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GBNBVI&VE ET DE LA SORBONNE

Aucune comparaison ne saurait être établie entre la Bibliothèque impériale et les bibliothèques Mazarine, Sainte -Geneviève, de l'Arsenal et de la Sorbonne. Celles-ci, cependant, sont encore des établissements très -considérables qui renferment un grand nombre de trésors inestimables, qui rendent les services les plus utiles aux membres du corps enseignant et à la jeunesse de nos écoles, et qu'il est tout à fait digne de la libéralité de l'État de ne pas laisser dépérir.

La bibliothèque Mazarine * est ainsi nommée de son fondateur, le cardinal Mazarin. Le savant Gabriel Naudé, qu'il avait chargé, en 1644, de la former,

1. Sur l'histoire de la bibliothèque Mazarine, voyez Petit- Radel, Recherches sur les bibliothèques anciennes et modernes. Paris 1819, p. 249 et suiv.

|w|l€^^^H'Hi^@biagne et l'Angle- !>lS||||{$^l48>x. En 1651,

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Ibliothèques anciennes t les Notes à la suite ilique pour l'exercice

d'Artois qui y réunit, deux ans après, la deuxième partie de la bibliothèque du duc de La Yallière; elle s'enrichit encore à la Révolution d'un choix considérable d'excellents livres, habilement recueillis dans les anciens dépôts par son bibliothécaire, M. Ameilhon. Elle compte aujourd'hui 175000 volumes imprimés et 6000 manuscrits environ. Après la Bibliothèque impériale, c'est le plus important de nos dépôts littéraires. Fidèle à son origine, elle a surtout exploité cette mine féconde de la littérature nationale, dont les premiers échantillons avaient été recueillis par Sainte-Palaye et Barbazan, et aucun établissement du monde ne pourrait présenter aujourd'hui, rassemblées en plus grand nombre, les œuvres sévères ou frivoles du génie poétique de la France, romans, moralités, pièces de théâtre, poésies en tout genre.

La bibliothèque Sainte-Geneviève , fondée en 1 624 par le cardinal de La Rochefoucauld, possédait déjà 20 000 volumes et 400 manuscrits, lorsqu'en 1710, M. Le Tellier, archevêque de Reims, possesseur de l'une des plus riches collections qu'un particulier ait formées, légua ce précieux héritage aux Génovéfains. Enrichie dans le cours du xviii* siècle par de nouvelles libéralités, la bibliothèque Sainte -Geneviève, au moment de la Révolution, ne possédait pas moins de 90 000 volumes et de 3000 manuscrits. Aujourd'hui le nombre de ses livres imprimés s'élève a 160000 volumes, celui des manuscrits à 3500.

La bibliothèque de la Sorbonne est un établissement plus modeste que ceux que nous venons de parcourir. Ses premiers commencements datent de l'expulsion des Jésuites. La Compagnie, en quittant la France, y

laissait des dettes, et, pour les payer, il fallut vendre une partie de ses biens, parmi lesquels se trouvait une précieuse bibliothèque établie dans les bâtiments du collège Louis-le-Grand. Toutefois, le bureau d'administration du collège, dans Tintérèt mèmede rétablissement confié à ses soins, décida d'employer une somme d'environ 1 8 000 fir. à racheter un certain nombre de bons ouvrages, qui formeraient un commencement de bibliothèque à Tusage de TUniversité de Paris. La libéralité d'un ancien recteur, M. de Montempuis, vint augmenter, peu de temps après^ ce premier fonds qui s'étant accru, pendant la Révolution, des dépouilles de plusieurs bibliothèques supprimées ou confisquées, devint un établissement d'une, certaine importance, appelé successivement la bibliothèque du Prytanée français, la bibliothèque des Quatre Lycées, la bibliothèque de l'Université, et enfin, à partir de 1 846, la bibliothèque de la Sorbonne. Cette bibliothèque universitaire, spécialement fréquentée par les membres du corps enseignant, compte environ 30 000 volumes.

Il est assez remarquable que, depuis vingt ans, les dépenses des bibliothèques Mazarine, de l'Arsenal et de la Sorbonne soient restées stationnaires et même qu'elles aient plutôt diminué qu'augmenté, malgré le développement que le servicey apris, comme partout ailleurs. Les bibliothèques Mazarine et de l'Arsenal figurent au compte de 1 835 pour une somme de 3 5 000 fr . , et à celui de 1 855 pour 32 000 fr., et 35 747 fr. 75 c. La bibliothèque de la Sorbonne, depuis 1 848, coûte en moyenne à l'État 25 000 fr.; dans les deux années antérieures, elle avait dépensé 33000 et 36000 fr. La bibliothèque Sainte-Geneviève est la seule dont le budget se soit

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élevé d'une manière notable. La dépense était, en 1835, de 40 500 fr.; elle est montée, en 1838, à 88720 fp. 82 c., est redescendue, en 1 839, à 731 22 fr., et s'élève, depuis 1 851 , à 87 700 f r. La principale cause de ces augmentations est le service du soir, organisé* à partir de 1839, et qui, dès la première année, motiva une dépense extraordinaire de 48221 fr. 60 c*. La bibliothèque partageait alors, avec le lycée Napoléon, les vastes dépendances de l'ancienne abbaye de Sainte- Geneviève. Ce voisinage du lycée n'était pas sans inconvénient pour le service, ni même sans danger. Aussi, la loi du 19 juillet 1843 avaitrcUe autorisé la construction d'un nouveau bâtiment dans lequel la bibliothèque devait être transportée. Les travaux étant complètement achevés en 1 850, la translation eut lieu l'année suivante. Le service put alors recevoir tout le développement qu'il comportait, et il en résulta un surcroit de dépense d'environ 1 1 500 fr. pour Trais de chauffage, d'éclairage et de surveillance.

Sous le titre de service général des bibliothèques, on a rattaché, depuis 1 840, au chapitre des bibliothèques publiques, divers articles montant à 20000 fr., tels que le traitement d'un inspecteur général, les frais de rédaction et d'impression du catalogue des manuscrits des bibliothèques des départements. Deux volumes de ce catalogue ont déjà paru; ils comprennent les bibliothèques de Laon, de Montpellier et de Troyes.

1. Loi du 28 juillet 1838. Voyez l'exposé des motifs du projet présenté à la Chambre des députés, dans la séance du 12 mai 1838.

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