Spcnce Hardy , A Manuel o/Buddliism, i853, pp. 39 et
APPENDICES iSj
ments qu'elle comporte, est une des plus importantes de l'ontologie bouddhique.
Cette idée repose-t-elle sur des bases assez solides pour qu'on puisse l'admettre au titre d'une vérité définitivement acquise et établie sur des preuves irréfragables ?
Je crois qu'il y a avantage, pour le progrès des études philosophiques, à ne répondre à cette question qu'avec la plus grande réserve, aussi bien s'il s'agit de Taccepter que de la repousser. L'assise la plus résistante du dogme de la réincarnation consiste dans une « nécessité »
qui domine toute l'économie du système bouddhique. La doctrine darwinienne de l'évolution, efi somme, ne possède guère que des fondements de la même nature : sans cesse contredite par des faits que sans doute nous voyons mal ou que nous ne comprenons pas, elle s'impose néanmoins par ce motif que mieux que toute autre elle rend plausible une conception générale de l'univers. Si l'on objecte que
lîOUDDH. ÉCLECI. S"
l38 LE BOUDDHISME ÉCLECTIQUE
les forces militantes de notre conscience ne suffisent pas pour nous apporter la certitude du sujet du dogme de la transmigration des êtres, le bouddhiste nous oppose un argument contre lequel il est bien difficile de s'inscrire en faux. Cet argument, le plus considérable de la doctrine du Çâkya-Mouni, se résume en ces termes : « L'aperception des lois de la vie et de la destinée s'accroît en raison directe de la somme de Rectification morale que nous savons opérer dans notre personne; cette aperception devient une lumière complète, lorsque nous sommes parvenus à anéantir le sentiment égoïste de notre individualité et à nous confondre, en nous y associant, dans la Loi éternelle et absolue. »