BvM^in w%imr$iki\n, t. XIV, p. S
rapide des événements , avant même qu'elle eût été organisée.
Au mois d octobre 1 846, TÉcole normale prit silen* cieusement possession des bâtiments de la rue d'Ulm à peine terminés. La séance solennelle d'inauguration n'eut lieu qu'un an plus tard. Gomme il arrive d'ordinaire^ toutes les prévisions ne furent pas remplies, et tant à cause du retard apporté aux nominations, que par l'effet des vacances d'emplois qui survinrent, la dépense que le budget évaluait à 253 575 fr. ne s'é* leva, y compris 95 000 fr. de dépenses extraordinairesi qu'à 245 439 fr. 41 c.
Dès l'année suivante, une augmentation de 3000 fr. fut inscrite au budget ordinaire pour création d'une chaire de pédagogie.
En 1848, nouvel accroissement de dépense de 3000 fr. pour une chaire de géométrie, qui devait compléter l'enseignement mathématique.
Mais cette année même, à la faveur des idées que la révolution de Février avait encouragées et exaltées, l'École vit rétablir le principe de la gratuité absolue de l'instruction de ses élèves, abandonné en 1835. Le gouvernement nouveau, par l'organe de M. Carnot, réclama cette importante mesure au nom de l'égalité républicaine \ et l'Assemblée constituante n'osa pas la repousser, tout en désavouant les dangereuses prémisses énoncées par le ministre. « Ce privilège de la gratuité, disait le comité de Tinstruction publique *, appliqué dès son origine à TÉcole normale, conservé
1. Séance de l'Assemblée nationale du 4 juillet 1848. S. Séance de 1* Assemblée nationale du 29 juillet 1848.
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par TEmpire et la Restauration , altéré mais non détruit en 1826^ se justifie par un motif qui place cette école dans une catégorie particulière. Ce motif se rattache à la nature du dévouement qu'exige la carrière ouverte aux élèves destinés presque tous à renseignement secondaire. Il faut là une vocation ardente, Tab* négation* du soldat qui se résigne à s'exercer sans éclat, un travail çpiniâtre qui compromet les organisations les plus robustes. Aussi^ pour cette mission, je pourrais dire pour ce sacerdoce de renseignement, les élèves se recrutent-ils presque toujours dans les familles pauvres.... On comprendra la nécessité d'établir une règle absolue pour que nulle capacité ne soit repoussée et que la pauvreté ne soit pas un obstacle.»
L'accroissement de dépenses auquel la proposition du gouvernement donnait lieu devait être pour 1848 de 6909 fr. seulement, la gratuité n'ayant été établie en faveur de tous les élèves qu'à partir de la rentrée, c'est-à-dire pendant le dernier trimestre, et comme d'autre part quelques économies avaient été réalisées dans le courant de Tannée , la dépense totale dépassa de bien peu le chiffre de 1 847, et atteignit seulement 217 391 fr. 68 c.
Pendant les deux années suivantes, aucun changement ne fut introduit dans le régime intérieur ; mais par une suite nécessaire de la gratuité, la dépense fut portée à 232 000 fr. environ. L'École possédait alors plus de cent * élèves ; jamais elle n'avait été plus florissante, et malgré la vigueur des coups qui lui étaient secrètement portés, elle paraissait assez forte pour déjouer ou déconcerter toutes les attaques. Mais pour les institutions, tout comme pour les personnes, la
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fortune a des retours soudains , et son caprice fait succéder rapidement aux prospérités la décadence et la ruine. L'Assemblée qui vota si résolument la loi du 4 5 mars 1 85& sur renseignement, était sans doute peu favorable aux vieilles institutions universitaires; dans sa défiance elle frappa en 4851 le budget de TÉcole d'une réduction de plus de 6000 fr., qui fit descendre le nombre des élèves à quatre*vingt-quinze. En 1 852, malgré le changement providentiel qui s'opère dans les destinées de la France, nouvelle réduction de 20 000 fr. ; le nombre des élèves descend à quatrevingt et un. En 1 853 , TÉcole , frappée pour la troisième fois, perd encore 27 470 fr., et au lieu de dixneuf maîtres de conférences^ elle n'en a plus que onze; le service du matériel est réduit de plus de 7000 fr.; le taux des bourses est abaissé à 900 fr., et l'École n'entretient plus que soixante-dix*huit élèves. La dépense totale ne franchit pas le chiffre de 178 640 fr. inscrit au budget.
Ces économies, qui paraissent excessives, colnci-daient, il faut le dire, avec des changements de la nature la plus grave dans la constitution de l'École normale.
« L'École normale supérieure, dit l'article 5 du décret du 9 avril 4852, prépare aux grades de licencié es lettres, de licencié es sciences et à la pratique des meilleurs procédés d'enseignement et de discipline scolaire.
H Cette école est essentiellement littéraire et scientifique : la philosophie y est enseignée comme une mé» thode d'examen pour connaître les procédés de l'esprit humain dans les lettres et dans les sciences.
ÉCOLE NORMALE dtPÉRlBimE. M
« Les élèves de TÉcole normale supérieure qui auront subi avec succès les jdxamens de sortie seront chargés de cours dans les lycées. x>
Cette définition de TÉcole normale supérieure ne répondait certainement pas à Topinion peut-être exagérée que le pays s'était formée du but de son institution, et que les gouvernements précédents avaient pris soin d'encourager. Dans la condition nouvelle qui lui était faite, il semblait que TÉcole pouvait s'accommoder d'un régime moins dispendieux. D'excellents esprits prenaient même leur parti de la diminution du nombre des élèves, en réfléchissant qu'avec la liberté de renseignement et la concurrence ecclésiastique, les établissements publics n'étaient pas dans la nécessité de recruter un personnel aussi nombreux. Mais Tévé» nement prouva bientôt que l'économie avait été pous* sée trop loin, que les privilèges de l'École avaient été trop réduits, et que les moyens employés pour inspirer aux élèves des goûts simples et des désirs modestes n'avaient que trop souvent découragé les vocations et compromis un établissement dont la prospérité est essentielle au bien des études. Il fallut donc apporter des tempéraments aux réformes accomplies en 1852, et ce fut là l'objet des dispositions récentes^ par lesquelles il a été créé à l'École normale une division nouvelle, dont les élèves se préparent, pendant une quatrième et une cinquième année, à l'épreuve du doctorat es lettres ou es sciences, et à l'enseignement su-
1. Décret du 22 août 1854, art. 13; arrêté du 22 décembre 1855, dans le Bulletin administratif de Hnstruction publique, t. V, p. 199, et t. VI, p. 319.
périôur. Gomme première conséquence de cette création, le budget de TÉcole maintenu pendant quatre années à 178 610 fr. , a été augmenté pour Tannée 1857 de 50 000 fr., dont une partie doit être affectée à l'entretien des élèves de la division nouvelle, et le reste aux dépenses de l'ancienne division . Tous les amis, je ne dirai pas de l'Université seulement, mais de Tinstruction publique et des bonnes études en général, doivent former des vœux pour que cette première marque de libéralité, de la part des grands pouvoirs de l'Etat, ne soit pas la dernière, et pour que l'École normale, agrandie et vivifiée , recouvre , avec une dotation suffisante, l'ascendant qu'elle mérite et qui contribue à élever dans toutes les écoles publiques et privées le niveau de renseignement et celui des in* telligences.
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