Ord. 24 août 183S|, BtUl. tmit)., U lUi P
yantey M. de Salvandy posa les bases d'une organisa* tion nouvelle sincèrement et largement libérale V
M. de Salvandy s'attachait d'abord aux collèges des départements, dont il attribuait rinFériorité trop certaine à la déplorable insuffisance des traitements. Il proposait en conséquence d'accorder à chaque ordre de professeurs des augmentations habilement calculées, de manière que toutes les positions étant relevées, la hiérarchie des rangs, fondée sur la différence des enseignements, ne souffrît néanmoins aucune atteinte. Le souci des règles hiérarchiques et de la situation malheureuse des personnes avait* conduit également M. de Salvandy à demander que les traitements des censeurs, qui nulle part n'étaient en rapport avec l'importance de leurs fonctions, fussent graduellement améliorés. En même temps, le Ministre signalait les nouveaux développements, et par conséquent les nouvelles dépenses que l'instruction secondaire réclamait ; l'enseignement des langues vivantes à constituer d'une manière sérieuse; les encouragements à donner à l'étude du chant; la nécessité d'établir des chaires d'histoire dans les collèges qui n'en possédaient pas, et de pourvoir au traitement des agrégés divisionnaires dans tous ceux où le grand nombre des élèves avait entraîné le dédoublement des classes.
(Y L'élite de la jeunesse française, disait M. de Salvandy, doit trouver dans nos collèges une éducation morale et dirigée sainement, des études fortes et comprenant toutes les parties de l'instruction scientifique
1. Rapport au Roi sur le budget général des dépenses pour Texercice 1840. Paris, 1839, in-4*, p. 42 et suiv.
et littéraire qui disposent au choix d'une carrière, et sont utiles ensuite, quelle que soit la vocation adop* tée, dans le cours entier de la vie. En un mot, rien ne doit être négligé pour que les établissements publics, ceux de l'État surtout, soient, conformément au but de leur institution, de véritables établissements modèles, et plus déjà la concurrence est grande et active, plus elle est destinée à le devenir , plus aussi TUniversité doit s'appliquer à défier toutes les rivalités par la force des études et de la discipline chez les élèves, par les garanties de savoir et de dignité morale chez les maîtres. »
Ces sages paroles ne pouvaient manquer de porter leurs fruits. Toutefois, la Commission du budget ne se laissa pas entièrement convaincre; et opposant des motifs d'économie, elle rejeta une partie des augmentations proposées ^
Pour réaliser les plans généraux du ministre , il eût fallu une somme de 364450 fr. La loi de finances du 10 août 1839, accorda seulement 233 400 fr., qui furent employés , sous la première administration de M. Yillemain, à relever la plupart des traitements dans les collèges de second et de troisième ordre; à porter à la première classe les professeurs de mathématiques spéciales ; à la troisième classe , les professeurs de sixième ; à rémunérer les agrégés divisionnaires des collèges royaux de Paris qui ne recevaient pas de traitement fixe, à fonder des chaires
1 . Rapport au nom de la Commission chargée de l'examen du projet de budget pour l'eiercice 1840, séance delà Chambre des députés du 29 juin 1839.
158 ENSEIONEHENT SECOUDAIEE.
de langue» vitàntesi à dételoppe^ renseignement de rhistoire ^
Dans lee années (}ui suirirent, et surtout en 1846 et en 1 847, dé ntiilyelles augmentations inscrites au bud-' get {)ermi^ent d'aecorder de nouyeaux avantages aux professeurs *. Ceux de physique et d'histoire furent élevés à la première classe ; ceux de mathématiques élémentaires, à la deuxième classe ; les agrégés spéciaux chargés d'une partie de l'etiseignement historique obtinrent le rang de professeurs avec participation au traitetnent éventuel. Il en fut de même, dans tous les ordres de l'enseignement, des agrégés divisionnaires, pourvu toutefois que leur situation se fût continuée pendant trois ans. heë nïaitres d'étude surnuméraires recurent un traitement égal à la moitié de celui des titulaires. Selon le voeu vaineitient exprimé dix années durant par tous les ministres de l'instruction publique, il fut créé en faveur des collèges communaux un fonds d'encouragement et de secours de 100 000 fr. Enfin, des crédits furent alloués afin d'assurer aux censeurs et aux professeurs un minimum de traitement éventuel, égal à la moitié dti traitement fixe. Un grand nombre de positions personnelles se trouvèrent améliorées. Environnés de la faveur publique, largement dotés par rÉtat, les collèges n'avaient jamais joui d'une situation financière plus prospère, bien que leur discipline intérieure et leur enseignemeùt fussent l'objet d'attaques passioDinées qui tt'étaieut pas toutes dépourvues de fondement.