‹ Le BrésilChapitre 19 sur 75 · CHAPITRE TROISIÈME. 8f · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. 8f

pii*c, et qui croit fermement à ses jurandes destinées.

Je reviens aux chiffres donnés par M. de Ponthos. A cette époque de 1846-47, où le budget, déjà en parfait équilibre, balançait ses dépenses et ses recettes, le Brésil sortait à peine de ces temps d'aj^itation qui avaient paralysé son développement. Depuis lors les choses ont bien changé de face, et tous les budgets qui se sont succédé ont accru leurs chiffres dans une progression constante, sauf un léger temps d'arrêt à peine ^ctid dans ces deux dernières années, à raison di^ ^^Hfi^rcoup que le grand conflit survenu en EûMpfe à fait éprouver à tout le monde commercial. »

Voici la nomenclature des budjjets des recettes^ depuis ce budget de 1846-47, dont s'occupe le livre de M. de Ponthos. »Te donne les chiffres officiels en monnaie brésilienne, et par contos de reis, pour ne pas hérisser ce travail de chiffres de conversion. Les lecteurs savent que chaque contos ou million de reis vaut trois mille francs de notre monnaie.

Le chiffre total des recettes du trésor public a été pour l'année 1847-48 de 24,732 contos de reis. » 1848-49 V 26,156 »

H LB BIÉSIL.

Les documents que j'ai sous les yeux, publiés au mois de mai dernier, donnent, d après les résultats oooniii, les jreeettes prokables da budfjfoi de 1^54* 55, ikm em voie d'«iMciee, «t au chiffre de 34,47S contos. Quant aux recettes de 1855-56 et de 1850-57, elles sont portées aux budjets Totés dans iavwNkmîère et ladenière session

ras. On peoC pleinement se fier à ces enJuatk»» et les tenir même pour notaUe- Toeat inférieures au chiffre définitif des recettes, car les ministres des finances du Brésil ont pour bmabie habkude de n enfler ni leurs espérances m leurs chiffres , et c'est une réserve halnle , de bon goût, qui ajourne tout au plus les satisfactions d'amour- propre, puisque depuis près de dix ans il n esl pas nn emcice qui n ait élé réglé avec un emcédant oonsidéiable de recèdes. Qu'il ne soit permis d'ajouter qu'il n'est pas possible d'apporter dans les comptes rendus des finances un plus bel ordre, un MÎn plut mlnutieuXy pinS'de darlé, j^ka» de loyale franchise-; «t «ont cek se lah au Msil pmque sans bureaucratie; car c*est tine des bonnes fortunes de l'Empire de très-peu connaître celte plaie des pays centralisés à l'excès et des civilisations trop mûres.

Je nlnsistèrai pas «nr les co n s équ ences qui résultent du rapprochement à faire entre le bud^jct duquel argiuuente M. de Ponthos et les budgets dont

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on ▼îent de voir les chiffres. Il est clair que la sàtuation a été rapidement transformée ^ et l'hononble écrivain, dont le bon sent ygévo^t une amétioralion Sgmndèee, ne la crayait cetî» pas aiM npiile et aussi considérable. S^il eAt pensé qu'à six ans de distauœ, de 1846 à 1852 , son budget de 24 mille oonlos devait dépasser 36 mille oontos, sans impôts nouveaux » sans artifices de Irésonrie , il n'eût pas pris la peine de raisonner sur des ckAifres près <!e s'évanouir; il n'eût pas écrit son livre. U est vrai que le budget de 1852-53 n'a pas été àépasaL Mais ce n'est pas à une cause qui lui soit propre que le Brésil attribue ce temps d'anrét, tput son gouvernement avait prévu ; car à Touverture de la session de 1854, l'Empereur avait annoncé dans son dîscoinrs d'ouverture qu'il fadlait s'attendre à une diminution dans les recettes» par. suite du conflit qui avait éclaté entre les principales puissances (l'Europe. L'Euro[)e est troublée et la marche progressive du Brésil s'en ressent ; c'est la kvce des choses : le Biésii a besoin de l'Europe,, «nme l'Europe a besoin du Brésil; les transactions commerciales profitent à la fois à Tune et à l'autre. Or, avec la guerre, ces transactlbns se resserrent, le Gvédit devient moins faidle, les arasesients marî» lîmes deviennent moinir aventnieux et pins ravet» les services publics absorbant imc bonne parde des capitaux et des instruments de navigation. £t puis ,

on a beau prendre ses précauti<jfns el ses (>amnties , quioid on- consomme beaucoup de poudre et de pknnb de guerre , ou consomme toujours un peu moins de sucre , de café , de coton , de bois d'ébénisterie et de teinture, et on vend en échange un peu moins <ie vins, d étoffes, de dentelles» de beaux meubles » de magnifiques inutilités consacrées par la mode. Il est très-vrai que la guerre actuelle est faite dans des conditions de sécurité qu'on n'a jamais vues, puisque les puissances commerciales demeurent maîtresses absolues de la mer; aussi leffet qu^on a ressenti au Brésil n est-il qu un effet restreint, un temps d*arrét, comme je Fai dit, (jui a tout d abord atteint sa limite d influence , et qui ne doit pas la dépasser. C'est ainsi que le ministre des finances du Brésil a jugé la situation dans son exposé des motifs du budget. Il affirme que la guerre européenne a piodiiit tout l'clTct fâcheux quelle devait exeicer sur les revenus du Brésil, .qui demeureront désormais stationnaires jusqu'au moment où la paix rétablie leur rendra leur mouvement ascensionnel. '

Un autre motif a aussi inllué , à un degré beaucoup moindre, sm^ la^réduction du revenu public; odui-là est propre au Brésil, il est du fait de son gouvernement. Je ne le lui reproche })as , au contraire, je l'en loue; car c'est I application intellirfcnte de la règle économique la plus féconde. Lu décret

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