‹ Le BrésilChapitre 18 sur 75 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

SITUATION INTÉRIEUBE.

Iniquité da monopole ColoniaL — Il a sMriUltf Ici ressources du Brésil. — Dette portu{;aise imposée au Brésil par le traité avec le Portagal. — Mauvais éiai des finances. — Fidélité du Brésil à set enGa§emeDU. — Soo eiédit s'établit. — La dette extérieure. — La dette intériewe. — Égri»tioM de ]»apier-monnaie. — M. de Pontlios et le Budget du Brésil, — Bodgete postérieurs à 1847. — Notable et progressive au|inenution des reeetie*. — Tevpi d'brrêt noneateaé et sa cause. — Ptodoiu des droiu d'importation. — Tableau comparatif des dis>linit dernières années. — Budgeu des provinces. — De l'impôt foncier. — Ses dangers politiques en générai. — Ses impossibilités deoooBiqnet aa Brésil. — La dépense.

— Vue portion considérable des d^ienses à la /;h«r||e des provinces. I">i'|jeiiscs piMit rales. — Liste civile. — Les dcpartements ministériels. — Éial comparatif des dépenses portées aux budgeude 1844>-47 et de 18â6-57. ,

— Amélioratioii de tons les services. — Année et flotte du Brésf t. — • litiqoe pacifique de TEmpire. — L^'ndépendanee de Moalevideo n'est pas menacée. — > Le Brésil a à conquérir son propre sol , à le coloniser. — Roules à créer. — Chemins de fer de Rio Janeiro, de Bahia, de Pernam' bnco. » Garantie d'intérêt. Contrat pour Texécution da chemin de (et lit- (Ion Pedro IL — Routes carrossables. — Amclioraliou deg rivi<Ves. — Navigation de l'Amazone. — Quatre lignes de bateaux à vapeur sur ce fleuve. — Doublé service de mivigelion i vapeur sut TAthutiqua, au nord d an sud de Rio. — Mouvement intellectuel. » Les journaux. Llnsti" lut historique et géographique.» -~ ÉtablisiemeoU charitables. — > Les sœurs de saint Vincent de Paul. — La sécurité individoelle. — Crimes contre les personnes. — - Nécessité d'une répression sévère. — Le juge mis en dehors des partis par la noiivclie loi électorale. —> Les COUTS d'a|H pel. — Un tribunal de second^nstance par province.

Résumé. Impulsion énergiipie donnée eux améliorations par le vemement. — Concours empressé du p^ss tout entier. — La capitale. — Assisunce financière qu'elle prête à tontes les osavres nouvelles. — £lle est en voie de se ivamiormer.

Quand la double saffesse dés institutions et du «

gouvernement a assuré à un pays la paixuu dedans

et au dehoi^s , et préparé la voie à tous les progrès en ganmtiflgaiit lavenir, on peut s attendre à voir la situation de ce pays s*amélîorer de jour en jour y et tous les germes de proq|>érité qu'il renferme se développer successivement.

La seule^ limite à laccomplissement de cette loi du progrès est dans la mesure même des ressources dont ce pays dispose, La rapidité on la lenteur de ^ ' l'œuvre dépend de la fécondité de son sol, de la valeur de ses produits, de la vigueur et du nombre * des hfss qui le cnltivent, des facilités de communication qui existent ttitre les div e rse s parties du territoire et entre le pays même et le reste du monde y enfin du degré de civilisation générale auquel ce pays est par?c»o«

Or , jusqu'à ces dernières annéct, Félément ha« main, au Brésil, semblait avoir prisâ tâcbe de contrarier l'action de l'élément providentiel, et, si abondantes , si magnifiques que fussent ses richesses naturelles y sa marche progressive était arrêtée par d'insurmontEibles obstades. On eût dit que la main des hommes s'ingéniait d'une layon sacrilège à stériliser les bienfaits de Dieu. «

Les métropoles» même les plus éclairées» ont eu pour système» dans le passé du moins, de sacrifier leurs colonies à une sorte d'égoïsme féroce. Plus la colonie était grande et riche, plus la métropole s attachait à la charger de chaînes pour la pressurer

CHAPITBE TROISIÈME. tS ^MMMWM» une proie. Toutes Ici lois que le Ploi' tu| >ai a

appliquées au Brésil pendant trois siccles n'ont eu qu'un but crexploitatiou elfrootée, et le moyen à Fuia^de cette politique avide, c'était de tenir ona» biageusemaiift la population de la colonie endehots de tout contact avee la civiliMtkii générale. Quand le régent de Portugal , depuis le roi Jean VI , vint étabUr au Brésil le sié(^o de son gouvememcnty c est à peine »ii y avait à Bio Janeiro un oofiéney-ek les cnfiEails deacolc»s quise deftinaient soit à la magistrature, soit au barreau, soit à la médecine, étaient obligés d'aller prendre leurs degrés à l'université de Coïmbre. Tous les fonctionnairea de qudqne im^ portanoe étaient foumîa par la métropole. NoMenlement Tinterdiction de séjour était prononcée contre les étranger^ mais l'industrie dleméme était traitée en étrangère et proscrite impitoyablement. De telk sorte que les misérables habitants de Fintérieur ne pouvaient fabriquer eux-mêmes les pauvres coCoonadcs dont ils s'habillaient et qui devaient leur être exclusivement ibumies par Tentr^pôt de Lisbonne. Il y a eu des guerres civiles^ des maMacres d*boinmes qui ont eu pour cause unique œtte abominable prétention du gouvernement !

Tout était donc à iaire quand le joug de la métropole eut été secoué, et l'effort même de la s^pa* ration ajoutait aux maux du paasé des plaies nouvelles. Nou-seulemcut la proclamation de Tlndépen-

danoe amenait la guerre, mais encore, par une conséqueDce étrange et singulièrement inique, la paix ne se fit, entre le Portugal et le Brésil, qu*à cette condition que le Brésil supporterait une portion de la dette contractée par le l*ortugal : c'est, comme je 1 ai dit ailleurs, l'arbitrage de l'Angleterre créancière du Portugal qui imagina cette Solution , se fondant sans doute sur la pratique usitée en Europe du parta[;e des dettes entre les Etats qui se séparent, mais se gardant bien de se souvenir que cette règle était sans application légitime à l'égard de colonies subordonnées qui arrachent leur indépendance à la métropole , et qu'on s*était parfaitement abstenu de l'invoquer contre les colonies espagnoles.

Ainsi, à ses débuts, le nouvel Empire fut grevé d'un passif d*un million sterling qu'il n*avait pas

touché : il n'avait pas de finances et il avait des dettes , il n'avait pas encore de trésor et il avait des créanciers.

Cétairmal commencer, d'autant plus mal , que

sous le gouvernement de don Pedro I" et au milieu des embarras qui le pressaient de toutes parts , on fit plus d'une école financière. Le caractère à la fois insouciant et absolu de TEmpereur s'accommodait mal des règles d'une étroite et fiscale comptabilité, et d'ailleurs l'esprit de gaspillage et de rapine, soufflé de la métropole, avait encore autour du pouvoir

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des représentants en chair et en os. liref , le Brésil s'endettait, et chaque jour le chiffre de ses emprunts au dedans et au dehors grossissait à vue d*oetl : le papier-monnaie, inondant les places de commerce ,

s'était peu à peu substitué aux monnaies dor et d'argent.

Et cependant, quelque lourdes qu'aient été ses charges financières, le Brésil les a losalement supportées, et toutes les obligations contractées par lui ont été scrupuleusement remplies. Depuis trente ans qu*il est en compte avec les capitalistes d*Europe, le payement de ses érhcances n'a pas été retardé d'un jour, pas d'une heure.

Aussi la récompense de cette probité à toute épreuve ne s,'est pas fait attencirc. A 1 heure qu'il est^ quand la guerre a fait fléchir les effets publics sur toutes les. places, les fonds brésiliens se maintiennent au-dessus du pair sur le marché de Lonilres, et l'opinion qvie les banquici^ se sont laite de leur solidité est tellement bien assise , qu'ils sollicitent comme une favçur le renouvellement de leurs titres aux époques fixées pour le remboursement du capital, et que les coupons du Brésil sont considérés à Londres non comme un fonds de spéculation, mais comme un fonds de placement

Le capital de la dette extérieure du Brésil s'atténue chaque année par l'effet de l'amortissement : au

M LB IRÉSIL.

7 mars 1853^ le montant total de cette dette était de L. 6,a24»000;att i-'déombra delà mémeamiée, œ clMfn éuâÈ réduit à L. 5,871,700, il n^teitplut au 31 décembre 1854 que de L. 5,824,200. Cette dette résulte d emprunts de diverses origines contractés à raison de 5 d 'intérêt Le plus récent de ces emprunts est à 4 1/2 : malgré la dépression qu exerce la guerre sur les fonds publics, il se cote à la bourse de Londres de 94 à 96.

Le capital de la dette intérieure, sur lequel Tamor^ tissement n*agit pas, est d'aiviron 183 millions de francs, au chan^je rond de 3,000 fr. par contos de reis : l'intérêt est de 6, 5 et 4 "y^ suivant l'époque où la dette a été contractée.

Pour compléter le passif du trésor brésilien, il faut mentionner une dette sans intérêts, le chif&e de ses émissions en papîer-monnaie, qu'on évalue à environ 135 millions de francs. Cette valeur de convention est parfiûtement acceptée, à scm taux nominal, dans toutes les parties de FEmpire, et les variations qu*dle subit dans les transactions où le commerce européen est intéressé n'ont d'autre cause que les fluctuations du change, qui 8*âève ou s'abaisse selon qùe le Brédl a plus ou moins à payer à FËurope. 3*aîoute que le gouv er nem ent a pris des mesures efficaces pour retirer peu à peu ce papier de la circulation, et f|u'en retour du privilège qui lui a été cottoédé» la noimlle banque du BB^tcstdni^

CUAPITEË TROISIÈME. «7

d'ofiéner à k ka^4ie vettak à dei ooB^^

tageuses pour TÉtat.

• La cooiiauce que le Ikestl inspire à ses créanciers^ €t qui <e numieue jpar k 4)oui« élevé de <et titres «ok à Loadlpesy soit «u Bpé«l mlwc, repose sur 4les hases solides : d'abord la loyauté du gouvernement impérial et sa ponctuelle exactitude dans le payeiueiU des intéiéls, voilà pour le passé; épiant à iavcnir, il offifts aux créanciers les gatinlies les plus certaines éam le prod^ieuK dé velo pp cmeu t de la prospërité de l Empire, qui se manileste surtout par 1 accroiiseiaent successif et rapide des necettes.

L'ouvrage de M. k oQosle de Strotteu Ponthos, ie Budget du BréM, doone, avec ks plus rainutkaz détails, les chiffres des dépenses et des recettes pour lei^ercice 1^46-47 (l'année financière du Brésil musmfnoe m 1* juiUet). Ladépeosepouroeteiep- <ioe est fijve, en mosmak biéiilinuie, à 24,116 contos 835,939 reis, ce qui, au change de 333 1/3 (3 fr. par niilie reis), fiait la somme de 72,3505507 fr» ^1 c : k rocetie est évaluée à 25 mille oonloSy aost, auBidaie dbauge, à 75 ffliUâonsde frA

Le Itm de M. de Pendios «élé pubUé en 1854.

Irréprochable dans ses intentions, conçu sur un plan • ingénieux atsensét pkindedocuiawiteetdecbii&afls

* Les cliiffies lie M, de Pontlios «lîffèrent légèrement des miens, parce qu'il prend pour base de ses calcub de coaver» «ion k change de 'Mfy reis pour le franc.

M LE BBÉ8IL.

officiels, il avait ^irrémissible tortd aniver beaucoup trop lentemeot au jour de la publicité. Peodant que l'honorable écrivain grouput à loinr les chiffres* qu'il avait recueillis, pendant qu'il méditait longuement et consciencieusement sur les observations, lesgrie&y les conseils qu'il voulait présenter, enfin pendant qu'il £ûsaitttnprimer ses trois gros et beaux volumes, le temps avait marché : le Brésil, de 1846 à 1854, avait fait des pas de (jeant, et il se trouvait que ces cbiifres, parfaitement ai^tbeiitiques d'aiiieurs, n avaient plus rien d'exact, et qile Vsitu^tiôn actudle donnait, sur beaucoup de points , ifti démenti écla* tant à ses critiques devenues surannées. C'est là ce qui explique Timpressiou f^^beuse que le livre de M. de 'Pontbos a causée ai^Brésil et les vives réolamadons qu'il a soulevées. Évidemment les documents et les chiffres de M. de Pontbos n'avaient plus la valeur qu'il leur attribuait^ et à ce tort involontaire du livre y il faut ajouter quelques erré^rs. d'un esprit réfléchi, profond, mais roide et systématique, qui ne raisonne que d'après im fonds d'idées préconçues, et qui s'inspire trop, à mon avis, d'un sentiment d'absolutisme propre à l'école catholique, lllais, je le répète volontiers, bien que le livre vive . trop dans le passé et <{u'il censure souvent à faux, aucune pensée de dénigrement et de malveillance n'anime Técrivain, qui désire ardemment, comme tous ceux qui ont vu le Brésil, la prospérité de i'£m-

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