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ET GENS DE LETTRES

Sous tous les régimes, la puissance publique s'est honorée en accordant aux gens de lettres des témoignages de sa protection et de sa munificence.

Qui ne connaît les libéralités de Louis XIY enveria lespoëtesi les artistes et les savants qui ont fait la gloire de son règne ? On peut lire dans les mémoires de ce grand prince la liste de ceux à qui sa munificence accorda des pensions^ qui peuvent; à juste titre, s'appeler littéraires. « Le roi, dit le président Hénault, entretenait à lui seul plus de savants que tous les souverains de l'Europe ensemble ^ »

Ces nobles traditions de bienveillance et de libéralité ne se sont, grâce à Dieu, jamais perdues dans notre pays^ et à toutes les époques, même aux plus difficiles, le budget de l'État a compris un fonds d'encouragements et de secours, spécialement destiné aux gens de lettres et aux savants.

Parmi les personnes ayant droit aux récompenses

1. Abrégé chronologiqœ de Vhûtoire de France, année 1663. A. Chéruel, Histoire de V administration monarchique en France, t. II.

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90000 fr. passèrent au ministère de l'instruction publique; mais les deut tiers seulement du crédit furent consacrés à des indemnités littéraires , le sur-* plus vint accrottre le fonds des souscriptions^ qui, comme nous Tavons dit plus haut, était alors très^ chargé. Environ 50 000 fr. étaient accordés pour indemnités de logement.

En 1834, le crédit fut porté à 142000 fr. ; en 1836, à 154000 fr.; en 1«38, à 176000 fr. ; en 1840, à 194000 fr; en 1841, à 225400 fr.

Il est vrai que dans ce chiffre figuraient des dépenses qui, aujourd'hui, ne font plus partie du cha-* pitre, savoir : 1* le traitement de l'inspecteur général des bibliothèques; 2** les subventions accordées aux sociétés savantes; 3^ les indemnités pour missions et voyages scientifiques ; mais toutes ces déductions opérées, la somme qui restait disponible pour les encouragements littéraires proprement dits, fut d'environ 210000 fr. de 1841 à 1845.

Pendant les années suivantes, cette situation s'est maintenue 9 sans autre différence, d'une année à Tautre, que celle qui résulte des reliquats disponibles en fin d'exercice.

En 1848, indépendamment du crédit habituel, l'Assemblée constituante, prenant en considération la détresse des gens de lettres, que la révolution de Février avait pour la plupart privés de leurs ressources, alloua Un crédit extraordinaire de 1 00000 fr.'. La dépense de l'exercice dépassa 302000 fr.

1. Loi du 17 juillet 1848, Bull, des Lois, x« série, n* 83; BuU letin administr.f t. xvu, p. 232.

SOS ÉTABLISSEMENTS SCIENTIFÎQUES

Mais en 1849, 1850 et 1851, les commissions du budget se montrèrent moins favorables. Successivement le crédit fut réduit à 197400 fr. , puis à 1 87 250 fr. , et enfin en 1 851 à 1 80 000 fr. Depuis lors il n'a plus dépassé ce chiffre.

Les indemnités accordées par le Ministre de Tinstruction publique sur les fonds d'encouragements, sont de deux sortes : les unes Sont des secours éventuels qui, une fois donnés, ne se reproduisent plus qu'à des intervalles plus ou moins éloignés, sur une décision nouvelle et spéciale du Ministre; les autres ont le caractère de véritables pensions qui, dès qu'on les a obtenues, peuvent être touchées, sur mandats, tous les trois mois. 148000 fr. sont employés en indemnités fixes dont le maximum est de 2400 fr., dont quelques-unes descendent à 300 fr., et qui sont en moyenne de 800 fr.

32 000 fr. sont réservés pour les indemnités éventuelles : ce n'est donc pas 2700 fr. par mois dont l'administration dispose pour venir en aide à la misère des gens de lettres, de leurs veuves et de leurs orphelins. Les secours que le Ministre peut accorder, ne sont que des indemnités de 1 00, 1 50, et dans des cas assez rares de 300 fr.

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