‹ Le budget de l'instruction publique et des établissements scientifiques etChapitre 25 sur 102 · BecueU des lois et règhmenu, etc., t. VI, p. 69 et suir · texte numérisé non relu

BecueU des lois et règhmenu, etc., t. VI, p. 69 et suir

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Facultés, Boit celles des maîtres de conférences. L'entretien et la nourriture des élèves pendant leur séjour à TÉcole, leur inscription aux cours des Facultés res-** tarent à la charge de TUniversité. Malgré ces libérales dispositions, la dépense totale, allégée de ces frais d'appropriation et de premier établissement qui s'étaient élevés si haut en 1813, redescendit à un chifiTre beaucoup moindre; elle fut, en 1815, de 145 838 fr. pour cinquante-cinq élèves; en 1816^ de 132910 fr. pour cinquante-deux élèves; en 1817, de 135434 fr. pour cinquante élèves. Pendant les cinq années suivantes elle se maintint au même chif&rt^, i quelque mille francs près, en plus ou en moins.

L'Ecole normale figure dans l'ordonnance du 3 janvier 1821, avec les Facultés des lettres et des sciences, parmi les services qui devaient être installés dans les bâtiments de la Sorbonne, lendus à l'instruction publique. Mais déjà l'institution, devenue suspecte au gouvernement nouveau, était menacée dans son exis* tence, et, en prévision de sa ruine prochaine, on discutait la création d'écoles normales partielles qui devaient être établies près des collèges royaux, tant à Paris que dans les départements. Le rapport qui motiva cette grave innovation n'était pas conçu dans des termes propres à en atténuer la portée. « Il existe en ce moment, disait le ministre de l'intérieur, M. de Corbières \ il existe quelques moyens de perpétuer, dans le corps enseignant, UQ esprit d'ordre et de cooservation;

1 . Voy. \e rapport au Roi qui accompagne l'ordonnance du 27 février 1821, dans le Recueil des lois et règlements concernant ^instruction publique^ t. Vil, p. 63.

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mais raxpériance nous montre qu'il est DéceBsaire d'ea i^ottter die plus efficaces. On peut y panrenir eu établissaat) près du collège royal de chaque chef-4ieu d'Académie, des écoles normales partielles, dans les* quelles un petit nombre d'élèves choisis seraient préparés dès l'enfance aux études et aux mcaurs qu'exige la profession grave et sérieuse i laquelle ils se destine* raient. C'est de cette manière que de tout temps les corps enseignants se sont renouvelés* Des aspirants ainsi fonnés ne dédaigneraient pas les emplois inférieursi et ils n'surriveraient aux places importantes qu'après avoir af^is par de longs travaux l'art difficile de gouverner la jeunesse. » Les écoles normales étaient donc destinées» dans la pensée du gouvernement» à faire prévaloir dans le corps enseignant la mo» destie des désirs, l'e^it de discipline et de conserva-^: tion, et l'ancienne et grande École normale se voyait implicit^nent dénoncée comme un foyer d'insubordination et de prétentions ambitieuses. Attaquée avec opiniâtreté par un puissant parti, son sort ne fut pas longtemps incertain. Le 6 septembre 1822» elle fut supprimée par une ordonnance contre-signée de M. de Oorbières; elle comptait alors cinquante-huit élèves. Les écoles normales partielles étaient une institution à peine viable, et qui n*a, pour ainsi dire, pas laissé de traces. Cependant quelques essais d'oi^anisation eurent lieu, comme en témoigne rallocation d'une somme de 6000 fr. pour dégrèvements de trousseaux aux élèves des écoles normales partielles, inscrite au budget de 1824 avec la note suivante : « Parmi les élèves des écoles normales partielles, plusieurs appartiennent à des famîtles peu aisées et qui sont hors d'état de four-

nir le trousseau prescrit par les règlements. » Ce fonds réduit à 2000 fr. se retrouve au budget des années 1825, 1826, 1827 et 1828; toutefois les comptes ne mentionnent aucune dépense de cette nature.

Cependant l'administration supérieure, éclairée par tous les hommes d'expérience; n'avait pas tardé à reconnaître que l'unité de l'éducation dans l'Université et le renouvellement même du corps enseignant seraient compromis, si les vocations individuelles étaient aban* données à elles-mêmes ou livrées à la merci d'influences multiples et peut-être contradictoires. Une ordonnance du 9 mars 1826^ améliora sensiblement l'institution des écoles normales partielles, qu'elle appelait écoles préparatoires, en réduisant leur nombre, et en imposant aux candidats l'obligation d'avoir achevé le cours de leurs études classiques. La même année, à la date du 5 septembre, par un simple arrêté ministériel, portant la signature de M. de Frayssinous, une école préparatoire pour les lettres et pour les sciences fut annexée au collège Louis-le-Grand*. Dès l'origine, elle eut dix-neuf élèves qui , pendant deux ou trois années, devaient se former, sous la conduite de maîtres particuliers, à l'art de l'enseignement. Son personnel, outre le proviseur du collège et l'aumônier, se compo* sait de maîtres de conférences et de maîtres surveillants. Sauf la différence du titre, Tancienne École normale était rétablie.

Sous ce nouveau régime qui dura jusqu'en 1 830, la dépense ne figura ni au budget ni dans les comptes

1. Recueil des lois et règlements ^ etc., t. VIII, p. 60 et suiv. 8. Ibid.f p. 79.

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de l*l}niversité. Elle se confondait alors avec les autres dépenses du lycée Louis-le-Granâ| qui se chargeait d'acquitter les traitements des fonctionnaires et de pourvoir à Tentretien des élèves, moyennant une part plus forte dans la subvention allouée par l'État pour le service de Tinstruction publique. Toutefois TUniversité eut à payer des frais d'appropriation et de premier établissement au delà de 220 000 fr. Le prix des bourses avait été fixé à 970 fr. Pendant Tannée 1827 et les trois années suivantes , le nombre des élèves présents ne dépassa pas 47; les charges de leur entretien s'élevèrent annuellement à 45 590 fr.

Un des premiers actes du gouvernement issu de la révolution de juillet 1830 fut de rendre son ancien nom à l'École normale, alors appelée École préparatoire. De sages règlements qui se succédaient avec rapidité, communiquèrent bientôt une activité féconde et comme une seconde jeunesse à toutes les parties de l'institution. La durée du cours normal fut reportée à trois années, comme avant 1822 ; le plan d'études et les programmes d'enseignement furent revisés, le lien de la discipline resserré. Mais une double innovation plus considérable, ce fut 1 ® l'établissement d'un concours annuel pour l'admission des élèves ; 2^ la division des bourses en bourses entières réservées aux meilleurs élèves de chaque promotion, et en demi -bourses que les derniers admis se partageaient, sauf à conquérir l'année suivante une bourse entière comme récompense de leur travail^

i. Règlements du 18 février 1834 et du 19 aoôt 1836. Bulletin universitairey l. III, p. 483 el suiv.; École normale^ règlemmUy programmes et rapports, p. 27 et âuiv.

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Celte combinaison, qui se retrouve dans la plu«part des établissements d'instruction publique en France et ailleurs, permettait d'admettre un plus grand nombre de candidats parmi lesquels une vive émulation s'établissait, sans que les charges de . rÉtat en fussent augmentées. En effet, malgré le re<nom populaire de TEcole normale, et les témoignages de sympathie qu'elle recevait, sa dotation restait fixée à peu près au même chiffre. A partir de 1 833, le supplément de la subvention payé au lycée Louis-le-6rand pour les dépenses de l'école figura, dans une section à part, au budget de l'instruction publique; mais le crédit alloué n'était que de 1 1 8 000 fr., savoir : traitements du personnel 53 900 fr. ; 60 bourses à 970 fr., 58 200 fr. ; frais de cours et autres dépenses de matériel 5900 fr. Comme la carrière de l'enseignement exige des sujets laborieux et habitués aux privations, on aimait à se persuader qu'une aussi faible. somme suffirait à tous les besoins d'une école austère et modeste. L'événement trompa, si peu que ce fût, les prévisions. En 4835 la dépense, au lieu de 1 1 8 000 fr. portés au budget, fut 121 902 fr. 14 c. ; en 1836 de 123 193 f. 89 c, savoir : pour le personnel, 60 345 fr. ; pour les bourses, 57086{r.; pour le matériel, 5762 fr. L'insuffisance des allocations était manifeste; mais les chambres législatives n'accordèrent rien de plus qu'une modique augmentation de 3000 fr., dont l'École se contenta jusqu'en 1840. La dépense annuelle, sévèrement proportionnée à ces faibles ressources , varie alors de 120000 à 121 000 fr.

En 1 841 , à raison de la prospérité croissante des

collèges rojaux, dix nouvelles bourses furent créées, et le crédit s'éleva en conséquence de 9700 fr. Mais cet accroissement He subvention ne fut que le préluda de mesures encore plus favorables pour rÉcoIe.

« L'ordonnance, du 6 août 1 830, avait dit M. Villemain, lors de la présentation du budget de 4841^ l'ordonnance du 6 août 1 830, en rétablissant TÉcole normale sous son titre, a permis au ministre de Tinstruction publique de compléter Toi^anisation de cette école, de manière à satisfaire 4 tous les besoins de l'enseignement* Malgré les grands succès obtenus depuis neuf ans, ce résultat ne pourra être complètement atteint que quand cet établissement si important, déjà placé, conformément au décret de 1 808, sous la direction spéciale d'un membre du Conseil qui en est le chef, se rapprochera des conditions principales indiqpiées par le même décret, et sera transféré d'une manière définitive dans un nouveau et spacieux local qui permette un accroissement considérable d élèves. Privée de cet avantage et réduite seulement à 57 bourses entières qu'une sage répartition a subdivisées de manière à réaliser le nombre de 78 élèves présents, l'École a exercé la plus heureuse influence sur l'enseignement, et fourni des maîtres habiles à beaucoup de collèges royaux. Mais aujourd'hui cette École, aidée même de l'agrégation , dont elle contribue à élever le niveau littéraire et scientifique , ne peut sufBre aux besoins des collèges royaux actuels , et moins encore de ceux qui vont être prochainement organisés, etc. »

l. Noie préliminaire du budget des dépenses de Texercioe 1841, p. 6 et 7.

Le projet que ces bienveillantes paroles faisaient pressentir ne tarda pas à se réaliser. Une loi du 24 mars 1 841 ouvrit au ministre des travaux publics un crédit extraordinaire de 1 978 000 fr. pour être appliqué aux dépenses de construction d'un édifice affecté à rÉcole normale ^ L'Université contribua pour une somme de 1300000 fr., en faisant l'abandon de 60718 fr. de rentes acquises avec ses excédants de recettes, et qui furent annulées au profit de l'État. Dès le mois de juin suivant, lés travaux mis en adjudication furent entrepris sur un vaste terrain, situé rue d'Ulm, dans le quartier des études , à proximité des collèges, des Facultés et de la bibliothèque Sainte- Geneviève si riche en ouvrages d érudition. Les sondages opérés pour reconnaître l'état du sol firent découvrir de nombreuses excavations au-dessus desquelles il était impossible de bâtir. Cet incident motiva des changements aux plans primitifs, et entraîna quelques lenteurs dans la construction.

Cependant, au milieu des tristes débats survenus entre le clergé et l'Université, l'École recevait de jour en jour de nouvelles marques de la bienveillance du gouvernement, qui voyait en elle l'expression la plus

1. BulleHn des lois, u." série, n"796. « Art. 1". Il est ouvert au ministère des travaux publics un crédit extraordinaire de dixneuf cent soixante et dix-huit mille francs (1 978 000 fr.) pour être appliqué aux dépenses que nécessitera la construction d'un édifice à atfecler à l'Ecole normale. — Art. 2. Le ministre des finances est autorisé à annuler, au profit de l'État, des rentes cinq pour cent, montant à soixante mille sept cent dix-huit francs, acquises par l'Université et réunies à sa donation postérieurement au 1*' janvier 1835. » Voyez le rapport sur ce projet de loi, séance de la Chambre des députés du 18 janvier 1841.

haute et la plus sûre garantie de renseignement laïque. Son budget fut successivement augmenté de 4000 fr. en 1842, et de 4500 fr. en 1843. Le nombre des maîtres de conférences fut porté à dix-sept : celui des élèves au-dessus de quatre-vingts. En 1845, les travaux des nouvelles constructions touchant à leur terme, le moment était venu de faire appel, dans de larges proportions, à la munificence des pouvoirs publics. Le budget de TÉcole normale de l'exercice 1846 fut fixé à 253 375 fr., dont 95 000 fr. alloués extraordinairement pour compléter les collections scientifiques et les installer dans les bâtiments de la rue d'Ulm. L'excédant des allocations accordées avait été calculé de manière à pouvoir régler la dépense ordinaire du dernier trimestre sur le pied d'un crédit annuel de 212500 fr., qui devait se trouver ainsi réparti : 103 900 fr. pour le personnel, 82 800 fr. pour Tentretien 4es élèves, 25800 fr. pour le matériel et les dépenses diverses. Le personnel s'augmentait d'un aumônier, 3000 fr«; de deux maîtres surveillants, à 1500 l'un, 3000 fr.; d'un économe, 3000 fr.; d'un commis d'économat, 1200 fr.; d'un médecin, 1200 fr.; de deux préparateurs pour le cours de chimie et d'histoire naturelle, 3000 fr.; d'un maître de conférences pour la littérature française, 3000 fr.^ d'un professeur de littérature anglaise, 2000 fr.; d'un bibliothécaire, 1500 fr.; de vingt et quelques gens de service, concierge, infirmiers, garçons de salle, etc., 8300 fr. Quelques traitements étaient élevés, notamment celui du sous-directeur des études, qui obtint 3500 fr. par an, au lieu de 2000 fr., et celui du directeur, qui en obtint 5000, et fut en outre af-

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franchi d*une conférence dont il avait été chargé jusque-là ^

Afin d'assurer la bonne gestion et le meilleur emploi| dans Tintérèt de l'instruction publique, des crédits importants qui étaient demandés au gouvernement^ le Conseil de l'Université s'était occupé , dès l'année 1844, d'un mode de comptabilité à établir pour l'École normale ; les dispositions suivantes furent arrêtées : Le trésor public devait acquitter direc* tement les dépenses du personnel, ainsi que les frais de cours et les dépenses diverses du matériel; il tenait compte à l'École du prix des bourses et des frais de nourriture des maîtres et agents. L'École était chargée de toutes les dépenses à faire pour le service des élèves et pour la nourriture des maîtres et agents. Les économies réalisées sur le prix des pensions devaient être employées, sous l'approbation du ministre, en améliorations pour le matériel et les collections* Indépendamment du prix des bourses payées par l'État, l'économe encaissait soit les recettes diverses, soit les sommes à la charge des familles des élèves : il était justiciable de la Cour des comptes. Un compte d'ad* ministration dressé par exercice devait être soumis annuellement au ministre de l'instruction publique. Par ces dispositions , l'École normale , détachée du collège Louis-le-Grand, eut, sous le rapport de la comptabilité, un caractère mixte qu'elle conserve encore. Gomme tous les établissements de l'État, elle reçoit du Trésor public, dans les limites de son budget, les sommes nécessaires à l'acquittement de ses dé-

. 1. Note préliminairo du projet de budget de Texerclce 1846.

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penses ; mais à la fin de l'exercice, en cas de reliquat sar la partie de ses allocations affectées à Tentretien des élèves, elle ne reverse point Texcédant disponible dans les caisses du ministre des finances : elle est au-torisée à le conserver et à se créer ainsi , à l'exemple des lycées, par de sages économies, une fortune particulière, tout à fait indépendante de la subvention du Trésor, et susceptible d'être appliquée à des améliorations matérielles.

Ces mesures, qui n'étaient pas toutes conformes aux principes d'une comptabilité sévère, avaient été habilement calculées pour assurer aux lycées et même aux Facultés un personnel de professeurs instruits, capables , distingués. Mais il était très-essentiel de pourvoir au recrutement des régents des collèges communaux et à celui des maîtres d'étude , sur qui repose en grande partie, dans les écoles, le fardeau de Téducation; car parmi les reproches adressés à l'Université, le plus constant, sinon le mieux mérité, était de sacriGer l'éducation à l'instruction. Dans cette vue, Tordonnance royale du 6 décembre 1845* institua des écoles normales secondaires destinées à préparer des sujets pour ces fonctions modestes et inférieures, il est vrai , dans la hiérarchie , et cependant d'une si grande importance. Ces écoles devaient être établies dans les villes de département qui étaient le siège de Facultés. La grande École de Paris reçut, pour la distinguer, le nom d'École normale ^u^périeure. Ce titre, conservé depuis, est la seule trace qui soit restée d'une institution utile, emportée par la marche

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