‹ Le budget de l'instruction publique et des établissements scientifiques etChapitre 79 sur 102 · S XIII. — DOGOMBNTS INÉDITS DB L'HISTOIRB DB FRANCE · texte numérisé non relu

S XIII. — DOGOMBNTS INÉDITS DB L'HISTOIRB DB FRANCE

C'est en 1 833 que M. Guizot, alors ministre de l'instruction publique, proposa la publication de tous les documents inédits relatifs à l'histoire nationale, qui se trouvaient encore enfouis dans les bibliothèques et les archives.

« Depuis quinze ans environ^ disait-il \ Tétude des sources historiques a pris une activité nouvelle. Des hommes d'un esprit clairvoyant, d'une science rare, d'une constance laborieuse, ont pénétré, les uns dans le vaste dépôt des Archives du royaume, les autres dans les collections de manuscrits de la Bibliothèque royale ; quelques-uns ont poussé leurs recherches jusque dans les bibliothèques et les archives des départements. Partout il a été prouvé, dès les premiers essais, en fouillantau hasard, que de grandes richesses étaient restées enfouies. Les efforts ént redoublé, et Ton n'a pas tardé à obtenir des décoruvertes aussi importantes qu'inattendues, de véritabjres révélations qui éclairent d'un jour nouveau tels ou tels événements, tels ou tels siècles de notre histoire ; à ce point qu'il est peut-être permis d'avancer que les manuscrits et monuments originaux qui ont été jusqu'à présent mis au jour, ne surpassent guère en nombre ni en importance ceux qui sont restés inédits. »

Fallait-il abandonner l'exploitation d'une mine aussi féconde aux efforts individuels? M. Guizot ne le pensait pas, et, s'autorisant de l'opinion de tous les hommes jaloux des progrès de la science historique et de la gloire du pays, il demandait que le Gouvernement prît lui-même l'initiative de cette entreprise à la fois nationale et littéraire, qu'il possédait seul les moyens de continuer avec succès.

Au point de vue politique, la publication des documents inédits de l'histoire de France avait un autre

1. Rapport au Roi sv/r le budget de F Instruction publique pour Veoserdce 1835, p. 48.

avantage; elle créait dans le corps enseignant un mouvement utile de travaux et d'idées, et elle rattachait au Gouvernement nouveau, sur tous les pointe du territoire, un grand nombre d'esprits laborieux et distin-^ gués qui se seraient peut-être égarés» s'ils n'avaient pas trouvé cet emploi utile de leur temps et de leur activité,

Le projet de M. Guizot obtint une adhésion unanime, et dès l'exercice 1835, une somme de 120000 fr. fut inscrite au budget du ministère de l'instruction pu« blique pour commencer la publication*

Les travaux devaient avoir lieu sous la surveillance et la direction active d'une commission, dans laquelle les illustrations littéraires du pays se rencontraient à côté de travailleurs inconnus qui Jetaient alors les fondements de leur propre renommée. Cette commis-^ sion a plusieurs fois changé de forme et de nom. En 1 837 elle fut partagée en cinq comités qui correspondaient aux cinq classes de l'Institut ^ mais dont quatre furent bientôt fondus en un seul» sous le nom de Comité pour la publication des monuments écrits de l'histoire de France*. Un comité séparé continua d'exister pour les arts et monuments. L'arrêté du 5 septembre 1 848 modifia le personnel des membres'» mais il ne changea rien à la nature de leurs attributions et à l'objet de leurs travaux. Ënfini en 1852, les deux comités qui existaient depuis douée ans, furent rem** placée par trois sections, section de philologie, section d'histoire et section d'archéologie, qui se réunissent

1. Arrêté du 18 sept. 1837, BuU, univ.y t. VI, p. 380. i. Arrêté A,\x 30 août 1840.

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