SCÈNE VIII
LOUISE, DUTILLARD.
louise, sortant de chez madame, de Lancij.
Près de la cheminée. Soyez tranquille, madame, je saurai bien trouver...
DUTILLARD.
Il me semble que cette voix ne m’est pas inconnue.
LOUISE
Je .vais de ce pas... ( Elle se trouve en face d>‘. Dulillard). Ah ! mon Dieu!
DUTILLARD.
Est-ce que je rêve ! Louise!.. Louise du passage Brady qui n’a pas encore été entièrement démoli.
LOUISE
Vous ici, monsieur Horace!...
DUTILLARD.
Horace Dulillard !
louise, surprise.
Le futur de madame de Lancy...?
DUTILLARD.
Je chercherais vainement à le cacher, Louise, je viens de lire, tout à l’heure seulement, la dernière lettre que vous aviez mise à la poste... il y a trois années... Je n en accuserai pas la négligence du facteur... mais le fait est exact... J’ai été coupable peut-être.
LOUISE
Vous vous en apercevez, Monsieur?
Accablez-moi de vos reproches... je les mérite... Mai? diles-moi si cet enfant dont vous me parliez, existe encore...
LOUISE
11 existe.
DUTILLARD.
Est-ce un garçon ou une fille?
louise, hésitant.
C’est un garçon !
DUTILLARD.
Mes pressentiments ne m’avaient pas trompé ! J'aurai soin de lui... Venez, Louise, partons! allons le chercher aux Tuileries.
LOUISE
Il n’est pas aux Tuileries!
DUTILLARD.
Si!., il doit y être, tous les enfants sont aux Tuileries.
LOUISE
D'ailleurs, mon fils a vécu, jusqu'à présent, du travail de sa mère... Il n’a pas besoin de votre aumône, Monsieur...
DUTILLtRD.
Ah! Louise! c’est mal ce que vous dites là... c’est bien mal, refuser mes présents... Vous êtes donc riche?
LOUISE
Riche?.. Oh ! non ! mais je me lève de bonne heure, et je travaille souvent bien tard.
DUTILLARD.
Chère Louise, je veux aller vous voir, bon gré, mal gré, j’embrasserai le petit.
LOUISE
Je ne puis vous recevoir chez moi.
DUTILLARD.
Et pourquoi? Vous êtes libre... vous n’êtespas mariée? ,
LOUISE
Mariée, non!.. {Se reprenant). Si... si fait. Je suis mariée. {A part.) C’est le moyen de l’empêcher de me poursuivre.
• DUTILLARD.
Mariée!.. Ah ! tant pis, et avec quoi?
LOUISE
Mon mari est un honnête homme... lui. il m’aide à élever ce pauvre enfant que vous aviez abandonné...
DUTILLARD.
Croyez bien que si j’avais su, dans cette circonstance... certainement je... mais pourquoi vous êtes vous mariée?
LOUISE
J’étais seule. Monsieur, et je voulais que mon fils, pût regarder sa mère sans rougir.
DUTILLARD.
Comment «'appelle-t-il ?