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CHAPITRE IX

Par M. J.-M. LEITAO DA CUNHA1

Il est clair que dans les différents pays le développement des institutions agricoles doit être en raison inverse de la fertilité du sol. Au Brésil, dont le sol est d'une fertilité proverbiale, le nombre de ces institutions n'a donc pas pu répondre à l'immensité de l'étendue du territoire. Le Brésil, en effet, est un pays à culture extensive, dont l'activité agricole s'est bornée jusqu'ici à la production d'un petit nombre de matières premières au moyen de méthodes rudimentaires ; il n'avait pas senti le besoin devoir recours à des procédés perfectionnés et à des moyens artificiels pour augmenter la productivité de son sol.

Dernièrement, cependant, une révolution économique s'y est produite qui va transformer forcément son régime agricole. La loi du 13 mai 1888 a affranchi heureusement les derniers serfs delà glèbe qu'il possédait encore. Cette loi donnera sans doute un grand élan aux institutions agricoles, en obligeant la grande propriété, aussi bien que la petite culture, à y chercher toutes deux une nouvelle source de rénovation. Pour maintenir l'exploitation extensive des terres, la grande propriété devra puiser dans le choix judicieux des méthodes et dans l'instruction scientifique les moyens de compenser le manque de bras serviles grâce auxquels elle s'était constituée. De son coté, la petite propriété, qui

1. Député à l'Assemblée générale législative pour la province de Para, dont son père, M. le baron de Mamoré, sénateur et ancien ministre d'État, est originaire.

esl entrain de s'établir graduellement par l'arrivée d'immigrantspropriétaires, voil son avenir lié à ces institutions, dont le concours peut seul pendre fructueuse la culture intensive à laquelle elle devra s'astreindre, et qui serait impossible si elle s'avisait de conserveries anciens procédés.

En outre, la polyculture, corollaire immédiat de la transformai ion des conditions de travail et de l'élargissement des surfaces cultivées, dépend essentiellement de l'aide de ces institutions, qui, par L'étude de la physiologie des différentes espèces et par l'analyse des terrains, établiront l'adaptation de chaque culture au sol qui lui conviendra le mieux, et, par l'application des principes de chimie agricole et d'économie rurale, assureront le bon résultat des cueillettes et des récoltes.

Le ministre de l'agriculture a compris tout cela. Pendant la session de l'année 18SS, il ne s'est pas borné à solliciter des Chambres des mesures pour l'introduction d'immigrants, pour le développement des voies de communication et pour la réduction des prix de transport. Il a insisté aussi en faveur de la création de nouvelles institutions agricoles aussi bien qu'en faveur de l'amélioration de celles que nous possédons déjà. — « Le gouvernement, a dit le ministre, est décidé à créer des écoles agricoles, dont il lui semble inutile de faire ressortir les avantages, car l'enseignement professionnel est le meilleur moyen de donner à l'agriculture d'autres conditions et d'autres habitudes, et, partant, un autre avenir. » Et le ministre a demandé tout de suite un crédit da -48 contos (environ 138.000 fr.) pour la fondation d'une station agronomique et d'écoles pratiques d'agriculture.

La commission du budget de la chambre des députés a largement secondé les vues du ministre, en proposant d'augmenter le crédit demandé. Le Sénat est entré dans la même voie, de sorte que, dans le budget pour l'exercice 1889, une somme de 408 contos, environ 1 million 159.000 fr., a été mise à la disposition du ministre pour la création d'une ferme expérimentale dans la province de Ilio-de-Janeiro, sur la lisière du chemin de fer de Dom Pedro II, pour la fondation d'une école scientifique de viticulture dans l.i province de San-Paulo et pour l'établissement d'une station agronomique dans la province de Minas-Geraes.

Une ère nouvelle s'annonce donc pour ces utiles institutions.

lài attendant faisons connaître rapidement celles qui existent actuellement :

Institut agricole de Rio-de- Janeiro (Impérial instituto fluminense de Agricultura). — Fondé par S. M. l'empereur et sous sa protection immédiate, il a pour but, conformément à ses statuts, approuvés par le décret n° 2681 du 3 novembre 1800, d'aider au développement do L'agriculture dans le Municipe Neutre et dans La province de Rio-de-Janeiro : 1° en facilitant la substitution des bras par des machines et dos instruments appropriés, et en essayant Le meilleur système de colonisation nationale et étrangère : 3° en Tondant des établissements normaux pour des expériences de machines et instruments agricoles, pour des essais de systèmes de cultures, des méthodes de fabrication, perfectionnement et conservation de produits agricoles et procédés pour l'extinction des vers et insectes nuisibles ; 3° en procurant l'acquisition de semences, graines et plants de plantes qui seront distribués aux cultivateurs ; 4° en cherchant l'amélioration des races d'animaux et la généralisation des meilleures espèces ; 5° en venant en aide à l'administration dans le perfectionnement des moyens de transport ; G0 en organisant une exposition annuelle des produits agricoles ; 7° en procédant tous les ans à la statistique rurale, et en exposant la situation de l'agriculture, ses progrès ou sa décadence, et les causes permanentes ou transitoires de ces phénomènes ; 8° en publiant une Revue destinée aux choses de l'agriculture étala vulgarisation des bons principes d'économie rurale ; 9° en créant des établissements normaux, des écoles d'agriculture, et, à leur défaut, en entretenant des agriculteurs professionnels qui fournissent les instructions qui pourraient leur être demandées et qui visitent les établissements particuliers.

L'Institut est administré par une direction de neuf membres et par un conseil de vingt-huit membres, ayant l'un et l'autre des attributions clairement définies ; des commissions municipales ont pour mission d'étudier les nécessités de l'agriculture dans leur municipe respectif, en présentant à la direction des rapports semestriels, d'organiser la statistique rurale de ces municipes et d'étudier l'état de ses routes et cours navigables.

Le patrimoine de l'Institut, formé parles droits d'entrée et les cotisations annuelles de ses membres, par une subvention annuelle du gouvernement se montant à 48 contos, par un subside de la province, et par des dons spontanés, parmi lesquels il faut citer l'un de 108 contos fait par l'empereur, se monte aujourd'hui à 349 contos, un peu plus d'un million de francs en titres de l'État.

La Revista Agricoia (Revue Agricole), paraissant tous les trois mois, compte plusieurs années d'existence.

Pour répondre aux exigences de son programme, l'Institut a fondé et entretient un asile agricole el une Ferme Normale; il dirige également le jardin Botanique, dont l'administration lui a été confiée par un contrat en date du 17 août 1861, moyennant la subvention annuelle de 12 contos.

V asile Agricole fonctionne depuis le 21 juin 1868. Le 28 novembre L884 il a été installé dans un bâtiment construit à cette fin et situé sur une des collines les plus pittoresques de la ferme du Macaco, 60 mètres au-dessus du niveau de la nier, à 2 kilomètres du Jardin Botanique, auquel il se trouve relié par une ligne de chemin de fer à voie étroite. Le bâtiment se compose d'un corps principal, d'une véranda et d'une chapelle ; il y a un salon pour les classes, une bibliothèque contenant plus de 100 volumes d'instruction primaire et de connaissances agricoles, quatre dortoirs spacieux, deux lingeries, réfectoire, cuisine, office, et deux salles, Tune pour la classe de musique, l'autre pour l'élève du ver à soie. Dans les annexes, on trouve un jardin, des étables et des écuries, une grande cour, un étang pour des bains, des niches à lapins, des poulaillers d'après le système allemand etc. Le compartiment des machines possède une machine demi-lixe de la force nominale de 0 chevaux-vapeur, un appareil en fer pour moudre jusqu'à 5.000 kilogs de canne par jour, un alambic pouvant distiller ^2.000 litres par jour, des engins pour la fabrication delà farine de manioc, un moulin à blé, un décotirqueur de coton, une scie circulaire etc. etc.

Le règlement expédié le 15 octobre 1881- fixe à quatorze ans l'âge maximum des élèves qui seront admis dans l'asile. Ils doivent être orphelins et d'une constitution appropriée aux travaux des champs. Ils sont entretenus entièrement aux frais de l'asile, et ont droit à un salaire et à une partie du pécule constitué dans la Caisse d'Épargne. Le programme de l'enseignement comprend les matières suivantes : instruction primaire, lecture, calligraphie, orthographe, grammaire, géographie, mathématiques élémentaires, comptabilité, catéchisme, dessin linéaire ; agriculture pratique, connaissance des instruments agricoles et des machines, manipulations pour préparer les terrains aux diverses cultures, traitement des végétaux, cueillette des produits, études pratiques sur les engrais, soins aux animaux domestiques, notions sur les aliments, horticulture ; études sur les tissus des

végétaux, leurs organes el leurs fonctions, greffe, coupe et autres opérations analogues, jardinage, embellissement des parcs, drainage et irrigation : gymnastique, natation, musique, métiers se rapportant à l'agriculture, serrurier, maçon, charpentier etc. L'asile compte présentement ^8 élèves, mais des demandes sont faites pour 1rs places vacantes, le nombre maximum des élèves devan I être de M).

La Ferme Normale (Fazenda Normal), composée d'une bande de terrain entre le Jardin Botanique et la montagne de la Gàvea, aune superficie de 4 hectares. Elle s'occupe de la culture des diverses espèces de plantes économiques, principalement de celles qui sont les plus recherchées par les agriculteurs, telles que canne-à-sucre, coton, tabac, manioc, arrowroot, café, cacao, vanille etc. Elle cherche aussi à acclimater et à propager la jute, la ramie, le mûrier, le sorgho, le thé, et d'autres plantes d'une valeur industrielle, soit indigènes soit exotiques.

La Ferme emploie pour toutes ces cultures les instruments les plus récents, en suivant autant que possible la méthode rationnelle. Dernièrement les travaux y ont été poussés avec une grande activité. L'administration se trouve en état, non seulement de développer la culture de la vigne dansdes terrains aptes pour l'étude des engrais et des divers genres de tailles, mais encore d'initier des cultures comparatives en soumettant les végétaux de la grande culture à des expériences faites principalement avec des engrais minéraux. On y prépare aussi un terrain pour un champ de manœuvres, où Ton pourra apprécier l'application des meilleurs instruments aratoires, et l'on y songe à la création de prairies artificielles.

Le Jardin botanique est connu de tous ceux qui visitent Riode-Janeiro, et la photographie a vulgarisé sa fameuse allée des palmiers. On y trouve une pépinière comptant 350.000 plantes, dont on a commencé à dresser le catalogue.

Institut agricole de Bahia {Impérial Instituto Bahiano de agriculture). — 11 a été fondé en vertu du décret n° 2.500 du 1er novembre 1850, et rappelle la visite que l'empereur fit à Bahia à cette époque. Son but est analogue à celui de l'institut agricole de Hiu-de-Janiro. 11 est administré par une direction de sept membres, aidés par des commissions municipales. Son patrimoine se monte à un peu plus de 96 contos, environ 276.000 francs. Il est forme par les cotisations de ses membres, par une subven-

:;nl LE BRÉSIL EN 18 89.

l'h.ii annuelle de -<> contos fournie par L'État, par une subvention

de -i contos fournie par La province et par des dons volontaires.

Ces modestes ressources n'onl pas permis à l'Institut de réa-

Liserson vaste et beau programme. Il n'en a pas moins rendu des

servie- signalés à la |)iD\ ince. C'est ainsi qu'il y a créé en 1870 V École agricole de San-Bento-de-Lages.

Cette École est installée dans un vaste édifice, le plus beau peut-être que nous ayons dans ce -cure, et qui a coûté plus de de 315 contos, près d'un million de francs. Ce bâtiment était autrefois une terme appartenant aux bénédictins. L'école est située dans le municipe de San-Francisco, dans la comarque de Santo-Amaro, à trois heures de voyage, par mer, du chef-lieu de la province. Le décret n° 5.957 du 23 juin 1875 a approuvé les statuts de l'École, qui se propose de généraliser dans le pays les connaissances agricoles en recevant des externes et des internes. L'enseignement professionnel de l'agriculture s'y trouve divisé en deux degrés : l'un élémentaire et l'autre supérieur ; celui-ci destiné à former des agronomes, des ingénieurs agricoles et forestiers et des vétérinaires ; celui-là destiné à former des ouvriers et des contre-maîtres agricoles et forestiers. L'enseignement es! essentiellement pratique, et on l'accompagne de notions théoriques et élémentaires indispensables de sciences naturelles, de zootechnie, etc., etc. Il y a quatre cours : de sylviculture, de génie agricole, d'agronomie et d'art vétérinaire. Aux élèves qui ont terminé l'un des cours on accorde soit un brevet d'ingénieur agricole, soit un certificat d'études, soit un diplôme d'élève. La direction de l'établissement consacre une attention toute particulière aux travaux des champs, qui se font sur des terrains expressément préparés dans ce but; ils consistent en exercices pratiques de culture, de chimie analytique et industrielle, de topographie et de nivèlement. L'établissement possède des cabinets de physique et de chimie, des collections d'anatomie, de zoologie et de minéralogie, et une bibliothèque contenant environ dix mille volumes. Le personnel se compose d'un directeur, qui réside dans l'établissement même ; de professeurs, qui peuvent aussi y loger ; d'un secrétaire, d'un économe, d'un aumônier et du personnel subalterne nécessaire. On accorde aux professeurs qui ont de la famille les matériaux et la main-d'œuvre dont ils pourraient avoir besoin pour se faire bâtir un logement sur les terres de l'établissement. Les cours sont ouverts du 15 février au 15 décembre. L'école est fréquentée assez réguliè-

rement; toutefois, elle n'a pas encore atteint le nombre maximum des élèves qu'elle peut recevoir, et qui est de 100 pour l'internat. Pour L'externat le nombre des élèves à recevoir n'est pas limité.

Institut agricole de Sergipe {Impérial Instituto Sergipano de agricuUura). — Il a été créé par le décret n° 2.521 du 20 janvier 1860, sur les mêmes bases et avec le môme but que l'Institut de Bahia. Leurs règlements étaient identiques. Dès qu'il eût organise sa direction et son conseil de surveillance, il tacha de fonder une école rurale modèle ; il importa des semences et des graines de végétaux utiles, fît venir des machines et des ustensiles perfectionnés pour les revendre aux agriculteurs au prix d'achat, et essaya de faire paraître une Revue consacrée à l'économie agricole. Ces bonnes intentions ne furent pas couronnées de succès, et cet établissement semble appelé à échouer comme les Instituts de Pernambuco et de Rio-Grande, créés par les décrets du 23 décembre 1859 et du 14 août 1861, qui ne purent réussir, malgré l'aide de l'Etat et de l'administration provinciale.

Établissement rural de San-Pedro-d'Alcantara. — Le décret n° 5.392 du 10 septembre 1873 autorisa la fondation de cet établissement dans la province de Piauhy. Il devait comprendre les fermes nationales appelées Guaribas, Serrinhas, Mattas, Algodùes et Olho-d'Agua. Le ministère de l'agriculture, qui s'en réservait le contrôle immédiat, s'engageait à lui fournir, outre les fermes dont il vient d'être parlé, une somme de 30 conlos ou 86.000 francs pendant la première année, de 57.000 francs pendant les cinq années suivantes; en outre, il payerait les appointements du directeur, auquel serait allouée une partie des bénéfices nets de l'établissement. Le directeur avec lequel on avait traité pour la fondation de cet établissement étant décédé, un autre décret, du 27 septembre 1884, promulgua un nouveau Règlement à ce sujet. L'établissement devenait une école professionnelle pour les affranchis et les enfants libres nés de mères esclaves ; le gouvernement le dotait largement, et tout semblait annoncer qu'il deviendrait prospère en peu de temps. Il n'en a rien été. Après avoir eu jusqu'à 89 élèves, dont 59 internes, il n'en avait plus que 29 en 1886. Le gouvernement, voyant que ses sacrifices ne répondaient pas aux résultats obtenus, vient de

décider qu'on Le transformerai! en un établissement de zootechnie, avec an subside annuel de 22.000 francs. Cet établissement <li<|)"-'1 de tous les éléments pour réussir sous sa nouvelle forme; il y a environ 10.000 têtes de bétail, 1.000 chevaux et mulets, 122 moulons et des oiseaux de basse-cour en grand nombre.

Orphelinat Isabel (Colonia orphanologica Fzabel). — Cette colonie a été fondée en 1871 à Pernambuco par L'administration provinciale sur les terres de l'ancienne colonie militaire de Pimenteiras. Elle a pour but de recueillir des orphelins el des

mineurs sans protection pour leur donner des connaissances agricoles. Elle reçoit des élèves-boursiers et des pensionnaires payants. Ses ressources, qui lui ont permis de dépenser jusqu'à ce jour plus de 1.700.000 francs, se composent dune subvention de l'état et d'une partie des dons et legs faits à l'assistance publique de Etecife, de même que des bénéfices de l'exploitation d 3 terres de la colonie. Elle possède des cultures assez vastes manioc, canne à sucre, maïs, haricots, pommes de terre, etc.), et une usine pour la fabrication du sucre de canne. L'usine est desservie par une voie ferrée agricole de 12 kilomètres, qu'on va prolonger. Elle compte 150 élèves, et ses produits sont bien cotés sur le marché. La prospérité de cette colonie est due principalement à son directeur, le II. P. Fidelis de Fazuano, qui l'administre depuis plus de treize ans.

École agricole de Piracicaba (Escola Agrlcola do valle de Piracicâba). — Elle a été établie dans lemunicipe d'Itabira, dans la province de Minas-Geraes, en vertu de la loi provinciale du 20 novembre 1875. D'après son règlement, en date du 18 octobre 1880, elle a pour but de répandre dans la province les connaissantes de science agricole et l'usage des instruments aratoires, de pousser à la création de petites fermes-écoles pour les familles d'immigrants, en même temps que d'enseigner— 'pratiquement L'agriculture perfectionnée et la fabrication de produits agricoles. Elle reçoit des boursiers et des élèves payants ayant moins de 12 ans. L'enseignement est théorique et pratique ; le premier dure trois années. L'établissement est entretenu aux frais du trésor provincial; il a un directeur, des professeurs, un comptable, un mécanicien, un agent et un infirmier, et il est placé sous le contrôle d'un conseil composé de cinq membres,

L'école est bien installée; elle possède deux corps de bâtiment avec les annexes Indispensables, des étables, des instruments de travail, dos machines et un terrain de 0-4 hectares. — Elle a rendu de grands services à l'agriculture locale, au moyen des conférences que fait son directeur aidé par les élèves qui enseignent aux agriculteurs l'usage des meilleurs appareils. Les essais de culture de blé, faits par l'école, ont donné d'excellents résultats, et tendent à propager cette culture. Les immigrants et leur famille trouvent gratuitement à Vécole, pendant une année, leur entretien, leur habillement et les moyens de s'instruire dans les cultures du pays.

Colonie Blaziana. — Cette colonie est établie dans la ferme de la Conceiçâo, sur la rive gauche du rio Gorumbâ, à 18 kilomètres de la ville de Santa-Luzia, dans la province de Goyaz. Outre l'enseignement élémentaire, les élèves y reçoivent une instruction agricole théorique et pratique. Le local et les dépendances sont vastes. On y trouve des plantations assez étendues : 600 cognassiers, 800 mûriers, 1.500 vignes, 4.600 bananiers, 8.000 caféiers, la canne à sucre, la vanille, le manioc, le lin, le blé, le coton, le tabac, etc. Le nombre des élèves est de 70 à peu près, dont 34 orphelins. L'Etat alloue à cette colonie une subvention annuelle de 17.000 francs environ (6 contos).

Asile agricole de Sainte-Isabelle (Asylo Agricola de Santa- Isabel). — Il a été fondé, le 28 avril 1886, dans le municipe de Desengano, province de Rio-de-Janeiro, par l'Association protectrice de l'enfance, qui elle-même est une création de S. A. Mgr. le comte d'Eu. L'enseignement y est théorique et pratique ; mais l'instruction théorique n'y est pour ainsi dire qu'au second plan, car l'asile a pour mission principale de former, non pas des agronomes, mais des ouvriers agricoles parfaitement au courant des procédés modernes de culture. L'établissement est parfaitement outillé ; dix hectares servent à des essais de cultures variées, et quatre hectares sont occupés par les jardins et les enclos fruitiers. Une quarantaine d'enfants s'y trouvent recueillis. L'Association qui a fondé cet excellent asile reçoit une subvention de l'Etat se montant à 28.000 francs environ, et, grâce aux dons qu'elle a recueillis, son patrimoine se compose déjà de 570.000 francs environ.

Orphelinat Christina [Colonia orphanologica Christ ina). — Il a été installé dans une ferme, nommée Canaûstula, dans la province de Céara, et est bien monté. 11 se compose de dix maisonnettes et de plusieurs machines agricoles, des instruments de labourage, du bétail, des moulons, etc. Une quarantaine d'orphelins v reçoivent une instruction agricole théorique et pratique.

Institut de la Providence Instituto Providencia). — Il est situé sur la lisière du chemin de fer de Bragança, dans la province de Para, à (j kilomètres de Belem, le chef-lieu, sur des terres fertiles et bien choisies. Il a été fondé par le saint et savant évoque de ce diocèse, Mgr de Macedo, comte do Belem, qui a voulu créer un centre d'éducation chrétienne et d'instruction agricole en faveur des indigènes des deux provinces qui forment son diocèse. Les enfants, au nombre de 75, y reçoivent l'instruction élémentaire et apprennent un métier manuel tout en s'exerçant dans les cultures locales. Une scierie à vapeur s'y trouve installée et permet de débiter les précieuses essences des forets environnantes, qui sont transportées au chemin de fer de Bragança par un petit chemin de fer Decauville. Cet Institut reçoit une petite subvention provinciale et doit ses moyens d'existence principalement à l'inépuisable charité de son illustre fondateur.

Station agronomique de Campinas. — L'Etat a résolu d'établir une station agronomique dans la ville de Campinas, province de San-Paulo, centre agricole de premier ordre. Pour mener à bonne fin cette institution qui peut rendre de grands services à cette riche province, le gouvernement impérial a fait venir d'Allemagne M. F. -M. Dafert, de l'Université de Bonn, auteur d'un grand nombre d'ouvrages et spécialiste distingué. Au mois d'octobre 1SS7, on a commencé à construire la station sur une colline admirablement choisie; les travaux, terminés à l'heure qu'il est, ont été faits sous la direction de l'architecte Florencio et tous les appareils ont été fournis à la station par la maison Jerhards, de Bonn. Le personnel de rétablissement se compose d'un directeur, le docteur Dafert, d'un secrétaire, de deux aides et d'employés subalternes. La station compte quatre bureaux distincts. L'un d'eux est consacré aux analyses et forme un véritable laboratoire analytique à l'usage des planteurs, des négociants et des tribunaux. L'autre se livre à des expériences sur les engrais nécessaires aux plantes du pays, sur la culture de nouvelles plantes

et sur L'amélioration dos cultures existantes. Le troisième s'occupe de météorologie et est en correspondance avec l'Institut météorologique de Hambourg. Le dernier est un bureau œnologique, placé sous la direction d'un spécialiste autrichien, qui se propose de s»» livrer à des études pratiques de viticulture.

École vétérinaire et agricole de Pelotas. — Cette école, établie à Pelotas, dans la province de Rio-Grande-du-Sud, est entretenue par la chambre municipale de Pelotas, qui lui a fait don d'un excellent bâtiment et des terrains nécessaires. Elle a pour but de répandre les connaissances agricoles et principalemont l'art vétérinaire, si utile dans une province qui tire sa richesse de l'élevage.

Outre les établissements que nous venons d'énumérer rapidement, il y en a d'autres du môme genre ayant pour but d'encourager le développement de l'industrie agricole. Nous ne saurions les citer tous. Il est impossible, cependant, de passer sous silence la Société agricole de Pernambuco (Sociedade auxiliadora d'agricultura), qui a son siège dans le chef-lieu de la province : et, surtout, la Société industrielle de Rio-de-Janeiro (Sociedade auxiliadora da industria nacional). Cette dernière remonte à 1820, et, pendant sa longue existence, elle a rendu de grands services à l'agriculture du pays, soit en publiant de beaux. Rapports sur différents sujets se rattachant à l'agriculture nationale, soit en faisant paraître, depuis plus d'un quart de siècle, une intéressante Revue à laquelle l'Etat accorde un subside annuel de 6 contos ou environ 17.000 francs.

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