‹ Le budget de l'instruction publique et des établissements scientifiques etChapitre 64 sur 102 · Loi du 29 avril 1851. BuUetindes lois, x« série, n · texte numérisé non relu

Loi du 29 avril 1851. BuUetindes lois, x« série, n

d*nne nouvelle section de dix membres, par un décret du 1 4 avril 1 855, a nécessairement augmenté les dépenses de matériel et d'impression.

Autrefois, quand un prix qui était inscrit au budget n'avait pas été décerné dans Tannée, le montant ne pouvait pas en être payé sans un crédit supplémentaire que l'administration, du reste, obtenait toujours. En 1849, on pensa qu*il était préférable d'inscrire annuellement au budget le crédit nécessaire à l'acquittement des prix arriérés. Mais l'augmentation qui en résulta ne fut qu'apparente. En fin d'exercice^ au moment de la reddition du compte, les dépenses effectuées ont continué d'offrir en moyenne le même total.

S IL — COLLÈGE Dl FRANCE.

La mission propre des universités, c'est d'enseigner les parties les plus incontestées des connaissances humaines ; ce n'est pas d'encourager Tesprit d'invention, ni de propager les découvertes qui ne sont pas pleinement vérifiées. Cependant quand une branche encore peu cultivée a été l'objet de travaux considérables et utiles, l'intérêt de la science veut que ces travaux ne restent pas ignorés ; et quelle meilleure voie pour les répandre que renseignement public, qui permet aux inventeurs d'attirer à eux un certain nombre d'esprits actifs, confiants, dévoués, dont ils forment des disciples capables de marcher sur leurs traces? Sans même réclamer pour les idées nouvelles des moyens de publicité, n'est-il pas d'un grand intérêt

pour ravancement des sciences bumaines, qu'il y ait des maîtres chargés de les exposer d'une manière approfondie, et qui ne s'arrêtent pas, comme on le fait dans les écoles ordinaires, aux simples éléments que tout esprit cultivé doit posséder?

Le Collège de France représente surtout cette émi* nente attribution, cette face élevée, difficile, souyent périlleuse de renseignement.

Nous n'entendons pas dire que tous ceux qui sont montés dans ses chaires étaient doués d'un esprit inventif, ni même qu'ils se sont toujours tenus sur les cimes les plus élevées de la science, sans faire aucune concession à la frivolité ni aux passions de leur auditoire. Mais l'établissement avait été créé par François V pour enseigner ce qu'on n'enseignait pas ailleurs, le grec, par exemple; sa mission propre était de seconder ce libre essor de l'esprit, d'où naissent les vérités nouvelles et les découvertes fécondes dans la littérature et dans les sciences. Quelques modifications qu'il ait subies, il a visiblement conservé le caractère et le but que son fondateur lui avait assignés.

Ce qu'on ignore généralement, c'est qu'après avoir longtemps formé une institution à peu près indépendante, sous la protection immédiate du souverain, le Collège de France fut affilié, en 1772, à l'Université de Paris.

Si X ans auparavant, le roi venait d'allouer à TUniversité, sur les revenus des postes, une somme considérable destinée à l'amélioration du sort des professeurs, et aux pensions des plus anciens émérites.

Pour faire participer ceux du Collège de France aux libéralités royales, on décida de les agréger au corps

universitaire; ce qui les plaçait sous la juridiction du recteur, et les soumettait à sa visite \

Cependant, malgré cette transformation, le Collège ne fût pas euTeloppé dans le décret du 15 septembre 1793, qui supprima, sur toute la surface de la Répiiblique, les collèges de plein exercice et les Facultés dé théologie, de médecine, des arts et de droit; car la même année nous le retrouvons debout avec les dix-

1. Bien que ces détails historiques soient étrangers au sujet tout spécial que nous traitons, nous croyons faire une chose agréable à nos lecteurs en donnant ici le texte très-curieux et très-peu connu, sinon inédit,- des Lettres patentes du Roi concernant le Collège de France données à Versailles le 16 mai 1772, enregistrées au parlenaentle 26 mars 1773 :

< LOUIS, etc. Le désir de favoriser l'étude des bonnes lettres, et l'afiection que nous avons toujours eue pour notre fille aînée, l'Université de notre bonne ville de Paris, nous ayant engagé à écouter favorablement les représentations qu'elle nous a faites sur l'accroissement survenu depuis 1719 dans le produit général du bail des postes, nous avons ordonné, par nos lettres patentes du 3 mai 1766, que la somme k laquelle nous jugerions à propos de fixer la portion que notre Université pouvait espérer dans ledit accroissement, serait employée à l'augmentation des honoraires des professeurs, k donner des pensions aux vingt plus anciens émérites, aux principaux officiers de notre Université et aux docteurs agrégés de la Faculté des arts. Nous avons ordonné par les mômes lettres que l'excédant qui surviendrait dans ledit bail, serait destiné au bien de l'instruction, principalement dans le sein de notre Université. C'est à quoi nous avons déjk pourvu en partie^ en fixant cet excédant à 60 000 fr., et en concédant moitié au collège Louis-le-Grand, moitié à la reconstruction des bâtiments, et à l'augmentation des honoraires des professeurs dii Collège royal qui est tombé dans un état de pauvreté très-préjudiciable à ses exercices. Ce collège, fondé par François P', le père et le restaurateur des lettres, pour fixer et étendre dans le royaume les connaissances qui pour lors y étaient trop rares, nous a paru mériter la pré-

ET LITTÉRAIRES. ii9

sept chaires, au lieu de dix-huit qu'il occupait à la veille de la Révolution. La seule chaire qui eût dispairu dans^la tourmente était celle de droit canon, qui n'a jamais été rétablie.

Le Collège de France possède aujourd'hui vingt-huit cours ; le plus grand nombre existaient anciennement ; quelques-uns ont été divisés ; des créations nouvelles ont eu lieu. Voici les matières de cet ehseigne-

Mrence avôe d'autant pliis de raison que personne n'ignore combien il a contribué à faire renultre et à conserver le goût de la saine littérature, et que, réunissant des professeurs dans tous les genres, il est plus propre qu'aucun autre établissement littéraire à faire germer l'émulation. Noufr.nous portons d'autant plus volontiers à l'exécution d'un projet aussi louable, que nous avons la satisfaction d'apprendre que notre Université est disposée à concourir k nos vues, et à faciliter, en tout ce qui pourra dépendre d'elle, le désir que nous avons de rendre notre Collège royal encore plus utile que par le passé à l'instruction et au progrès des lettres, soit par son agrégation à notre Université, soit par les nouveaux règlements de discipline que nous allons lui prescrire, soit par l'engagement que nous prenons volontiers de donner toute préférence dans la nomination aux places de professeurs à des sujets choisis dans notre Université et dans nos trois académies de Paris. A ces causes.... nous avons par ces présentes.... statué et ordonné.... ce qui suit : Art. 1*'. Les fondations du Collège de France, ensemble les statuts, règlements, édits et lettres patentes concernant ledit collège seront exécutés en tout ce qui ne dérogera pas au présent règlemeht. Voulons que pour procurer l'uniformité dans l'enseignement public, ledit collège soit et demeure uni à notre Univet*sité, que nos lecteurs et professeurs y soieifit agrégés. — Art. 2. Ceux desdits lecteurs et professeurs qui ne seraient point encore membres d'une des quatre facultés qui composent notre Université, seront tenus de se présenter dans les trois itiois de la date des présentes pour être coaptés et immatriculés dans Celle des nations à laquelle ils appartiendront par le lieu de leur naissance ; ils seront reçus sani aucun acte

itO ËTABLISSEMENTS SCIENTIFIQUES

ment le plus varié qui existe dans aucune école du inonde : *

Astronomie ;

Mathématiques ;

Physique générale et mathématique ;

Physique générale et expérimentale;

Chimie;

Médecine ;

probatoire, en produisant leur extrait baptistaire, et les lettres de leur nomination royale sur lesquelles sera inscrit l'acte du serment qu'ils auront prêté entre les mains de notre grand aumônier. — Art. 3. Au moyen de ladite agrégation, nos lecteurs et professeurs pourront parvenir aux charges et honneurs des nations ; ils seront appelés aux processions, actes et assemblées de rUniversité, se conformeront^à la 'police et aux lois qui s*y trouvent établies, et auront voix active et passive dans les délibérations. — Art. 4. Ils ne paraîtront dans aucune fonction publique que revêtus de la robe académique avec la marque distinctive de leur profession et conserveront leur ancien rang dans les processions. Les écoles de notre Collège royal seront soumises aux visites et à la juridiction du recteur et tribunal de TUniversité de la même manière et pour les mêmes objets que les Écoles de théologie, de droit, de médecine et des arts, attendu que les quatre Facultés composent également rUniversité. -^ Art. 5. Voulant suppléer au concours établi autrefois par Charles IX pour le choix des professeurs de nôtredit collège^, nous déclarons que, dans la nomination aux chaires qui viendront à vaquer, nous donnerons toute préférence, soit aux professeurs de l'Université qui se seront distingués dans l'exercice de leurs fonctions, soit aux membres de nos trois académies de Paris. Si notre choix tombait sur un sujet qui ne fût point membre de ladite Université, il serait coapté et immatriculé de la manière énoncée ci-dessus. — Art. 6. Le Collège de nos lecteurs continuera d'être composé d'un inspecteur chargé de veiller k la discipline et d'en rendre compte au secrétaire d'Ëtat de notre maison, et de dix-neuf professeurs : un d'hébreu , un de syriaque, deux d'arabe, deux de grec, deux

ET LITTÉRAIRES. 2Si

Histoire naturelle des corps inorganiques; Histoire naturelle des corps organisés ; Embryogénie comparée ; Droit de la nature et des gens ; Histoire des législations comparées ; Économie politique ; Histoire et morale ; Archéologie ;

d'éloquence latine, un de mathématiques, un d'astronomie, un de physique, un de philosophie grecque et latine, un de médecine pratique, un d'anatomie, un de chimie, un de botanique, deux de droit canon, un d'histoire. Lesdites chaires ayant été principalement instituées pour mettre dans notre Université les genres d'instruction qui ne s'y trouvaient point, nous nous réservons de changer l'objet de celles qui paraîtraient le moins nécessaires à mesure qu'elles viendront à vaquer, sur les mémoires qui pourront être présentés. — Art. 7. Nous maintenons et confirmons nos lecteurs dans tous les droits, franchises, privilèges et prérogatives dont ils ont joui ou dû jouir jusqu'à présent, et notamment dans la qualité d'officiers commensaux de notre maison et dans tous les privilèges qui y sont attachés. — Art. 8. Nos lecteurs continueront de jouir des gages dont ils ont joui jusqu'à présent sur notre trésor royal; lesdits gages montant à la somme de 15 930 livres, toutes déductions faites, leur seront payés régulièrement et sans aucune nouvelle retenue par le trésorier de nos parties casuelles. ^~ Art. 9. Sur la somme annuelle de 30 000 livres réservée par arrêt de notre conseil et nos lettres patentes, il sera pris et demeurera affecté à perpétuité à notre Collège royal celle de 15 000 livres pour augmenter les gages des professeurs. Voulons en conséquence que le receveur des messageries de notre Université soit tenu de remettre au syndic de notre Collège royal la somme de 15 000 livres, sur la simple quittance, dont les payements se feront quartier par quartier, par avance et sans aucune retenue. — Art. 10. A l'égard des arrérages échus de ladite rente

de 30 000 livres conservés par le recteur une somme de

.12 000 livres sera employée aux réparations du Collège royal

tii ËTABUSSEMENTS SCIENHFIQUES

Langues hébraïque, chaldaïque et syriaque ;

Langue arabe ;

Langue persane ;

Langue turque;

Langue et littérature chinoises et tartare-mapfichou;

Langue et littérature sanskritef;

Langue et littérature grecques ;

Éloquence latine ;

et à la construction de nouvelles classes conformément au devis qui nous sera présenté.... — Art. 11. La somme de 15 930 livres portée à l'article 8, et celle de 15 CGC livres portée à Tarlicle 9, seront employées au paiement des gages de nos lecteurs et professeurs, lesquels gages demeureront ûxés à 2000 livres pour l'inspecteur et à 1000 livres pour chaque professeur; à l'égard des 9930 livres restantes, elles seront par nous réparties chaque année en forme de gratifications entre les dix-neuf professeurs k raison de leur ancienneté, de leur assiduité, du nombre d'étudiants qu'ils attireront à leurs leçons et des autres services quMis auront rendus en publiant des ouvrages utiles chacun sur l'objet de sa profession. — Art. 12. Le Collège de nos lecteurs et professeurs ne participera pas aux pensions d'émérites établies en faveur des professeurs ordinaires de l'Université, et dans le cas où leur ftge ou leurs infirmités ne leur permettraient plus de remplir leurs fonctions avec l'assiduité requise, sur le compte qui nous en sera rendu par notre secrétaire d'Ëtat et sur la démission pure et simple de leur oflice, nous leur conserverons la jouissance de 800 livres sur les 1000 attachées à la chaire, et le nouveau professeur que nous aurons nommé touchera, outre les 200 livres restantes, telle portion que nous jugerons à propos de lui accorder sur les 9930 livres que nous avons réservées pour être distribuées par forme de gratification. — Art. 13. Attendu que les études qui se font au Collège royal ont pour objet plutôt de perfectionner des connaissances acquises que de donner les éléments des sciences, êl que toute espèce de contrainte doit être bannie de ses exercices, nos lecteurs et professeurs ne tiendront point de registres d'inscriptions. — Art. 14. ^s

ET UTT8ftMWE8. M8

Poésie latine ;

Philosophie grecque et Utine ; ]Langue et littérature firançaises du moyeu âge ; Langue et littérature françaises modernes; Langue^ et litjbératures étrangères de l'Europe moderne ;

Langue et littérature slaves.

Sous Napolé^on J'' le traitement des professeurs

exercices du Collège royal continueront de se partager en deux semestres, le premier commencera k la Toussaint, et finira le dimanche des Rameaux; le deuxième ouvrira le lendemain de la Quasimodo et ne finira que le premier jour d'août. Pendant toute la durée de ces deux semestres, nos lecteurs et professeurs donneront très-régulièrement trois leçons par semaine d*une heure jet demie; en cas de fête ou de congé la leçon sera remise au lendemain, dès que les nouvelles classes que nous proposons de faire construire seront achevées ; et afin que les programmes puissent être affichés huit jours avant l'ouverture des écoles, le doyen des professeurs indiquera une assemblée générale avant la clôture du dernier semestre où l'on réglera pour le suivant, les jours, les heures et la matière des leçons. — Art. 15. Au lieu de dicter des cahiers, nos lecteurs feront imprimer d'avance, autant que la nature des exercices le per-* mettra, un précis de leurs leçons. L'explication du professeur durera une heure. La demi-heure suivante sera employée en conférences sur la matière qui vient d'être expliquée et à résoudre les difficultés qui pourront être proposées. — Art. 16. Les enfants nés dans le Levant et connus sous le nom d'enfants de langue, suivront le cours de langue arabe assidûment; les heures des leçons seront fixées en conséquence. — Art. 17. Nos lecteurs et professeurs continueront de s'inscrire sur le registre des exercices avant que de commencer leurs leçons ; ils ne pourront s'absenter que pour cause de maladie ou sur une permission par écrit du secrétaire d'État. Dans l'un et l'autre cas, ils seront ienus d'avertir d'avance l'inspecteur du CoU lége de France, chargé de veiller au maintien de la discipline» et de lui présenter un sujet qui puisse les remplacer. — *

était de 6000 fr. En 1815, à raison du malheur des temps, il fut réduit à 5000 fr., et depuis, par une omission inexplicable, il n'a pas été relevé. Pour vingthuit professeurs, la dépense est aujourd'hui de 140000 fr. ; en 1833, elle n'était que de 113000 fr. Elle s'est élevée successivement à mesure que le nombre des chaires a augmenté.

Outre Téclairage et le chauffage, les dépenses du matériel comprennent les frais occasionnés par les cours scientifiques. Elles étaient en 1833 de 9200 fr.; elles atteignent aujourd'hui et dépassent même 27 000 fr. ; c'est encore là un effet de l'établissement des nouveaux cours. Il importe en outre de se rappeler que le Collège de France occupait autrefois de vieilles masures que personne ne songeait à réparer, où tous les services étaient à Tétroit, et qui coûtaient peu de chose à entretenir, tandis qu'il est installé aujourd'hui dans des bâtiments dignes sans doute de sa vieille renommée, mais d'un entretien plus dispendieux.

Le Collège de France est sous l'autorité de l'un de ses professeurs qui prend le titre d'administrateur. Il est assez remarquable que les fonctions de l'administrateur soient entièrement gratuites. Dans les Facultés, qui sont des établissements analogues, les fonctions de doyen donnent lieu à un préciput qui varie de 1 000 fr. à 4000 fr.

C'est au Collège de France que le Gouvernement provisoire avait rattaché l'École d'administration, créée

Art. 18. Confirmons en tant que besoin sera les autres usages de notre Collège royal de France. Si donnons en mandement, etc., etc. »

par arrêté du 8 mars 1 848, pour le recrutement des services administratifs. Afin de donner à l'enseignement l'étendue et le caractère que réclamait la destination tout à fait spéciale qui était assignée au Collège, plusieurs chaires nouvelles avaient été fondées, quelques chaires anciennes supprimées. La statistique et l'économie politique étaient les branches les plus favorisées; elles faisaient Tobjet de cinq cours confiés à cinq professeurs qui devaient les exposer dans tous leurs détails ^ On sait combien a peu duré cette institution qui n'était pas sans utilité, mais dont l'organisation, improvisée à la hâte au lendemain d'une révolution, se ressentait du temps orageux qui l'avait vue naître. L'École d'administration comptait à peine dixhuit mois d'existence, lorsqu'elle fut supprimée par la loi du 9 août 1 849 *• La dépense avait été en 1 848 de 20000 fr., en 1849 de 34875 tr. 19 c.

§ 111. — MUSÉUM D'HISTOIRB NATURELLE.

Le Muséum d'histoire naturelle, comme d'autres grandes institutions, a eu de faibles commencements. Fondé sous le règne de Louis XIII, il n'était à l'origine qu'un jardin de plantes médicinales annexé à un cabinet de curiosités. Dans le courant du xviii* siècle, et priucipalement par les soins de Buffon, il reçut des développements considérables; on y réunit des ani-

1. BuUetin des lois, X' série, n* 7; Bulletin vniv., t. XVII, p. 63 et 91.

2. BuUetin des Uns, x« série, n* 187 ; BuUetin univ., t. XVIH,

maux vivants et des échantillons de toutes les pro* ductions du globe. Mais rétablissement doit le nom qu'il porte aujourd'hui à la loi du 1 février 1 793 \ qui en renouvela l'organisation et y fonda Vensei* gnement public de Thisloire naturelle, prise dans toute son étendue ^ et appliquée particulièrement à Tavancement de l'agriculture^ du commerce et des arts.

Les cours devaient être au nombre de douze, savoir :

Un cours de minéralogie ;

Un cours de chimie générale ;

Un cours des arts chimiques ;

Un cours de botanique dans le Muséum ;

Un cours de botanique dans la campagne ;

Un cours d'agriculture et de culture des jardins, des arbres fruitiers et des bois;

Deux cours pour l'histoire naturelle des quadrupèdeSy des cétacés, des oiseaux, des reptiles, des poissons, des insectes et des animaux microscopiques ;

Un cours d'anatomie humaine ;

Un cours d'anatomie des animaux ;

Un cours de zoologie ;

Un cours d'iconographie ou de l'art de dessiner et de peindre toutes les productions de la nature.

La Convention, « voulant, disait-elle, consacrer l'égalité entre des hommes que l'Europe savante met sur le même rang, » avait supprimé l'antique place d'intendant du Jardin des Plantes et du Cabinet d'his-

1. Recueil des lois eè règlements concernant Vinstruction publiqm^ 1. 1, p. 121.

toire naturelle* L'asBemblée des professeurs préparait elle-môme les règlements, et arrêtait toutes les mesures administratives concernant le Muséum. Un directeur choisi parmi les professeurs, et nommé par eux pour un an, veillait à l'exécution.

Ce régime oligarchique, conforme à Tesprit du temps qui le vit naître, s'est perpétué, malgré ses défauts, sous les gouvernements les plus divers, et il subsiste encore aujourd'hui.

Mais si la constitution intérieure du Muséum n a pas varié depuis un demi«-sièole , rétablissement a reçu dans toutes ses parties des améliorations considérables, et cependant bien inférieures encore à ce que les inté* rets de la science auraient demandé.

Le nombre de chaires s'est augmenté. Au lieu de trois chaires de zoologie, il en existe quatre, savoir :

Mammifères et oiseaux ;

Reptiles et poissons ;

Insectes, crustacés et arachnides ;

Ânnélides, mollusques et zoophytes.

Trois chaires nouvelles ont été créées : celle de physique et celle de physiologie comparée en 1 838 S celle de paléontologie en 1853*. Par le même décret, une chaire a été supprimée, celle de botanique.

Le traitement des professeurs est resté fixé depuis Torigine a 5000 francs. La dépense totale , sauf les décomptes, estjiujourd*hui de 75000 francs.

1. Ord. du 24 juillet 1838. BuUetin des lois, ix* série, n» 605; Bulletin univ., t. XI, p. 321.

2. Décret du 5 juilet 1853. BuUetin, xi* série, n* 69; BuUetin adnuy t. lY, p. 254.

ttS ËTABLISSEMENTS SCIENTIFIQUES

Aux professeurs sont attachés des aides-naturalistes et des préparateurs qui sont au nombre de soixantedix. En y comprenant les gages des gens de service, la dépense de ce nombreux personnel était, en 1836, de 130611 fr.; en 1855, de 154 102 fr. 51 c; elle s*est élevée en proportion du développement que les cours recevaient.

Afin d'encourager Tétude des sciences naturelles et d'assurer le renouvellement des collections du Muséum, il a été créé, aux frais de rétablissement, une école de jeunes naturalistes qui ont bientôt formé un corps de voyageurs chargés d'aller dans toutes les parties du monde recueillir les productions les plus dignes de figurer dans les galeries.

Pendant les années 1 854 et 1855, les divers théâtres de ces explorations laborieuses, savantes et fécondes ont été les îles Sandwich, T Abyssinie, le Brésil, la Californie, le Mexique, la Guyane, l'Egypte, l'île de Crète, les îles Canaries, les côtes de France, etc/. La dépense a été de 21 778 fr. 51 c. en 1854, de 25000 fr. en 1855. Elle n'a jamais dépassé ce dernier chiffre.

Mais le service le plus dispendieux du Muséum, celui qui fait le plus souvent appel à la munificence de l'État, c'est sans contredit le service des galeries , des jardins et des serres.

Il faut distinguer ici les dépenses ordinaires d'entretien et les dépenses extraordinaires ayant pour objet des acquisitions exceptionnelles.

1. Voy. les Comptes définitifs des dépenses des exercices 1854 et 1855, au chap. du Muséum d'histoire naturelle.

Les principales dépenses extraordinaires ont eu lieu :

En* 1 836 f pour Tacquisition de terrains» 48000f,i>»

En 1 846^ pour une nouvelle acquisition de terrains* 1036768 80

En 1847, pour achat de collections de fossiles' 81500»»

Mais les dépenses extraordinaires avaient pour conséquence inévitable d'élever le chiffre des dépenses ordinaires. En effet, lorsque les terrains du Muséum eurent été agrandis d'un hectare , puis après de trois hectares, les frais de culture, de surveillance et d'entretien, se trouvèrent nécessairement augmentés dans une certaine proportion. Il en fut de même après la construction des serres nouvelles élevées par les soins de l'administration des bâtiments civils , et qu'il aurait été parfaitement inutile d'établir, si le gouvernement n'avait eu l'intention d'y réunir les plus beaux échantillons des plantes tropicales. C'est ainsi que les frais de matériel qui n'atteignaient pas 1 86 000 fr. en 1 835, ont dépassé 247 000 fr. en 1 846 et 1847.

La révolution de Février compromit de la manière la plus funeste la prospérité du Muséum , dont elle réduisit le budget de 504 000 fr. à 469 000 fr. Gomme personne ne songeait alors et ne pouvait songer à sup-

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