Ibid.f p
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de l'Université. Elle se confondait alors avec les autres dépenses du lycée Louis-le-Grand, qui se chargeait d'acquitter les traitements des fonctionnaires et de pourvoir à l'entretien des élèves, moyennant une part plus forte dans la subvention allouée par l'État pour le service de l'instruction publique. Toutefois TUniversité eut à payer des frais d'appropriation et de premier établissement au delà de 220 000 fr. Le prix des bourses avait été fixé à 970 fr. Pendant Tannée 1827 et les trois années suivantes^ le nombre des élèves présents ne dépassa pas 47; les charges de leur entretien s'élevèrent annuellement à 45 590 fr.
Un des premiers actes du gouvernement issu de la révolution de juillet 1830 fut de rendre son ancien nom à TÉcole normale, alors appelée École préparatoire. De sages règlements qui se succédaient avec rapidité, communiquèrent bientôt une activité féconde et comme une seconde jeunesse à toutes les parties de l'institution. La durée du cours normal fut reportée à trois années, comme avant 1 822 ; le plan d'études et les programmes d'enseignement furent revisés, le lien de la discipline resserré. Mais une double innovation plus considérable, ce fut 1 "" l'établissement d'un concours annuel pour l'admission des élèves ; 2* la division des bourses en bourses entières réservées aux meilleurs élèves de chaque promotion, et en demi -bourses que les derniers admis se partageaient, sauf à conquérir l'année suivante une bourse entière comme récompense de leur travail*.
i. Règlements du 18 février 1834 et du 19 août 1836. Bulletin universitaire, t. Ilf, p. 483 et suiv.; École normale^ règle^ menlSy programmes et rapports, p. 27 et suiv.
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Cette combinaison, qui se retrouve dans la plupart des établissements d'instruction publique en France et ailleurs , permettait d'admettre un plus grand nombre de candidats parmi lesquelsi une vive émulation s'établissait, sans que les charges de rÉtat en fussent augmentées. En eiïet, malgré le renom populaire de TÉcole normale, et les témoignages de sympathie qu'elle recevait, sa dotation restait fixée à peu près au même chiffre. A partir de 1833, le supplément de la subvention payé au lycée Louis-le-Grand pour les dépenses de Técole figura, dans une section à part, au budget de l'instruction publique; mais le crédit alloué n'était que de 11 8 000 fr., savoir : traitements du personnel 53 900 fr. ; 60 bourses à 970 fr., 58 200 fr. ; frais de cours et autres dépenses de matériel 5900 fr. Comme la carrière de l'enseignement exige des sujets laborieux et habitués aux privations , on aimait à se persuader qu'une aussi faible somme suffirait à tous les besoins d'une école austère et modeste. L'événement trompa, si peu que ce fût, les prévisions. En 4 835 la dépense, au li.eu de 1 1 8 000 fr. portés au budget, fut 121 902 fr. 14 c. ; en 1836 de 123 193 f. 89 c, savoir : pour le personnel, 60345 fr. ; pour les bourses, 57û86fr.; pour le matériel, 5762 fr. L'insuffisance des allocations était manifeste; mais les chambres législatives n'accordèrent rien de plus qu'une modique augmentation de 3000 fr., dont l'École se content^ jusqu'en 1840. La dépense annuelle, sévèrement proportionnée à ces faibles ressources , varie alors de 120000 à 121 000 fr.
En 1 841 , à raison de la prospérité croissante des
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collèges royaux, dix nouvelles bourses furent créées, et le crédit p'éleva en conséquence de 9700 fr. Mais cet accroissement d^ subvention ne fut que le préluda de mesures encore plus favorables pour TÉcole,
a L'ordonnance, du 6 août 1 830, avait dit M. Villemain, lors de la présentation du budget de 1844 S Tordonnance du 6 août 1 830, en rétablissant TÉcole normale sous so|i titre^ a permis au ministre dQ Tinstruction publique de compléter Torganisation de eette école, de manière à satisfaire à tous les besoins de renseignement* Malgré les grands succès obtenus depuis neuf ans, ce résultat ne pourra être complètement atteint que quand cet établissement si important, déjà placéy conformément au décret de 1 808, sous la direction spéciale d'un membre du Conseil qui en est le chef, se rapprochera des conditions principales indiquées par le même décret, et sera transféré d'une manière définitive dans un nouveau et spacieux local qui permette un accroissement considérable d'élèves. Privée de cet avantage et réduite seulement à 57 bourses entières qu'une sage répartition a subdivisées de manière à réaliser le nombre de 78 élèves présents, l'École a exercé la plus heureuse influence sur l'enseignement, et fourni des maîtres habiles à beaucoup de collèges royaux. Mais aujourd'hui cette École, aidée même de l'agrégation , dont elle contribue à élever le niveau littéraire et scientifique , ne peut suffire aux besoins des collèges royaux actuels , et moins encore de ceux qui vont être prochainement organisés, etc. »
}. Noie préliminaire du budget des dépenses de l'exercice IgM, p, §et7-
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Le projet que ces bienveillantes paroles faisaient pressentir ne tarda pas à se. réaliser. Une loi du 24 mars 1 841 ouvrit au ministre des travaux publics un crédit extraordinaire de 1 978 000 fr. pour être appliqué aux dépenses de construction d'un édifice affecté à rÉcole normale ^ L'Université contribua pour une somme de 1300 000 fr., en faisant l'abandon de 60718 fr. de rentes acquises avec ses excédants de recettes y et qui furent annulées au profit de TÉtat. Dès le mois de juin suivant, les travaux mis en adjudication furent entrepris sur un vaste terrain, situé rue d'Ulm, dans le quartier des études, à proximité des collèges, des Facultés et de la bibliothèque Sainte- Geneviève si riche en ouvrages d érudition. Les sondages opérés pour reconnaître Tétat du sol firent découvrir de nombreuses excavations au-dessus desquelles il était impossible de bâtir. Cet incident motiva des changements aux plans primitifs, et entraîna quelques lenteurs dans la construction.
Cependant, au milieu des tristes débats survenus entre le clergé et l'Université, l'École recevait de jour en jour de nouvelles marques de la bienveillance du gouvernement, qui voyait en elle l'expression la plus
1. Bulletin des lois, ix« série, n"796. « Art. 1". Il est ouvert au ministère des travaux publics un crédit extraordinaire de dixneuf cent soixante et dix-huit mille francs (1 978 000 fr.) pour être appliqué aux dépenses que nécessitera la construction d'un édifice k affecter à l'Ecole normale. — Art. 2. Le ministre des finances est autorisé k annuler, au profit de l'Etat, des rentes cinq pour cent, montant k soixante mille sept cent dix-huit francs, acquises par l'Université et réunies k sa donation postérieurement au !•' janvier 1835. >» Voyez le rapport sur ce projet de loi, séance de la Chambre des députés du 18 janvier 1841.
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haute et la plus sûre garantie de renseignement laïque. Son budget fut successivement augmenté de 4000 fr. en 1842, et de 4500 fr- en 1843. Le nombre des maîtres de conférences fut porté à dix-sept : celui des élèves au-dessus de quatre-vingts. En 1845, les travaux des nouvelles constructions touchant à leur terme, le moment était venu de faire appel, dans de larges proportions, à la munificence des pouvoirs publics. Le budget de l'École normale de l'exercice 1846 fut fixé à 253375 fr., dont 95 000 fr. alloués extraordinairement pour compléter les collections scientifiques et les installer dans les bâtiments de la rue d'Ulm. L'excédant des allocations accordées avait été calculé de manière à pouvoir régler la dépense ordinaire du dernier trimestre sur le pied d'un crédit annuel de 212 500 fr., qui devait se trouver ainsi réparti : 103 900 fr. pour le personnel, 82 800 fr. pour l'entretien des élèves, 25800 fr. pour le matériel et les dépenses diverses. Le personnel s'augmentait d'un aumônier, 3000 fr.; de deux maîtres surveillants, à 1500 l'un, 3000 fr.; d'un économe, 3000 fr.; d'un commis d'économat, 1200 fr.; d'un médecin, 1200 fr.; de deux préparateurs pour le cours de chimie et d'histoire naturelle , 3000 fr.; d'un maître de conférences pour la littérature française, 3000 fr.; d'un professeur de littérature anglaise, 2000 fr.; d'un bibliothécaire, 1500 fr.; de vingt et quelques gens de service, concierge, infirmiers, garçons de salle, etc., 8300 fr. Quelques traitements étaient élevés, notamment celui du sous-directeur des études, qui obtint 3500 fr. par an, au lieu de 2000 fr., et celui du directeur, qui en obtint 5000, et fut en outre af-
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franchi d^une conférence dont il avait été chargé jusque-là *.
Afin d'assurer la bonne gestion et le meilleur emploi, dans l'intérêt de l'instruction publique, des crédits importants qui étaient demandés au gouvernement^ le Conseil de l'Université s'était occupé, dès l'année 1844, d'uii mode de comptabilité à établir pour l'École normale; les dispositions suivantes furent ai*rêtées : Le trésor public devait acquitter directement les dépenses du personnel, ainsi que les frais de cours et les dépenses diverses du matériel ; il tenait compte à l'École du prix des bourses et des frais de nourriture des maîtres et agents. L'École était chargée de toutes les dépenses à faire pour le service des élèves et pour la nourriture des maîtres et agents. Les économies réalisées sur le prix des pensions devaient être employées, souô l'approbation du ministre, en améliorations pour le matériel et les collections. Indépendamment du prix des bourses payées par TÉtat, l'économe encaissait soit les recettes diverseâ, soit les sommes à la charge des familles des élèves : il était justiciable de la Cour des comptes. Un compte d'administration dressé par exercice devait être soumiô annuellement au ministre de l'instruction publique. Par ces dispositions, l'École normale, détachée du collège Louis-le-Grand, eut, Bous le Rapport de la comptabilité, un caractère mixte qu'elle cohserve encore. Comme tous les établissements de l'État, elle reçoit du Trésor public, dans les limites de son budget, les sommes nécessaires à l'acquittement de ses dé-
1. Note préiiminairo du projet de budj^^et de Texercice 1846.
penses ; mais à la fin de Texercice, en cas de reliquat sur la partie de ses allocations affectées à Fentretien des élèves, elle ne reverse point l'excédant disponible dans les caisses du ministre des finances : elle est autorisée à le conserver et à se créer ainsi , à Texemple des lycées, par de sages économies, une fortune particulière, tout à fait indépendante de la subvention du Trésor, et susceptible d*être appliquée à des améliorations matérielles.
Ces mesures, qui n'étaient pas toutes conformes aux principes d'une comptabilité sévère, avaient été habilement calculées pour assurer aux lycées et même aux Facultés un personnel de professeurs instruits, capables, distingués. Mais il était très-essentiel de pourvoir au recrutement des régents des collèges communaux et à celui des maîtres d'étude, sur qui repose en grande partie, dans les écoles, le fardeau de l'éducation; car parmi les reproches adressés à l'Université, le plus constant, sinon le mieux mérité, était de sacrifier l'éducation à l'instruction. Dans cette vue, l'ordonnance royale du 6 décembre 1845* institua des écoles normales secondaires destinées à préparei* des sujets pour ces fonctions modestes et inférieures, il est vrai , dans la hiérarchie , et cependant d'une si grande importance. Ces écoles devaient être établies dans les villes de département qui étaient le siège de Facultés, La grande École de Paris reçut, pour la distinguer, le nom d'École normale supérieure. Ce titre, conservé depuis, est la seule trace qui soit restée d'une institution utile, emportée par la marche