‹ Le budget de l'instruction publique et des établissements scientifiques etChapitre 62 sur 102 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

btàblisskhbnts scientifiques et littéraires.

En dehors des services soumis, par le décret de i 808, à la juridiction du Grand Maître et du Conseil de TUniversité , nous avons vu que l'administration de l'instruction publique embrassait, depuis 1833, un certain nombre d'établissements qui ont pour mission le perfectionnement des sciences et des lettres, et dont la plupart sont des écoles de haut enseignement. Nous avons nommé l'Institut, le Collège de France^ le Muséum d'histoire naturelle, l'Ecole des langues orientales, rObservatoire , etc. C'est le budget de ces établissements que nous nous proposons maintenant d'examiner d'une manière succincte, en ne nous permettant que de rares excursions en dehors de la comptabilité.

S I. — iNsrrnrr db framce.

Lorsque la loi du 3r u maire an iv qui créa les écoles centrales fut soumise à la Convention, Daunou, chargé de porter la parole définit en ces termes la mission de l'Institut des sciences et des arts par lequel il proposait de couronner le nouveau système d'instruction publique :

u Ce sera, en quelque sorte , disait-il , Tabrégé du monde savant, le corps représentatif de la république des lettres, Thonorable but de toutes les ambitions de la science et du talent, la plus magnifique récompense des grands efforts et des grands succès.. •• Cet Institut raccordera toutes les branches de Tinstruction ; il leur imprimera la seule unité qui ne contriste pas le génie, et qui n'en ralentisse pas Tessor ; il manifestera toutes les découvertes, pour que celle qui aura le plus approché de la perfection exerce le libre ascendant de l'estime et devienne universelle, parce qu'elle sera sentie la meilleure. Vous verrez se diriger à ce centre commun, et s*y porter par une pente naturelle et nécessaire, tout ce que chaque année doit faire éclore de grand, d'utile, de beau sur le sol fertile de la Fraoce. Là, des mains habiles diviseront, répandront, renverront partout ces trésors de sciences et de lumières; là, d'éclairés dispensateurs des couronnes du talent, allumant de toutes parts le feu de l'émulation, appelleront les prodiges que l'activité française a la puissance et le besoin de produire. Là, se verront, s'animeront et se comprendront, les uns et les autres , les hommes les plus dignes d'être ensemble; ils se trouveront réunis comme les représentants de tous les genres de gloire littéraire*. »

Toutes les promesses que ces belles paroles renfermaient ont été remplies, et le sont encore sous nos yeux. Daunou ajoutait (c que l'Institut effacerait en splendeur toutes les Académies des rois, comme les destinées

1. Séance de la Convention du 27 vendémiaire an iv (19 octobre 1795).

ET LITTÉRAIRES. tU

de la France républicaine effaçaient déjà les plus bril-^ iantes époques de la France monarchique. » Mais le savant rapporteur connaissait trop bien l'histoire pour ajouter foi à cette prédictipn que les préjugés du jour lui arrachaient. La vraie gloire de rinjstitut a été au contraire de faire revivre les académies fondées par l'ancienne mtonarchie, abolies au non? de l'égalité par la Révolution ; et c'est pour 9Q avoir conservé les traditions et rappelé les bienfaits» qu'il a mérité de survivre, en se transformant, au^ créions éphémères de la loi de Tan iv.

Mais nous n'ayons point à raconter ici Jies vicissitudes assez nombreuses que l'Institut a traversées ; nous n avons à exposer que sa situation financière.

Au moment de la fon^dation de rUniyersité, l'Institut de France comprenait quatre classes que l'ordonnance du 91 mars 1816^ conserva sous le titre d'Acadé* mies, et qui s'iappellent encore aujourd'hui l'Académie française, l'Académie des inscriptions et belleslettres, l'Académie des sciences et l'Académie des beaux-arts. L'ordonnance royale du 26 octobre 1832 institua l'Acadépiie des sciences jqaorales et politiques", ainsi nommée eu souvenir de l'ancienne classe du même jiom, supprimée sous le gouveraeipent consulaire. U en résulta pour l'exercice 1 834 une augmentation de dépenses de 64000 fr., qui s est élevée dans les années suivantes à 70 OQO francs.

Le budget des dépenses de l'Institut comprend les indençmités de ses membres, les prix qu'il décerne, les

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