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La moyenne des dosages de Téau, des cen dres et de l'azote, se trouve répartie ainsi :
Eau 57,70
Cendres . . . 3,93 , Azote 0,794
Pour la plante desséchée, la moyenne de razoteestde 1, 94 p. 100. (1)
fiffet sur la prodaetlon da lait.
L'alimentation des vaches laitières avec le Brome de Schrader présente de grands avantages. C'est du reste l'observation que j'avais faite de l'abondance et de l'excellente qualité du lait, quand les vaches en consommaient quelque temps, qui me détermina à faire le travail que j'ai aujourd'hui l'honneur de présenter à la Société -d'agriculture.
J'ai fait l'expérience comparative suivante : Le lait de vaches nourries depuis un mois avec
(0 Voir page 31 : Analyses du foin de Bromus Schraderi. Ces analyses n*ont pas été communiquées à la Société d'Agricalture, m*étant parvenues après la lecture de ce mémoire.
un bon regain de luzerne fut rigoureusement mesuré, et la quantité de crème pour cent parties, prise exactement à Taide d'un galactomètre. Je repris trois jours de suite les chiffres, qui furent identiquement les hiêmes. Puis nous souniimes les vaches au régime du Brome; je trouvai le premier jour une augmentation de 18 p. 100, mais les jours suivants, elle se réduisit à 10 p. 100, chiffre qui resta stable pendant quinze jours que dura la même alimentation.
. Au bout de ce temps je lis remettre les bètes au régime de la luzerne, et dès 48 heures après, la production du lait s'abaissa peu à peu de 10p. 100. Bien entendu la ration de luzerne et celle de brome, avaient un poids semblable. Je n'ai pas eu de différence sensible dans la quantité de crème; mais avec le pèse-lait, je pus constater que la densité du lait était plus grande. Le lait, tant que les vaches consomment du Bromus Schraderi, a des qualités tout exceptionnelles que reconnaissent bien les femmes chargées de la laiterie, dans la fabrication du beurre et des fromages. 11 est difficile de les exprimer : le beurre, par exemple, dans les grandes chaleurs, se fait plus vite, est beaucoup
plus ferme et se garde mieux; il aiin goût plus fin et un plus bel aspect.
fluantité de scmcnee à l'hectare.
Nous avons d'abord semé à Segrez 250 litres à rhectare, mais ce chiffre est trop considérable, car la plante talle beaucoup et forme d'énormes toufFes. Depuis, 200 litres environnons ont suffi. Ainsi; en 1862, voulant ensemencer un espacedéterminéde terrain en ce Brome, et manquant de graine, nous dûmes semer encore plus clair; six mois après, le champ était parfaitement garni.
Enfin je dois ajouter que cette graminée se resème abondamment. Les environs de la «oie qui lui est consacrée se garnissent promptementde cette.plante ; ainsi une allée empierrée, laissée dans l'abandon pendant quelques semaines, en fut complètement garnie.
H'atare du terrain.
J'ai surtout cultivé \eBromus Schraderidam
une terre à blé, mais cette terre n'était tout récemment qu'un sous-sol, puisqu'on avait enlevé sur sa surface presque entière deux fers de bêche environ; aussi un semis de prairie, fait en même temps, donna-t-il de très-mauvais résultats. Du reste, plusieurs ensemencements furent faits sous bois et le long de taillis d'orme avec le plus grand suçpès. De même, dans uji sable pauvre, mais très-frais ; de même encore sur les talus d'un ruisseau d'eau vive.
Je n'ai eu, dans aucun cas, un mauvais résultat et je ne sais comment indiquer la nature du sol qui convient â cette plante graminée.
Elle me parait mieux venir dans un terrain frais et j'ai eu pourtant de belles coupes malgré les sécheresses exceptionnelles de la saison dernière. Je ne puis donc indiquer avec certitude le sol qui est le plus favorable à cette culture. -
fik^ins de culture.
Ils sont presque nuls à l'entretien : tout au plus un roulage au printemps. Restent ceux très-simples de créalion : donner un bon la-
bour, de préférence profond, semer, herser, et rouler fortement.
Après 12 à 15 jours environ, le semis lève, et dès lors la végétation marche rapidement.
On peut faire une première coupe au bout de deux mois, si Ton a semé vers mars ou avril.
Dès que ce. brome a été fauché une fois disparaissent toutes les plantes annuelles ou vivaces, dont la végétation s'était accomplie en même temps que la sienne. Il occupe en effet si bien lesol, tallant et remplissant les moindres vides, qu'aucune culture ne peut être aussi admirablement propre. C'est essentiellement une plante étouffante, qui ne laisse après elle ni chardons, ni jottes, ni chiendent, ni aucune autre herbe envahissante. Aussi sa verdure estelle fort belle à cause de sa grande uniformité.
J'ai utilisé les propriétés étouffantes de cette plante pour remettre en culture un petit terrain précédemment en pépinière, mais qui avait été à peu près abandonné et était envahi par les mauvaises herbes. Comparativement j'avais sur la moitié du sol des pois et la seconde année des carottes. Les cultures sarclées
laissèrent la terre bien moins propre que le Bromus.
Daréc.
Je ne puis être fixé d'une manière certaine sur la durée d'une culture de cette plante fourragère. La plus ancienne que nous ayons remonte à quatre ans, et les coupes' de Tannée qui vient de s'écouler ne peuvent laisser croire que le produit diminue. J'espèi*e pouvoir conserver ce Bromm six ou huit ans sur le même sol.
Pla«c dans l'assollement.
Sa place ne peut guère plus que pour une Luzerne être déterminée d'une manière positive. En tout cas, ce sera une culture avantageuse après un défrichement; dans leschamps situés le longdes bois ; sur les terrains envahis par les mauvaises herbes; enfin partoutoù est nécessaire une grande production de fourrage.
Ce Bromus doît paraître une plante épuisante; ce serait là sa grande infériorité sur les plantes fourragères de la famille des légumineuses. Pourtant certaines considérations mo
font penser qu'il n'en est pas ainsi. J'ai vu, après une culture de deux ans, prospérer sur le terrain qu'il occupait de belles betteraves, des pommes de terre, et même des choux à vaches. Les racines et la base desséchée ou verte des touffes laissent dans le sol, lorsquon retourne ce Brome, une grande quantité d engrais, et Ton peut voir par l'analyse que la quantité d'azote contenue dans les racines est assez forte.
HUtorlqae et deserlptioii.
Le Bromm Schraderi, signalé seulement cotnme plante fourragère, n'était guère connu des botanistes, qui l'ont confondu souvent avec des espèces voisines, toutes annuelles. Enfin Schrader, qui le premier a décrit cette espèce, l'avait placée dans le genre Ceratochloa, créé par Palissot de Beauvoiset admis par De Candolle pour les espèces de Bromm à paniculés rameuses, à épillets«muItiflores et comprimés, dont les valves des glumes sont presque égales entre elles. Mais ce genre n'a pas été accepté par les agrostologues.
Le genre Bromus comprend, d*après Kunth {Enumeratio plantarum I, page 412) 87 espèces répandues dans Tancien et le nouveau monde. Sur ce nombre, 16 croissent spontanément en France, et 5 seulement entrent dans la composition de nos prairies; mais je ne crois pas que nulle part on ait considéré aucun de ces bromes comme une plante fourragère trèsméritante; je n'ai rien trouvé à leur égard dans les ouvrages de Heuzé, Schweres, etc.
Le Bromus Schraderi a été introduit dans le commerce des graines, sous les noms de B.
Schraderi^ B. unioloides, B. platystachys, B. polystachûs, Ceratochloa pendula, C. australis, et même sous celui de Uniola lalifolia.
Ces différents noms ne s'appliquent pas à autant d'espèces distinctes; plusieurs sont de simples synonymes , mais il existe des Bromus unioloides, Willdenown^ platystachys ^ trèsdifférents du Bromus SchraderL En présence d'une telle confusion, j'ai dû chercher le véritable nom de tna plante; et Tétude comparative des espèces citées ne me laisse aucun doute sur son identité. C'est bien le Bromus Schraderi de Kunth, que Schrader a décrit dans son
Index s^minutn, publié dans leLinnœa,en 1 830 . Je crois doflc utile, pour faire cesser toute confusion, de donner ici les caractères qui le distinguent de ses congénères .
Bromus Schraderij Kunth [Ceratochloa pendula Schrader). Il est vivace, tandis que les espèces citées plus haut sont annuelles. Sa tige est droite, simple, haute de 70 cent, à 1 mètre, glabre, à 5 ou 6 nœuds^ marquées par une petite ligne brun-noirâtre. Ses racines sont fibreuses. Ses feuilles planes, rubanées, d'un vert clair d'environ 25 ou 30 cent., sont longuement atténuées au sommet. Le pétiole engainant ou gaîne est très-poilu et garni supérieurement d'une ligule membraneuse frangée, villeuse elle-même. Le limbe est parcouru dans une grande partie de sa longueur par une nervure dorsale saillante; il est légèrement poilu à la face supérieure, surtout vers Textrémilé. La panicule est assez divisée^ pendante. Les pédoncules d'abord dressés, puis infléchis, naissent en général deux, rarement trois ensemble, et portent chacun 3 ou 4 épillets oblongs^ pointus, comprimés, composés de 3 à 6 fleurs. Les deux valves de la glume très-semblables
entre elles sont glabres, membranacées sur les bbrds, non aristées. Les glumelles sont égale-ment aiguës, ou terminées par une arête trèscourte, souvent rudimentaire. Desséchés, les épillets portent des stries jauiïe-paille qui, sans examen, ne permettent de confondre Tespèce avec aucune autre. Enfin arrivés à T époque de la maturité, les pédicelles s'inclinentet les épillets sont pendants.
Le Bromm unioloides, Humb. et Kunth {Cèratochloa amtralis, Spreng.), se distingue de notre espèce par ses pédoncules verticillés et ses épillets composés de 10 ou 12 fleurs.
Dans le B. Willdenowii, Kunth, la gaine n'est poilue qu'au sommet [foliorum vaginis apice barbatis: — Kunth, Enumeratio plantarum), et les épillets sont de 8 fleurs au moins.
Enfin le B. platystachys qui se rapporte à une autre espèce décrite par Desfontaines, dans ses Annotationes placées à la fin de son catalogue des plantes cultivées à T Ecole de botanique de Paris, espèce déjà décrite par Lejeune. mais pour laquelle ce botaniste belge avait créé le genre Libertia, faisant le Libertia arduennensiSj après Tavoir précédemment ap-
pelée Calotheca bromoided, ce Bromus platystachys^ disotis-notis, a sesépillets munis d'arêtes de la longueur des gliimes.
Il me reste à donner les renseignements malheureusement peu nombreux que j'ai pu me procurer sur l'origine et l'introduction de cette graminée fourragère. Elle est probablement cultivée aux Etats-Unis^ où elle parait confondue avec des espèces annuelles. Aussi ne Ta-t-on jamais, en Europe, considérée comme vivace. Reçue en France sous bien des noms différents dont nous avons oîté la plupart, on proposa cette plante comme apte à faire des prairies temporaires, analogues à celles de Trèfle. Peut-être, âerait-ce en effet le cas de ses congénères. Reprise et abandonnée de nouveau^ cette culture ne fut vraiment jamais essayée.
Pourtant M. Vilmorin possédait ce Brome dès 1842, dans son école de Verrières. J'ignore d'où il avait pu le recevoir. Ce ne fut toutefois que bien plus tard qu'il parut sur les catalogues de la maison Vilmorin, qui dans ces
dernières années, en ayait reçu des graines d'Allemagne, avec cette même indication de plante annuelle pouvant se prêter à la formation de ces prairies de jgraminées qui sont pratiquées dans certaines circonstances, surtout en Angleterre, pour remplacer le Trèfle. Ce n'est pas là, comme on le voit, l'emploi à faire du Bromus Schraderi. Du reste, quand je commençai à cultiver ce fourrage en 1858, alors que j'étais déjà frappé de la singulière vigueur de cette plante au milieu des autres gramen, dont j'avais formé une collection, un ami de ma famille, M. le docteur Janin, me montra une espèce très-voisine qui lui avait été envoyée du Natchitoch (Louisiane), sous le nom de Rescue grass et comme annuelle.
Mais cette espèce était indiquée, à tort trèsprobablement, comme originaire de la Nouvelle-Hollande, et comme d'un emploi avantageux semée sous bois pour donner une bonne pâture à l'automne et l'hiver. Malheureusement, M. Janin renonça à cette culture et l'espèce disparut. Ce devait être le B. unioloides que je vois signalé sous le nom de Rescue gi^ass dans la flore des Etats-Unis du
professeur Wood. Ce savant dit que des graines en ont été distribuées par le gouver nement, mais que cette espèce n'offre aucun avantage sur le B. secalinm. 11 le signale comme originaire du Pérou.
Mon attention fut dès-lors portée sur le Bromm Schraderi, et en 1860 j'en avais à peu près un demi hectare.
Je reconnus tout de suite que cette plante fourragère était vivace. Elle lève rapidement et forme bientôt des touffes larges, isolées entre elles, qui grossissent continuellement, s'étendanf, comme je Tai déjà dit, dans les moindres vides, s' établissant ainsi sur le sol de manière à en remplir les plus petits espaces, et à ne permettre à aucune plante d'y vivre avec elle. Ces touffes ne se dégarnissent pas au centre et parviennent facilement à avoir 50 à 60. centimètres de circonférence, et un poid? de 250 à 260 grammes. Les racines s'enfoncent de 20 à 25 centimètres. Elles sont fibreuses, ténues, et exhalent, quand elles sont sèches, une odeur bien caractérisée de vanille. Les tiges ne sont pas aussi fistuleuses que la plupart de celles de la famille des graminées,
mais au contraire, presque pleines. Elles portent au moins chacune 40 graines.
Tel est le Brome de Schrader, qu« je pense être une plante fourragère d'un mérite exceptionnel^ possédant des propriétés nutritives remarquables, qu'il faut surtout attribuer à la présence des graines aux époques de fauchaison. C'est sur ce point que je crois devoir insister, car je ne connais en agriculture rien de semblable.
Je sais que les chiffres que je cite peuvent paraître exagérés ; je ne puis répondre qu'en affirmant qu'ils sont l'expression de la vérité. J'espère du reste que quelques agriculteurs tenteront des essais sur cette plante. Je ne doute pas que les résultats qu'ils obtiendront ne viennent corroborer pleinement les miens.
Puissé-je avoir contribué à répandre une espèce utile et augmenter la production fourra^ gère qui est si importante pour la prospérité agricole.
— ai —
Depuis la lectare de ce mémoire, à la Société impériale et centrale d'Âgricoltare , M. Decaisne a ea l'extrême obligeance de me communiquer les deux analyses suivantes de Foin du Brome de Sckrader , qu'il a bien youlu demander pour moi^ à M. P. P. Dehérain.
Le foin de la première analyse proyenait de touffes parfaitement yertes , tandis que celui de la seconde ayait été préparé ayec des plantes jaunies et étiolées par un long séjour dans une botte de ferblanc. Les différences sont très-sensibles.
— f * Foin de plantes parfaitement vertes :
Eau 16,284 p. 0/0
Matières grasses 3,333
Cendres 11^40
Cellulose 19,313
Matières azotées 23,981
— aoalognesàramid. 21,000
— non dosées 4,549
Les cendres renferment :
Chlore.
Chaux.
Potasse.
Acide phosphorique.
Ml
— 2"* Foin de plantes jaunies et étiolées :
Eau ' 16,890 p. 0/0
Matières grasses 2,857 »
Cendres <2,868 »
Cellulose 30,769 » «
Matières azotées 43,467 » '^""^TA.^"^
— analoguesàramid. 22,727 »
— non dosées. , . . 0,422 »
Les cendres renferment :
Chlore.
Chaux.
Potasse.
Acide phosphoriquc.
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Taris. — Imprimerie horticole de E. Dounaud, rae Cassette, 9.
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