Arrêté du 17 oct. 1829, art. l.Bull. univ., 1. 1, p
sachant pas toujours refuser, aux sollicitations des familles puissantes et fortunées, ce bienfait de l'éducation gratuite qui aurait dû être réservé aux familles pauvres. Était-il sage d'ailleurs et conforme à Tintérèt bien entendu de l'État de distribuer l'instruction secondaire à un trop grand nombre d'enfants dépourvus de patrimoine, dont la plupart, incapables de poursuivre la carrière ouverte à leur ambition, se trouveraient un jour déclassés, misérables et mécontents, et pourraient devenir des instruments faciles de désordre aux mains des factions ? Ces appréhensions, que la suite des événements n'a que trop justifiées, frappaient beaucoup de bons esprits qui se sentaient portés à restreindre les libéralités de l'État^
Dès Tannée 1 832, le crédit accordé pour les bourses descendit à 725 000 fr. Dans les années suivantes, il tomba au-dessous de 600 000 fr. Les onze douzièmes de cette somme, 550 000 fr. année moyenne, servaient à entretenir, dans les collèges royaux, environ douze cents bourses, divisées en demi-bourses et en trois
1 . Dana la séance de la Chambre des députes du 5 novembre 1830, le rapporteur de la Commission chargée de Texamen du
Srojetdeloi portant règlement définitif des comptes de 1828, [. Âug. Périer s'exprimait ainsi : u L'Ëtat ne doit à personne Tinstruction classique. Il ne lui importe pas qu'elle soit répandue dans tous les rangs de la société. L'éducation des collèges royaux ne convient qu'aux enfants dont l'avenir est assuré par un patrimoine; elle est funeste à la plupart de ceux qui ia reçoivent gratuitement. Elle produit en eux une disposition d'esprit en désaccord avec leur situation ; elle leur inspire le dégoût du travail manuel qui leur eût procuré une existence indépendante... Aussi votre Commission est-elle d'avis que les bourses des collèges royaux doivent être graduellement supprimées, >
quarts de bourses. Le surplus était affecté à des indemnités de trousseau et à des dégrèvements qu'on accordait aux élèves dont la pension restait en partie à la charge de leurs parents. Le prix des bourses ayant été relevé à partir du 1 •' janvier 1 847 * et fixé au même taux que les pensions payées par les familles, la dé^ pense en fut augmentée, et il fallut inscrire au budget de Tinstruction publique une somme plus considérable. Le crédit se trouva ainsi reporté, par une progression assez rapide» jusqu'à son taux actuel, 71 950 fr. Mais afin qu'il ne fût pas détourné de son affectation spéciale, et profitât tout entier aux familles qui s'étaient acquis des droits à la libéralité du Gouvernement, l'Assemblée législative exigea, en 1851, qu'il fût compris dans un chapitre à part.
Tandis que le service des bourses perdait insensiblement l'importance qu'il avait sous la loi de l'an x et dans les commencements de l'Université, la participation de l'État aux dépenses fixes de l'instruction secondaire tendait au contraire à devenir plus étendue et plus répétée* Pendant les premières années qui suivirent la révolution de juillet, des motifs impérieux d'économie et les encouragements donnés à l'instruction primaire, trop négligée jusque-là, n'avaient pas permis au Gouvernement d'accroître les ressources des collèges royaux. Mais à partir de 1833 et surtout de 1838, la situation s'améliora. De nouveaux collèges furent érigés; toutes les parties de l'enseignement secondaire reçurent une dotation plus en rapport avec l'importance du service. Plusieurs chaires furent fon-