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INTRODUCTION

Par M. F.-J. DE SANTA-ANNA NERY

Les Expositions Universelles, que l'on a tant critiquées, ont du moins l'avantage incontestable de permettre aux différents États qui y prennent part d'établir une sorte de bilan officiel pour la plupart des branches de leur production. Quelque riche ou quelque pauvre que l'on soit, il est toujours utile de connaître exactement le point de prospérité ou de décadence où Ton se trouve. Pour cela, il suffit aux individus de mettre en ligne de compte leur actif et leur passif. Il n'en va pas tout à fait ainsi quand il s'agit des peuples. Afin d'apprécier avec quelque précision leur état économique, il faut qu'ils le comparent à celui de leurs voisins, car, dans la lutte internationale du commerce et de l'industrie, tout n'est qu'affaire de relation et de relations.

Les peuples ne sont plus, comme autrefois, des individualités totalement indépendantes les unes des autres. Ils tendent de plus en plus à composer un grand corps, un organisme gigantesque, animé d'une vie pour ainsi dire isomorphe, sujet à certaines commotions périodiques qui rébranlent, mais, en même temps, participant, dans une large mesure, aux bienfaits

do la production universelle. Il y a communication des parties au tout, et réaction du tout sur les parties, de sorte que l'étroite solidarité économique de presque toutes les nations des deux mondes constitue à la fois la raison de leur faiblesse et la garantie de leur puissance.

Nous saisissons donc avec empressement l'occasion qui nous est offerte de récapituler brièvement tout ce que le Brésil a fait d'utile et de grand depuis quelques années, et nous ne craignons pas de mettre en parallèle ses progrès avec ceux que les autres nations du nouveau continent ont accomplis.

Il y a vingt-deux ans que l'on n'a vu le Brésil à Paris. Nous voulons dire le Brésil tout entier, dans la variété et la multiplicité de ses produits. L'exhibition de ses cafés, qu'il a faite au Palais de l'Industrie en janvier 1883, bien que réussie en tout point et portant sur la culture la plus répandue de l'empire, n'était qu'une Exposition partielle et ne pouvait donner qu'une faible idée de la situation générale du pays.

En 1867, nous avons tenu avec un certain éclat notre place d'exposants. En 1878, pour certaines raisons d'économie intérieure, nous avons cru devoir nous abstenir. Cette année, si nous ne nous présentons pas officiellement à Paris, du moins y iigurons-nous en nombre et d'une manière satisfaisante.

C'est déjà beaucoup que la première nation latine du nouveau monde ait pu prendre son rang aux grandes assises ouvertes en ce moment. Si elle a renoncé à un grand luxe d'étalages et à une grande, profusion de décors dans son installation du Champ de Mars, c'est qu'elle préfère Yêtre au imraîlre, c'est qu'elle se contente de montrer modestement et sans trompe-l'œil le chemin qu'elle a parcouru depuis l'Exposition Universelle de 1867.

Le Brésil est venu à Paris, non pas pour en imposer aux yeux, mais pour faire constater à la vieille Europe qu'il n'est pas indigne, par ses progrès réalisés, d'entrer plus largement encore dans le concert économique des grands États. Le Brésil

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