‹ Le Bûcher de Sardanapale, vaudeville en 1 acte, de MM. Albert Monnier et Édouard Martin... [Paris, Vaudeville, 21 mai 1854.]Chapitre 16 sur 29 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

dutillard, sévèrement.

Mais cc n’cslpas tout... Jean, vous êtes marie...

JEAN

Quoi, monsieur sait?..

DUTILLARD.

Je sais tout. Au mépris de votre promesse, Jean, vous avez convolé avec une épouse anonyme.

JEAN

Alors, puisque Monsieur n’ignore rien, je désire être aussi franc qu’affectueux envers lui. Je suis l’heureux époux d’une...

D’une femme charmante, couturière et aimable...

JEAN

Ah ! bah! Vous la connaissez?

DUTILLARD.

Je l’ai vue, tout à l’heure...

JEAN

Monsieur l’a vue!.. Où donc?

DUTILLARD.

Ici !

JEAN

Ici !.. (A part.) Je lui avais pourtant bien recommandé. (Haut.) Ah! par exemple, madame Jean, va me le paver.

( Fausse sortie.)

DUTILLARD.

Ou yas-lu donc ?

jean, contenant sa colère.

Je vais battre les habits de Monsieur.

dutillard, avec douceur.

Reste, mon ami, cc n’est pas fini. Jean, lu as un fils?..

JEAN

Oui, monsieur... tiens... vous savez aussi...

DUTILLARD.

Est-il gentil, le petit ?

Oh! il est charmant. Je lui donne de l’éducation; il sait déjà compter jusqu’à deux sur ses doigts.

DUTILLARD.

L'année prochaine nous le mettrons au college.

JEAN

Oh ! Monsieur, c’cst trop cher !

DUTILLARD.

Mais non... c'est moi qui payerai... »

JEAN

Ah! comment remercier Monsieur... Je suis plein de joie !

MJTILI.ARD.

Plus lard nous le ferons entrer à l’Ecole polytechnique.

JEAN

Je suis de plus en plus plein de joie.

DUTILLARD.

Et nous le marierons à la hile de son colonel ou de son général

JEAN

Oh ! ceci me semble fort.

En attendant... prends, voici deux cents francs.

JEAN

Pour moi?

DUTILLARD.

Pour lui acheter des sucres d'orge.

JEAN

200 francs de sucre d’orge ! mazeltc !

DUTILLARD.

Tiens, voilà encore cent francs pour du pain d’épice.

jean, empochant. . : ... .

Ah ! Monsieur nous comble !

DUTILLARD.

Dimanche matin, tu le mèneras déjeuner chez Bonvalet, ensuite tu le conduiras à l’Hippodrome ; puis, le soir, tu lui feras voir Pierrot. (A part.) Il doit aimer Pierrot, mon fils!

JEAN

C’est drôle que Monsieur aime comme ça mon petit ; pourtant il n'a jamais vu Bibi !...

DUTILLARD.

Ah! c’est Bibi, le nom d'amitié que tu lui donnes... va pour Bibi... Jean, soigne bien Bibi !

JEAN

Monsieur peut y compter.

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