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Le Brome de Schrader (Bromus Schraderi, Kunth; Ceratochloa pendula, Schrader

Le Bromus sur lequel j'ai l'honneur d'appeler l'attention de la Société d' agriculture , n'est pas une plante fourragère d'introduction toute récente, mais il est resté presque inconnu en Europe, et, quoique originaire des États- Unis, son emploi, s'il est utilisé, n'est encore que très- restreint.

J'ai pu , par des essais de six années , me convaincre de son mérite réel , et de l'intérêt que sa culture doit présenter. Mais je crains de paraître exagéré.

Le Brome de Schrader est une graminée vi-

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vace, originaire de V Amérique du Nord, notamment de la Caroline, où elle est confondue par les cultivateurs avec d'autres espèces du même genre sous le nom de Rescue grass.

C'est une plante très-rustique, d'une végétation vigoureuse, pouvant donner quatre et même cinq coupts en vert d'un excellent fourrage, particulièrement propre aux vaches laitières.

La première coupe a lieu dès le mois de mars, si la dernière de l'année précédente a été faite de bonne heure, et en tout cas au plus tard le 20 avril, en général avant celle du seigle cultivé comme fourrage vert.

Séché, ce Brome constitue un excellent foin; cultivé pour semence, son rendement en grain est considérable et sa paille conserve une partie dés avantages quMl présente converti en foin. Enfin ce grain, quoique léger, pourrait, dans certains cas, être consommé par les animaux de basse-cour.

Les vaches, avons-nous dit, trouvent dans cette graminée un fourrage qui est particulièrement favorable à la production du lait, que Ton voit sous cette influence augmenter sen-

^ —1 — siblement, et devenir de qualité meilleure. Le Bromm Schraderi, plus que la Spergule, plus que la Moutarde, constitue une vraie plante à beurre. Je me fonde, pour émettre cette opinion, sur mes observations et même sur le dire des femmes chargées du soin de la laiterie, et qui étaient, comme il arrive souvent, trèsportées à nier toute espèce de qualités chez le nouveau venu.

Ce fourrage exige peu de frais de culture ; il occupe si bien le sol qu'il y reste toujours parfaitement propre; il s'accommode de presque tout terrain qui ne soit pas absolument sec, et peut subsister plusieurs années, peut--être six ou huit : après cinq ans sur le même sol je n'ai pas vu que le produit fût diminué.

Une particularité du Brome de Schrader est de présenter à chaque coupe et sur chaque pied plusieurs épis où le grain, sinon mûr, est du moins formé et déjà consistant : cas très-rare, d'un fourrage parfaitement vert portant des épis presque mûrs. Je crois que c'est là une des causes de la valeur nutritive de cette plante. C'est ainsi que j'ai pu faire couper à la faucille les épis destinés à me fournir de semence, et

faire ensuite faucher la partie herbacée, sans quil fût possible de voir une différence aveo les autres coupes.

Si le grain est, comme je le disais plus haut, extrêmement léger^ son rendement est en revanche très-considérable et donne à la première coupe un nombre d'hectolitres plus élevé que celui des plus belles avoines.

tteudemeut eu vert.

C'est surtout comme fourrage vert que le Brome de Schrader peut être d'une grande utilité. Ainsi semé sur une terre mise à nu par des terrassements, qui par conséquent n'avait pas subi encore T influence de Tair, et sur laquelle un semis de prairie n'avait pu réussir, le rendement, quoique sans aucun engrais, fut à la première coupe de 1*7,300 kilos à l'hec^ tare. Les rendements des trois autres coupes ont été de 18^970 kilos, c'est-à-dire que l'hectare adonné un poids total de 36,270 kilos; mais il faut ajouter que cette production de fourrage doit être regardée comme le résultat

d'une culture de quinze mois; car le Brome de Schrader pousse à Tautomne et même Thiver. Ce rendement peut paraître exagéré ; il ne doit pourtant pas être regardé comme un maximum, caria terre où cette culture était établie, quoique bonne, était neuve, comme nous Tavons dit. Elle n'avait reçu aucune fumure et Tannée qui vient de s'écouler a été singulièrement sèche ; enfin cette plante occupe le même sol depuis trois ans. Du reste, sur un autre terrain^ dans un ancien potager, une première coupe a donné 19,100 kilos. Je n'ai pu mal* heureusement avoir le rendement des coupes suivantes.

ttendcm^t en foin.

Le Brome de Schrader converti en fourrage sec perd considérablement de son poids, les 2/3 environ. Ainsi les 17,300 kilos de fourrage vert m'ont donné exactement 6,000 kilos de foin. Je n'ai pu, dans une seconde pesée quatre mois plus tard, constater une différence appréciable : le poids était resté de 6,000 kilos. Je regrette de n'avoir pas le rendement

en foin des deuxième et troisième coupes. Mais très-approximativement je crois que la récolte totale en foin d'un hectare peut s'élever à 12,000 kilos. Ce serait même 12,400, s'il était possible de sécher la dernière coupe d'automne.

Ce foin conserve toutes les précieuses qualités de la plante à l'état vert, et les animaux, vaches, chevaux, cochons, s'en montrent extrfr-mement avides. Leur bon état est remarquable tout le temps que dure cette alimentation. La sécrétion du lait augmente et garde lés mêmes qualités que l'on peut remarquer sous le régime du fourrage vert.

Le foin de ce Bromus n'est pas plus difficile à faire que celui de prairie; nous y avons mis cette année quatre jours , fauchage compris.

Le bottelage en est aisé, et une fois rentrées les bottes peuvent être indifféremment consommées tout de suite ou plus tard, peu importe, #; puisque, comme je le disais il n'y a qu'un moment, la dessiccation n'est pas plus grande au bout de quatre mois, le poids étant resté le même que le jour de la rentrée au grenier.

Ce Brome, à l'étafde foin, a le tort, nous

devons le dire, de ne pas avoir un bel aspect et de ressembler à celui des prairies humides. On' le croirait même dur. Il ne Test, il est vrai, qu'en apparence.

Rendement en ^■*aIi^*

L'hectare a donné à la seconde coupe 65 hectolitres de grain. Eii supposant la première aussi forte, et je crois qu'elle devait Têtre bien davantage, c'est au moins 130 hectolitres récoltés dans une année sur un même terrain.

Cela est très-possible, car, voulant avoir de grandes quantités de semence, j'en ai eu trois fois sur le même sol ; mais je ne puis rien affirmer quant au rendement total.

Le grain du Bromus Schraderi est des plus légers, l'hectolitre ne pesant que 20 kilog350, ce qui est environ moitié du poids de l'avoine, et seulement le tiers de celui du seigle dans nos environs. Si ce grain est si peu pesant, en revanche son abondance est, on le voit, très-grande. J'ose insister sur ce point, dans la conviction où je suis que les grains presque

mûrs contenus dans le fourrage vert et le foin 'sont une des causes des excellents effets de ce fourrage. Puis au besoin, dans des circonstances très-restreintes, il est vrai, ce grain peut être donné aux oiseaux de basse-cour; les oies, les canards et surtout les dindons l'acceptent avec plaisir, malgré les glumes assez longues qui r entourent. Les poules le rebutent d'abord, puis finissent par en manger, mais jamais avidement.

Rendement en paille.

La paille est très-lourde, car son poids est sensiblement égal à celui du foin. Quoique un peu dure, elle est consommée, même sans être hachéC; par les vaches et surtout par les cochons, qui évidemment la préfèrent toujours à celle d'avoine et de froment. Du reste, en voyant la similitude qui existe entre le poids du foin et de la paille (tenant compte du grain enlevé), on peut facilement conclure que les qualités doivent être presque les mêmes, du moment que les animaux ne la trouvent pas trop dure pour la consommer.

Valeur natritlire.

En voyant Tavidité avec laquelle nos animaux consommaient ce fourrage, je résolus de le cultiver à titre d'essai comparatif avec quelques autres espèces, pour rechercher quelle pouvait être sa valeur réelle. Bientôt je remarquai que cette nourriture avait les meilleurs effets sur Tétat des vaches laitières : leur lait augmentait sensiblement et leur bonne santé était remarquable. Enfin deux jeunes cochons new-leicester de neuf mois, auxquels on ne donnait qu'une ration d'entretien de fourrages mélangés, comme Ta indiqué M. Dezeimeris, furent mis au régime de ce Brome; je ne tardai pas à m'apercevoir qu'ils étaient en voie d'engraissement. J'ai eu le tort de ne pas m'en rendre un compte plus exact en les pesant à des époques déterminées. Mais j'avais pu, du moin&, apprécier ainsi le régime de cette alimentation.

Analjne ûm Bromus Scliraderi.

D'après une analyse faite par M. Terreil, sur 100 parties, la quantité d'azote est :

Épis.. .

Tiges. .

Feuilles Racines

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