L^HOMMAGE FRANÇAIS
plage <le Lemé devant la volute écumeuse de Tocéan rué ejitre deux promontoires où frissonnent les chevelures des cocotiers.
L'esprit le plus actif, le plus créateur anime la foule de ces hommes sévères» de ces femmes graves aux faces de madooCt qu'accompagnent des enfants nombreux et sages.
Dans l'Avenida, boulevard si moderne, qu'ouvre, d*un côté, le port, que ferment, de l'autre, les palais à péristyle des iM^aux-^arts, de la Bibliodièque, l'C^éra, le palais de l'Académie brésilienne, le palais Monroé, abritant les congrès de jurisconsultes ou de savants, toute cette foule se presse avec les idées passionnées ~què ses journaux exposent, journaux logés en des hôtels fastueux où tournent les machines les plus complexes.
Plus loin, c'est le paysage unique de la Gloria, église an-^ cienne juchée bleue et blanche sur une colline que surmonte une colonnade de palmiers impériaux ; chaque dimanche y monte un cortège de femmes, de jeunes filles admirables, dignes des azulejos conservés sur les murs de la saaistie. Le long des quais Tannée souvent défile en ses uniformes de toile kaki, marticde et parfaitement équipée, fière de l'héroïsme que lui suggère la statue de l'amiral Barrosa, vainqueur du Paraguay f
Si Ton gravit, par le train, la pente du Corcovado, pour voir les rayons du jour au déclin colorer diversement la ville el la baie, notre regard, de là, s'étend sur la mer intérieure et sux r Atlantique que séparent les massifs de laTijuca et de la Gavea. Spectacle extraordinaire au crépuscule. Certains tableaux de Léonard de Vinci présentant des' monts coniques et bleus accotés dans un horizon de vapeur ressemblent à cette région qui se contracte autour de la baie et que domine, tel un lévia^an die granit, le roc suprême du Corcovado.
Il paraît contempler, accroupi, la magnificence des espaces^ Soudain, et d*un coup, l'électricité s'allume dans la ville, dans les îles, dans les forêts des cimes, dans les parcs des pentes.
Rio de Janeiro scintille en bas comme le mantean de la déesse Tanit étendu entre deux mers courbes^
Les trains éclairés se précipitent.
Les navires s'illuminent.
Les croiseurs dardent leurs rayons mobiles qui révèlent un instant Ja ville de Nichteroy, à Test de la baie, les arsenaux de
LE BRÉSn.
Uge, un homme de génie, les cheminées d. Petiopol» et de Santa Théré» dans la chaîne lomlame au Nord.
On sait que sous les lueurs en myriades s exalte le gen e des hommes qui dirigent cette immense patrie Ils y -«T^i en jeu depuis le fond de l'Amazo^s au Nord. ,usqu a «tte américaine que sont, an Sud, le» EtaU de Samt Paul, de Parana
et de Rio Grande. . • ' i
- U nuit s'obscurcit encore. Les astres naissent moins éclatants que la ville, que l'Alpe et que les flottes de la mer. Au ot sur l'Atlantique obscurci, s'étale la lumière qui couroM^e Rio de Janeiro, la puissance jaillle de ses talents, de toute 1 énergie promise dans l'église de Lisbonne, le 29 mars de 1 an 1500, par les humbles matelots allumant le cierge de leur vœu.
Ce vœu celui de la justice et de la fraternité latines avec les BrésiUensTies Alliés, Jus nos étendar s -u. -^^^^^^^^ jusqu'au bout de son espoir, jusqu a la défaite de la tyrannie
germanique. Paul AdaM.