‹ Le Brésil en 1889Chapitre 48 sur 147 · fr · texte numérisé non relu

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Navigation au Long Cours en 1888

Entrées. Sorties.

Anglais il 8 navires. 380 navires.

Norvégiens 153 — 149 —

Français 152 — 147 —

Allemands 142 — 111 —

Italiens 85 — 82 —

Américains du Nord. 67 — 66 —

Brésiliens 47 — 42 —

A Reporter . . . 1.064 navires. 997 navires.

1. Les chiffres de 1888 ne comprennent que onze mois. Les données relatives au mois de décembre n'étaient pas encore connues.

Report 1.064 navires. (.»'.»7 navires.

Portugais 41 — 14 . —

Belges 29 — 31 —

Suédois 22 - 17 —

Autrichiens 10 — 11 —

Danois 9 — 4 —

Espagnols 9 — 4 —

Hongrois 4 — 2 —

Hollandais 3 — 7 —

Russes 2 — 2 —

Argentins 2 — 4 —

Grec 1 — 0 —

Total 1.19G navires. 1 .072 navires.

Navigation de Cabotage

Brésiliens

Anglais

Allemands

Français

Norvégiens

Américains du Nord.

Suédois

Portugais

Danois

Autrichiens

Italiens

Hollandais

Espagnols

Belge

Argentin

Hongrois

Grec

Total ....

Entrées.

Sorties.

navires.

navires.

navires.

navires.

LES ZONKS AGRICOLES. 253

Tonnage des Navires au Long Cours

Entrées. Sorties.

A voile. . 358.491 tonneaux. 322. 626 tonneaux,

V vapeur. I 137.910 1.084.613

Total. . 1.495.410 tonneaux. 1.407.239 tonneaux.

Tonxage des Navires de Cabotage

Entrées. Sorties.

A voile. . 75.872 tonneaux. 129.658 tonneaux,

A vapeur. 489.006 508.683

Total. . 560.938 tonneaux. 638.341 tonneaux.

VII. L-a zone du Paranà. — La septième zone agricole du Brésil est formée parles provinces : de Paranâ, avec une surface de 221.319 kilomètres carrés, et une population de 250 à 300.000 habitants : de Santa-Catharina, avec une surface de 74.156 kilomètres carrés, et une population de 200 à 250.000 habitants. La plupart de ces immenses surfaces appartiennent à l'État et seront incessamment consacrées à l'immigration.

Terre. — La chaîne maritime, la Serra-do-Mar, dont les montagnes soutiennent lesbeaux plateaux de Paranâ et de Santa- Catharina, est formée principalement de roches granitiques. Dans la province de Paranâ on trouve des calcaires à Bareguy, à Curitiba, à Assunguy, à Butiutuva-Grande, à Varoval, etc. Dans les environs de la ville de Curitiba, capitale de Paranâ, on admire des grottes calcaires à stalactites et stalagmites, notamment les grottes de Itapirussû et Arraial-Queimado. Dans la colonie Al fredo-C hâves, on a rencontré une belle carrière de marbre-saccharoïde. Les calcaires hydrauliques abondent à Theresina, autrefois Colonia Theresa. Tout près de la ville de Lapa, on exploite un grès rouge schisteux pour dallage. Les colons d' Assunguy emploient les ardoises de cette vallée pour la couverture de leurs maisons. La dolomie abonde à Assunguy et à

Butiutuva. La fabrication de briques, I ailes et paierie est facilitée par l'abondance d'excellentes argiles plastiques,. voire de kaolin, tant à Parana" qu'à Santa-Catharina. Dans cette dernière province, dans les mines de houille du Tubarao, on a trouvé de l'argile réfractaire. On verra, à Paris, dans l'Exposition spéciale de ces mines, quelques échantillons pris au filon nommé Barro- Branco. Dans le littoral des provinces de Parana et de Santa- Catharina, on peutencore voir des S ambaquis, Casqueiros, Ostreiras, élevés dans les temps primitifs par les aborigènes, et tout-à-fail analogues aux Kjôkkenmoddings de Suède, de Norwège et du Danemark. Ils ont été étudiés par des anthropologistes du lirésil et de l'Europe, notamment par le professeur Cli. "Wiener (1882-1884). Ces monuments anthropologiques tendent à disparaître, car les habitants utilisent les huîtres et les coquillages, qui y abondent, pour la fabrication de la chaux.

Cataracte du Guayra. — On ne peut pas parler du Parana sans taire mention du fameux Guayra, ou Salto das Sele Quedas (Saut-à-sept-chutes-d'eau),qui est regardé comme plus admirable que le Paulo-Allbnso, le Niagara brésilien. En effet, le Parana, en amont delà cataracte, a 4.200 mètres de largeur ; bientôt, il entre dans un canal bordé d'immenses rochers, étroit de GO mètres, et se précipite en plan incliné de 50 degrés d'une hauteur de 17 mètres, en produisant un fracas terrible, qui s'entend à six lieues à la ronde. Le Guayra est presque inconnu en Europe. Cependant il n'y a peut-être au monde aucune région plus pittoresque que le haut Parana, avec ses beaux affluents l'ivahy, le Pikiri et llguassû. Ce même Iguassû atteint le Parana par une immense cataracte, qu'on appelle le Salto de Santa-Maria. Le Parana, l'ivaliy et l'Iguassu ont de grandes étendues navigables par des vapeurs de 80 à 120 centimètres de tirant d'eau. C'est une région qui défie la curiosité des savants, des naturalistes et des touristes, et qui attend des immigrants pour profiter de la douceur de son climat et des avantages d'un sol admirablement fertile et chargé d'immenses richesses naturelles.

Houille. — La province de Santa-Catharina possède dans la vallée du Tubarao un important bassin houiller. On a déjà construit le chemin de fer Dona Theresa Christ ina pour servir au transport du charbon de terre. 11 est aussi question d'y construire un port d'abri pour les navires de haut tonnage, de manière à

pouvoir exporter la houille pour les ports du nord du Brésil. La vallée du Tubarào est remarquable par l'excellence de son climat el par la fertilité de ses terres, qui apparl iennentpresque toutes à L'État. C'est une région où L'immigrant-propriétaire aura un grand avenir agricole et industrie] par L'abondance de combustible.

Araucaria. [Sapin du Brésil.) — Les forets d'Araucaria brasi- » doivent être comptées au nombre des plus grandes richesses naturelles de la province de Paranâ. Ces arbres conifères s'élèvent jusqu'à 20 et à 36 mètres, avec un diamètre de 1 mètre 50 à - nulles. Leur bois l'appelle en même temps le sapin d'Europe et le cèdre du Brésil. Quelquefois il est tout blanc, quelquefois jaunâtre ; plus souvent blanc et rose ; il est de toute beauté pour la menuiserie. A la naissance des branches on rencontre des nœuds, chargés de résine, qu'on travaille au tour, et dont on fait une infinité d'objets de fantaisie. Ces nœuds produisent un charbon, qui est très estimé par les forgerons. En 1872, l'ingénieur Antonio Rebouças a fondé la première grande exploitation d'Araucarias pour la Compagnie Florestal Paranaense : il a envoyé à l'Exposition Universelle de Vienne, en 1873, un tronc qui a été monté dans le parc, haut de 25 mètres, et qui lui a valu un diplôme d'honneur. Aujourd'hui on compte à Paranâ plusieurs entreprises pour l'exploitation des Araucarias.

Les fruits de Y Araucaria, les pinhôes, sont comestibles. Les immigrants s'en servent surtout pour engraisser leurs porcs. On peut dire que le Pinheiro est aussi utile à l'immigrant à Paranâ que Y Érable à sucre ou Sugar-Mapple [Acer saccharinum) aux colons du Canada. En effet, avec Y Araucaria, l'immigrant peut bâtir sa maison, depuis les fondations jusqu'aux combles ; en faire le mobilier ; avoir du bois et du charbon, et, encore, la nourriture pour lui et pour ses porcs.

L'Araucaria, comme les autres conifères, produit de la résine, la thérébentine, du goudron et tous les produits analogues. Les cendres de Y Araucaria sont riches en potasse et en soude. On voit donc que Y Araucaria offre un vaste champ d'exploitation pour les immigrants intelligents et industrieux, depuis les capitalistes et les industriels jusqu'aux simples ouvriers, charpentiers, menuisiers, tourneurs, etc.

Bois de Construction, de Menuiserie et d'Ébénisterie. — Les forêts d'Araucaria présentent leur maximum de richesse à

Parané ; mais elles se trouvent sur tous les plateaux du sud du Brésil, entre 300 et 800 mètres d'altitude, depuis la province de Minas jusqu'à Rio-Grande-du-Sud. A Paranâ les forêts d'Araucaria sont entremêlées d'Embuias, bois superbe qu'on emploie dans la menuiserie et dans l'ébénisterie en concurrence avec le vieux chêne. VEmbuia est un bel arbre du genre Nectandra, de la famille des Lauracées. A Santa-Catharina les bois les plus communs sont les Perobas [Aspidosperma peroba, famille des Apocynacées) et les Caneïlas-Prêtas (Nectandra atra, famille des Lauracées). En visitant les colonies de cette province, en L863, j'ai vu, chez un immigrant, un tronc de cèdre d'un mètre et demi de diamètre et de 20 mètres de longueur. Il n'est pas rare de voir à Santa-Catharina, comme dans l'Amazone, des canots creusés dans un seul tronc de cèdre et pouvant naviguer avec dix à vingt personnes. A Paranâ et à Santa-Catharina, dans les forêts au bord de la mer, on rencontre les bois du nord du Brésil, quelquefois avec d'autres noms. Ainsi le Paâ-cVArco (Bois d'Arc) est connu sous le nom de Guarapory à Paranâ; mais c'est toujours le Tecoma speciosa, de la famille de Bignoniacées, comme dans les provinces du nord du Brésil. Il ne faudra pas oublier que tous les cèdres natifs du Brésil appartiennent à la famille des Cedrelacécs-Meliacées ; les Cèdres -Conifères (Cedrus Liban î, etc.) ont été acclimatés dans les provinces du sud de l'Empire.

On a envoyé de Paranâ aux Expositions de Paris (1867), de Vienne (1873) et de Philadelphie (1876) un bois très précieux, qui ressemble à de l'écaillé mouchetée de jaune et de noir. Ce bois est produit par une liane énorme, de la famille des cœsalpinacées-légumineuses, classifiée dans le genre baukinia. A Paranâ on appelle cette liane cipô-florâo (liane-fleuron) ; dans la province de Rio on l'appelle clpô-escada (liane-escalier) ou encore cipô-unha-de-boi (liane-ongle-de-bœuf). Ce bois, même au Brésil, n'est employé que dans l'ébénisterie de luxe, en marqueterie ou en ouvrages de mosaïques sur bois.

Maté (Thé du Paraguay, Thé du Brésil). — Le maté est encore l'article d'exportation le plus important de la province de Paranâ. On a fait en France, en Allemagne et en Italie, des études physiologiques sur ce succédané du thé de Chine et des Indes. Par ces études on est arrivé à la conclusion que le maté convient mieux que le café et le thé aux dames, aux enfants, aux convalescents, aux névrotiques, à tous ceux enfin qui soullrent

LES ZONES ACUICOLES. 257

d'insomnies el de complications nerveuses. Aussi commence-t-on à importer en Europe le maté de Paranâ, surtout pour le service des hôpitaux el maisons de santé. A Paranâ et dans le sertâo (centre) du Brésil, on appelle les arbres qui produisent les feuilles propres à la fabrication du maté : Congonhas et Congoinhas. Ces arbres appartiennent à la famille des Ilicinacées, dans le genre-type Ilex, A Paranâ les principales espèces sont : Ilex curitybensis, I. Paraguay ensis, Ilex ovatifolia, I. aculifolia, Ilex acrodonta, L obtusifolia, Ilex humboldliana, Ilex ebe?iacea, etc., etc. 1 /exportation du maté de Paranâ se fait pour le Chili et la Plata el oscille entre 12 et 14 millions de kilogrammes, d'une valeur de 7 à 8 millions de francs.

Agriculture. — Pour bien comprendre l'infinité de cultures, auxquelles on peut se livrer dans les provinces de Paranâ et de Santa-Catharina, il faudrait avoir sous les yeux la carte en relief de cette zone agricole du Brésil. Alors on verrait la chaîne maritime, l&Serra-do-Mar, se dresser comme une immense muraille de 800 à 2.000 mètres de hauteur, pour soutenir des plateaux, comme ceux de Curitiba, à Paranâ, et ceux de Lages, à Santa-Catharina, jouissant de climats européens et donnant tous les produits agricoles de la France. On pourrait alors comprendre comment la province de Paranâ possède, à elle seule, quatre zones agricoles parfaitement caractérisées : 1° la zone maritime, qui ne monte qu'à 30 mètres, et qui possède une flore tout à fait brésilienne, de palmiers, de broméliacées, d'aroïdées, de melastomacées, etc., et dont les terres sont excellentes pour la canne à sucre, pour le manioc à tapioca, pour Yararuta [arrow-root), pour la vanille, pour les piments, etc. ; 2° la zone montagneuse, formée par les contreforts de la chaîne maritime, qui monte depuis 30 mètres jusqu'à 1.500 mètres et même 2.000 mètres d'altitude, où on admire les forêts de Perobas et de cèdres brésiliens, et qui possède, jusqu'à 300 mètres d'altitude, des terres excellentes pour la culture du café ; 3° la zone des admirables plateaux de Curitiba, •de Campos-Geraes, de Guarapuava, etc., etc., de 900 à 1.500 mètres d'altitude ; c'est la région des Araucarias, des superbes conifères de 36 mètres de hauteur et de 2 mètres 50 de diamètre ; c'est là que l'immigrant se trouve, comme en Europe, entre des cultures de blé, de seigle, d'avoine, d'orge, etc.; il peut se faire maraîcher et cultiver les mêmes légumes qu'en France, ou se faire horticulteur et envoyer aux marchés des pommes, des

poire-, des pêches, des raisins, des prunes, etc. Campos-Gerae$ signifient des pâturages et des prairies naturelles, où on ('-levé iœufs et des chevaux, et où on a déjà acclimaté des moutons — Rambouillet, Mérinos, etc., etc.; 4° la zone centrale, qui forme un immense plan incliné, qui descend des liants plateaux jusqu'au niveau du grand fleuve Paranâ, qui arrose les limites occidentales des provinces de Paranâ et de Santa-Catharina, entre des altitudes de 300 à 100 mètres. Les ingénieurs anglais qui ont parcouru cette zone pour faire Les études du chemin de fer Dona [sabel, ont été très étonnés de voir un pays, où les fleuves coulaient vers l'intérieur. (Test que toutes ces eaux vont se déverser dans le grand estuaire de la Plata, après avoir arrosé le Brésil, le Paraguay et la République Argentine. Depuis les altitudes de 500 mètres, on commence à retrouver la végétation brésilienne de palmiers et de melastomacées, comme dans la première zone, et des terres pour la culture de la canne à sucre, du manioc, du café, du maïs, du tabac, etc. L'expédition dirigée par l'ingénieur Antonio Etebouças a rencontré sur les bords de l'Ivaliy, un des plus beaux affluents du Paranâ, d'immenses d'orangers. Sur les rives de ce ûeuve, le docteur Faibre a fondé la colonie Thereza, qui, aujourd'hui forme la ville de Theresina, située dans une région aussi riche en produits agricoles qu'en produits minéralogiques de toute espèce, y compris l'or.

Coton. — Pendant la crise produite par la guerre de l'abolition aux. États-Unis, toutes les provinces du Brésil, depuis Para jusqu'à Rio-Grande-du-Sud, ont exporté du coton pour Liverpool. A Paranâ, c'est le coton herbacé (Gossipium herbaceum qui donne un rendement extraordinaire. Sur un terrain de 750 mètres carrés, on a récolté 2.937 kilos de coton. On a vu un seul co ton nier chargé de 150 cocons. Les meilleures terres à coton, a Paranâ, se trouvent dans le centre de la province, à Castro et à Guarapuava. La culture du coton commence à se relever dans tout le Brésil, grâce à la demande des fabriques qui se fondent presque dans toutes les provinces.

Ramie. — On a déjà acclimaté au Brésil la ramie, la fameuse Candida Sidonis dr> anciens Komains. C'est le produit fibreux de la Urtica tenacissima, Urtica utilis des botanistes. Les plus belles plantations de ramie se trouvent dans la province de Santa-Catha-

rina, dans la colonie Grâû-Parâ, fondée dans la vallée du Tubarao dans Lé patrimoine du comte d'Eu, Dans les essais d'acclimatation faits a Rio par M. J. Bellissime, il a obtenu quatre à cinq récoltes par an. chaque plante produisant de lia 16 tiges. Les fibres en sont très belles et prennent parfaitement toutes les couleurs de teinturerie. Les plantations de ramie, à Santa-Catharina, s'élèvent à des millions de pieds. On préfère la ramie-verte, à feuille cordiforme, qui résiste mieux à la gelée. M. Joaquim Caetano Pinto Junior, initiateur de l'immigration italienne au Brésil, a fait venir des machines du système Landstheer pour décortiquer la ramie dans la colonie de Grào-Parâ. A l'exposition d'Anvers, la ramie de cette provenance a été jugée supérieure à toute autre et a obtenu une médaille d'or. La ramie décortiquée >tée, à présent, de 40 à 50 francs les 100 kilos. L'industrie européenne a énormément à gagner avec la ramie, qui sera aussi une grande source de richesse pour les immigrants-propriétaires au Brésil.

Vin. — Les immigrants établis clans ces deux provinces du sud, cultivent la vigne et commencent déjà à faire le vin. Ces provinces possèdent des terres et des climats excellents pour cette culture. M. Todeschini, un Hongrois, ancien directeur de colonie à Santa-Catharina, nous disait n'avoir jamais vu, pas même à Tokay, des grappes aussi belles. Le gouvernement brésilien a fait venir des plants de vigne des localités les plus renommées d'Europe pour les distribuer dans les provinces de Minas, San-Paulo, Paranâ, Santa-Catharina et de Rio-Grande-du-Sud. Les chemins de fer de l'État font des rabais aux tarifs de transport pour les vins brésiliens. Aussi peut-on espérer que bientôt le Brésil sera compté parmi les grands producteurs de vins.

Soie. — Les immigrants établis dans les provinces d'Espirito- Santo, de Paranâ, de Santa-Catharina et de Rio-Grande-du-Sud, cultivent le mûrier et élèvent des vers à soie. Les forêts du Brésil possèdent des vers à soie natifs, qui vivent sur différentes plan- I !S, notamment le Saturnia aurata qui s'alimente des feuilles du ricin, Palma Christi, Ricinus communis des botanistes. On a déjà envoyé des échantillons de soie brésilienne aux marchés d'Europe, et on les a cotés de 80 francs à 100 francs le kilogramme. Il est déjà question de fonder une fabrique de soie pour faire avancer plus rapidement sa production au Brésil.

Immigration. — Les provinces de Paranâ et de Santa-Catharioa sonl connues, depuis longtemps, des émigrants d'Europe, surtoul d'Allemagne et d'Italie. Ils connaissent bien les plateaux de Curitiba, où le blé, l'avoine, l'orge el les autres grains donnent un rendement de 80 pour 1 ; où les haricots rendent 200 pour 1, el les mais jusqu'à 250 pour 1. La renommée de ees plateaux, de 17" centigrades de température moyenne, a déjà atteint la Pologne et le Tyrol. Les ingénieurs Joseph et François Keller, qui ont étudié l'Iguassù et d'autres affluents du Paranâ, ont écrit pour les immigrants cet avis plein d'intérêt : « Un capital de 7 contos de réis (19.831 fr.) employé à l'achat d'un terrain de 4 hectares avec maison, haies, instruments agricoles, bétail, etc., par une famille de 4 à 5 personnes, peut produire un revenu net de 15 0/0 à 16 0/0, sans compter la nourriture et les vêtements pour la famille de l'immigrant. » C'est l'immigrant Kalkmann, établi à Paranâ, qui a fourni ces chiffres aux ingénieurs Keller. Tous les environs de Curitiba, le Ilocio, comme on dit dans la province, sont occupés par des milliers d'immigrants-propriétaires, qui vivent heureux et contents dans la culture de leurs terres et dans la petite industrie, ou se font de belles économies dans les transports en charrettes sur les routes de la capitale aux ports d'Antonina et de Morretes, ou à (iuarapuava et aux autres villes de l'intérieur de la province. On doit applaudir l'initiative des capitalistes anglais, qui ont acheté en 1888, dans la province de Paranâ, 200.000 alqueires de terres, ou 484.000 hectares, qui correspondent à 1.196. 037 acres, en mesure anglaise. En Angleterre, on fait la propagande de la petite propriété avec la formule : A cow and an acre, c'està-dire « Une vache et une acre de terre ». Dans cet immense domaine de Paranâ la compagnie anglaise pourra donc établir un million d'Écossais, d'Anglais et d'Irlandais qui y oublier »nt les martyres du terrible Lancllordisme . La province de Paranâ est vraiment le paradis des immigrants. Impossible de trouver un climat plus doux et des terres plus fertiles. Quand on arrive au plateau de Curitiba et qu'on se voit entouré de ces araucarias, si majestueux et si parfumés, on ne peut pas retenir un cri de joie et d'enthousiasme. L'air y est si pur, si vif et si léger qu'il produit l'effet du gaz hilariant C'est l'admirable plateau de Curitiba qui a inspiré les plus belles pages à Saint- llilaire. Ce panorama splendide a un cachet extraordinaire, même au Brésil où on passe la vie entouré de merveilles, de

plantes el de Qeurs qu'on ne peul voir en Europe que dans les s irres chaudes des rois, des princes et des millionnaires.

Chemins de fer. — La province de Paranâ est déjà desservie par des voies ferrées, comme on le verra plus loin.

Exportations. — Les principaux articles d'exportation de Parané <it de Santa-Catharina, sont : maté (thé du Brésil, thé du Paraguay' pour la Plataet pour le Chili — coton — bois de construction — sapin du Brésil [Araucaria) — farines de manioc — farines de maïs — tapioca — cuirs — sucre — eau-de-vie — haricots — fèves, etc. ; puis, de la vallée du Tubarâo à Santa-Catharina : bourre et fromages des colonies — meubles et ouvrages de menuiserie, des colonies de Joinville, Blumeneau, etc.

VIII. L,a zone de l'Uruguay. — La province de Rio-Grandedu-Sud, qui forme, à elle seule, la zone agricole de l'Uruguay, a une surface de 236.553 kilomètres carrés. Sa population est de 950 mille à un million d'habitants. Le beau fleuve Uruguay, l'un -rands affluents de la Plata, contourne la province de Rio- Grande-du-Sud par les frontières du nord et de l'ouest.

Terre. — Sur une carte en relief de la province de Rio-Grandedu-Sud, on verrait immédiatement que le sol de cette belle région est formé principalement par deux immenses plans inclinés : l'un jetant ses eaux dans l'Océan, l'autre dans l'Uruguay. Ainsi le grand fleuve Jacuhy coule vers la mer par l'entremise de la Lagôa-dos- Patos(Lagune-des-Canards), tandis que l'Ibicuhyse déverse sur la rive gauche de l'Uruguay. On doit remarquer, comme curiosité hydrographique, la coïncidence de la direction générale de ces deux fleuves, qui se trouvent presque sur un parallèle à l'équateur, et indiquent le plus court chemin de l'Océan à l'Uruguay. La rive septentrionale du Jacuhy est montagneuse et tourmentée par les contreforts de la chaîne maritime (Serra-do-Mar), qui finit exactement à ce thalweg ; sur la rive méridionale, au contraire, commencent les fameux campas (pâturages, prairies naturelles) de Rio-Grande-du-Sud, qui s'étendent jusqu'à la Plata.

Au bord delà mer on trouve des dunes, et le terrain est sablonneux : mais ce sable est, exceptionnellement, très fertile. Ainsi, dans YIlhadosMarinheiros (île des Marins), danslaLagoa-dos-

Patos, toul près de la ville de EUo-Grande, on voit le sable cultive par des immigrants produire des légumes de toute beauté, des Fruits d'Europe et 2.000 pipes de vin.

L;i poche prédominante à Rio-Grande-du-Sud est Je grès. L< '^ rives el le lii de l'Uruguay abondent en silex, agathes, cornalines améthystes, etc., etc. On les exporte pour l'Allemagne, où on en (ail une infinité d'objets <le fantaisie.

On exploite les marbres à Encruzilhada et à Caçapava ; les calcaires à Bagé, à San-Gabriel, à Santa-Ànna^-do-Livramento, et dans les collines d'Herval (Serra do Herval). A Caçapava on trouve aussi de belles serpentines. Au Cahy abondent les grès blancs et rouges. Au nord de la province, dans la Serra Gérai, on trouve le porphyre etlesyénite. Les argiles plastiques sont abandantes : les immigrants allemands en fabriquent des briques, des tuiles et la poterie pour leur ménage.

Houille. — Le charbon de terre est exploité à Rio-Grandedu-Suel depuis longtemps, à Gandiota et à l'Arroyo-dos-ïtatos. Une Compagnie anglaise : The Brazilian Collieries Company, Limited, de £100.000 ou 2.500.000 fr., a exploité la mine de l'Arroyo-dos-Ratos pendant un certain temps ; aujourd'hui c'est une Compagnie brésilienne qui possède cette mine, et qui en fait le service d'exploitation. On y a installé des machines pour la fabrication de briquettes de charbon.

La province de Rio-Grande-du-Sud jouit d'un immense réseau de navigation à vapeur dans ses fleuves et dans les lagunes Mcarim et des Patos ; ainsi la houille trouve des acheteurs à la sortie des puits de mine.

Bois de Construction, de Menuiserie et d'Ébénisterie. — Dans les forets des montagnes du nord de la province de Rio- Grande-du-Sud, on voit des Araucarias presque aussi beaux que dans la province de Paranâ ; des Cèdres brésiliens de la famille des Cedrelacées-Meliacées ; des Perobas du genre Aspidosperma, de la famille des Apocynacées ; des Canellas, du genre Nectandra de la famille des Lauracées, etc., etc. Dans la région des Campos ou des pâturages et prairies naturelles, les bois de construction sont rares. Les petits cours d'eau, les arroyos, comme on dit dans cette province, n'arrosent que des saules (Salix), des Acacias et des Mimosas à bois blanc.

Quand on monte l'Uruguay, on voit le changement de flore se

faire aussi rapidement que celui des coulisses et des décors au théâtre. Jusqu'à Itaquy, on a la végétation caractéristique des rives de la Plata : en amont d'Itaquy, commence la foret brésilienne, unie el serrée, enveloppée par les lianes, chargée d'épiphytes, d'orchidées, d'aroïdées et de broméliacées, aux belles Heurs aux couleurs éclatantes, sur les troncs superbes des cèdres, des perobas el des canellas, couronnés par des touffes de feuilles miroitantes, vert foncé, en beau contraste avec cet azur du ciel qu'on ne peut voir qu'au Brésil.

Poissons et pêche. — Depuis les temps coloniaux on exporte des poissons salés de la province de Rio-Grande-du-Sud, notamment la Tàlnha salgada. Les lagunes Méarim et des Patos offrent vraiment les meilleures conditions pour des viviers à poissons, pour des parcs à huîtres et pour toutes les industries connexes à la pisciculture. Ces énormes étangs ont été formés par un barrage en sable, construit par les forces cosmiques de l'Océan et des fleuves de Rio-Grande-du-Sud ; du côté de la mer ils sont fermés par des digues, voire même par des dunes, quelquefois larges de quelques kilomètres, d'autres fois assez étroites pour être rompues par les lames de l'Océan. Nous espérons bien placer sur les rives de ces lagunes quelques milliers d'immigrants hollandais, au moment de l'exécution des travaux hydrauliques de Rio-Grandedu-Sud, qui sont du même genre que ceux de Hoek-Van-Holland à l'entrée du port de Rotterdam. Ces Hollandais implanteront à Rio-Grande-du-Sud leur industrie de fascinages, et surtout de salaison des poissons.

Dans l'extrême rapidité de ce travail, nous n'avons pas parlé des poissons du Brésil ; à peine avons-nous fait mention du Piracurû (Vastres Cuvierii) et du Puraqué (Gijmnotus electricus) de l'Amazone. Mais cette omission ne doit pas faire croire que les fleuves et les mers du Brésil ne soient pas des plus riches en poissons de toute espèce. Encore, l'autre jour, un voyageur Russe, un gourmet fort entendu en poissons de mer et de rivière, nous disait qu'il ne connaissait rien de plus exquis, en fait de poissons, que ceux de Rio ; notamment le badèjo et le badèjete, la garôpa et la garopinha, le robalo et le bijupirà. Les crevettes de Rio-de-Janeiro et de Bahia — les fameux camarôes — ■ sont déjà exportées en conserve pour Paris et Londres.

Il ne manque pas d'huîtres, de, toute espèce et de toute grandeur, sur la côte du Brésil. Une famille française vient d'obtenir

(novembre 1888) l'autorisation d'établir un parc aux huîtres dans La rade de Rio,

Chaque province du Brésil a son poisson favori; par exemple : la C aval la pour la province de Bahia, la Carapéba pour la province d'Alagôas. Avant la navigation à vapeur, les baleines fréquentaient la côte du Brésil. On verra sur les cartes du Brésil le nom très répété d'Armaçao, qui signalait les stations de pèche de haleines. Les endroits de la côte du Brésil les plus renommés pour la pêche sont: Abrolhos — des îles et des rochers, qu'on voit des paquebots à vapeur, quand on vient de Bahia à Bio, et qui restent, à peu près, en face de la ville de Canavieiras ; Cabo-Frio, un peu à l'est de la ville de ltio ; l'ile et le canal de Santa- Catharina; lalagunadu Tubarâo, et les lagunes Mearim et des Patos, dans la province de Bio-Grande-du-Sud.

A Abrolhos et Cabo-Frio, les poissons les plus abondants sont les Garopas et les Pcscadas, de gros poissons de un à deux mètres de longueur, qu'on prépare salés et secs, comme la morue, ou bien confits en marinade dans des boites en fer blanc, pour l'exportation.

Dans le canal et le long des côtes de l'ile de Santa-Catharina, abondent les Garopas, les Pescadas et surtout les Enchovas, en quantités énormes. Dans les lagunes du Tubarâo, au sud de la province de Santa-Catharina, de Mearim et des Patos, ce sont les taïnhas, longues de 50 à 80 centimètres, qu'on pêche et qu'on prépare, comme la morue, pour être exportées pour les provinces du nord du Brésil.

Ainsi donc, on voit que les immigrants qui aiment la pêche et le poisson se trouveront au Brésil en pays d'abondance.

Agriculture. — La province de Bio-Grandc-du-Sud comprend une région de prairies naturelles et de pâturages, nommée Campos, et une région plus ou moins montagneuse. Les Campos étaient entièrement réservés pour le bétail, qu'on élevait, comme à la Plata, en troupeaux innombrables ; dans la région montagneuse et dans les vallées des fleuves on faisait l'agriculture.

Jusqu'à l'Abolition, les grands propriétaires ne faisaient que l'élevage du bétail et l'industrie des Saladcros ; l'agriculture appartenait aux immigrants. Ainsi la belle colonie de San- Leopoldo était le principal fournisseur de céréales, de légumes et de fruits aux marebés de la province de Bio-Grande-du-Sud.

Bétail. — La fameuse industrie des Saladeros, si connue en Europe par les descriptions des voyageurs à la Plata, a reçu un coup mortel lors de l'Abolition. Le Xarque, la Carne-Secca, la viande sèche el -aire, étail un reste de barbarie relié à l'esclavage . Cette mauvaise nourriture «Mail donnée aux esclaves de Cuba et du Brésil. A présent on travaille pour abolir le Xarque, et pour exporter les viandes de bœuf et de mouton en frigorifiques, comme on fait en Australie et surtout à la Nouvelle-Zélande.

D'un autre côté, il y a énormément à faire pour améliorer les de chevaux, de bœufs et de moutons, et pour élever toutes les industries connexes à la hauteur des progrès modernes.

Blé. — La culture du blé est très ancienne dans la province de Elio-Grande-du-Sud. Avant 1830 on en exportait du blé pour Rio et pour l'île de Cuba.

A présent, les immigrants italiens et allemands reprennent cette culture avec avantage. A Pelotas, une des plus belles villes de la province de Rio-Grande-du-Sud, on a établi un moulin à vapeur, qui achète le blé aux planteurs à 3.000 réis Valqueire. — L'alqueire vaut 36 litres et 27 centilitres. C'est donc à peu" près S fr. 50 par 30 litres.

A Hio-de-Janeiro, on a construit deux moulins à vapeur avec toutes les améliorations introduites dernièrement par les Américains. Ils appartiennent à deux puissantes Compagnies : Moinhos Fluminenses (Moulins de Rio), et Rio-de- Janeiro Flour Mills Granaries, Limited.

On fait dans tout le sud duRrésil des efforts incessants pour donner la plus forte expansion possible à la culture du blé. Nous pensons, comme Michel Chevalier, que les peuples civilisés mangent du pain, et que la culture du blé est un indice de civilisation.

Le Brésil des temps coloniaux n'avait que la farine de manioc, une nourriture pauvre, qui n'a pas la force nutritive du blé ; il faut que le Nouveau-Brésil produise le froment et la vigne, comme la France. Nous espérons bien pouvoir annoncer, dans trois ou quatre ans, aux émigrants des belles races méditerranées que le Brésil est un pays de pain et de vin, et qu'ils s'y trouveront aussi confortablement qu'en France et en Italie. Le manioc servira à la fabrication du tapioca pour malades et convalescents ou pour plats de dessert et potages.

Vin. — L'immigration italienne a donné une grande impul-

sion à la culture de la vigne dans La province de Rio-Grande-du- Sud. Les deux IkiIIcs colonies Comte d'Eu et Dona Isabel produisent déjà do 20 à 25.000 pipes de vin. Nous avons déjà cité la petite lie Dos Marinheiros, qui exporte 2.000 pipes de vin par an. La viticulture lait des progrès à Piratinim, à Santa-Maria-da- Boca-do-Monte, dans la vallée du Camaquan, à Monténégro, et partout où on établit des Italiens comme immigrants-propriétaires. A Rio-Grande-du-Sud, le vin brésilien [Vinho national) se vend 120.000 réis à 180.000 réis, c'est-à-dire 310 francs à 510 francs la pipe, et est déjà exporté pour la ville de Rio. et pour le nord de l'Empire.

Immigration. — La province de Rio-Grande-du-Sud est la plus connue en Allemagne par les émigrants. L'ancienne colonie de San-Leopoldo en était le plus fort centre d'attraction.

Pendant plusieurs années, les Allemands ne se dirigeaient que vers Rio-Grande-du-Sud. La Société de Colonisation d'Ilambourg en a dirigé un beau courant vers la province de Santa- Catharina en y fondant Dona Francisca et Join ville.

Le* Docteur Blumenau a aussi fondé une belle colonie à Santa- Catharina, qui porte son nom, et qui est une des plus prospères du Brésil. Le courant d'immigration allemande s'est divisé dernièrement entre les provinces de San-Paulo, de Parana, de Minas et d'Espirito-Santo. C'est tout récemment, après le contrat Caetano Pinto (1874-1878) que les immigrants italiens se sont dirigés vers la province de Rio-Grande-du-Sud. Aujourd'hui les Italiens prédominent dans les colonies Comte d'Eu, Dona Isabel, Caxias, Sllveira Martins, etc. La concurrence des deux immigrations allemande et italienne a produit les plus beaux résultats ethniques et économiques. Leur race mixte est d'une extraordinaire beauté. Les Italiens continuent leurs cultures de blé, d'orge, d'avoine, de seigle, de vin et de soie, tandis que les Allemands ont gardé les cultures brésiliennes du maïs, des haricots, du manioc, etc., et font de la bière partout.

Du concours de tous ces efforts il résultera que la province de Rio-Grande-du-Sud jouira d'un bien-être difficile à rencontrer en quelque pays du monde que ce soit.

Chemins de fer. — La province du Rio-Grande-du-Sud a une belle navigation à vapeur dans les lagunes Mearim et des Patos et sur plusieurs fleuves. La région ouest de la province,

baignée par l'Uruguay, reçoit, aux temps des eaux, des navires d'Europe et des bateaux à vapeur dans les ports d'Uruguayana, d'itaquy ei de San-Borja. Le réseau de voies ferrées y fait des progrès tous 1rs jours, comme on le verra dans un chapitre spécial.

Exportation. — L'extraordinaire polyculture de la province de Rio-Grande-du-Sud ; l'élevage du bétail dans les fameux Campos, ou pâturages et prairies naturelles ; l'industrie naissante sous la forte impulsion des races concurrentes dans l'immigration, donne ni ;\ cette zone agricole une infinité d'articles d'exportation. Nous nous bornerons à faire mention des suivants : Xarque, Carne secca, viande sèche et salée, suifs, cuirs, cornes, os, guano animal et tous les produits connexes ; poissons salés (Tainhas), laines, maté (thé du Brésil), bières, vins des colonies, tabac, haricots et céréales, fruits et confitures, tissus de laine, tissus de laine et coton, etc., etc.

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