis général, Gurjâo. — Campement d'Aguapehy (province argentine de Corrientes) : Brésiliens, 2.600 hommes, général Portinho. Garde des dépôts et des hôpitaux (Corrientes, Cerrito, etc.) : Brésiliens, 4.499 hommes. Les Brésiliens avaient à cette époque, outre les forces ci-dessus déclarées, 10.557 malades. — Province de Matto-Grosso : Brésiliens, 7,000 hommes.
Paraguayens : L'armée de Lopez à Humaïtà et derrière les lignes de Espinillo, Rojas, Sauce et Curupaity, comptait alors 30.000 hommes.
1. Le savant Agassiz s'exprime ainsi dans son Voyage au Brésil : « La puissance du Brésil s'affirme, en ce moment même, par la poursuite de la guerre la plus importante dont l'Amérique du Sud ait été le théâtre. En
1 32 LE BRÉSIL i. \ 1889.
Le L9février L868, avanl Le jour, sii petits cuirassés brésiliens, commandés par Delphim de Carvalho, forcèrenl les batteries d'Humaïtâ, pendant que toute L'escadre de L'amiral Lnhaiima bombardail les fortifications ennomies, el que Caxias prenail d'assaut Reducto Cierva, ou Kstablecimiento. Dès lors, Lopez ne util plus en sécurité à Humaïta, et, ayant essayé sans succès un abordage contre les grands cuirassés brésiliens à l'ancre devant Riod'Oro, en aval d' Humai té -1 mars), il traversa Le lleuvc en face de (•••lie forteresse, avec une partie do sod armée, pour aller organiser de nouvelles défenses sur le Tebicuary. Ci x ias s'empara <\c> Lignes <!•' Curupaïty, Sauce, Hojas et Espinillo (21 mars), puis força la garnison d'Humaïté à se réfugier sur la rive droite du Paraguay, <»ù, après plusieurs jours do combat sur la Laguna Veré,, elle mit bas les armes à Isla-Poî [5 août). Marchant ensuite vers Le nord, il s'empara des fortifications duTebicuary, el arriva à Palm as, devant de nouvelles Lignes de défense élevées par L'ennemi sur la rive droite du Pikysyry, ei proti par dc^ marais, qu'il ne put ni attaquer de front, ni tourner. 11 lit alors construire, sur la rive droite du Paraguay (Chaco . une sorte de chaussée traversant des forêts inondées par les eaux du lleuvc (d, Laissanl à Pal mas les Argentins et LTrugayens, ainsi qu'une division de son armée, il conduisit par cette route 18.000 Brésiliens1, qui, transportés par le- cuirassés, débarquèrent sur les derrières des ouvrages ennemis. Là il gagna sur le général Caballero les batailles du Pont d'itôrdré (0 décembre) (d d'Avay (Il décembre), et dix jours après il commenci l'attaque des retranchements de Lopez à Lomas Valentinas, nom sous lequel sont désignées les collines de [ta-Ibaté et deCumbarity. Le même jour il décembre) il s'emparait de la ligne du Pikysyry, d'une
effet, la lutte ([no ?« >ut im t le Brésil n'a aucun caractère égoïste ; dans sa querelle avec le Paraguay, le peuple brésilien doit être regardé comme le porte-drapeau de la civilisation. Tout ce que je sais de cette guerre m'a convaincu qu'elle a été entreprise par des motifs honorables, et qu'en laissant de cr.ir 1rs petites intrigues des individus, inévitable suite -le ers grands mouvements, elle est conduite dans un esprit de désintéressement absolu. !.'• Brésil, dans cette lutte, mérite la sympathie dn momie civilisé : ce qu'il attaque, c'est une organisation tyran nique demi-cléricale et demi-militaire qui, eu prenant le titre de République, déshonore le beau uom qu'elle usurp
l. Effectif de l'armée alliée le 5 décembre 1868: Brésiliens, 24.666 >ans compter 911 restés à Humaïta : Argentins, 4,300 ; Uruguayens, 300. Total: 2'».2iii». Effectif de l'armée <\<- Lopez: corps du général Caballero. (i.c.uu hommes : retranchements de Lomas Valentinas el du Pikysyry, 13.000 ; Angostura, 1.300 ; renforts arrivés, 1.600 hommes. Total : 22.:>oii hommes.
ESQUISSE DE L'illSTOIRE DU BRÉSIL. 183
partie dos retranchements du quartier général ennemi et de presque tous ses canons. Les troupes restées à Palmas purent alors franchir le Pikysyry et faire leur jonction avec Caxias, et le 27 décembre, les Alliés se rendaient maîtres de Lomas Yalentinas. Lopez réussit à se sauver dans la direction de Cerro Léon, suivi d'une cinquantaine d'officiers et soldats, son armée ayant été complètement détruite dans cette campagne, la plus sanglante de la guerre du Paraguay. Les Brésiliens y perdirent, eux aussi, en lues et blessés, une grande partie de leur effectif1. La forteresse d'Angostura, où commandait l'anglais Thompson, se rendit aux Alliés (30 décembre), qui, aussitôt, marchèrent sur L'Assomption. La ville était déserte, Lopez ayant forcé les habitants de toute la rive gauche du Paraguay à se retirer vers l'intérieur. Pendant sa fuite il rencontra quelques troupes de renfort qui venaient le rejoindre, et il alla se fortifier sur la Cordillère d'Ascurra, où il parvint à organiser une nouvelle armée2.
Le maréchal de Caxias, malade, avait dû laisser le commandement de l'armée (janvier 1869), et partir pour Rio. La dernière campagne fut dirigée par le comte d'Eu (16 avril 1869 -1er mars 1870 , qui prit d'assaut la ville de Piribebuy (12 août,), écrasa la majeure partie de l'armée de Lopez, conduite par Caballero, à la bataille de Campo-Grande (18 août), et fit poursuivre les vaincus dans toutes les directions, au milieu des déserts et des forêts de l'est et du nord du Paraguay, malgré les difficultés immenses qu'offrait l'approvisionnement des troupes. Enfin, après plusieurs engagements partiels, un de ses lieutenants, le général Camara, parvint à découvrir et à surprendre (1er mars 1870) le campement de Lopez à Cero-Corâ, sur un affluent de l'Aquidaban, près des frontières de la province brésilienne de Matto-Grosso. Le dictateur n'avait plus qu'un millier d'hommes qui se dispersèrent à l'arrivée des Brésiliens. Il fut tué pendant la fuite, et cette mort mit fin à la guerre du Paraguay 3.
1. Effectif de l'armée alliée le 31 décembre 1869 : Brésiliens, 17.857 hommes (16.455 en marche sur l'Assomption, 922 à Villeta, 480 à Humaïtà) ; Argentins, 4.000 ; Uruguayens, 300.
■1. La nouvelle armée que Lopez avait organisée pour cette dernière campagne se composait de 16.000 hommes. Celle des Alliés était formée par 25.000 Brésiliens, 3.000 Argentins et 300 Urugayens.
3. Cette guerre a coûté au Brésil un milliard et demi de francs (630 mille contos).
Voici la statistique aussi exacte que possible, des pertes que les combats ont occasionnés aux Alliés et au dictateur Lopez :
Brésiliens : 5.858 tués (dont 563 officiers) ; 24.804 blessés (2.051 officiers) ;
Dès L869 l ' février , après les victoires du maréchal de Caxias, le ministre des affaires étrangères du Brésil, Silva-Paranhos, avait été envoyé au Paraguay pour diriger la réorganisation du Le Lo août (1869) un gouvernement provisoire, composé de trois Paraguayens, fut installé à l'Assomption sous les auspices des Alliés '. Ce gouvernement décréta, sur la demande du comte d'Eu, l'abolition de l'esclavage au Paraguay (2 octobre 1869), et signa avec les Alliés la convention préliminaire de paix du 2(i juin 1S70. Le traité définitif, ainsi que celui de limites (9 janvier 1872) furent négociés à L'Assomption parle baron de Cotegipe. Le Brésil se contenta des frontières dont il était en possession depuis le xvnie siècle, et maintint au Paraguay une petite armée et une escadre pour défendre le nouveau gouvernement et assurer l'indépendance de cet Etat, qu'il avait déjà protégé contre l'ambition du dictateur argentin Rosas (1845-1852). Les dernières troupes brésiliennes évacuèrent le Paraguay le 22 juin 1876 après le règlement de la question de limites entre le Paraguay et la République Argentine.
Le parti conservateur était revenu aux affaires, le 1G juillet L868, avec le ministère présidé par le vicomte d'Itaborahy, qui employa, comme le cabinet précédent, de Zacarias de Vasconcellos, la plus grande énergie à terminer la guerre du Paraguay , et s'occupa d'améliorer la situation des finances de l'Empire.
L'abolition de l'esclavage était devenue une des grandes préoccupations de Dom Pedro II et des hommes politiques brésiliens, surtout après la lutte sanglante dont les Etats-Unis furent le théâtre. En 1866 (23 janvier), l'Empereur avait accueilli avec faveur un plan d'abolition graduelle qui lui avait été présenté par le sénateur Pimenta Bueno, créé peu après vicomte et marquis
1.592 disparus et prisonniers (39 officiers); total, 32, 254 hommes hors de combat 2.653 officiers).
Argentins: 1,572 tués (105 officiers), 4.026 blessés (374 officiers), 343 prisonniers (1G officiers) ; total, 5.944 hommes (495 officiers).
Urugayens : 188 tués (40 officiers), 704 blessés (73 officiers; total: 1.192 hommes L13 officiers).
/ apitulalion : 39.390 homme? hors de combat, dont 3.261 officiers.
Paraguayens: environ 85.000 tués, blesses ou prisonniers.
1. Ce fut avec des prisonniers de guerre, mis en liberté parles Alliés avec les vieillards, les femmes et les enfants, affranchis de la tyrannie de Lopez par les expéditions brésiliennes envoyées aux forêts de l'intérieur, <pie le Brésil a pu faire renaître le Paraguay et ce peuple epae le dictateur avait cherché à anéantir.
ESQUISSE DE L'niSTOIRE DU BRÉSIL. 185
de Silo Yicente1. Ce projet, qui répondait entièrement aux vues de l'Empereur, fut étudié par le conseil d'Etat (1867-G8), adopté avec quelques modifications, mais ajourné pendant la durée de la guerre. C'était pour le Brésil une question difficile, car tout le travail agricole était entre les mains des esclaves, qui formaient alors un cinquième de la population totale de l'Empire. En 1870, après le rétablissement de la paix, la Chambre nomma, sur la proposition du député Teixeira junior, aujourd'hui vicomte de Cruzeiro, une commission dont la majorité, composée d'abolitionnistes, rédigea un projet (15 août) identique au système proposé par le marquis de Sâo Vicente. Des divergences d'opinion entre les ministres amenèrent alors le cabinet Itaborahy à résigner le pouvoir. Sào Yicente, qui était aussi un des chefs du parti conservateur, et à qui appartenait l'honneur de l'initiative dans cette réforme, fut chargé par l'Empereur d'organiser le nouveau ministère (29 septembre 1870) ; mais bientôt, avant laVentrée des Chambres, ce savant jurisconsulte et homme d'Etat se retira, découragé devant les attaques des journalistes de l'opposition. Le vicomte de Rio-Branco (Silva-Paranhos) forma un autre cabinet conservateur (7 mars 1871), qui, après une lutte parlementaire de cinq mois, réussit, malgré une nombreuse opposition, à faire triompher la première loi d'émancipation graduelle (28 septembre), sanctionnée le même jour par la princesse impériale Dona Izabel, qui était la régente de l'Empire pendant le premier voyage de Dom Pedro II en Europe 2. Cette loi déclarait désormais libres tous les enfants nés au Brésil, facilitait les manumissions, et créait un fonds spécial destiné à racheter chaque année un certain nombre d'esclaves3.
1. Le député Joaquim Nabuco, que M. E. Levasseur, de l'Institut, a surnommé avec raison le « Buxton brésilien », a écrit les lignes suivantes dans un livre publié à Londres en 1883 : « Il est certain que l'action personnelle de l'Empereur s'est exercée, surtout depuis 1845 jusqu'en 1850, dans le sens de la suppression de la traite, et, depuis 1866 jusqu'en 1871, en faveur de l'émancipation des enfants nés de mères esclaves. C'est cette influence qui a produit la loi Eusebio de Queirôs en 1851 et la loi Rio-Branco en 1871. Ce fait là, si le souverain voulait écrire ses mémoires et raconter l'histoire de ses divers ministères, il pourrait le prouver par un très grand nombre de documents. La part qui revient à l'empereur, dans tout ce qui a été exécuté pour la cause de la libération est très grande, elle est essentielle. »
2. 65 députés se prononcèrent pour l'émancipation, 45 contre (7 députés étaient absents et 2 sièges vacants). Au Sénat la majorité fut grande : 33 pour la réforme, 7 contre (16 sénateurs étaient absents et 2 sièges vacants).
3. Voir sur cette loi Michaux-Bellaire, Considérations sur l'abolition de l'esclavage au Brésil, Paris, 1876; et L. Couty, L'esclavage au Brésil, Paris 1881. — Nous avons déjà fait mention d'un des précurseurs de cette cause de
LE BRÉSIL l'N 1889.
La discussion de la réforme avail amené la scission <lu parti conservateur. Un grand nombre de députés et quelques sénateurs se séparèrent du cabinet et, dirigés par l'ancien ministre Paulino de Souza, ils continuèrent à le combattre jusqu'en L875- A cette époque le \ icomte de Rio-Branco ayant donné sa Rémission, le duc de Caxias l forma un nouveau ministère (25 juin) qui parvint à rétablir l'union des conservateurs.
Uni' réforme électorale, votée celle même année, tout en maintenant L'élection à deux degrés, qui existait depuis la fondation de L'Empire, établissait le vole incomplet avec le scrutin de liste ; mais l'opposition Libérale el un grand nombre de conservateurs, parmi Lesquels Le baron de Cotegipe et le conseiller Paulino de Souza. réclamaient depuis quelque temps l'élection directe. Du 5 janvier 1S7S au 20 août 1885, le gouvernement fut aux mains des libéraux. Leur premier ministère, présidé par le conseiller Cansansâo de Sinimbu tenta cette réforme et échoua devant l'opposition des conservateurs au Sénat. Son successeur, le conseiller Saraiva (28 mars 1880), réussit à la réaliser L'appui du baron de Cotegipe. qui était devenu le chef des conservateurs, et la loi du 9 janvier 188J établit enfin le suffrage direct, et, pour l'élection des députés, le scrutin d'arrondissement.
Sous ce dernier ministère un groupe, d'abord peu nombreux, formé d'hommes appartenant à tous les partis, commença à agiter l'opinion et à demander qu'une date fut fixée pour l'abolition totale de l'esclavage. 11 se composait de quelques rares membres du Parlement, entre autres le député Joaquim Xabuco, et de plusieursjournalistes, parmi lesquels il faut citer en première
l'émancipation an Brésil, l'abbé Manoel Ribeiro Rocba (1758 . En 1810, an magistrat, Velloso de Oliveira, de la province de Sâo Paulo, dans un mémoire adressé à Jean VI, alors prince régent, demandait la liberté des enfants qui naîtraient de mères esclaves. Hippolyte da Costa Pereira, dans le Correio Braziliense (1808-22 signalail L'émancipation graduelle des esclaves comme une nécessité pour le Brésil. En 1822, un député de Babia, Borges de Barros (depuis vicomte de Pedra-Branca), proposait au Cortès constituantes de Lisbonne, sans aucun succès, un projet d'émancipation graduelle. En 1825, José Bonifacio de Andrada e Silva publiait un autre projet d'émancipation progressive. Le 18 mai 1830, Antoine Ferreira França présentait à la Chambre des députés un projet pour l'émancipation graduelle de l'esclavage, qui devrait finir entièremenl le 25 mars 1881, cl trois ans après (8 juin 1833), un autre projet déclarant Libres tous Les uouveau-nés. La Chambre refusa de discuter ces deux propositions.
1. Le maréchal de Caxias, né à Estrella (province de Rio-de-Janeiro) le 2."» août 1803, est morl à Santa-Monica (même province) le 7 mai 1880. Quelques '"ois après L«» nov. Le vicomte de Rio-Branco (né à Bahia le L6 mars 1816) mourait à Rio-de-Janeiro.
Kgne Ferreira de Menezes el José do Patrocinio. L'agitation alla en grandissanl sous les ministères MartinhoCampos (21 janvier 1882), Paranagué 3 juillet 1882) el Lafayette Pereira (21 mai 1883).
En 1884 les provinces de Ceara et d'Amazonas affranchirent leurs esclaves, et la même année le ministère Dantas (du 6 juin), vivement appuyé par l'Kmpereur et par les abolitionnistes, demanda au Parlement la libération des esclaves à partir de l'âge de soixante ans. Une coalition de quelques libéraux et de presque tous les députés conservateurs repoussa cette proposition par une motion contre le ministère1, et l'Empereur prononça la dissolu! ion de la Chambre; mais les élections générales ne changèrent pas notablement la force relative des partis, et à la rentrée le ministère dut se retirer après avoir subi un second échec 2. Cependant la discussion engagée dans le Parlement et dans la presse avait donné une grandeimpulsion à l'idée aboli tionniste. Le conseiller Saraiva forma un nouveau ministère libéral (6 mai 1885), qui, avec l'appui des conservateurs, fît triompher à la Chambre un projet qui déclarait libres les esclaves âgés de soixante ans, à condition qu'ils serviraient encore trois ans leurs anciens maîtres, fixait un tarif de la valeur des esclaves décroissant avec les années, augmentait les fonds destinés au rachat annuel des esclaves, et appliquait certains impôts à encourager l'immigration européenne. La discussion de ce projet fut continuée au Sénat sous la direction d'un ministère conservateur organisé le 20 août par le baron de Cotegipe, et la nouvelle loi fut promulguée le 28 septembre 1885.
Le nombre des esclaves, qui était d'environ 1.800.000 en 1870, de 1.584.000 en 1873, de 1.050.000 en 1885, se trouvait réduit à 7 13.419 en 1887. Il y avait en outre (mars 1887) plus de 500.000 enfants d'esclaves3, nés libres en vertu delaloi de 1871, et 18. 946 sexagénaires qui devaient encore des années de service.
Cette même année les sénateurs Corrêa de Oliveira (Jean- Alfred) et Antonio Prado, deux chefs conservateurs, se prononcèrent pour la nécessité d'une nouvelle loi, et ce dernier se mit à la tête de la propagande dans la province de Sao-Paulo. Un grand
!. Cette motion fut adoptée par 59 voix (42 députés conservateurs et 17 libéraux contre 52 (48 libéraux et 4 conservateurs).
2. Cinquante députés, dont 43 libéraux, 3 conservateurs et 2 républicains votèrent pour le cabinet ; cinquante-deux contre (43 conservateurs, 9 libéraux),
3. Le 30 juin 1885 il y avait 439.831 enfants d'esclaves, nés libres, mais qui étaient au service des maîtres de leurs mères.
oombre de planteurs, parmi Lesquels tous les membres de la famille Prado, commencèrent a Libérer leurs esclaves, et ce mouvement de générosité gagna le pays toul entier. Le 10 mars isss Le ministère Gotegipe ayant donné sa démission, La princesse impériale régente chargea Le conseiller Corrêa de Oliveira de forun t un nouveau ministère, et cet homme d'Etat s'adjoignil comme collègue le conseiller Antonio Prado. Enfin, après quatre jours de discussion, les deux Chambres votèrenl presque à l'unanimité, au milieu de l'enthousiasme général, la loi du \',\ mai 1SS8 qui a aboli complètement dès cette date, et sans aucune restriction, l'esclavage au Brésil {.
Pendant le règne actuel, et par suite des voyages de l'empereur à l'étranger, la princesse impériale Doua Izabel a eu trois fois la régence de l'Empire : du 25 mai 1871 au 30 mars 1872, du 2G mars 1S7C» au 25 septembre 1877 et du 30 juin 1887 au 21 août 1888.
Depuis une quarantaine d'années, le Brésil, pacifié à l'intérieur, a fait de grands efforts, sous la direction de l'empereur Dom Pedro II, pour répandre l'instruction, pour élever le niveau de l'enseignement, pour développer l'agriculture, l'industrie et le commerce, et pour tirer partie des richesses naturelles du sol par la construction de voies ferrées, par l'établissement de lignes de navigation et par des faveurs accordées aux immigrants. Les résultats obtenus depuis la clôture de la période révolutionnaire sont déjà considérables : nulle part en Amérique, sauf aux Etats- Unis et au Canada, la marche du progrès n'a été plus ferme ni plus rapide.
i. La Chambre des députés se compose aujourd'hui de 125 membres, mais :j sièges étaient vacants, et 22 conservateurs et 7 libéraux n'étaient pas présents au vote. Quatre-vingt-quatre députés (64 conservateurs et 20 libéraux) votèrent pour l'abolition; 9 conservateurs, contre.
Au Sénat, composé de 60 membres, quarante-trois (19 conservateurs et 2t littéraux ont voté pour la loi, 6 conservateurs contre. Cinq conservateurs et quatre libéraux étaient absents et 3 sièges vacants.