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Le Brésil

climat, la richesse de ses produits, les mystères grandioses de ses forêts vierges, agissent sur les imaginations, qui, émerveillées encore par rédat d'une récente exhibition {V Étoile du Sud) , se complaisent dans le mirage de sa région diamantine ; puis, entre tous les États indépendants de T Amérique, c'est le seul qui ait eu le bon sens de garder la monarchie, et on sait, ne fût-ce que par les relations considérables que notre commerce s'y est créées, que Tarbre a porté ses fruits, c'est-à-dire que le Brésil est cahne et prospke; qu'à Tombre

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des institutions monarchiques Tiastinct mercantile de ses habitants donne aux transactions une activité de jour en jour plus développée ; que sa population s'accroit en môme temps que sa richesse ; enfin qu'il a le présent assuré et la foi dans Tavenir, qui est la sécurité du lendemain.

Ces notions vraies, mais vagues dans leur généralité, ne suflBsent pas, à mon sens, et j'ai pensé que ce serait une œuvre utile d'asseoir la bonne opinion du public français sur des faits précis et des renseignements positifs, de manière à substituer à des impressions superflu délies une conviction raisonnée«

Un ouvrage récemment publié en Belgique m'a confirmé dans cette pensée, qu'il importait de faire mieux connaître l'empire sud-américain. Cet ouvrage a pour titre le Bud^t du BrM et pour auteur M. le comte Auguste van der Stratten-Ponthoz, qui a occupé, il y a dix années, le poste de chargé d'affiftires du gouvernement belge à Rio-Janeiro.

Le livre de M. de Ponthoz est relativement exact, €sa œ sens qu'il retrace fidàlem^t la

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situation du Brésil à Tépoque où récrivaiu a reoofiilli les doconifiDtft qu'il met eD aime. A

un point de vue absolu, le livre est faux, car le Brésil d'aujourd'hui n'est plus le Brésil de 184^5. Tout passe et se transforme vite dans ces contrées de l'Amérique que la suppression du monopole colonial a appelées à une m nouvelle, pourvu qu'elles jouissent de la paix intérieure, et le Brésil, qui, abrité par sa monarchie, n'a subi dans ces derniers temps aucun trouble sérieux, a singulièrement marché depais dix ans. ^

D'un autre côté, M. de Ponthoz a des opinions trèe-anétées sur certaines conditions de rétablissement monarchique : il a , par exemple, d'irrévocables partis pris contre la déceotralisation et en faveur de Pimp^t fonder. Je tiens pour erronés les systèmes qu'il préconise ; je suis convaincu que, sans la décsntndisation , qui donne une vie propre à ses provinces en toute matière administrative, l'Empire du Brésil ne saurait prospérer ni peut-être subsister ; je suis égal^ent convaincu que l'impôt sur la terre, qui est souvent une nécessité &iancièie,

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n'est jamais une nécessité politique, et qu'il serait tout aa moins improductif et &tal^ quant à présent, dans un pays qui n'a que fort peu de terres en valeur relativement à son étendue, et qui appdle à grands cris la colonisation.

Les griefs que j'énonce n'accusent pas les intentions de l'écrivain, qui sont, je le reconnais, pleines de bienveillance pour le Brésil j mais si les chiffî^ de M. de Ponthoz sont surannés, si les voies d'avenir qu'il indique ne Sont pas oeHes où le Brésil pourra grandir prospérer, il est bon de rectifier ses chiffi^ en les rajeunissant, et de montrer que l'esprit de système dont s'inspirent ses conseils lui a fait fSure fausse route.

C'est dans ce double but que j'ai écrit ; mais je n'ai pas entrons la tâche ingrate de réfute point par point les trois gros volumes de M. de Ponthoz, où il y a d'ailleurs beaucoup à approu ver et à louer. J'ai pensé que je devais dioisir moi-même mon terrain et aller au plus court, dans un temps surtout où les esprits sont si fort occupés ailleurs, et qu'un simple et fidèle exposé de l'état présent du Brésil, de son histoire

ioontemporaine, da sa sitoatioa finaapière, des actes de son administration et de sa politique, enfin de son travail de colonisation, suffirait, tout en donnant au public les notions exactes qui lui manquent, à répondre aux chiffres et aux tkéories de rhonorable écrivain belge.

Je n'ai pas eu la prétention de faire un livre qui dure : je dis ce qui est, j'essaye de faire ^trevoir ce qui sera; mais étroitement Umitée dans le cercle des faits et des prévisions de l'époque où elle est écrite, mon œuvre ne saurait avoir qu'une valeur actuelle, et le livre même de M. de Ponthoz m'aurait appris au. besoin <fu'on ne peut guère ai' faire d'autres quand il s'agit du Brésil. Avec le rapide développement que prend TEmpire, ce qui est aujourd'hui sérà modifié demain, et certainement, dans moins de dix ans, mon livre sera à refaire, car les faits et les chiffires qu'il donne seront tout aussi snran* nés alors que le sont en ce moment les faits, et les chiffires recueillis en 1 845 par M. de Ponthoz* Il n'y a qu'une chose qui ne change pas au Brésil , c'est l'ardeur du gouvernement impérial à créer ce qui manque et à améliorer ce qui est.

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Plus habitué à la forme résumée du journal qu'aux développements du li^re, j'ai élagué de mon travail, autant que possible, les colonnes de chifires et les tableaux statistiques dont se grossissent volontiers les ouvrages analogues , n'empruntant aux nombreux doeuments qui sont sous ma main que le strict nécessaire. Tout cet étalage scientifique, peu attrayant pour le public, n'a de prix qu'aux yeux des hommes qui ont fait des choses dont on parle une étude qtéciale, et ce groupe de savants ne s'est pas constitué encore pour les dioses du Brésil. Je ne suis moi-môme qu'un écolier en ces matières, et c'est à œthumble titre que je m'attache à présenter, sous la forme la plus claire, les notions élémentaires que j'ai laborieusâooent recueillies.

Mieux eût valu sans doute qu'un éorimn brésilien eût rempli ma tâche : j'en connais qui s'en seraioit merveilleusement acquittés, et je regrette qu'ils ne m'aient pas devancé. Parler d'un pays qu'on n'a pas visité, se toansporter, par un eflfort de l'esprit, dans un milieu qui n'est pas le nôtre, discuter les choses quand on n'a pas vu se mouvoir les hommes, c'est s'ex-

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poser à bien des méprises, à biea des erreurs f c'dftt se candamiier à rétrécir son œrde et à se priver de l'élément qui agit le plus sur le public, qui avive le plus les œuvres littéraires. Je me suis résigné à ma situation sur ce dernier point, et quant aux erreurs possibles, je m'en suis garé de mon mieux en puisant mes renseignements aux sources les plus sûres, et en con* sultant avec un soin minutieux soit les docu-» ments oflBciels, soit les hommes les plus compétents. Grâce à ce contrôle attentif, j'ai Tespoir que les lecteurs mêmes du Brésil trouveront dans mou livre des lacunes sans, doute, mais peu d'erreurs matérielles.

Le seul mérite de ce livre aux yem de mes lecteurs d'outre-mer, c'est sa parfaite impartialité. Sur 06 points je tiens à leur suffirage, et je me crois en droit d'y compter. Le Brésil a eu ses luttes de Tlndépendance, ses agitations, ses troubles, ses révoltes d'une régence de dix années ^ il a eu, il a encore ses partis, très-violentsdans le passé, aujourd'hui très-calmes, trè&-constitutionnels, mais non ei&cés, car sous le r^lime parlementaire, où le pouvoirestleprix

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de la victoire^ les partis se transforment mais ne disparaissent pas. J'ai pris mon point de vue

entre ces partis, reconnaissant que leurs efforts divers on contraires avaient également Gonooniu à asseoir sur d'inébranlables bases et à développer les institutions monarchiques. Par un sentiment de réserve que doit s'imposer oeloi qui parle d'un pays qui n'est pas le sien, je me suis abstenu d'ap^H^er, et j'ai à peiné nommé les hommes éminents qui ont figuré en première ligne dans les conseils de l'Empereur et dans le Parlement. Je n'ai jugé que les morts, pour lesquels l'histoire a déjà commencé , sans donner prise, par des âoges intempestifs, à aucune controverse sur les vivants. Quant aux opinions que j'ai émises sur les ohoses passées ou présentes de l'Empire, je ne me suis inspiré que de noes propres sentiments , c'est-à-dire de mon afiction pour le Brésil , et du peu d'expérience que m'a donnée une longue étude des choses politiques de l'Europe.

Mais quelles que soient mes sympathies pour les progrès merveilleux qui s'accompli»aent dans ce jeune Empire, et les précieuses ami-

tiés qui sont venues me trouver de si loin, ce n'est pas pour le Brésil que j'ai écrit, c'est pour la FVanoe. Si je n'étais profondément conYaincu que la France a beaucoup à gagner à mieux connaître le Brésil; que le connaissant mieux elle suivra plus résolùment encore la voie où die est ^trée, et qu'elle aura sa part et sa grande part dans les bénéfices que Tavenir pro* met à r£mpire sud-américain, je n'aurais pas eu la pensée de publier ce liyre.

La France, jusqu'à ces dernières années, avait semblé prendre à tâche d'annuler les avantages maritimes et commerdanx qu'elle tient de sa situation. A la suite des longues guerres de la révolution, sa puissance coloniale était fort déchue , et il dépendait d'elle de s'appropria en grande partie le commerce d'échange avec les États de l'Amérique du Sud qui s'étaient affranchis du joug de leurs métropoles. Quand on a à ofBrir un marché de 30 à36 millions de consommateurs centralisés, on est en droit assurément d'obtenir des débouchés d'une valeur équivalente à celle des objets qu'on consomme, car .c'e$t un axiome incontestable que

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cette devise des éocmomistes : • Les pToduits

s'échangent contre des produits. »

Cette politique naturelle de la France n'a été suivie ni par le gonyamement de la Restaura;* tien ni par le gouvernement qui lui a succédé. Ce n'est pas ici le lieu de dire les causes de cette déviation, et quelle pression subissaient les deux gouvernements. Mais que ce fût ou non une nécessité de la situation, leur législation douanière s'inquiéta de tout en France, sauf de la seule diose qui aurait dû la préoccuper, à savoir l'intérêt du consommateur, c'est-à-dire des masses. Pour favorisa* nos colonies, que la liberté eût fait s'ingénier et vivre, et qui ont misérablement végété, elle frappa de droits à peu près prohibitifs toutes les denrées intertropicales de provenance étrangère. Puis la betterave apparat, et sans qu'on tintcompte delà diCG&rence des époques, cette trouvaille de TEmpire, excellent corrélatif du blocus continental, fut élevée dans la serre chaude de la protection à l'état d'industrie nationale menaçante pour nos colonies, et frappant plus que jamais d'interdit les produits similaires du IMail et de Cuba* La cul-

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tore de la betterave, comme devant fournir la matière imtnière à la fabricatkm da sucre 9 a en

pour la France le triple résultat que voici : elle nous a &it payer le sucre {Ans cher qu'en aucun autre pays du monde \ elle a doublé et triplé le prix des terres propres à cette culture^ elle a contribué dans une certaine niesure au renché^ rissement des céréales par le changement des cultures qui s'est opéré dans nos riches dépars tements du nord. Il n'y a pas à coup sûr un de ces résultats qui ait profité à U généralité des citoyens, et il est permis de regretter qu'on n'ait pas eu en France le ferme bon seus des Anghiis, qui n'ont pas voulu quitter la proie pour l'ombre et sacrifier les intérêts de leur marine, de leur commerce, de leur industrie, de la masse de leurs consommateurs, à la fantaisie de se donner les apparences d'une richesse territoriale factice.

Peut-être l'industrie sucrière a-t-elle pris aujourd'hui trop de racines en France pour qu'il nous soit possible de revenir sur nos pas; mais le sucre est le seul de nos produits tropicaux qui se soit artifideUement acclimaté parmi

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nous rintérôt uiétropoUtain n'était après tout engagé que sur cette question , et le café, par exemple, qu'on n'entendait pas apparemment sacrifier an culte subalterne de la diicorée, eût fourni encore un excellent objet d'échange pour nos produits manufacturés et agricoles, si Tintérèt exceptionnel de nos colonies n'eût aussi sur ce point dominé nos tarifs. Or nos oolonies produisent des cafés excellents, mais qui sont loin de suffire à notre consommation intérieure. Pour protéger ces cafés, que leur qualité supérieure protégerait bien toute seule, on a frappé . de droits différentiels excessifs les cafés prove* nant de l'étranger, qui n'arrÎTaient plus sur notre marché que comme appoint. Il est résulté de cet état de choses que la consommation n'a pas pris les développements que devait lui donner le goût naturel du peuple pour une boisson salubre, agréable, fortifiante, et que l'usage de cette boisson alimentaire n'a encore, en raison de son prix, pénétré qu'incomplètement dans les masses. Avec des droits minimes qui feraient seulement la part du fisc et supprimeraient la part de la protection, il y aurait à la fois

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proût pour le trésor, profit pour le coasommateur et pr<^t pour noire industrie, notre agriculture et notre marine, qui fourniraient et transporteraient les produits nationaux à échanger contre les cafés du Brésil, accaparés en ce moment par les États-Unis, qui les admettent en franchise de droits.

Il est reconnu par tout le monde que les tendances du gouYem^ment actuel s'attachent à rectifier ce qu'il y avait d'étroit et d'illibéral en matière de douanes dans les allures des gou- • vemements qui l'ont précédé. Depuis 1851, on n'a touché aux tarifs que pour les dégrever, et • on y a toudié souvent. Les économistes ardents trouvent que la besogne est menée trop discrètement, les partisans de la protection trouvent qu'on frappe trop fort ; maïs de ces griefe contradictoires il résulte que le gouvernement a clairement marqué son but, et qu'il est résolu,* tout en ménageant soigneusemenl la transition pour les intérêts engagés, et tout en sauvegardant les droits du fisc, à faire entrer peu à peu la France dans la voie de la liberté des échanges. Personne ne doute, pas même les iuléres-

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sés, que les pas qu'il fait chaque jour dans cette ^oie ne 4K»ent définitifs, et qoe ks hennés qui

le séparent de son but ne soient, en temps et lieu, comblées.

L'heore est donc bonne ponr mieux faire

connaître à la France ce grand Empire du Bré^ sil, qui produit en abondance tous les objets de consommation qu'elle demande aux chaudes latitudes, et qui seul, entre toutes les contvées de la même zone, lui offire en édiange un. marché de huit millions de consommateurs. Déjà ménie, sons une législation encore restrictive, nos relations avec le Brésil, bien qu'elles aient ressenti le contre-coup de la guerre d'Orient, prennent chaque jour plus d^extenmon et d^activité. Le tableau général de nos exportations et importations place le Brésil au neuvième rmg parmi les États qui consomment les produits français, et le chiffire des objets que nous lui fournissons s'élève à sùiœmte-'qvtmze miUimie et demi par an. 11 est vrai que le Brésil nous prend beaucoup plus que nous ne lui (muons par le fait de nos tarii's et au grand détriment du ooDsommateor français* L'Empire sud-^mé-

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ricaiD n'est que le quatorzième (commerce géaéral) et te dwh-ê^iMme (comnmsè ipédal) des pays importàfwirs en France, et le chiffre des denrées qu'il nous fournit ne dépasse gfière qnfflrante-dnq nûllions. Cette inégalité dans les échanges prouve l'irrésistible puissance d'attraction qu'exercent surtout les oeuvm de Fin^ dustrid parisienne sur un pays pourvu de grands centres de population , comme Aio-Janeiro , Bahia^ Pemambaco, où lea merveilles de Farl et du goût français trouvent des appréciateurs intelligents et dea consommateuisqnand même.

L'aocroissement de nos rapports avec l'Empire sud-américain {mfiite ainguli^ement à no- 'Ijre navigation marchande, qui a le monopole à peu près exclusif des transports entre les deux pays, comme le prouvé le Tableau général du comifwfceen 1854. Sur 121 navires entrés dans les ports de France venant du BrésU, 95 appu^ • •ténaient à la marine française ^ sur 103 navires sortis de nos ports en destination pour le Brésil, 87 portaient également le pavillon français.

Le Havre, ce port de mor de Paris, a établi avec la capitale du Brésil un smiœ commer-

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dal régulier qui expédie tous les vingt jours un navireil'un fort tonnageven attendant Vheure où, les néœssitésdela guerre prenant fin, il sera permis à nos armateurs d'organiser, avec Taide da gonvemem^t, un service postal de paquebots à ^ vapeur entre les deux pays. JNos autres ports de mer rivalisent avec le Havre : Bordeaux, Nantes, Marseille multiplient leurs rapports et leurs échanges avec le Brésil, et cette dmiière et puissante cité aurait déjà, depuis plusieurs années, une ligne de bateaux à vapeur sur le Brésil, si la guore, en mettant la main sur le grand matériel naval de notre comnjerce, n'avait interrompu une entreprise qui s'était organisée par le seul effort d'une maison intelligente et hardie, et sans aucune subvention du trésor.

Pour le Brésil aussi l'heure est bonne, car il est en voie de reviser et d'abaisser ses tarifs, que des exigences fiscales, en quelques points mal entendues, ont tenus jusqu'ici assez élevés. Cette réforme, qui ne saurait tarder à s'accomplir, portera ses fruits naturels en accroissant nota-^ blement la consommation, et nos débouchés devront s'en agrandir.

Les rapports entre les deux gouvernements soot excellents, et c'est là un fait considérable à noter, car, en raison de ces bonnes et amicales relations, le sentiment national, tout aussi puissant au Brésil que l'esprit mercantile, appelle sur le commerce français une préférence marquée. On aime la France à Rio-Janeiro comme dans le reste de l'Empire, non-seulement parce que la nature du Français s'assimile mieux à la nature du Brésilien, et que ses mœurs, son origine, sa croyance vont parfaitement à des populations catholiques et de source latine; mais on l'aime aussi parce qu'aucun choc, aucune offense, aucun dissentiment notable n'ont séparé les deux pays, et parce qu'on sait que la France, dans sa politique honnête et loyale, n'a aucune pensée, aucun dessein de porter atteinte à la dignité de TEmpire sud-américain et aux développements de sa prospérité. Cette sympathie est d'autant plus vive et mieux assise, qu'il s'en faut de beaucoup qu'elle s'étende aux deux autres grandes nations maritimes. Le Brésil n'a pas oublié et n'oubliera pas de longtemps les procédés brutaux de l'Angle-

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terre dans la question de la traite, et quant aux Étate-4}nis9 leurs récentes teotatim au sujet de rÀmaioiie et les vues d'usurpation future qu'elles décèlent ont singulièrement accru les défiances et les antipathies qu'inspirent à tous les Américains du Sud. les Anglo-Saxons du Nord.

L'heure est donc bonne, je le répète, pour les deux pays, et j aurai rempli mon but si, eu exposant succinctement Tétat du ftrésil et -ses ressources préseules et futures, j'appelle, sur les avantages réciproques de liens plus multipliés et plus intimes, l'attention des deux gouvernements et des deux peuples.

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