Voyez le rapport h l'Empereur du 27 décembre
Tinstruction secondaire sera établie sur une base plus favorable, comme Tintérèt politique et Téquité le demandent.
Pour compléter le tableau des dépenses de l'instruction secondaire, il nous reste à dire quelques mots de ses Frais généraux ^ titre sous lequel sont résumés dans un même chapitre du budget, depuis 1 849, trois articles compris longtemps , sans beaucoup de raison, parmi les dépenses de Tadministration académique, savoir : le traitement des agrégés, les frais du concours d'agrégation, les frais du concours général entre les lycées de Paris.
L'agrégation est une institution de Tancienne Université de Paris, que l'Université de France a recueillie et développée.
Les fonctions des agrégés consistaient autrefois à suppléer les professeurs absents; elles étaient en quelque sorte l'apprentissage de l'austère métier de l'enseignement. Aussi, dès l'âge de vingt ans, le jeune homme qui se vouait à cette carrière, pouvait obtenir le titre d'agrégé qui lui en ouvrait l'entrée et lui assurait une position. Depuis 1852, le caractère de l'agrégation s'est modifié; on n'y arrive pas avant l'âge de vingt-cinq ans; elle n'est plus tout à fait un simple prélude, mais la consécration de l'expérience et du savoir acquis.
Le traitement des agrégés était, à l'origine, de 400 fr. seulement.
En 1839, il fut porté à 500 fr.
En 1847, à 600
En 1852, il a été supprimé, et on a seulement maintenu au budget une somme de 26000 fr.
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qui se répartit entre les anciens agrégés sans em* ploi.
L'article 1 1 9 du décret de 1 808 porte que les agrégés seront nommés au concours; mais sous TEmpire cette disposition ne fut pas appliquée, et le titre d*agrégé fut donné par collation, comme Tétaient à la même époque les diplômes de grades. Les premiers concours eurent lieu en 1 821 pour les classes supérieures des lettres, les sciences et la grammaire. En 1 825 fut établie l'agrégation de philosophie, en 1 830, l'agrégation d'histoire; en 1840, l'agrégation des sciences physiques distincte de celle des mathématiques. Un des points essentiels du nouveau plan d'études a été la suppression de toutes les agrégations particulières et l'établissement de deux agrégations générales, l'une pour les lettres, l'autre pour les sciences.
Les dépenses du concours de l'agrégation ont suivi les vicissitudes de l'institution. Elles paraissent pour la première fois dans les comptes de l'Université en 1823, deux ans après le premier concours. Depuis, elles ont varié, tantôt plus élevées, tantôt plus faibles, selon la faveur qui entourait ces luttes scolaires. En effet, à part quelques frais matériels qui n'ont pas d'importance, elles consistent dans les droits de présence payés aux juges. Ces droits sont fixés à 10 fr. par séance , et le nombre des séances est proportionné à celui des candidats dont les épreuves publiques, telles que les leçons et les explications , durent plus longtemps, lorsqu'ils sont plus nombreux.
En 1 746, les libéralités d'un riche chanoine nommé Legendre, à qui l'on doit d'estimables travaux sur
ENSEIGNEMENT SECONDAIRE. Mi
l'histoire de France, suggérèrent à TUniversité de Paris l'utile pensée de terminer chaque année d'études classiques par une grande distribution de prix, qui aurait lieu à la suite de compositions faites en commun par les meilleurs écoliers de tous les collèges. Telle est l'origine du concours qui s'ouvre encore aujourd'hui au terme de l'année scolaire entre les élèves des lycées et collèges de Paris et de Versailles. On possède l'état des frais de la première distribution dressé par le recteur Fromentin; il montait à 1495 fr., divisés ainsi qu'il suit :
Vingt-sept prix à 20* Tun portant l'autre. 5^0""
Pour l'orateur 200
Tenture de la salle 500
Estrade et autres menuiseries 60
Huit suisses 48
Trompettes et timballes 36
Un domestique qui servira aux compositions, à 3* par jour, pour son dîner et salaire 27
Couronnes 10
Invitations, courses en carrosse 50
Pour menus frais 24
Total égal. . . . 1495*V
Quelques années après, grâce à de nouvelles libéra-
1. Voyez la Notice historique sur le Concours général entre les lycées de Paris ^ par H. Taranne, dans le numéro Journal général derinstruction publique du 29 avril 1846.
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lités et au développement de Tinstitution , la dépense était augmentée de plus de moitié , et s'élevait à 2249* 3 s. 6 d. Mais ce chiffre est encore très-inférieur à celui qu'elle devait atteindre dans la nouvelle Université qui, de 1 808 à 1848, a consacré dans certaines années jusqu'à 22 000 francs , et plus aux frais du concours général.
En 1 847, la dépense descendit à 20 855 francs 14 c. Les frais d'achat et de reliure des livres donnés en prix aux élèves figurent dans le total pour une somme de 7830 francs 55 centimes. ... 7 830 fr. 55 c.
Les frais de surveillance aux jours de composition , et les frais de correction, pour 9086 05
La décoration de la salle et autres frais, pour 3 938 54
Total. . . 20855 fr. 14 c.
En 1 849, r Assemblée constituante réduisit le crédit à 1 000 fr. On crut un moment le sort de l'institution compromis par cette diminution excessive; mais les professeurs des lycées, habituellement chargés de la surveillance des élèves, firent savoir, par Torgape de leurs proviseurs, que, pour contribuer à maintenir un antique usage cher aux familles et à l'Université , ils renonçaient pour eux-mêmes à toute espèce de rémunération. Le concours put donc avoir lieu comme par le passé , et aucune de ses formes ne fut changée jusqu'à l'arrêté du 29 août 1 852 , qui le supprima dans la division de grammaire , c'est-à-dire à partir de la classe de quatrième. Mais cette réduc-
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tion fut amplement compensée par Taccroissement du nombre des compositions dans la division supérieure, que la réforme du plan d'études ayait dotée d'enseignements nouveaux. La même allocation resta inscrite au budget; la dépense i malgré la plus séyère vigilance , présenta constamment un excédant que les économies faites sur d'autres articles permirent de couvrir; elle fut, en 1853, de 10509 fr. 73 c; en 1854, de 13573 fr. 18 c; en 1855, de 14112 fr. 03 c.
Parmi les dépenses de l'instruction secondaire, ont figuré longtemps les remises de droits accordées aux chefs d'institution. Nous avons vu plus haut que le décret de 1808 avait assujetti tous les chefs d'établissement à une double taxe , savoir : la rétribution universitaire consistant dans le vingtième du prix de la pension payée par chaque élève, et un droit annuel.
L'usage s'était introduit de bonne heure d'accorder la remise d'une partie de ces taxes aux instituteurs que des circonstances malheureuses mettaient hors d'état de les payer. Aussi, lorsqu'en 1835, le budget de l'Université fut réuni au budget général, l'administration de l'instruction publique demanda et obtint les crédits nécessaires pour continuer ces utiles faveurs.
Les débiteurs versaient dans les caisses du Trésor les sommes dont ils étaient redevables; mais elles leur étaient restituées au moyen de l'allocation portée au budget. Le crédit fut annuellement de 85 000 francs ; la dépense de 70 000 à 80000fr. environ. En 1845, la rétribution universitaire ayant été supprimée, l'alloca-
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tion budgétaire fut réduite à 5000 fr. puis à 4000 fr. Elle a disparu du budget en 1851 , époque à laquelle Tancien droit annuel à la charge des chefs d'institution a été remplacé par un droit de patente , en vertu de la loi du 1 8 mai 1 851 •