‹ Le budget de l'instruction publique et des établissements scientifiques et littérairesChapitre 42 sur 108 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

BNSEIGNBMENT SECONDAIBB.

C'est de la loi du 11 floréal an x que date, en France , l'organisation de Tinstruction secondaire. Déjà les écoles centrales^ fondées depuis 1795 dans chaque département , avaient contribué à relever les études et l'éducation nationale de rabaissement où elles étaient tombées. Mais ces écoles, qui n'avaient ni pensionnaires ni discipline intérieure , et dont l'enseignement comprenait les parties élevées de la littérature et des sciences, ne répondaient que très-imparfaitement au but de leur institution et au vœu des familles. L'intérêt le plus évident de la société appelait une organisation moins défectueuse, plus forte et plus complète. Entre les écoles spéciales, comme celles de droit et de médecine qui devaient représenter le haut enseignement, et les écoles primaires destinées à répandre dans toutes les classes les premiers éléments des connaissances , le législateur de l'an x fut conduit à placer des établissements intermédiaires, les lycées et les écoles secondaires, appelés depuis collèges communaux , dans lesquels la jeunesse du pays, casernée et soumise, comme dans les anciens collèges, à une austère discipline, pourrait se livrer tranquillement aux études qui forment l'esprit de l'homme et qui le préparent aux carrières libérales.

ENSEIGNEMENT SECONDAIRE. i<kl

On devait enseigner dans les lycées les langues anciennes, la rhétorique^ la logique, la morale et les éléments des sciences mathématiques et physiques. Le nombre des professeurs était de huit au moins; mais il pouvait être augmenté, ainsi que celui des objets d'enseignement, d'après le nombre des élèves qui suivaient les cours.

L'administration de chaque lycée était confiée à un proviseur ayant sous lui un censeur des études et un procureur gérant les affaires du lycée , ou économe.

Sous le rapport financier, les lycées furent, dès l'origine, ce qu'ils sont encore aujourd'hui, après un demi-siècle d'existence, je veux dire des établissements appelés à se suffire à eux-mêmes avec les ressources que la loi leur constituait.

Les bâtiments qui servirent à leur installation furent fournis, tantôt par l'État, tantôt par les municipalités; et choisis, en général, parmi ceux qui étaient autrefois affectés au service de l'instruction publique. Les villes furent astreintes à pourvoir chaque établissement de tout ce qui était nécessaire pour recevoir cent cinquante élèves, mobilier, collections, livres classiques , etc.

Les ressources propres de chaque lycée consistaient dans le produit des pensions payées par le Trésor public ou par les familles. Le prix moyen en avait été fixé à 700 fr. Six mille quatre cents élèves pensionnaires devaient être entretenus aux frais de l'État. Le Gouvernement avait pensé que « pour fonderies institutions littéraires et scientifiques sur une base solide, il fallait commencer par y attacher des élèves et peu-

pler les classes d'étudiants, pour ne pas courir le risque de ne les peupler que de professeurs ^ »

Les recettes étaient affectées tant aux dépenses de nourriture et d'entretien des élèves nationaux qu'aux traitements des fonctionnaires et professeurs , et aux autres dépenses des établissements.

Les traitements fixes étaient déterminés ainsi qu'il suit":

rtMi*

Page 1