‹ Le buddhisme éclectiqueChapitre 25 sur 63 · TT · texte numérisé non relu

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LA PROGRESSIVITÉ SUFFISANTE

1. — Dans la condition générale des êtres, chacun peut avancer dans la voie du progrès, mais il est indispensable que par l'étude il acquière la conscience de ce qui constitue, dans le milieu où il évolue et avec les forces morales dont il dispose, la « Progressivité suffisante ».

2. — Autant nous avons intérêt à élargir avec mesure le cadre de notre savoir dans le domaine des faits observables, autant il est dangereux pour nous de chercher à approfondir les phénomènes de la Nature qui sont en dehors de l'horizon visuel propre à la période de notre

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évolution'. La Recherche, fondée sur une ambition que nous ne pouvons justifier actuellement ne peut aboutir qu'à des résultats funestes et à faire décroître les forces de notre organisation intime.

3. — La Progressivité du savoir doit être en harmonie avec la Progressivité conscientielle. La Progressivité matérielle doit être en harmonie avec la Progressivité morale.

4. — La pléthore des faits accumulés dans notre cerveau peut affaiblir nos

i.La plus haute aspiration d'un fidèle, dans la religion brahmanique, est d'acquérir une partie de la Connaissance nécessaire, mais il n'a garde d'ambitionner l'obtention de cette connaissance complète. Toutefois il se prépare du mieux qu'il peut à rectifier son cœur et à éclairer son esprit, afin d"ètre digne d'obtenir, dans une nouvelle vie, une somme plus considérable de lumière, jusqu'à ce qu'enfin, étant parvenu à la Connaissance absolue, il puisse s'identifier avec le principe suprême de la Nature universelle. — (Voy. notamment sir James Emerson Tennent, Christianity in Ceylon, i85o, p. 126.)

So LE BOUDDHISME ÉCLECTIQUE

forces intuitives et atrophier en nous l'esprit de synthèse et de généralisation, sans lequel il nous est impossible d'envisager le grand problème de la Connaissance.

5. — Les progrès matériels augmentent notre confortable, mais il nous créent aussi de nouveaux besoins. Ils ne sont désirables qu'en tant qu'ils servent à économiser nos instants pour les consacrer à la Rectification de nous-mêmes et à l'accomplissement de notre mission sur la terre.

6. — Ceux qui ont prétendu qu'il y avait des « sciences inutiles » ont peutêtre soutenu une opinion exorbitante ; mais leur opinion est moins dangereuse que celle qui aurait pour but d'établir que toutes les sciences sont également nécessaires et qu'il n'y a pas lieu d'en négliger quelques-unes au profit des autres, à telle ou telle période du développement moral et intellectuel aes êtres.

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7. — C'est, par exemple, une faute grave et parfois un crime, dans Tordre des choses politiques et sociales, de s'attacher à répandre l'instruction dans les masses sans faire en sorte que cette instruction s'accroisse en même temps que l'éducation morale. On peut soutenir que l'éducp^'on morale est parfois un prétexte pour contrevenir à la liberté de conscience, mais il n'est pas de la nature même de l'éducation morale qu'il en soit ainsi. Si l'éducation morale est mal donnée, il faut prendre des mesures pour qu'elle soit bien donnée. En aucun cas, il ne faut admettre qu'elle puisse être reléguée sur un second plan et considérée comme une quantité négligeable.

8. — Le devoir impérieux et inéluctable de tout être à qui incombe la mission de développer des intelligences, celui du chef de famille, celui de la mère, celui des instituteurs publics ou libres, quels qu'ils soient, est de veiller sans cesse à ce que l'instruction ne soit

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Jamais répandue aux dépens de Téducation morale, que la culture du cœur ait toujours la prédominance sur la culture de l'esprit.

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